Politique. Y a-t-il un candidat pour sauver l'USFP ?
Médias. Les dessous de l'affaire Al Jazeera
Santé. Urgences en péril
Formation. Sciences Po, made in Morocco
Younès El Aynaoui. Le dernier mousquetaire
Palestine. Le Hamas, envers et contre tous
Etats-Unis. Que la bataille commence
Grands Travaux. Rabat, capitale des chantiers
Débat. Langue vivante vs langue de bois
Cinéma. Grand corps malade
Peinture. Des tôles aux toiles
Livre. Le journalisme est une arme
Réfugiés. L'art, pour survivre
N° 329
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Les parlementaires du PJD ont été
les premiers à se déplacer à Sidi
Ifni, quelques jours après
les émeutes.
(DR)

Sidi Ifni. Le PJD à la page


Plus de dix jours après les évènements qui ont secoué le petit port au sud d’Agadir, la vie normale reprend son cours. Dimanche 15 juin, une délégation de parlementaires du PJD, menée par le président Mustapha Ramid, a visité la ville. Après s’être entretenu avec les habitants, les fidèles de Saâd Eddine El Othmani ont conclu à l’absence de cas de décès ou de viols, contrairement aux rumeurs colportées dans un premier temps. “Ce démenti par un parti d’opposition est à mettre à
l’actif de notre patriotisme”, nous explique ce militant du PJD, pas peu fier que son parti soit le premier à se déplacer dans le fief des Aït Baâmrane. Dans une interview publiée dans Attajdid du 16 juin, Mustapha Ramid donnait ses impressions de terrain : “La ville a été victime d’une punition collective”, a-t-il résumé. Le même jour, sept personnes ont été libérées parmi les onze poursuivis pour “rassemblement non autorisé, violences et incendie volontaire.” Mais les forces de l’ordre sont toujours à la recherche de plusieurs personnes, en fuite (dans les montagnes) depuis le déclenchement des émeutes. Pendant ce temps-là, à Rabat, le bureau de la Chambre des représentants a fixé à quinze le nombre de députés qui devraient constituer la commission d’enquête parlementaire, chargée de faire la lumière sur les événements de Sidi Ifni. La composition de la commission n’est pas arrêtée, mais selon le règlement intérieur de la première chambre, ses membres devraient être répartis à la proportionnelle, (3 pour l’Istiqlal, 2 pour le PJD, le MP, le RNI et l’USFP).


Mohammed VI. Spring break

Accompagné du prince Moulay Rachid, le roi a reçu mercredi un invité de marque dans sa résidence parisienne : le président Nicolas Sarkozy, accompagné de son épouse, Carla Bruni. “Une visite d’amitié et de courtoisie”, titrait fièrement l’agence de presse marocaine (MAP). Pour rappel, Mohammed VI est arrivé en France en compagnie d’un groupe d’amis, dans la deuxième semaine de juin, après une visite privée de près de deux semaines en Asie. Quant à la date de retour du monarque au Maroc, elle demeure inconnue. “Son avion est prêt depuis quelques jours, sur le tarmac de l’aéroport Mohammed V. On attend les instructions”, nous apprend une source bien informée.


Lyautey. Drame au lycée

Mardi dernier, alors qu’on bouclait les dernières épreuves du baccalauréat au Lycée Lyautey, une élève de cet établissement a été sauvagement tailladée au cutter par un de ses camarades, en plein boulevard Ziraoui à Casablanca. Maîtrisé par les passants, l’agresseur n’a cessé de répéter aux policiers qui ont tenté de le maîtriser : “Cela fait six ans que je suis amoureux d’elle et elle s’en fout !”. Il semblerait par ailleurs que ce ne soit pas la première fois que le jeune homme aurait harcelé la lycéenne. Alors que l’enquête suit son cours, la victime a quitté jeudi matin la clinique du Val d’Anfa où elle était hospitalisée pour une lourde opération, a-t-on appris de source sûre.


