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Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Barak Obama
(AFP)

Obama. C'est fait !


Fin du suspense. “Ce soir, je peux me présenter devant vous et dire que je serai le candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine”, a déclaré Barack Obama le soir du 3 juin, devant quelque 32 000 partisans rassemblés à St Paul, Minnesota, au terme d’une bataille de 16 mois pour l’investiture. La lutte entre les deux prétendants fut serrée : les noirs, les jeunes et les électeurs les plus éduqués ou les plus aisés ont préféré Obama, alors que les hispaniques, les seniors et les cols bleus se tournaient plutôt vers Clinton.

Mais cette fois, Hillary Clinton ne peut plus contester la victoire de son rival : avant même que les résultats des deux dernières primaires soient connus (le Dakota du Sud, remporté par Clinton, et le Montana, qui a donné la majorité au sénateur noir), Obama avait réussi à franchir la barre des 2 118 délégués nécessaires pour être désigné par la Convention démocrate en août. Pour autant, l'ex-First lady n’a pas encore reconnu sa défaite. “Dans les prochains jours, je consulterai mes partisans et les dirigeants du parti pour déterminer quelle sera la direction à suivre”, a-t-elle déclaré au lendemain des primaires. Elle pourrait proposer ses bons offices au sénateur de l’Illinois pour le poste de vice-présidente.

Dans son discours, Obama lui a d'ailleurs rendu un hommage appuyé, préparant le terrain à un éventuel ralliement de la sénatrice. Il s’agit surtout d’effacer au plus vite les divisions nées entre les deux camps. Car la “vraie” campagne, celle de l’élection présidentielle, commence maintenant. Tandis que John McCain, le candidat républicain, critiquait la “capacité de réflexion” de son futur adversaire, ce dernier a martelé qu’il était “temps de tourner la page des politiques du passé”, qu’incarne selon lui McCain. Bien qu’Obama soit pour le moment le favori dans les sondages, la bataille est loin d’être gagnée face aux républicains. S’il était élu en novembre, Obama serait le premier président métis de l’histoire des Etats-Unis.


FAO. La crise alimentaire en question

Comment nourrir les habitants des pays du Sud ? C’est à cette question, pour le moins préoccupante, que devaient répondre les quelque cinquante chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Rome, du 3 au 5 juin, pour le sommet de la FAO (Organisation pour l’agriculture et l’alimentation). Pour juguler la flambée des prix, qui a provoqué des émeutes de la faim dans certains pays, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a lancé un plan d’action qui permettrait de débloquer 15 à 20 milliards de dollars. L’ONU estime que les réserves alimentaires mondiales devront augmenter de moitié d’ici 2030 pour faire face à la demande. Ban Ki-Moon a également appelé les “nations à ne pas être tentées par des politiques alimentaires qui appauvrissent les voisins”. Avec un tarif douanier de plus de 500 % pour le riz, le Japon était le premier pays visé.


Grande-Bretagne. Tour de vis anti-terroriste

L’initiative est périlleuse : alors qu’il est au plus bas dans les sondages et sous le feu des critiques au sein même de son parti, le Premier ministre britannique veut faire voter une loi pour renforcer le dispositif de lutte contre le terrorisme. Gordon Brown souhaite voir passer la durée légale de garde-à-vue pour les suspects de terrorisme de 28 à 42 jours, ce qui ferait de la Grande-Bretagne le pays le plus sévère au monde en la matière. Le projet de loi, auquel s’oppose une partie des députés, la plupart des experts judiciaires et toutes les associations de défense des libertés civiles, doit être soumis au vote de la Chambre des communes, la semaine prochaine. Après les échecs électoraux du mois dernier, un nouveau revers pourrait être fatal à la crédibilité du Premier ministre travailliste.


