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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

(DR)

Festival. Cours Tanger courts


Attention, bon cru en perspective. Au total, près de 50 films de 18 pays dont l’Espagne, la France, l’Italie et d’autres pays du bassin méditerranéen seront projetés pendant le 6ème festival du court-métrage méditerranéen de Tanger. “Notre jury compte des personnalités qui ont fait leurs armes dans le court-métrage au milieu des années 90”, déclare Mohamed Bakrim, secrétaire général du Centre cinématographique marocain. Présidé par Nabil Ayouch (remplaçant de Faouzi Bensaïdi, qui s’est désisté au dernier moment pour un autre festival), le jury a séléctionné 4 œuvres nationales (Le chant funèbre de Mohamed Mouftakir, Le départ de Nawfel Berraoui, Rêve en éveil de Ali Tahiri et Izouran de Mohamed Alaoui Mharzi). Objectif : encourager les talents émergents et tirer la production marocaine vers le haut. La preuve en chiffres : le Maroc produit quelque 60 courts par an. Depuis sa première édition, en 2002, le festival du court-métrage méditerranéen de Tanger a pris du galon, faisant de la ville la deuxième capitale du cinéma du pays. “D’abord, le festival est passé à la fréquence annuelle. Puis, après avoir été itinérant, il s’est sédentarisé
à Tanger”, explique un juré. Moins paillette que le Festival international du film de Marrakech et moins doté (3 millions de dirhams), il n’en est pas moins populaire. “Nous attendons entre 1000 à 1500 personnes par jour”, croit savoir un organisateur. Prochaine étape : “Ajouter à la programmation des films documentaires expérimentaux et, à terme, des films d’animation.” Bon vent.

Du 23 au 28 juin.



Sortie. Une vérité qui dérange

Dans la banlieue prolétaire de Boston, une enfant disparaît. Intimes connaisseurs des bas-fonds de leur ville, les détectives privés Patrick Kenzie et Angie Gennaro sont mis sur le coup. Poussés tant par une âme d’ange-gardien que par une attirance-répulsion pour la brutalité de leur milieu, les deux amis d’enfance sont happés par le gouffre d’une histoire aussi sombre qu’inextricable, dont la vérité sera cher payée. Admirateur de Dennis Lehane, Ben Affleck ne déshonore pas ce grand maître du polar noir en adaptant le roman éponyme Gone baby gone pour son premier passage derrière la caméra. Un défi relevé avec classicisme et brio, par l’acteur un peu fade qui montre cette fois de la personnalité dans cet exercice de style. Huilé et tendu, maîtrisé et dérangeant, Gone baby gone se love dans l’ambivalence de ses personnages – l’excellent Casey Affleck en tête – pour mieux distiller le doute jusqu’à nous laisser plantés là, nauséeux et moralement vacillant.

Gone baby gone, au mégarama.



Exposition. L’épreuve des teintes

L’exposition, programmée par l’Institut français de Casablanca en partenariat avec la Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art et la galerie d’art Venise Cadre, regroupe un ensemble de peintures réalisées entre 2007 et 2008 par l’artiste français Olivier Dautais. Celui-ci a d’abord exercé à Marseille avant de poser ses valises au Salvador puis au Mexique, où il réside actuellement. Ses nombreux voyages ont souvent été sa source d’inspiration. Cette exposition présente d’ailleurs le travail issu de sa découverte du Maroc où il est accueilli en résidence de création artistique depuis 2007.

Du 10 au 28 juin à l’Institut français de Casablanca.



Cinéma. Pasolini à la trappe

Pas de chance pour Daoud Aoulad Syad. Son quatrième film, pourtant très bon, n’a pas su attirer les foules comme les trois premiers. En attendant Pasolini est déjà retiré du circuit commercial, notamment à Casablanca où le Mégarama donnait l’impression de l’avoir programmé à contrecœur. “Sincèrement, tout cela ne m’affecte guère, l’exploitation de mes films ne m’appartient pas. Je pense d’ailleurs déjà à mon prochain”, nous explique Daoud Aoulad Syad, qui peut se consoler avec le Ousfour d’or du festival de Safi et, surtout, le prix du meilleur film arabe au festival du Caire, entre autres récompenses glanées par En attendant Pasolini.


L’Boulevard. Et que ça saute !

À une semaine de L’Boulevard, le cru du Tremplin nouveau est arrivé. Après trois jours délurés dans l’enceinte tout confort du Théâtre Mohammed V de la capitale, six groupes (sur 26) sont sortis du lot. Trip guerrier côté hip hop, où Amiral, de Salé la corsaire, remporte le 1er prix toutes voiles dehors, devant les rappeurs au verbe affûté des Casaouis Sabre. De la journée rock metal, qui a vu le public se renflouer un peu, se sont illustrés le groupe Sakadoya de Settat, suivis de Chemical Bliss de Casa. Version fusion, honneur à Mayara Band, Casa toujours, et aux seconds Spirit. “On a rarement eu un aussi bon niveau sur le Tremplin”, assure Momo Merhari, encore sous l’effet de “quelques coups de foudre”. Les jeunots ont bien fait de venir. D’ici à L’Boulevard, qui se tiendra finalement sur la terre battue du stade de l’Etoile, à deux pas du RUC, ils suivront une formation technique et managériale avec un groupe toulousain.


