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N° 327
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

Critiqués de toute part, les
promoteurs immobiliers
se rebiffent.
(AIC PRESS)

Immobilier. Les promoteurs contre-attaquent


Propulsés rois de l’économie grâce à la santé insolente qu’affiche leur secteur, les promoteurs immobiliers veulent dicter leurs règles. Mercredi 3 juin, ils ont appelé le gouvernement à libérer en urgence toutes les lois sur la sécurité dans le bâtiment et à maintenir les facilités fiscales accordées au logement social. “Nous gagnons bien notre vie certes, mais ce n’est pas une raison pour nous enfoncer”, se défendent-ils en substance. Leur argument : les 3/4 de la demande en logements,
estimée à 90 000 unités par an, est composée de revenus faibles. Conséquence : une charge sociale que le secteur privé ne peut pas assumer tout seul. L’Etat doit donc continuer à apporter son soutien. Regroupées au sein d’une fédération reliftée depuis une quinzaine de mois, les promoteurs brandissent aussi la carte du renouvellement et de la transparence. Ainsi, ils ont annoncé leur position quant aux 12 mesures annoncées par le gouvernement. Taxe sur les logements vacants, mobilisation des terrains inoccupés, intérêt pour la classe moyenne… tout y passe, avec comme trame de fond : faire de l’immobilier un secteur socialement responsable. Quitte à aborder les questions qui fâchent. Ce sont les promoteurs qui ont ainsi pris l’initiative de contacter la direction des impôts pour discuter, entre autres, de l’épineuse question du noir. Aucune solution choc n’a été prise. “Le noir disparaîtra avec la concurrence”, se contentent-ils de dire. En tout cas, en bons élèves, ils se sont engagés sur une charte éthique qui barrera le chemin aux brebis galeuses. Le problème est qu'une trop grande partie du secteur est galeuse. Et que les promoteurs organisés constituent encore l’exception.


Sodea - Sogeta. Rush des soumissionnaires

La phase de présélection des soumissionnaires à l’exploitation de quelque 38 000 hectares des terres de la Sodea - Sogeta viennent de prendre fin. La liste des présélectionnés est aussi longue qu'éloquente. On y retrouve pratiquement tous les grands groupes marocains, comme Zniber ou Charaf Corportation. Même le nom du prince Moulay Ismaïl figure aux côtés de visages connus du monde politique. Les groupes internationaux ne sont pas en reste : on compte ainsi un opérateur espagnol et une entreprise américaine. Même le groupe émirati Al Qudra (plutôt spécialisé dans l’immobilier) a soumissionné pour une exploitation dans la région d’El Hajeb. Le nombre important des candidatures a poussé la commission de partenariats à redimensionner les projets pour augmenter le nombre des adjudicataires et satisfaire tout ce beau monde.


Télécoms. Wana se met au mobile

Le 3ème opérateur télécoms se décide enfin à lancer son offre de téléphonie mobile. “Cela fait 12 mois que nous travaillons sur ce lancement”, explique une source autorisée de la filiale de l’ONA. Et pour se distinguer des deux autres opérateurs, Wana joue la carte de la transparence et la clarté vis-à-vis des clients : pas de barèmes en fonction de l’heure d’appel ou de l’opérateur destinataire. Wana propose un tarif unique 24h/24, 7 j/7, vers tous les opérateurs fixes et mobiles du Maroc, de l’ordre de 3 dirhams par minute. “C’est un prix très concurrentiel, sachant que la moyenne du prix de la minute auprès des autres opérateurs se situe entre 4,2 et 6 dirhams par minute”, explique notre source. Wana offre aussi la double recharge systématique pour chaque 50 dirhams de communication consommés. Le seul argument du prix suffira-t-il pour séduire les (futurs) clients ?


Croissance. On refait les comptes

C’est désormais officiel ! Le ministre de l’Economie himself a fini par déclarer que les prévisions de croissance économique annoncées lors de la présentation de la Loi de Finances ne sont plus d'actualité. Salaheddine Mezouar table désormais sur un taux de croissance de 6,2%, au lieu des 6,8% promis. Bien plus que la flambée du cours du baril (les hypothèses tablaient sur un prix à 75 dollars, alors qu’il dépasse aujourd’hui les 120), ce sont les résultats de la campagne agricole qui ont rendu la révision à la baisse inévitable. Le département de l’Agriculture vient en effet d’annoncer des prévisions pour la récolte des céréales de l’ordre de 50 millions de quintaux… alors que le budget de l’Etat en attendait 60. Bref, toutes les projections de Mezouar tombent à l’eau…



Pendant ce temps, le peuple…
Tagine de crise

“Miam, miam !”. La main sur le bide, Abdou avale, à pleines narines, une bouffée de vapeur sortie de son tagine bouillonnant. Plomb ou pas, ce n’est pas notre héros qui risque de mettre en quarantaine l’ustensile de cuisine. Toutes ces salades qu’on raconte au sujet du tagine ne font que l’amuser. Pourtant, c’est une affaire très sérieuse. Le tagine fut même au menu du Conseil de gouvernement pendant deux semaines de suite. On parle aussi de tagine à la commission interministérielle et de tagine au plan d’urgence. Bref, des recettes précuites que l’on sort à chaque crise relativement grave. Et le problème cette fois-ci, c’est que certains pays à la gastronomie indigne d’un McDo ne veulent plus de nos disques de cuisson. Après la Hongrie et le Canada, ce sont les Australiens qui refusent de cuisiner leurs tripes de kangourou dans un tagine marocain. Depuis, c’est la catastrophe : les tagines sont retournés dans tous les sens et subissent même des tests cliniques. Pour sauver le produit-phare de l’artisanat marocain, on parle de réviser “la norme marocaine de la teneur en plomb dans le tagine”. Jamais Abdou ne se serait douté qu’une telle norme pouvait exister. Mais il sait que c’est le plomb qui donne cette saveur unique au fond de tagine cramé. Après tout, les Marocains ont survécu à des années de plomb. Ce n’est pas un milligramme de plus dans un tagine qui va les achever.



OFF.

Avant d’aller affronter les questions orales au Parlement, Abdellatif Maâzouz avait préparé une réponse toute faite à la question des mesures envisagées pour dynamiser les exportations. Le ministre du Commerce extérieur a sorti de son chapeau la vieille recette de la réforme du Centre marocain de promotion des exportations.

 
 
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