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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Notre ami le tracteur

Fouad Ali El Himma semble monopoliser la presse, l’opinion publique, la classe politique et les milieux d’affaires. Tous s’accordent à conclure qu’il ne reflète, en fin de compte, que la vision du Palais, les idées du monarque. Il est tellement fier d’être l’ami (du roi) de plus de trente ans, il est conscient de l’importance de la fidélité et du capital confiance dans cette amitié qu’il ne peut, en retour, émettre des idées, ou entamer des actions, que sur orientation du Palais. Et puis, lui au moins, il n’a pas de protocole cérémonial pour accéder au palais, il est le plus proche, et le plus aimé de tous les autres sujets. Il n’y a que lui à avoir pu accueillir le roi dans sa région, à avoir bénéficié par la même occasion d’injections de grands capitaux (que d’autres régions, stratégiquement plus importantes que les Rhamna, n’ont pas eus), etc. Pourtant, les actes d’El Himma et les réalités très (trop ?) médiatisées de ses mouvements ont un effet très négatif sur l’opinion publique. Le peuple pense que le roi ne donne qu’à ses amis, privilégie ses potes, leur pardonne leurs errements et leurs incompétences. Le peuple est triste de constater que tous les moyens de l’Etat peuvent être utilisés par l’ami du roi juste parce qu’il en est ainsi : il (le roi) peut réunir les ministres, les nommer, les sommer d’agir, assiste à toutes les réunions sécuritaires, modifie le paysage politique à sa guise, et invente sa nouvelle élite, celle qu’il pense pouvoir réunir autour du projet social du Palais. Si l'objectif est de créer l'émerveillement, c'est chose faite. Mais (parce qu’il y a un mais), au lieu de l'espoir voulu, le peuple semble de plus en plus en colère, râleur, en perte de confiance. Lui, le peuple, a déjà envoyé aux oubliettes les nouveaux hommes forts du régime, comme il a envoyé balader la politique et ses hommes. Comme on lui a appris à détester ce qu’il est, sa nation, son identité et tout ce qui signifie un tout petit quelque chose de ce pays. Le peuple a appris à détester les opportunistes et les Béni oui – oui. Pour en revenir à El Himma, il devrait plutôt se comporter comme un simple citoyen, véhiculer d’autres messages. C’est cela qui peut rassurer les gens. Ce n’est pas parce que l’on est l’ami du roi que l’on doit pour autant être un superman du savoir, de démocratie, de culture. La modestie est aussi une force. Elle peut fasciner autant, sinon plus, que le cinéma !

Azzeddine Sadki,
Casablanca



Marhba bikoum, wa lakin…

C’est connu, seuls les naïfs et les aveugles peuvent encore prétendre le contraire : notre beau pays appartient aux riches et à ceux, de passage, qui viennent parfois assouvir leurs fantasmes, sans aucune gêne ni respect pour les autres. Certains, forts de leurs protections et appuis auprès des puissants, dépassent les bornes et se font inviter partout aux frais du contribuable marocain. Qu’on se le dise : il n’y a pas que les grands “artistes” à être capables de véhiculer la soi-disant belle image du royaume, surtout si cette “promotion” se fait à notre charge, au détriment parfois de notre honneur. Il faut arrêter avec ces fausses idées, et inviter nos officiels à être plus regardants avec les “élites” venues d’ailleurs, qui n’ont d’élites que le nom.

Yassine Yahya,
Rabat.



Viva Italia !

Je viens de lire le courrier de M. le consul général d'Italie à Casablanca (TelQuel n° 327), et je n'ai pas pu m'empêcher de vous écrire ces lignes. Je voudrais dire à ce monsieur que, au lieu de parler de culture et de festivals, il vaut mieux se pencher sur la manière de traiter les gens qui viennent aux portes de son consulat. C'est au moins aussi important, c'est la première vitrine que peut offrir un pays européen à ses éventuels visiteurs. L'accueil, le sourire, les bonnes formules, voilà qui ne coûte rien (zéro dirham svp), et qui peut faire tellement de bien. À bon entendeur.

Meryam Irizi,
Casablanca.



Séduire, mais intelligemment

Je souhaite aborder un sujet assez important, qui est de situer la séduction dans sa véritable dimension : est-ce un bien ou un mal ? Quelle est la juste mesure et le juste sens de la séduction ?
Voyons voir. C'est d'abord une question d'éducation et de culture de base. Globalement, dans le monde occidental, la séduction est jugée utile, sans déviation ou exagération, une façon de montrer son bien-être, la satisfaction de soi, voire de remercier Dieu pour ses dons tout en les reconnaissant et en les mettant en valeur, afin de sauvegarder ses points forts. Il en va tout à fait autrement pour le monde oriental, tout en amalgames sur la question. La confusion est de rigueur pour la nouvelle génération à cause de l'extrémisme. Les conservateurs ont tendance à juger la séduction comme satanique, surtout quand elle émane de sexes opposés, comme si le musulman était incapable de respecter une femme belle sans vouloir se l'approprier, la posséder. Le comble, c'est que la diabolisation de la séduction a entraîné la diabolisation de la beauté, de la douceur. La condamnation de la séduction, comme il en va dans notre monde à nous, est en fait un faux problème. Elle cache souvent l'envie, la haine et la boulimie des jaloux, qui ne font pas un effort pour se corriger de la laideur qui est la leur, et qu'ils voient partout où ils vont.

Hala Sami,
Rabat.

 
 
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