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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Samir Achehbar

Foot. Allez le Lyon de l’Atlas !

Dimanche 8 juin, joueurs
et supporters brandissent le
trophée et le chèque qui va avec.
(TNIOUNI)

Le championnat de football a rendu son verdict : les FAR champions et leurs voisins du FUS (et de Majidi) relégués en GNF II.


Pendant que la planète foot fêtait les débuts de l’Euro 2008, le petit monde du ballon rond marocain arrosait discrètement le 12ème titre de champion national des FAR : les militaires sur la plus haute marche. “Ce n’est une surprise pour personne, le titre était au programme dès la première journée du GNF 1 (championnat de première division). Et
puis, les FAR se savaient champions avant la dernière journée de la Botola”, nous commente ce journaliste sportif. Il n’empêche que le titre est beau. Il consacre d’abord un homme, le coach Mustapha Madih, premier entraîneur national à remporter deux championnats de suite avec deux équipes différentes. En 2007, c’était Khouribga, aujourd’hui rentrée dans le rang. En 2008, c’est les FAR. “Le titre était un objectif, mais il a été acquis dans la douleur”, explique, lucide, ce membre du staff technique de l’équipe de Rabat.

Madih, Monsieur moins cinq
Il faut rappeler, ici, que les FAR fonctionnent un peu comme le modèle de Lyon en France. Un petit Lyon quand même. Les militaires se reposent sur une bonne gestion administrative, des finances sans reproches et une politique sportive ferme. Le centre d’entraînement tourne bien, les installations sont intéressantes, l’entraînement est confié à des pointures (avant Madih, M’hamed Fakhir avait emporté le championnat avec les FAR en 2005 avant de prendre en mains l’équipe du Maroc). Surtout, la politique de vente-achat des joueurs est des plus agressives. À l’intersaison, les militaires ont raflé l’équivalent d’une équipe nationale en recrutant ce qui se fait de mieux sur le plan local : Lemnasfi (qui a terminé meilleur buteur la saison précédente) et Kabli de Tétouan, Msassi de Fès, Mrini de Meknès, Marzouk de Kénitra, Akdar de Khouribga, Falah du Wydad, Kharmaz de Marrakech, Bassel de Touarga, Nater du Raja, etc. Sans oublier les retours de prêt, ou de suspension, d’un Allaoui ou d’un Keddioui, deux authentiques pièces-maîtresses. Impressionnant. Mais avant d’investir en autant de joueurs, les militaires, sur le modèle d’un Lyon de l’Atlas, les FAR avaient pris le soin de dégraisser, en bradant les fonds de la vieille marmite (Abdessadek), et en vendant au prix fort les meilleurs produits maison (Ajdou parti aux pays du pétrodollar et Bahri cédé à l’écurie du Mans). Résultat de la course du mercato : les militaires ont doublé pratiquement tous les postes, et ont gagné de l’argent ! “Cette politique est simple comme bonjour, mais Al Askar (les militaires) sont les seuls à se donner les moyens de l’appliquer”, commente, à raison, une source près de l’encadrement technique du Lyon de l’Atlas.

Il en FUS ainsi
Au-delà de la réussite des FAR et de leur coach, surnommé “moins cinq (ou moins dix, c’est selon)” pour sa tendance à pencher systématiquement la tête d’un côté, la saison 2007-2008 a consacré le beau parcours d’une demi-douzaine de clubs. Un seul était attendu à la fête, le Raja, qui est monté sur la troisième marche du podium. Les autres sont de parfaites surprises : dans l’ordre, Khémisset, le surprenant vice-champion, Agadir de retour aux premières loges, El Jadida qui s’appuie toujours sur l’increvable Riyahi (35 ans au compteur s’il vous plaît), et Khouribga, même privé de son meilleur joueur (Mahdoufi, parti au Dynamo Kiev à l’intersaison). Deux autres équipes ont séduit par la qualité de leur jeu, très peu conforme avec leur classement moyen : Fès et Safi. Reste les déceptions : le Wydad, d’abord, champion il y a deux ans, ambitieux au départ du dernier exercice, mais qui a finalement tout raté, même une Champion’s league arabe pourtant à sa portée, abandonnée aux modestes voisins algériens du Sétif. Les autres déceptions sont venues des relégués : le bonnet d’âne Meknès…et le Fath de Rabat de Mounir Majidi. Oui. Le paradoxe du football marocain est tel que le club dirigé par le secrétaire particulier et homme d’affaires du roi a été condamné à la relégation, au moment même où ses finances sont renflouées par qui vous savez. “C’est triste pour le Fath, mais cela prouve au moins que l’époque où les hommes du roi pesaient de tout leur poids pour favoriser les équipes qu’ils défendaient (les Basri avec Settat, Dlimi avec Sidi Kacem, Mediouri avec Marrakech) est révolue”, commente notre observateur footballistique. Maigre consolation pour les “fussistes” quand même.

 
 
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