Mercato. Sektioui (aussi) à Marseille ?

Soufiane Alloudi à l’Olympique de Marseille ? C’est peut-être pour bientôt. Le club dirigé par Pape Diouf fait du pied à l’ailier du onze marocain depuis quelques mois. “Les négociations se présentent bien, j’ai mes chances d’intégrer l’OM en début de saison et de participer à la Champions league”, nous a confirmé Alloudi. Plusieurs titres de presse hexagonaux chiffrent le montant du transfert de son club émirati d’Al Aïn vers l’OM à 3 millions d’euros. L’attaquant ne devrait pas se sentir seul chez les Phocéens puisqu’il rejoindra Amine Erbate, recruté en mai, et peut-être Tarik Sektioui. “Sektioui est également en lice pour venir à Marseille”, nous a confié Alloudi.


Adl Wal Ihsane. Yassine à l’écran

Le leader de la Jamaâ sera l’invité de l’émission “Mourajaâte (Révisions)”, diffusée par la chaîne satellitaire Al Hiwar à partir du lundi 22 juin. La chaîne, qui émet à partir de Londres, a enregistré une série d’entretiens avec le Cheikh dans sa villa de Souissi, à Rabat. “Cette sortie sera l’occasion pour notre guide de montrer qu’il se porte bien, contrairement à ce que prétend la rumeur”, nous explique une source de la Jamaâ. Dans ces entretiens, Yassine aborde plusieurs thèmes, comme ses relations avec Hassan II et Mohammed VI, ses rapports avec les mouvances islamistes. Pour la petite histoire, Yassine aurait conseillé au journaliste qui l’a interviewé de ne pas ramener la cassette d’enregistrement dans ses bagages, pour éviter qu’elle soit réquisitionnée par les douaniers. Ce sont les services du Cheikh qui se sont chargés de l’acheminer vers Londres par leurs propres moyens.


Télé. Bientôt Maroc 24

Le paysage audiovisuel marocain (PAM) devrait s’enrichir d’une nouvelle chaîne d’information en continu. La rumeur insistante dans les milieux médiatiques parle même de donner (enfin !) un contenu propre à la chaîne Al Maghribia, qui se contente de reprendre des émissions des deux chaînes publiques. “Le projet existe, l’idée aussi, et depuis longtemps”, nous a confirmé le ministre de la Communication, Khalid Naciri. Aucune décision définitive n’a été prise sur les modalités pratiques de la diffusion (timing, budget, langues…). Naciri dément tout lien entre le projet de nouvelle chaîne et les démêlés de la chaîne Al Jazeera avec le gouvernement (lire article page 24) : “Nous ne travaillons pas en fonction des autres”. Vraiment ?



3 questions à Ahmed Akchichine
[Ministre de l’Education et de l’Enseignement Supérieur]


Le taux de réussite à la première session du baccalauréat est de 38%, soit un point en dessous des résultats définitifs de 2006-2007. Quels enseignements en tirez-vous ?
Depuis trois ans, notre baccalauréat a des taux de rendement à peu près similaires, c’est-à-dire très faibles. On constate cependant un renouveau pédagogique bien illustré par la filière scientifique, où le taux de succès à l’examen atteint presque 50%. Nous pensons être sur la bonne voie.

Pourtant, les filières littéraires et économiques qui drainent beaucoup de futurs chômeurs attirent encore de nombreux candidats. Cette tendance peut-elle être inversée ?
Seuls 24% des candidats inscrits dans les filières littéraires ont obtenu leur sésame pour des études supérieures. Avec la baisse du nombre de bacheliers littéraires, il y aura de moins en moins d’étudiants dans les facultés de Lettres et de Droit. Cela pourra contribuer à résorber le phénomène.

