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N° 329
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Sommes-nous racistes ?

J’ai apprécié le courage avec lequel votre magazine a traité du sujet du racisme (“Accueillants, les Marocains ?, TelQuel n° 328) dont souffre les Subsahariens au Maroc. Avec la nouvelle réalité de l’immigration (subsaharienne) clandestine, les marques de xénophobie sont de plus en plus apparentes dans les rues marocaines. Personnellement, il m’arrive souvent de me prendre le bec avec des copains MRE qui n’arrêtent pas de se plaindre du racisme dont ils souffrent dans leurs pays d’accueil, généralement en Europe. Deux minutes plus tard, ils ne se rendent pas compte qu’ils utilisent eux-mêmes des propos racistes, par exemple au sujet des Africains qui viennent mendier sur les terrasses de café. Leur argument pour se défendre est encore plus aggravant : “Nous, on ne mendie pas en Europe, on travaille”. En gros, le racisme n’est pas gênant tant qu’on n’en souffre pas. C’est lamentable, non ?

Reda Salhi,
Rabat.



Offshoring de la torture

Les déclarations fracassantes livrées par M. Christopher Chang, enquêteur pour l’ONG britannique Reprieve, chargée de la défense des prisonniers de Guantanamo (TelQuel n° 328) ne doivent pas passer inaperçues. L’observateur affirme détenir des preuves sur le passage d’un Ethiopien par un centre de détention au Maroc entre son enlèvement au Pakistan et son transfert à Guantanamo. Le sujet a souvent été effleuré par la presse indépendante, mais aucun support n’a encore mené une enquête approfondie sur le sujet. Aujourd’hui que des preuves existent, elles doivent être portées à la connaissance de l’opinion publique et présentées devant la justice, même si on connaît le degré d’indépendance de notre chère justice marocaine. En tout cas, il faut tout faire pour arrêter cet offshoring de la torture. Jusqu’à quand devrions-nous rester à la solde des Américains, qui sont théoriquement très soucieux du respect des droits de l’homme sur leur sol, mais qui sont les premiers à bafouer ces droits dans d’autres pays… même ceux parmi les pays qu’ils considèrent comme “amis”.

Ilyas Bernichi,
Casablanca.



La vie, parlons-en

Rencontres... Celles des nouvelles personnes qui font apparition dans nos vies. Parfois l'apparition est brève, d'autres fois ces personnes “nouvelles” s'installent dans nos vies. Elles nous font réaliser qu'il y a encore des choses à voir. D’autres personnes nous font réaliser que ce qu'il y a à voir ne mérite pas d'être vu. Parfois, on réalise que le monde est bas, d'autres fois il nous semble que cela est loin d'être une généralité. Nous sommes mitigés, partagés, entre ces sentiments d'espoir et de foi en un monde meilleur, en une vie meilleure, et ces sentiments de déception et de refus de croire que le monde puisse être autre chose que ce qu’il est. Tout le monde semble seul, mais ce qui est plus vrai c'est que tout le monde veut être seul. On a besoin de n'avoir affaire qu'à nous même, de pouvoir nous recentrer sur ce que l'on recherche réellement dans nos vies. Ce à quoi on aspire vraiment, et Dieu sait que c'est dur que de cerner nos réelles attentes. La solitude ne nous rattrape pas, c'est nous qui la rattrapons car c'est la solitude qui fait l'homme. Nous avons perpétuellement ce besoin de se mettre dans une spirale d'idées noires parce que c'est l'unique moyen d'en ressortir avec des pensées positives. C'est paradoxal, mais tellement vrai. Le bien a besoin du mal pour pouvoir exister. Tel est le concept même du Ying et du Yang. Nous voulons être seuls car nous avons perdu la foi en ce qui compose notre entourage et notre environnement. Lorsqu'un enfant touche le feu et se brûle, il évitera la prochaine fois de mettra sa main au feu. C'est pareil pour nous qui sommes avant tout de grands enfants. Lorsqu'on commet l'erreur de faire confiance à quelqu'un, on fait en sorte de ne pas commettre l'erreur une deuxième fois. Mais parfois, nous ne suivons pas ce schéma logique. Parce que nous aimons, tout simplement, prendre des risques. Cet amour du risque fait que nous pouvons prétendre que nous sommes vivants. Nous vivons en ayant pour but essentiel le dépassement de soi, d'aller au-delà de cette réalité, la nôtre. Merci.

Dounia Lamharzi,
Casablanca.



Précision.

Le Centre cinématographique marocain (CCM) a réagi à une information publiée dans le n° 328. Nous en publions l’essentiel :

Tout en vous remerciant pour l'intérêt que vous portez au cinéma en général et au festival du court-métrage de Tanger en particulier, il nous semble important de préciser certains points. Concernant la présidence du jury, M. Nabil Ayouch n'a jamais été appelé en remplacement de M. Faouzi Bensaïdi, puisque celui-ci n'a jamais été annoncé comme président. Le festival, en outre, n'a jamais été itinérant, il est né à Tanger et s'y développe naturellement en devenant, notamment, annuel à partir de 2004.

Mohammed Bakrim,
Délégué du Centre cinématographique marocain à Casablanca.

 
 
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