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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Cinq jours, trois attentats,
huit morts... l’Algérie réveille
ses démons.
(AFP)

Algérie. Les Français visés par les bombes


Trois attentats en cinq jours. Mercredi 4 juin, deux bombes explosent dans une caserne de la garde républicaine à Bordj El Kiffan, faisant deux victimes. Le lendemain, six militaires sont tués à Cap Djinet. Les morts ne se comptent pas encore par centaines, comme pendant les années noires du terrorisme, mais déjà le pouvoir algérien tente de cacher les cadavres. Dimanche 8 juin au soir, deux bombes explosent à une demi-heure d’intervalle à Beni Amrane, près de Lakhdaria, à 50 km
au sud-est d’Alger. Selon les journaux algériens et les agences de presse internationales, 12 ou 13 personnes ont péri. Un bilan que conteste le gouvernement algérien, pour qui seuls un ingénieur français, Pierre Novacki, et son chauffeur sont morts. La société de BTP Razel, pour laquelle travaillait cet ingénieur de 57 ans, avait déjà été la cible d’une attaque le 21 septembre 2007 : un kamikaze avait lancé sa voiture sur un convoi d’employés de l’entreprise, faisant neuf blessés. Pierre Novacki, le premier Français tué en Algérie depuis 1994, travaillait sur la réparation d’un tunnel ferroviaire à Beni Amrane. Trois autres Français travaillant sur ce chantier ont été rapatriés à Paris lundi, tandis que 25 de leurs compatriotes, employés de Razel, sont restés en Algérie.

L’attentat n’a pas été revendiqué mais porte la marque d’Al Qaïda au Maghreb islamique (ex-GSPC). L’organisation a affirmé à plusieurs reprises vouloir chasser du Maghreb les “nouveaux colons” français et espagnols. Le mode opératoire porte aussi la signature de la nébuleuse jihadiste : la bombe a été actionnée à distance, une technique privilégiée pour détruire les blindés américains en Irak. Au moment où Al Qaïda est affaiblie au Moyen-Orient, ses actions sont de plus en plus nombreuses au Maghreb. Lundi 9 juin, la psychose était telle à Alger que la nouvelle d’une autre explosion à Bouira, qui aurait causé la mort de 20 personnes, a circulé tout l’après-midi. Ce n’était cette fois qu’une rumeur.


Japon. Tuerie dans le quartier des “geeks”

Un des pays les plus sûrs du monde ? Le coup de folie de Tomohiro Kato, un ouvrier d'usine de 25 ans, qui a tué sept personnes dimanche à Tokyo, assombrit la réputation idyllique du Japon. Le jeune homme a foncé dans la foule avec sa voiture, tuant trois personnes, avant de poignarder les passants au hasard, faisant quatre victimes supplémentaires et douze blessés. Peu avant la tuerie, Tomohiro Kato, qui se décrivait comme “pire qu'une ordure”, avait posté des messages sur son blog pour avertir de son passage à l’acte. Se disant “écœuré par la vie”, il avait choisi le quartier très fréquenté de Akihabara, connu pour ses magasins d'électronique et de jeux vidéo, pour “tuer des gens”. Deux attaques similaires ont eu lieu depuis janvier. Il y a sept ans, un déséquilibré avait poignardé huit enfants dans une école primaire près d’Osaka.


France. La victoire des Marocains

La guerre entre Maghrébins pour le contrôle des institutions islamiques en France continue, mais les Marocains ont pris l’avantage : le Rassemblement des musulmans de France (RMF), soutenu par Rabat, a remporté dimanche les élections du Conseil français du culte musulman (CFCM). La formation est issue d’une scission au sein de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), association historique des musulmans d’origine marocaine en France. Mais cette fois, l’UOIF n’a recueilli que 30, 2% des voix, contre 43,2% pour le RMF. Les musulmans turcs arrivent troisièmes avec 12,7% des suffrages. Les Algériens sont les grands absents de ce vote : la Fédération nationale de la Grande mosquée de Paris (FNGMP), soutenue par Alger, a décidé de boycotter les élections, dont elle conteste le mode de scrutin.