Cette année, vous avez pris des mesures spécifiques contre la fraude. En quoi cela a-t-il consisté ?
Nous avons constaté environ 500 cas de tricherie lors de cette session, soit trois fois moins que l’année précédente. Contrairement à ce qui a été dit, nous n’avons pas pris de mesures coercitives contre les candidats. Et nous avons sensibilisé les élèves aux conséquences de la fraude, dont ils sont finalement les principales victimes.


RSF. Ménard se fait du mouron

“Que reste-t-il de la liberté de la presse dans le royaume ?”, s’interroge Reporters Sans Frontières dans un nouveau communiqué publié mardi, rappelant que “les six premiers mois de l’année 2008 ont été marqués par une avalanche de procès et par des décisions judiciaires et administratives liberticides”. L’ONG de Robert Ménard est catégorique : “La justice marocaine a rarement penché du côté des journalistes qui doutent de plus en plus de son indépendance”. L’autre préoccupation concerne le nouveau Code de la presse, qui tarde à voir le jour : “Les promesses du Premier ministre, qui s’était engagé à le réformer, n’ont toujours pas été concrétisées”, fait remarquer le communiqué.


Incendie Lissasfa. Acte 1

Le verdict de l’affaire Rosamor Ameublement, l’usine casablancaise qui avait pris feu en avril dernier, provoquant la mort de 55 personnes, a été rendu cette semaine. Le propriétaire a été condamné à 4 ans de prison ferme, alors que son fils, gérant de l’usine, a écopé de 2 ans fermes. Les Moufarreh père et fils ont été condamnés pour “absence des conditions de sécurité nécessaires à la préservation de la vie des salariés, homicides et blessures involontaires et non-assistance à personne en danger”. Quant au “fumeur” du mégot, qui a provoqué l’incendie, il a écopé de 4 ans de prison pour “incendie involontaire causant la mort de plus d'une personne et blessant d'autres”.


Moâtassim & co. Ramadan surprise

Les six détenus politiques dans l’affaire Belliraj (Moâtassim et Ragala d’Al Badil, Merouani et Sriti d’Al Oumma, Abadla du PJD et Najibi du PSU), ont mené leur grève de la faim préventive, mardi 17 juin, à la prison civile de Salé. Ils préparent déjà la suivante. Les six hommes entendent continuer leur mobilisation contre les vices de procédure entachant l’instruction, avec une grève de quarante-huit heures, dès mardi prochain. Ce même jour, Moâtassim et Abadla sont convoqués par le juge d’instruction Abdelkader Chentouf, qui refuse toujours de mettre à disposition des avocats des copies du dossier. Pour rappel, Moâtassim & co sont en détention provisoire depuis le 28 février.


Abdelkrim Benatiq. La gauche, c’est moi

Le leader du Parti travailliste (PT) se serait-il lancé dans l’évènementiel ? Après un premier meeting réservé aux femmes, un second pour les jeunes, Abdelkrim Benatiq prépare une grand-messe, cette fois-ci pour “l’Union de la gauche”. La rencontre, qui aura lieu le 5 juillet à la salle Ibn Yassine, à Rabat, devrait rassembler quelque 5000 personnes, selon les pronostics du patron du PT. Le golden boy de la politique a aussi adressé des invitations aux autres formations de gauche (USFP, PPS, PSU, FFD, PS, etc). Objectif déclaré : resserrer les rangs avant les communales de 2009. Objectif inavoué : tenter de faire face à la déferlante El Himma.


Presse. Le choc des photos

C’est bien connu, le journalisme mène à tout. Jusque dans les locaux de la Brigade nationale de la police judiciaire, où le photographe de presse, Karim Selmaoui, a subi un drôle d’interrogatoire, lundi 16 juin. Quatre inspecteurs mobilisés à cause d’une photo de Selmaoui dans Al Massae, montrant un commissaire rudoyant une manifestante salafiste, un bébé sur le dos. Après parution, le commissaire aurait reçu des menaces de mort sur des sites jihadistes. Les inspecteurs ont questionné Selmaoui sur ses liens avec Al Qaïda, la date d’acquisition de son domicile, sa superficie ou ses voyages à l’étranger… Un inspecteur lui a même demandé le mot de passe de son courrier électronique !


