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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Le roi devrait abolir le baise-main”

Abdelaziz Rebbah, Secrétaire
général de la jeunesse du PJD
(DR)

Antécédents

1962. Naissance à Tghari, dans la région de Sidi Kacem.
1985. Diplôme d’ingénieur analyste à l’INSEA de Rabat.
1992. Diplôme en génie informatique au Canada.
93-95. Chef du département informatique au ministère du Commerce extérieur.
Depuis 2002. Secrétaire général de la jeunesse du PJD.
05-07. Chargé de mission auprès du Premier ministre, Driss Jettou.

Smyet Bak ?
Ben Aïssa Rebbah.

Smyet mok ?
Fatna bent Abdeslam.

Nimirou d’la carte ?
G115954.

Malgré vos cheveux grisonnants et vos 46 balais, vous êtes toujours secrétaire général de la jeunesse du PJD. C’est un poste à vie ?
Ne vous inquiétez pas, dans quelques mois, je quitte la barque. Ce se fera à la fin décembre, lors du congrès national de la jeunesse du parti. Je pense que j’ai fini ma mission, qui consistait à restructurer et remettre à niveau la Chabiba.

Les djeun’s vous ont poussé vers la sortie ?
Ils n’ont pas eu besoin de le faire. Ça fait un moment déjà que je comptais partir.

Vous quittez la Chabiba. Vous voulez devenir calife à la place du calife ?
Je pense que c’est prétentieux. Nous n’avons pas de candidat unique dans notre parti. Le congrès du parti élira le prochain numéro un du PJD.

Ce sera qui selon vous ?
Le meilleur (Rires).

Vous avez l’air d’un gars sympa. Vous faites un peu tache à côté des bad boys du PJD…
Tous les leaders du PJD sont gentils. Mais notre gentillesse a des limites, surtout quand les choses n’avancent pas.

Votre dernier coup de gueule, c’était quand ?
C’est tout récent. Je me suis révolté contre la monopolisation des télés publiques par certains mouvements politiques. Je pense aux partis de la majorité, mais aussi au Mouvement pour tous les démocrates. On a l’impression de revivre le même film que dans les années 1970, à la différence près que les acteurs ont changé.

Fouad Ali El Himma semble beaucoup vous apprécier. Vous êtes amis ?
Non, mais hamdoullah, nous avons de bonnes relations.

Vous n’avez jamais partagé un verre de thé sec avec le chef de groupe du Tracteur ?
Non jamais, on se parle uniquement au Parlement.

Comment s’est passée votre campagne pour la morale ?
Très bien. La dernière étape a eu lieu au théâtre de Marrakech, le 21 mai. Il y a eu des tournois de football, des soirées artistiques…

Vous avez fait la java au PJD ?
Bien entendu ! Nous sommes des musulmans, nous aimons être bien habillés, être de bonne humeur. Nous écoutons la musique et nous regardons des films d’action. Nous ne sommes pas des extraterrestres.

Vous avez déjà été en boîte de nuit ?
Oui, pour voir ce qui s’y passait. Certains établissements acceptent des mineurs, je voulais constater la chose de visu, suite à la réclamation des parents, car c’est quelque chose de grave.

Vous en avez profité pour esquisser un petit pas de danse ?
Non, jamais.

Et vous êtes ressorti accompagné ?
(Rires) Allons donc…

Vous seriez pour la nomination d’une femme au poste de Premier ministre ?
Je ne suis pas contre en tout cas. Mais en l’état actuel des choses, aucun parti politique n’a pu faire émerger une femme. Dans un futur proche, ça sera envisageable.

Vous avez une petite moustache. C’est une figure imposée au PJD ?
La seule chose qu’on impose au PJD, c’est la moralité des militants et du top management. À part ça, nous n’imposons ni le voile, ni la barbe. D’ailleurs, vous remarquerez que chaque dirigeant a son propre look.

On vous a déjà dit que vous ressembliez à Denzel Washington ?
Figurez-vous qu’à la sortie de Malcom X, je me suis rendu au cinéma. Les gens n’arrêtaient pas de me dévisager. Maintenant, on me sort que je ressemble à Barack Obama. Pourquoi pas… (Rires).

Si vous pouviez changer la devise du Maroc, vous mettriez quoi à la place de “Allah, Al Watan, Al Malik” ?
Je n’y changerais rien. Ce sont des constantes de notre pays.

Vous pensez quoi de Hassan II ?
Que c’était un grand roi, mais il y a eu des dérives sous son règne. Aujourd’hui, je pense qu’il faut analyser ce qui s’était passé, pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Le Maroc a besoin d’un consensus entre la monarchie et les différents acteurs politiques et sociaux.

Et le baise-main, ça représente quoi pour vous ?
Je pense que le roi devrait abolir cette pratique. Il fut un temps où c’était un signe de respect. Aujourd’hui, je pense que le message n’est plus le même.

 
 
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