UE. La France vend son “pacte immigration”

La France veut exporter son nouveau “modèle” en matière d’immigration. Dans la perspective de la présidence française de l’Union Européenne (qui débute le 1er juillet), le ministre français de l’Immigration, Brice Hortefeux, a présenté la semaine dernière à Bruxelles le “pacte européen” voulu par la France sur l’immigration. Le document exprime le souhait que l'UE renonce aux “régularisations massives et collectives”, comme celles pratiquées par l’Italie et l’Espagne il y a quelques années. Pour contrebalancer le volet sécuritaire, le projet prévoit aussi de “bâtir une Europe de l'asile” et de promouvoir l'immigration professionnelle légale. Paris souhaite également définir un contrat d'intégration obligatoire, qui comporterait “l'apprentissage des identités nationales et des valeurs européennes”, concernant par exemple l'éducation des enfants.


Prix Samir Kassir. Une Palestinienne primée

C’est à Nayla Khalil, une journaliste palestinienne de 30 ans, que revient cette année le prix Samir Kassir, du nom du célèbre journaliste franco-libanais, assassiné dans un attentat en juin 2005. Le prix (d'une valeur de 15 000 euros) récompense une enquête publiée par Khalil sur un site Internet d'informations, en mars dernier, sur les arrestations politiques et les tortures pratiquées par le Fatah et le Hamas dans leur lutte fratricide pour le pouvoir. La journaliste y rend compte, par le détail, des multiples détentions arbitraires et des traitements inhumains infligés aux militants des deux camps.


Indonésie. Arrestation d’islamistes

Le gouvernement indonésien, habituellement peu enclin à sanctionner les islamistes, a ordonné l’arrestation d’une soixantaine d’entre eux mercredi 4 juin. L’opération a mobilisé des centaines de policiers, encerclant à l’aube le siège du Front des défenseurs de l'islam (FPI), un groupe islamiste familier des actions coup de poing. Rizieq Shihab, le chef du FPI, a également été interpellé. Les personnes arrêtées doivent être interrogées sur des événements survenus le dimanche précédent : les membres du FPI avaient agressé les participants à une manifestation pour la liberté de culte, faisant des dizaines de blessés. Des personnalités respectées présentes à ce rassemblement avaient été passées à tabac. En Indonésie, pays musulman le plus peuplé, la Constitution garantit la pluralité des confessions.



Lu pour vous [FRANCE]
Confession d’un combattant-suicide

Célia Mercier, Libération du 2 juin

Le bloc de béton situé au cœur de Kaboul abrite 300 prisonniers. (…) Et parmi eux, Mohammed Ramadan, un jeune Pakistanais de 22 ans, qui, au dernier moment, a décidé de ne pas remplir l’intégralité de sa mission-suicide. Mi-janvier, Mohammed pénétrait avec des complices dans l’hôtel Serena, le nouveau 5 étoiles de Kaboul, censé être ultra-protégé. Déguisés en policiers (…), ils doivent faire sauter leur veste bourrée d’explosifs. L’un d’eux s’exécute. Mais Mohammed, après avoir abattu plusieurs personnes avec sa kalachnikov, tente de s’enfuir. (…) L’attaque aura coûté la vie à sept personnes.
Dans le centre de détention, l’homme, vêtu d’une tunique bleue, accepte de nous parler, mais il murmure embarrassé : “Ne publiez pas l’article au Pakistan, je ne veux pas faire de la peine à ma mère, elle ne sait pas que je suis ici”. Originaire d’une zone tribale à la frontière de l’Afghanistan, le jeune homme étudiait dans une madrasa (…) de Peshawar. Dans son village, un dénommé Mollah Waqeel lui parle un jour de la guerre sainte : “L’Afghanistan a été envahi par les infidèles, lui assure-t-il. (…) C’est votre devoir de faire le jihad pour les aider”. “Il m’a convaincu en me montrant des photos de prisonniers de Guantanamo (…)”, confesse Mohammed Ramadan.(…)
Mohammed assure qu’il regrette son geste. “Je pense que j’ai été utilisé par ces mollahs qui m’ont envoyé. Ils n’étaient pas sincères, sinon ils seraient venus se faire exploser avec moi”.



Vite !

Cela s’est passé en début de semaine. Quatre Algériens convertis au christianisme ont été condamnés à des peines de prison avec sursis pour prosélytisme et organisation de culte dans un lieu non autorisé.

 
 
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