Grève. Taxis rouges…de colère

Mercredi 18 juin, Casablanca a été le théâtre d’une impressionnante manifestation organisée par les chauffeurs de taxis. De 9 heures du matin jusqu’en début de soirée, les taxi-drivers ont bloqué les artères principales de la capitale économique pour exprimer leur colère. Motif : la hausse vertigineuse de la taxe perçue par les services municipaux et payée par les chauffeurs de taxi. “De 200 DH tous les six mois auparavant, nous devrons maintenant payer 200 DH par mois. C’est inacceptable”, fulmine le conducteur d’un petit taxi. La manif’ a donné du fil à retordre aux forces de l’ordre qui ont dû faire face à des embouteillages monstres, mais aussi à des casseurs venus en nombre.


Récompense. Abbas ya Abbas

Le Premier ministre effectuera bientôt son entrée au “Panthéon des grands acteurs de la paix, de la liberté et de la démocratie” (sic !), une sorte d’hommage rendu par Crans Montana, une fondation suisse, “dont le but est de contribuer à un monde plus humain”. Le patron de l’Istiqlal aurait ainsi contribué “à la modernisation de la vie publique et l’amélioration du niveau de vie au Maroc”. Le 28 juin, le vice-président de la Commission européenne remettra son prix à Abbas El Fassi, dont le nom viendra s’ajouter à celui du président camerounais, Paul Biya, qui s’était distingué l’an passé… après 25 ans de pouvoir. Pas sûr que Si Abbas puisse le concurrencer dans ce domaine.


Clopes. C’est non, les amis

La coordination nationale des associations et syndicats des professionnels, regroupant les représentants des buralistes, maintient son appel au boycott des centres de distribution d’Altadis, du 23 au 29 juin prochain. D’après ce syndicaliste de Salé, Altadis, qui exerce un monopole sur la production et la distribution de cigarettes au Maroc, n’est pas prête à lâcher aux débitants de tabac une revalorisation de leur marge commerciale, ni une rémunération sur la publicité dans les points de vente. Agitant la menace de la pénurie, le distributeur Altadis-Régie des tabacs a publié dans la presse un communiqué vantant l’augmentation des revenus des détaillants.


Universités. Présidents en sursis

Le ministre de l’Education nationale, Ahmed Akhchichine, a reçu la semaine dernière les présidents des quatorze universités du royaume, priés de (bientôt) rendre leur tablier. Les premiers présidents (anciens recteurs) ont été nommés en 2000 pour quatre ans et ont vu leur mandat reconduit une fois. Certains voulaient faire entorse à la loi, qui limite à deux le nombre de mandats possibles, et avaient laissé entendre qu’ils pourraient en référer “en haut lieu”. Actuellement bien en cour, Ahmed Akhchichine, qui est aussi très proche de Fouad Ali El Himma, ne l’entendrait visiblement pas de cette oreille.


Justice. Anouzla - Herzenni : 0-1

Ali Anouzla, directeur du tout jeune quotidien Al Jarida Al Oula, a été condamné en première instance… à stopper la publication des témoignages des victimes des années de plomb auditionnées par l’Instance équité et réconciliation. Il s’expose, dans le cas contraire, à une amende de 1000 DH par jour. C’est Ahmed Herzenni, président du Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH), qui avait porté plainte contre Anouzla en s’appuyant sur la loi relative aux archives votée en 2007, mais dont les textes d’application n’ont pas encore été publiés. Le directeur de publication d’Al Jarida Al Oula, qui a l’intention d’interjeter appel, nous a toutefois affirmé son intention de “(continuer de) publier les témoignages tant controversés”. La question est de savoir jusqu’où iront ses adversaires : Herzenni et la justice marocaine.


