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Médias. Les dessous de l'affaire Al Jazeera
Santé. Urgences en péril
Formation. Sciences Po, made in Morocco
Younès El Aynaoui. Le dernier mousquetaire
Palestine. Le Hamas, envers et contre tous
Etats-Unis. Que la bataille commence
Grands Travaux. Rabat, capitale des chantiers
Débat. Langue vivante vs langue de bois
Cinéma. Grand corps malade
Peinture. Des tôles aux toiles
Livre. Le journalisme est une arme
Réfugiés. L'art, pour survivre
N° 329
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Chebba Daoudia
(DR)

Festival. Assahratou lakoum


Plus populaire que jamais, Casa Music, 4ème du nom, revient du 17 au 20 juillet. Plus de 7 millions de spectateurs en trois ans : un record à honorer en plongeant au cœur de la ville. Aux désormais classiques Rachidi-El Hank-Sidi Bernoussi-Ben M’sik, se joignent désormais trois nouvelles scènes : Ben Abid à Nouaceur, Tit Mellil à Mediouna et Mohammedia. De quoi accueillir 400 artistes pour 60 concerts. Clairement, le rendez-vous casaoui mise gros sur le chaâbi, entre une
soirée spéciale Aïta Marssaouiya, avec Abdellah El Bidaoui et Khadija El Bidaouia, Hajib, Daoudia, Hamid El Mardi et l'incontournable Stati. Après Khaled, Bilal et Cheikha Remitti, le raï rayonne moins : Houary Dauphin pour les gourmets, le jeune prodige Najim, Chebba Maria, Cheb Rayane et, plus décalé, Aziz Berkani. Trait d’union naturel entre raï et reggae, la découverte Jimmy Oihid, à l’instar d’autres petites “ouvertures” : Rayess Bek, rappeur phare de la scène Lebanese Underground, le Sénégalais King Barra ou le rock ska espagnol des Sin Papeles. Quelques heureux éléments : les Earth Wind and Fire signent l’arrivée tant attendue du funk à Casa, avec les Brooklyn Funk Essentials. Côté terroir, place aux extrêmes avec la star du Rif, Rabeh Mariwari, et la voix sahraouie de Rachida Talal, les classiques Hayat Idrissi et Ahmed Alaoui, les fusionneurs Barry, Zazz Band et Jbara, Ganga Vibes, H-Kayne et une alliance Style Souss-Would Chaâb-Steph Raggaman. OK, y a moins de têtes d’affiche qu’avant, mais les moins rabat-joie penseront que ça épargne un dilemme mélomane : choisir entre Burning Spears, Seun Kuti et Johnny Southside, guitariste de Bruce Springsteen !

Du 17 au 20 juillet à Casa.



Sortie. La peur aux trousses

En signant les inoubliables Sixième sens (2000), Incassable (2000), Signes (2002) ou encore Le Village (2004), M. Night Shyamalan a construit une œuvre époustouflante de cohérence. Et Phénomènes n’échappe pas à la règle puisque, comme dans les précédents – sans exception - Shyamalan arrive à vous filer la même frousse que vous aviez, enfant, dès que l’on évoquait devant vous monstres et autres terribles créatures. Dans Phénomènes, des centaines d’individus se suicident en quelques minutes dans des circonstances terrifiantes et incompréhensibles. Elliot Moore, professeur de sciences, interprété par Mark Wahlberg, tente, avec sa famille, d’échapper au danger et de découvrir l’origine de l’hécatombe. Pas une minute de répit ni pour lui, ni pour votre petit cœur serré. En trame de fond de cette fable (comme d’ailleurs de Signes et du Village), toute l’histoire du pays adoptif du réalisateur, les Etats-Unis, pays aujourd’hui captif et victime de sa peur diffuse du terrorisme islamiste. Petit bémol au génie de Shyamalan, sa recette risque, à la longue, de nous filer une overdose.

Phénomènes, au mégarama.