Tunisie. Gafsa se révolte

Des émeutes ont fait un mort et plusieurs blessés vendredi 6 juin à Redeyef, l’un des bassins miniers de Gafsa, en Tunisie. La police a tiré à balles réelles sur les manifestants, tuant un jeune de 25 ans. Après ce second décès -un autre jeune homme avait été tué en mai-, l’armée a dû être déployée pour faire taire les habitants. Leur colère ne date pas d’hier, des émeutes enflammant la région depuis cinq mois. A l’origine, un scénario désormais connu : 81 postes ont été proposés le 7 janvier par la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), seul employeur de cette région déshéritée du sud tunisien. Plus de 1000 candidats se sont présentés. Lorsque la liste des personnes retenues a été affichée, la révolte a éclaté, la population accusant les recruteurs de corruption et de népotisme. Le directeur de la CPG a été limogé mardi 10 juin.


Chine. Après une catastrophe, l’autre

La ville de Beichuan, en partie détruite par le tremblement de terre du 12 mai dernier, a été envahie par des torrents d’eau boueuse mardi 10 juin. Les autorités chinoises ont provoqué l’écoulement d’un lac formé après le séisme en amont de la ville. La rupture soudaine du barrage naturel formé sur le fleuve Jianjian menaçait plus d’un million de personnes. 250 000 habitants ont dû être évacués pour laisser passer les flots, qui ont emporté troncs d’arbres, voitures et toutes sortes d’objets. Cette retenue d'eau était la plus importante des trente lacs apparus dans le Sichuan après le séisme, qui a fait près de 70 000 morts et 18 000 disparus.


Israël. Un signe de vie du soldat Shalit

Depuis deux ans, sa libération est l’une des pierres d'achoppement des négociations israélo-palestiniennes. Dans une lettre reçue lundi par ses parents, le caporal Gilad Shalit implore le gouvernment israélien d'obtenir sa libération. Il n’a plus été vu vivant depuis son enlèvement en juin 2006 en territoire israélien par un commando proche du Hamas, mais un enregistrement de sa voix et deux autres lettres ont été reçus par ses parents. Dans cette dernière correspondance, transmise par l'intermédiaire de la Fondation Jimmy Carter, le soldat israélien affirme être en mauvaise santé, et dit rêver de rentrer chez lui. Mais les négociations pour le faire libérer sont toujours au point mort : l'Etat hébreu refuse de libérer les 450 prisonniers que le Hamas réclame en échange de Shalit. Israël rétorque qu'ils ont “du sang sur les mains”.



Lu pour vous [FRANCE]
Les émeutes de la banane

Philippe Bernard, Le Monde, 9 juin 2008

Casquette vissée sur un crâne luisant de sueur (…), Amédée Bessengue, 26 ans, dont sept comme ouvrier dans les bananeraies, admet juste que, ces jours-là, il a “grévé”. Sur son propre emploi du temps pendant les émeutes, il reste flou. Mais il se souvient parfaitement de ce que les manifestants hurlaient : “Nous voulons que les Français nous paient bien. Nous sommes chez nous après tout, nous ne sommes pas des esclaves.” Trois mois après le saccage des plantations, un graffiti demeure sur le mur d'un appentis : “Payer 100 000 francs (150 euros) au dernier ouvrier.”
C'était à la fin du mois de février. Le Cameroun se révoltait, et avec lui la capitale de la banane, à 80 km à l'ouest du port de Douala. Pendant quatre jours de grève, de barricades et de pillages, Njombe Penja, nichée au coeur de collines verdoyantes, a vécu l'état de siège. Neuf jeunes ont été tués par l'armée et, aujourd'hui, la ville est toujours en état de choc. Les bouches restent fermées, les regards fuyants. (…)
Le maire, Paul-Eric Kingue, est en prison depuis le 29 février. Il a été suspendu de ses fonctions. (…) Il s'était scandalisé des salaires pratiqués par les sociétés exploitant les bananeraies - 25 000 francs CFA (37,50 euros) par mois. Il avait dénoncé les privilèges fiscaux et les exonérations de taxes dont bénéficient ces entreprises, toutes dirigées par des Français. Bref, il défendait ce que les Camerounais nomment “le bas peuple”.



Vite !

Hillary Clinton a jeté l’éponge samedi, après cinq mois de bataille acharnée pour l’investiture démocrate. Elle a affirmé apporter son “plein soutien” à Barack Obama, désormais candidat officiel des démocrates dans la course à la Maison Blanche.

 
 
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