Football. Quand Benslimane veut…

L’ancien pensionnaire du Raja, passé depuis à Hibernians en Ecosse, a posé ses valises au Maroc la semaine dernière, après trois ans “d’exil”. La plainte contre X déposée par la Fédération marocaine, suite à la falsification de l’autorisation de sortie de Marouane Zemmama, a été retirée. “La Fédé m’a appelé pour m’annoncer que je pouvais rentrer sans problème”, nous a-t-il confié. Cette grâce, il la doit à la médiation de Mustapha El Haddaoui, ancienne gloire des Lions de l’Atlas : “Avec Noureddine Naybet et Mustapha Hadji, nous avons demandé au général Housni Benslimane (présidents de la fédération) d’intervenir en sa faveur”. Dont acte…


AMDH. Pendaison de crémaillère

L’ONG dirigée par Khadija Ryadi a acquis un nouveau local à Rabat. Le siège de l’AMDH (Association marocaine des droits humains), un appartement d’environ 200 mètres carrés acquis pour 1,1 million de DH, se trouve désormais au quartier les Orangers, non loin de l’Union marocaine du travail (UMT). Pour se payer un nouveau QG, l’AMDH a dû revendre son ancien local, un petit appartement difficile d’accès situé dans le centre-ville. “Maintenant, nous sommes plus à l’aise et nos salles de conférences sont plus spacieuses”, jubile un membre de l’Association. L’inauguration aura lieu le 24 juin, à l’occasion du 29ème anniversaire de l’AMDH.


Orphelinat de Aïn Chock. SOS verdict !

Près de deux ans et demi après l’ouverture de l’enquête concernant l’affaire de l’orphelinat de Aïn Chock, son ex-directeur général a été condamné en première instance à 5 ans de prison ferme, assortis d’une amende de 50 000 DH. Sept autres accusés ont écopé de 2 à 5 ans de prison et d’une amende de 20 000 à 50 000 DH. Un dernier prévenu a, lui, été acquitté. Les faits remontent à la visite royale, le 2 avril 2005, de l’orphelinat de Aïn Chock. S’écartant du circuit officiel, Mohammed VI avait découvert un bâtiment insalubre où étaient entassés des enfants. Le lendemain s’ouvrait l’enquête. Un démarrage rapide, pour un aboutissement rendu… 28 mois plus tard.


Euro 2008. TPS tar

L’outil d’analyse des recherches Google Trends livre des surprises. On savait que les décodeurs satellite étaient out, depuis le début de l’Euro 2008. Même les petits génies de Derb Ghallef n’ont rien pu y faire. Sur Google Trends (voir graphe), on peut se faire une idée de la frénésie des crackers : le nombre de requêtes “code TPS” a littéralement explosé depuis le début de la compétition. Explication : à chaque grand-messe footballistique, les bouquets satellitaires renforcent le niveau de cryptage, en passant à un codage permanent. “Il est peu probable que TF1 et M6 soient accessibles avant la fin de l’Euro”, nous confirme ce technicien.


Cinéma. L’horreur de Morjana

L’héroïne de Marock a accordé cette semaine une interview à ohmygore.com, un site spécialisé dans le cinéma d’épouvante. Normal, vu que pour son second film, Morjana Alaoui interprète l’un des rôles principaux de Martyrs, de Pascal Laugier, film interdit aux moins de 18 ans. Dans cet entretien, Morjana Alaoui revient sur la polémique suscitée par le film de Laïla Marrakchi. “Pendant le tournage, on sentait qu’on tenait une petite bombe entre les mains. Marock est un film qui lève des tabous sur bon nombre de sujets extrêmement sensibles : la corruption, l’alcool, la religion, l’arrogance de la bourgeoisie…”, raconte-t-elle, avant d’ajouter : “Je me suis rendu compte qu'un film pouvait secouer tout un pays”.