Carnet noir. Musique en deuil

Hicham Belqas n’est plus. Le DJ du groupe Fnaïre, tout juste âgé de 25 ans, a trouvé la mort dimanche 15 juin sur la route, après la participation du groupe marrakchi au Festival des musiques sacrées de Fès. La nouvelle, tombée le jour même, à quelques heures de l’accident, a bouleversé le milieu de la jeune scène marocaine. TelQuel adresse ses sincères condoléances à la famille du disparu et à ses amis. Et que la vie (et la musique) reprenne son cours, à la mémoire de Hicham.


L’Boulevard. Bigg en fait des tonnes

Bigg - pardon, Don Bigg, puisque c'est ainsi que s’est renommé le fameux rappeur - pique une grosse colère. Déprogrammé, comme cinq autres groupes, quelques jours avant le début de L’boulevard, le rappeur, qui demandait 60 000 DH, s’est fendu d’un communiqué fracassant dénonçant “l’amateurisme des organisateurs”. “On assume”, dixit Momo Merhari, qui récuse par contre tout “mépris des artistes marocains”. Si certains arguments de Don Bigg sont recevables, le rappeur les plombe par une arrogance qui frise le ridicule : en plus du paiement de son cachet, il “exige”, si l’on en croit certaines confidences, le remboursement des fans qui devaient venir le voir des Etats-Unis, sous peine de poursuites judiciaires…


Arts plastiques. Mosaïque de céramiques

Des artistes qui osent, ça fait du bien. Surtout quand ils sont bons. Eux, c’est Hicham Benohoud, Safaa Erruas, Jamila Lamrani et Younes Rahmoun, quatre artistes marocains talentueux et originaux, qui donnent à voir leurs travaux, fruits de trois mois de résidence au Centre européen de la céramique EKWC, à Den Bosch, en Hollande. Sortis des sentiers battus de leurs techniques habituelles, ils se sont frottés à la céramique : recherche de formes et de couleurs essentielles, absence du détail, polissage de la matière qui reste pourtant dominante… Pourtant, leur identité est restée indemne. Contemporains jusqu’au bout, ils se sont approprié technique et matière pour en faire l’outil de leur expression propre. Après la galerie Majke Husstege à Den Bosch, l’Espace Actua à Casablanca accueille l’exposition de sculptures et installations des quatre artistes marocains, en compagnie des créations du Hollandais Karel Goudsblom.

Ceramic Ideas, Exposition du 19 juin au 29 août, à l’espace d’art Actua d’Attijariwafa bank



Musique. Rbati party

Rabat fête la musique : samedi 21 juin, la capitale accueillera une douzaine d'artistes, essentiellement hip hop, pour 12 heures de musique non-stop sur l'Esplanade Hilton. Et il y aura du beau monde : le rappeur rbati Mobydick, H-Kayne, Fez City Clan, Shabka et Fnaïre, qui rendront hommage à leur DJ disparu (Un documentaire et des T-shirts à l'effigie de Hicham Belqas seront disponibles sur place). La fusion aura aussi droit de cité avec la participation de Hoba Hoba Spirit, Darga et Amarg Fusion. Les DJ's, présentés par DJ Reddog - et parmi lesquels les DJ’s Green, Leo Veil, Walid, Unes et bien d'autres - seront aussi de la “party”, animant la scène entre deux groupes. L'entrée ? Gratuite, bien sûr. Aucune raison donc de ne pas faire partie des 5000 spectateurs attendus…


Arts visuels. Rabat Projecta

Les aficionados de l’art visuel auront enfin leur rendez-vous à Rabat. Le fondateur de Casa Projecta, Jamal Abdennassar, est à l’initiative de ce nouveau projet qu’il voulait accessible au plus grand nombre. Le concept reste inchangé : débattre autour de l’image et faire se rencontrer une communauté d’arts visuels par le biais de projections de vidéos d’art, d’animations 3D, de photographies et de courts-métrages. Dans un premier temps, le rassemblement devrait se tenir, une fois par mois, au pub restaurant le Ty potes, juste derrière l’Institut français de Rabat, dans le but de créer des échanges et des partenariats autour de projets d’horizons divers. Le premier essai a eu lieu le 17 juin. Patience, il faudra maintenant attendre la mi-juillet pour partager et débattre autour de la projection.


