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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

Les éoliennes, le nouveau
pari du royaume.
(AFP)

ONE. Le vent en poupe


Devant le risque de black-out, le gouvernement joue toutes ses cartes. Après les 150 millions d’euros sollicités auprès de la Banque africaine de développement (BAD) en avril dernier, c’est au tour de la Banque Mondiale de débloquer 150 millions de dollars pour financer un programme d’investissement énergétique. Ce deuxième (pour ne pas dire énième) prêt devrait servir à renforcer la production éolienne d’électricité. Ce qui cadre parfaitement avec la vision stratégique du
royaume, où les énergies renouvelables sont appelées à fournir -à l’horizon 2012- un dixième de la consommation électrique. Pour ce faire, l’externalisation de la production devient courante et on déroule le tapis rouge pour les opérateurs internationaux. Le leader mondial des moulins à vent, Theolia, s’est donc associé à un producteur énergétique émirati (Taqa pour ne pas le nommer) pour soumissionner à l’appel d’offres pour la construction et l’exploitation d’un parc éolien d’une capacité de 300 mégawatts (MW) à Tarfaya.

Par ailleurs, le gouvernement planche sur la possibilité d’autoriser les industriels à porter leur autoproduction en électricité à hauteur de 50 MW, soit 5 fois plus que la capacité consentie par la loi en vigueur. De plus, le projet d’amendement du texte (régissant l’ONE) prévoit la création d’un groupement d’entreprises pour négocier, au gré à gré, une concession de production électrique pouvant atteindre les 2000 MW. Principal intéressé : l’ONA via sa filiale Nareva, spécialisée dans les énergies renouvelables. Son président, Ahmed Nakkouch (ancien DG débauché de l’ONE) a déjà signé plusieurs conventions avec des opérateurs privés pour l’installation de parcs éoliens à même de couvrir une bonne partie des besoins énergétiques. Et si le holding royal anticipe, c’est que l’adoption de la loi est imminente. Avis aux intéressés.


Offshoring. Une loi, SVP

Le Maroc traîne des pieds pour doter le secteur de l’offshoring d’un cadre juridique adéquat. Même la Chambre de commerce internationale (CIC) s’en mêle. Au cours d’un séminaire tenu la semaine dernière, le constat a été des plus abrupts. La branche locale du CIC pointe l’aspect juridique concernant la protection des données personnelles, surtout chez les banques et les assurances, qui ne fait l’objet d’aucune garantie de confidentialité dans le royaume. Chez nous, le projet de loi qui régit cet aspect a été déposé il y a sept ans. Il n’a été examiné en Conseil de gouvernement que le mois dernier. En attendant, les juristes marocains sont contraints de brandir la parade des dispositions du “Pacte civil et politique” qui font allusion à la protection des informations personnelles. Mais à la longue, les délocalisations vers le royaume risquent d’être confrontées au veto de l’Union Européenne, très pointilleuse sur la protection des données personnelles. On ne badine pas avec la vie privée…


PME. Le contrat-programme est prêt

La commission PME, adossée à la CGEM, vient de finaliser son contrat- programme qu’elle devrait soumettre incessamment au gouvernement. Ce plan se fixe des objectifs très ambitieux, comme la création de 5000 petites (ou moyennes) entreprises par an. Le contrat-programme vient également donner une nouvelle définition de la PME dans laquelle les paramètres se basant sur l’effectif (200 employés) ou le chiffre d’affaires (moins de 75 millions de dirhams) ont été révisés. Autre apport de cet accord-cadre : la création d’un observatoire de la PME, censé harmoniser les statistiques relatives à ce pan du tissu productif. Jusque-là, le nombre de PME varie selon les registres des organismes officiels. Exemple : pour la CNSS, les PME sont au nombre de 84 000 tandis que dans les fichiers du fisc, on en recense 10 000 de plus. Un minimum de cohérence, SVP.


Tourisme. Hôtels cherchent recrues

Pour la 8ème édition des Assises du tourisme, qui démarre ce week-end, le volet prédominant sera sans doute celui des ressources humaines. La pénurie de personnel qualifié est la grande hantise des gros opérateurs qui ont engagé des projets pharaoniques dans le secteur. Et comme pour les rassurer, le Comité stratégique du tourisme (CST), réuni lundi dernier avec Abbas El Fassi, a concocté un programme baptisé Contrat RH. Il sera signé lors de ces Assises de Tétouan par les différents intervenants : ministère de l’Emploi, département du tourisme, OFPPT, Anapec et Fédération du tourisme. Un contrat qui vise la formation de quelque 62 000 personnes à l’horizon 2012. En attendant, il y a bien des besoins urgents qu’il va falloir satisfaire : l’Anapec devra mettre à la disposition de la station Mazagan à El Jadida quelque 1400 personnes qualifiées. Et pour Saïdia, un effectif de 1600 personnes devra être disponible dès cet été.



Pendant ce temps, le peuple…
Technomania

Adam croqueur de pommes vit mobile entre ciel et terre. Aujourd’hui, il est aux anges. Fier comme un dindon au paradis, il quitte son Saint Pirate de Derb Ghallef avec son nouveau gadget : le fameux téléphone mobile griffé Apple. Babiole de référence pour les poseurs de sa race. Le prix : 5000 dirhams TDC (taxe de décodage comprise), 50 traites sans intérêts et pas un rial de regrets… Et bientôt des remords. Car dès sa première connexion Internet avec son nouveau joujou cybernétique, il tombe sur une mauvaise nouvelle : Apple annonce le lancement de la 2ème génération du iPhone. Un portable deux fois plus performant et surtout deux fois moins cher que son grand frère, devenu du coup une antiquité. Un bug pour notre frimeur qui affiche déjà de sérieux symptômes de tumeur au cerveau due à sa téléphonite aiguë. Notre héros fait tout via son portable. C’est sa béquille dans la vie. La bouffe ? Coup de fil à la pizzeria du coin. Sa zic : double clic sur le kazaa du Web. Ses potes ? Des friends sur Facebook. Même sa soif d’info se résume au JT de Mustapha Alaoui, disponible sur iPhone depuis que la SNRT s’est lancée dans la mobileTV. Pire encore, Adam a même transformé sa salle de bain en salle de marchés depuis qu’il entend parler de cette banque d’affaires qui veut lancer le boursicotage sur téléphonie mobile. Il y a intérêt s’il veut se payer son iPhone 3. Sinon, autant basculer vers Wana avec ses fonctions archaïques…



Publication. La décision économique à la loupe

Après son étude fouinée sur l’économie informelle à travers une enquête réalisée sur Derb Ghallef, la revue Economia, s’intéresse -pour son troisième numéro, en kiosque dès ce week-end- à l’épineux sujet de la prise de décision économique. “Qui décide quoi et comment ? Quelle incidence de la concentration du pouvoir sur l’autonomie de la sphère économique ? Quelle hiérarchisation entre l’international, le national et le local ?” sont, entre autres, les questions que se pose la publication scientifique dirigée par notre confrère Driss Ksikes. Des éléments de réponse sont apportés à travers des analyses d’économistes réputés et des témoignages d’acteurs de premier rang qui ont été amenés à gérer des dossiers cruciaux. Des récits instructifs qui valent le détour.

 
 
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