Humeur. Le tube de l’été…

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

C’est celui de la semaine, peut-être. Lundi, je serai heureux de découvrir une chaîne de télévision répondant au nom d’Al Hiwar. Oui, comme l’émission de notre dinosauresque (Moulay) Mustapha Alaoui, rescapé de la fabuleuse époque hassanienne. Al Hiwar nous promet donc le tube de la semaine : Cheikh Yassine à la télévision. Ce n’est pas un gag. Le vénérable guide de la Jamaâ nous la joue royale : il parle, enfin, mais pas à un média marocain. Il est au-dessus de cela. Yassine, toujours royal, nous enverra un signal, ou plusieurs. Dont le plus important : je suis vivant, je vais bien. Alive and kicking. Ce monsieur, qui nous a tant snobés, qui ne s’exprime plus que par murmures et chuchotements dans l’oreille de ses proches collaborateurs, est un peu devenu le marronnier de la presse marocaine. On a tous une pensée pour lui. Mais il n’est pas le seul. D’autres “leaders” lui disputeront le titre de tube de l’été. Comme Abbas El Fassi, Premier ministre volant, dont on vient presque à oublier l’existence. Abbas malade, Abbas au Japon, etc. Le représentant de la famille El Fassi a déjà réussi un authentique exploit : comme les faibles de ce monde, il a fini par se rendre sympathique à force de prendre des coups. Plus on pronostique son limogeage, et plus on l’aime. Abbas par terre, ou pas loin, c’est forcément touchant. C’est comme ça. Notre ami Fouad, roi des tracteurs, est lui aussi candidat au tube de l’été. Il n’y a qu’à voir son sourire : éclatant ! Surtout quand on lui pose une question à laquelle il n’est pas près de répondre. Sourire, c’est aussi une manière de ne rien dire. Charmant.



VITES !

Sur le site communautaire Facebook, près de 2000 personnes ont rallié le groupe “Pour faire inscrire Derb Ghallef (Casablanca) au patrimoine mondial de l’Unesco”. L’objectif n’est pas de demander des subventions aux Nations-Unies, mais plutôt de “sauver Derb Ghallef des Chinois qui voudraient l’acheter”. Drôle et un tantinet raciste sur les bords.


Le siège du Parti de l’Istiqlal est en chantier depuis une semaine. Ses murs seront dotés de grilles pour dissuader les diplômés chômeurs, qui ont pris l’habitude d’envahir les locaux, demandant à rencontrer Abbas El Fassi himself.


Placée en détention préventive, pour avoir loué son appartement à quatre des kamikazes qui s’étaient donné la mort en avril 2007 à Casablanca, Hasna Moussaïd a été remise en liberté provisoire, mardi 17 juin, par le tribunal de Salé. Son mari, poursuivi dans la même affaire, est quant à lui toujours en détention préventive.


Annahj Addimocrati observe un sit-in, le samedi 21 juin, devant le Parlement pour demander l’intégration de l’amazigh dans la Constitution comme langue officielle. C’est la quatrième manifestation du genre organisée par le parti de Abdellah El Harif.


Mohamed Ziane, bâtonnier en exercice de Rabat, réclame 100 000 DH de dommages et intérêts au Journal hebdomadaire, après la publication, en mai dernier, d’un portrait de l’avocat sulfureux. Ce dernier, qui n’a pas porté plainte pour diffamation, réclame “juste” sa part des recettes du journal, auxquelles il estime avoir contribué. No comment.


Wilson James Douglas, le pilote américain qui avait posé, il y a un mois, son bi-moteur à 100 kilomètres de Rabat pour récupérer une cargaison de haschich, a été condamné, en milieu de semaine, à 7 ans de prison assortis d’une amende de 10 000 DH. Ses deux complices marocains écopent, respectivement, de 4 et 6 ans de prison.


Le président de l’Association du Sahara marocain, Réda Taoujni, vient de lancer le prix… du journalisme patriotique. Pour rallumer la flamme nationaliste qui sommeille en chaque journaliste, Taoujni a doté son prix de 5000 DH. Inutile de préciser que le patriotisme en question vise essentiellement les sujets liés au Sahara.
 
 
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