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Soirée ciné. Brefs mais intenses

5 réalisateurs, 5 films de 15 minutes chacun en moyenne et 5 portraits du Maroc moderne. C’est ce que donne à voir une soirée spéciale courts-métrages marocains produite par le Centre cinématographique marocain et programmée pour faire connaître le premier travail de ces talents en herbe. Le chant de l’exil de Rita El Quessar retrace l’arrivée d’un jeune à Casablanca qui se fait engager comme concierge dans un immeuble huppé et se trouve confronté à une bourgeoisie méprisante. Sellam, centre d’accueil, réalisé par Youssef Britel, met en scène la découverte de la ville par un Marocain qui n’avait jamais quitté son village natal. L’homme qui court de Narjisse Tahiri, Mannequin de Bousselham Eddaif et Shift + Supp de Jihane El Bahhar seront également projetés. Le tout en présence des réalisateurs.

À l’IF de casablanca, le 13 juin à 20h30. Entrée libre.



Clap. ça tourne pour Annaud

Le réalisateur français Jean-Jacques Annaud est sur un nouveau projet dont une partie du tournage se fera au Maroc : un film sur la vie d’Eric Tabarly, mythique navigateur français disparu en mer il y a dix ans. En 1980, le marin avait réussit à battre le record de la traversée de l'Atlantique, détenu depuis 75 ans par Charly Barr. Le trimaran Paul Ricard qui a permis l’exploit va être reconstruit à l’identique au Maroc. D’après le quotidien français Ouest-France, le projet est mené par Eric Bourhis, ancien équipier d'Éric Tabarly, et financé par la société Vive, spécialisée dans la location de bateaux et l'organisation de croisières. Aucun nom n'a encore été annoncé pour le casting, mais le tournage devrait débuter au printemps 2009.


Album. Stati quo

Stati, le maestro de la kamanja (violon) ne fera pas de duo avec un autre groupe de la jeune scène marocaine. Dommage ! Après la réussite du featuring avec les Hoba Hoba Spirit, on espérait un tout petit peu le voir faire du pied à Haoussa par exemple ! Quoi qu’il en soit, le vétéran vient de sortir son 150ème ou 170ème album… Lui-même ne sait plus. C’est qu’il est tellement prolifique qu’il en oublierait le titre de son précédent album ! Shafou fiya Kanghenni, son dernier opus, comporte 7 chansons, inspirées par le thème du patriotisme ou encore de l’amour. Et il compte sortir un (autre !) album festif et dansant pour l’été 2008.


Arts plastiques. Les comètes de Mounat

Depuis cinq ans, Mounat Charrat se consacre exclusivement à son art. Si dans une vie antérieure, elle a travaillé dans l’industrie textile, elle connaissait déjà sa destinée. Artiste elle voulait être, artiste elle sera. En 2006, son exposition Sens et contresens à l’Institut français de Casablanca a fait mouche et l’a hissée au rang des jeunes artistes sur lesquels on pouvait dorénavant compter. Aujourd’hui, Mounat Charrat mène doucement mais sûrement sa barque. Dans sa large palette d’univers, de techniques et de supports de création, elle explore les mystères du noir et du blanc, tente la planche en bois, et donne à voir une matière en fragments, éclatée comme des comètes et météorites. Si son travail particulièrement dépouillé déroute quelques-uns, il convainc indéniablement par son originalité. Mounat Charrat est installée à la galerie Shart jusqu’au 28 juin.


Cirque. Tissez haut !

Tissé de main et d’étoffes, le cirque nouveau marocain entre en scène. Corps qui s’élancent de trampolines en toile de parachute, croisements d’ombres au-dessus de tapis déroulés sur fond de projections vidéo. Mêlant acrobaties, musique, théâtre et arts visuels, Taoub, made in Tanger célèbre l’artisanat et le lien social. Tendue par tout un groupe pour projeter une seule personne en l’air, l’étoffe est la “métaphore d’une situation familiale courante”, explique Aurélien Bory. C’est sous le chapiteau des Nuits de la Méditerranée, en juin 2003, que le metteur en scène a rassemblé douze artistes marocains au sein du Groupe acrobatique de Tanger pour donner corps à cette “scénographie mobile et fragile”, comme la ville du détroit. Produit par l’Institut français du Nord, le spectacle s’est déjà tissé une popularité d’Europe en Asie, du Brésil en Australie… Le voici de retour au bercail.

Le 14 juin à l’école adrien berchet de tanger ; le 20 juin au théâtre mohammed vi de casa ;
le 25 juin au théâtre de plein air de l’if marrakech.



Tournage. Il va nous éclater !