Album. Stati quo

Stati, le maestro de la kamanja (violon) ne fera pas de duo avec un autre groupe de la jeune scène marocaine. Dommage ! Après la réussite du featuring avec les Hoba Hoba Spirit, on espérait un tout petit peu le voir faire du pied à Haoussa par exemple ! Quoi qu’il en soit, le vétéran vient de sortir son 150ème ou 170ème album… Lui-même ne sait plus. C’est qu’il est tellement prolifique qu’il en oublierait le titre de son précédent album ! Shafou fiya Kanghenni, son dernier opus, comporte 7 chansons, inspirées par le thème du patriotisme ou encore de l’amour. Et il compte sortir un (autre !) album festif et dansant pour l’été 2008.


Arts plastiques. Les comètes de Mounat

Depuis cinq ans, Mounat Charrat se consacre exclusivement à son art. Si dans une vie antérieure, elle a travaillé dans l’industrie textile, elle connaissait déjà sa destinée. Artiste elle voulait être, artiste elle sera. En 2006, son exposition Sens et contresens à l’Institut français de Casablanca a fait mouche et l’a hissée au rang des jeunes artistes sur lesquels on pouvait dorénavant compter. Aujourd’hui, Mounat Charrat mène doucement mais sûrement sa barque. Dans sa large palette d’univers, de techniques et de supports de création, elle explore les mystères du noir et du blanc, tente la planche en bois, et donne à voir une matière en fragments, éclatée comme des comètes et météorites. Si son travail particulièrement dépouillé déroute quelques-uns, il convainc indéniablement par son originalité. Mounat Charrat est installée à la galerie Shart jusqu’au 28 juin.


Cirque. Tissez haut !

Tissé de main et d’étoffes, le cirque nouveau marocain entre en scène. Corps qui s’élancent de trampolines en toile de parachute, croisements d’ombres au-dessus de tapis déroulés sur fond de projections vidéo. Mêlant acrobaties, musique, théâtre et arts visuels, Taoub, made in Tanger célèbre l’artisanat et le lien social. Tendue par tout un groupe pour projeter une seule personne en l’air, l’étoffe est la “métaphore d’une situation familiale courante”, explique Aurélien Bory. C’est sous le chapiteau des Nuits de la Méditerranée, en juin 2003, que le metteur en scène a rassemblé douze artistes marocains au sein du Groupe acrobatique de Tanger pour donner corps à cette “scénographie mobile et fragile”, comme la ville du détroit. Produit par l’Institut français du Nord, le spectacle s’est déjà tissé une popularité d’Europe en Asie, du Brésil en Australie… Le voici de retour au bercail.

Le 14 juin à l’école adrien berchet de tanger ; le 20 juin au théâtre mohammed vi de casa ;
le 25 juin au théâtre de plein air de l’if marrakech.



Tournage. Il va nous éclater !

Premier clap pour Coco, le film. C’est devant et derrière la caméra que Gad El Maleh retrouve le personnage mythique de son deuxième one man show La Vie normale et taille un costard version 35mm à Coco, nommé ainsi par un père juif plein aux as et prétentieux qui fait de la bar-mitsva de son fiston un happening aussi people que le Festival de Cannes. Le tournage vient de commencer à Monaco avant que l’équipe ne pose ses valises à Paris. Et puisque c’est Gad qui réalise, espérons que Coco vaudra mieux que Chouchou. Signé Merzak Allouache en 2003, et malgré un Roschdy Zem désopilant en prêtre coincé, ce premier portrait ciné d’un (anti) héros, avait enfilé les gags avec brio avant de chuter dans la comédie lourdingue. Alors Gad, pas de blague !


Formation. Créa à Kech

L’Ecole supérieure des arts visuels de Marrakech ouvrira à la rentrée prochaine un département Design graphique et multimédia. Le projet, en gestation depuis la création de l’école, répond à un besoin croissant des professionnels dans cette branche. Comme l’a observé Florence Robert, directrice du département Design graphique, “les agences marocaines regorgent d’offres d’emplois dans le secteur du graphisme. Que ce soit dans la publicité ou la direction artistique, il y a de multiples opportunités”. La formation, prévue sur 4 ou 5 ans, est accessible aux bacheliers sur entretien. Dans un souci de mixité sociale et culturelle, des aides et des bourses sont prévues et le concours est également ouvert aux étudiants français ainsi qu’à une dizaine de villes africaines. Les dossiers doivent être déposés au plus tard le 30 juin.


Festival. Pas peur du cinéma d’auteur

Du 21 au 29 juin se tiendra à Rabat le Festival international du film d’auteurs. Ce rendez-vous se dote cette année d’une programmation riche, éclectique et surprenante, avec notamment, en ouverture, la projection du film de Abdelatif Kechiche, La graine et le mulet, César du meilleur film 2007. L’avant-première mondiale du dernier film Kazakh de Darejan Omirbaev, Chouga, sera l’un des temps forts de cette édition 2008 qui, dans sa volonté d’ouverture, retracera un panorama des cinémas du monde. Cinéma indien, documentaires, mais aussi films jeune public avec la projection de Azur et Asmar et Kirikou et la sorcière, il y en aura pour tous les goûts.



Humeur.
Le vin mauvais

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Quand il s’agit de boire, les consommateurs sont pires tartuffes que la législation marocaine sur l’alcool. Mieux, ils se mentent à eux-mêmes. Il y a toujours, élément invariable du décor d’un bar, un pilier de comptoir qui trinque de la main droite, tandis que l’autre égrène un chapelet. De moins en moins ambidextre, de plus en plus gauche avec Dieu au fur et à mesure qu’il honore Bacchus. C’est sa forme de repentir, son écot à la culpabilité ambiante. Il y a aussi cette jeune femme, abonnée des soirées où il faut être. Elle a traversé la décennie 2000, au plus près des tendances, un indémodable vodka tonic à la main. Elle aime toujours autant se faire prendre en photo et qu’on expose ses clichés sur des sites de nightclubbing. Pourtant, elle y vieillit à vue d’œil. De moins en moins à tu et à toi avec sa jeunesse, elle la vouvoiera bientôt comme une parfaite inconnue. Il y a encore cet homme qui s’est surpris à 9 heures du matin, assis sur la cuvette des toilettes, un verre de Bordeaux à la main. Il se complaisait dans le snobisme du bon vin, noyant un lit 2 places trop grand depuis le départ d’une fille, pas plus classe qu’un pochtron qui a au moins la pudeur d’attendre l’ouverture des bars à 11 heures. La rédemption, l’éternelle jeunesse, l’amour : in vino, il n’y aucune veritas. Juste un trompe-l’œil pour continuer à y croire…



Omar Sharif à Essaouira
Depuis le 12 juin, l’acteur international Omar Sharif est à Essaouira pour le tournage du film “Le dernier des templiers”, adaptation américaine du best-seller du même nom. À 76 ans, l’acteur tournera prochainement dans un film commandé par le président Kadhafi, sur Omar El Mokhtar.


La guitare au pluriel
Du 19 au 23 juin, l’Institut français de Tétouan organise la 1ère édition des Rencontres méditerranéennes de la guitare. Du jazz au flamenco en passant par la musique classique, le festival, qui se tiendra à Tétouan et à Tanger, fera redécouvrir la richesse et la diversité de cet instrument.


Nayda à la télé
Le film documentaire Casanayda !, écrit par Dominique Caubet et réalisé par Farida Benlyazid et Abderrahim Mettour, sera diffusé pour la première fois sur la chaîne 2M les 23 juin à 23h40 et le 27 à 2h30. Pas de prime-time cette fois-ci. Et si vous n’êtes pas noctambule, allez plutôt le voir à l’IF de Casa le 23 à 17h30, en marge de L'Boulvard.

 
 
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