Premier clap pour Coco, le film. C’est devant et derrière la caméra que Gad El Maleh retrouve le personnage mythique de son deuxième one man show La Vie normale et taille un costard version 35mm à Coco, nommé ainsi par un père juif plein aux as et prétentieux qui fait de la bar-mitsva de son fiston un happening aussi people que le Festival de Cannes. Le tournage vient de commencer à Monaco avant que l’équipe ne pose ses valises à Paris. Et puisque c’est Gad qui réalise, espérons que Coco vaudra mieux que Chouchou. Signé Merzak Allouache en 2003, et malgré un Roschdy Zem désopilant en prêtre coincé, ce premier portrait ciné d’un (anti) héros, avait enfilé les gags avec brio avant de chuter dans la comédie lourdingue. Alors Gad, pas de blague !


Formation. Créa à Kech

L’Ecole supérieure des arts visuels de Marrakech ouvrira à la rentrée prochaine un département Design graphique et multimédia. Le projet, en gestation depuis la création de l’école, répond à un besoin croissant des professionnels dans cette branche. Comme l’a observé Florence Robert, directrice du département Design graphique, “les agences marocaines regorgent d’offres d’emplois dans le secteur du graphisme. Que ce soit dans la publicité ou la direction artistique, il y a de multiples opportunités”. La formation, prévue sur 4 ou 5 ans, est accessible aux bacheliers sur entretien. Dans un souci de mixité sociale et culturelle, des aides et des bourses sont prévues et le concours est également ouvert aux étudiants français ainsi qu’à une dizaine de villes africaines. Les dossiers doivent être déposés au plus tard le 30 juin.


Arts vivants. Halqas en vadrouille

Né de la volonté de deux collectifs d’artistes - Eclats de lune (Marrakech) et Graines de soleil (Paris) -, le festival Awal’art a un seul objectif : planter la création dans l’espace public. L’exploration des arts de rue africains et méditerranéens, c’est ce qu’offre, pour sa deuxième édition, ce festival niché au creux de la province du Haouz et qui promet bien des surprises. Il fera ainsi escale sur les places publiques de Marrakech, Tahanaoute, Tamesloht, Aghmat et Aït Ourir, avant d’entamer une caravane de Tiznit à Salé en passant par Essaouira et Ouarzazate. Au programme : acrobates, danseurs, jongleurs de feu et conteurs venus du Burkina Faso, du Kenya, du Sénégal, du Mali, de France, d’Italie en plus des artistes marocains.

Du 24 juin au 3 juillet.




Humeur.
La voisine d’à côté

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

On ne choisit jamais sa famille, ses voisins si, parfois. Les nôtres, de voisins, font dans le commerce de la chair. Je vis au-dessus d’un baisodrome du Maârif. Le paysage est changeant d’une nuit à l’autre. Jamais les mêmes clients ni la même fille croisés dans l’ascenseur. Pas besoin de leur dire bonjour puisqu’on ne les reverra plus. Avec de parfaits inconnus, croisés uniquement le soir, la seule formule de politesse qui ait droit de cité est bonne nuit. C’est immoral, mais c’est plus vivant que l’entourage des locataires propres sur eux. Nos voisins n’entrent pas dans les cases du Haut commissariat au plan. Ils n’ont pas deux enfants et demi, pas de Citroën Picasso et nulle propension à s’endormir devant la télé, le volume à fond. Ce n’est ni la rediffusion d’une série égyptienne, ni les pleurs d’un gamin, qui vous réveilleront dans notre immeuble. Le clairon du petit matin, c’est plutôt les ressorts d’un mauvais matelas, travers inévitable de la location meublée. Et aussi les orgasmes simulés, déformation professionnelle des filles achetées comme on se paye du mobilier. Nos voisines ont souvent de grosses fesses, les voisins de gros ventres parfois, et les murs toujours des oreilles. Les filles en font des tonnes, autant que les kilos qui ont défilé sur le sommier de l’appartement du dessous. On ne portera pas plainte pour tapage nocturne pour autant. “Un cri de jouissance déchire la nuit” dans notre immeuble, comme au cinéma. Casa, c’est Hollywood des fois…



Zic à Casa
Et une 4ème édition pour le festival de Casa ! Sobrement renommé Casa Music, le festival et ses activités débuteront le 17 juillet pour finir le 20. Motus et bouche cousue sur les noms qui animeront les scènes casablancaises, mis à part une rumeur qui fait du missile libanais, Maryam Fares, l’un des clous de l’événement.


Prince Of Persia
Le film est dans les temps. En effet, l’équipe de The Sands of Time arrive dans quelques semaines au Maroc. S’ajoutent à Mike Newell les acteurs Alfred Molina et Ben Kingsley, en plus de Gemma Arterton et Jake Gyllenhaal. Qui dit prince dit forcément princesse… Le tout dans une ambiance très VIème siècle.


Le voyage du mage
Après ses totems en plexi exposés en bordure de mer, Ahmed Hajoubi est de retour. L’expo “Voyage d’un petit mage” raconte le périple d’un enfant voguant dans des bateaux (taille miniature) dessinés ou confectionnés par l’artiste. “Une peinture plus proche de la vie que de l’art officiel”, aime-t-il à répéter. À l’IF de Rabat jusqu’au 28 juin.

 
 
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