Politique. Y a-t-il un candidat pour sauver l'USFP ?
Médias. Les dessous de l'affaire Al Jazeera
Santé. Urgences en péril
Formation. Sciences Po, made in Morocco
Younès El Aynaoui. Le dernier mousquetaire
Palestine. Le Hamas, envers et contre tous
Etats-Unis. Que la bataille commence
Grands Travaux. Rabat, capitale des chantiers
Débat. Langue vivante vs langue de bois
Cinéma. Grand corps malade
Peinture. Des tôles aux toiles
Livre. Le journalisme est une arme
Réfugiés. L'art, pour survivre
N° 329
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Le Premier ministre
irlandais Brian Cowen.
(AFP)

UE. La crise permanente


Les technocrates de Bruxelles le redoutaient comme la peste. Le “non” au traité de Lisbonne l’a emporté jeudi en Irlande, avec 53% contre 47% pour le oui. Le nouveau texte, venu remplacer le traité constitutionnel rejeté en 2005 par les Français et les Néerlandais, et qui devait entrer en application en janvier prochain, se retrouve de fait bloqué. C’est un nouveau camouflet pour les dirigeants européens, et un très mauvais présage pour la présidence française de l’UE, qui
commence le 1er juillet. Après les non français et néerlandais au traité constitutionnel, les pays européens, dont 18 avaient déjà ratifié le texte, ont pris soin de faire valider le nouveau texte par voie parlementaire… sauf l’Irlande, que sa Constitution obligeait à passer par un référendum. Le vote au suffrage universel a une fois de plus sanctionné un texte excessivement complexe, élaboré par les technocrates de Bruxelles, et ce malgré le “miracle économique” dont a bénéficié l’Irlande ces dernières années. Le fossé entre les élites européennes et les peuples semble plus que jamais infranchissable.

Ironie du sort, le traité de Lisbonne devait permettre à l’UE de sortir du blocage institutionnel dans lequel l’avait plongée la crise de 2005. Il prévoyait ainsi de renforcer le rôle du Parlement européen, de doter l’UE d’un président et d’un représentant unique à l’étranger. Mais aujourd’hui, les portes de sortie de cette énième crise sont minces. L’idéal serait de faire revoter les Irlandais. C’est ce qui s’était passé en 2001 après le non de ce petit pays frondeur au traité de Nice. Le texte avait été modifié, avant d’être à nouveau soumis à l’appréciation des 2,8 millions d’électeurs irlandais. Ne pas inclure l’Irlande dans les changements mentionnés dans le traité serait une autre solution, qui bien sûr ne ravit guère les dirigeants irlandais. Ces derniers y voient plutôt une punition. En attendant, Paris et Berlin évoquent la possibilité de constituer un petit groupe autour du “noyau dur” de l’UE, pour avancer sur les dossiers les plus urgents.


Afghanistan. Offensive contre les talibans

La bataille de Kandahar a commencé. Dans la matinée du mercredi 18 juin, l’armée afghane et les forces canadiennes de l’Otan ont donné l’assaut sur les quelques villages du sud du pays où plusieurs centaines de talibans se sont retranchés depuis quelques jours. Une partie de ces combattants se sont évadés d’une prison de la ville, attaquée par les talibans il y a une semaine. Du côté de l’Otan et des forces gouvernementales, plusieurs milliers de soldats ont été mobilisés pour “nettoyer” le secteur, situé à seulement 20 km de Kandahar. Des centaines de familles ont abandonné leurs villages, devenus des places fortes des talibans. L'Otan a largué des tracts par hélicoptère et lancé des appels à la radio pour recommander aux habitants restés sur place de se barricader chez eux. La province de Kandahar est l’un des bastions des talibans.


France. Retrouvailles syriennes

Décidément, les relations entre Nicolas Sarkozy et ses “amis arabes” ne sont pas de tout repos. Après le rejet tonitruant de son projet d’Union pour la Méditerranée par le colonel Khadafi, c’est l’invitation faite à Bachar Al Assad d’assister au défilé du 14 juillet depuis la tribune présidentielle qui crée la polémique. L’opposition de gauche dénonce l’honneur fait au dictateur et la majorité anti-syrienne au Liban, soutenue par Paris, proteste contre “un retour en grâce un peu trop rapide”. L’Elysée argue que Damas a tenu ses engagements en permettant l’élection du président libanais Michel Sleimane. Deux autres chefs d’Etat arabes, Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak, venus eux aussi pour la réunion de mise en route de l’UPM, devraient tenir compagnie à Al Assad dans la tribune présidentielle.


Iran. Cafouillage sur les sanctions

À l’occasion de la visite de George Bush à Londres, le Premier ministre britannique a annoncé que l’Union Européenne s’apprêtait à prendre de nouvelles sanctions contre l’Iran, dont le gel des avoirs en Europe de la banque Melli, la plus importante institution financière du pays. Mais les affirmations de Gordon Brown ont été démenties peu après par Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne, qui a précisé que l’UE préférait attendre un peu avant de prendre cette décision. Il a remis samedi dernier à l’Iran une nouvelle proposition des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Allemagne, pour convaincre Téhéran d’abandonner son programme d’enrichissement d’uranium. Ce à quoi le représentant iranien à l’AIEA a répliqué que son pays n'accepterait “jamais” de suspendre ledit programme.



Lu pour vous [FRANCE]
Jihadiste en ligne

Jean-Pierre Stroobants, Le Monde du 17 juin.

Jour de semaine ensoleillé à la chaussée de Gand, dans l'ouest de Bruxelles. Boucheries, épiceries, magasins de téléphones mobiles (…). “C'est le petit Maroc”, sourit Tarik, un ancien coiffeur à l'air jovial. Une minute plus tard, il s'éloigne en grimaçant. Il veut bien répondre à “toutes les questions”, mais pas à celles qui portent sur l'éventuelle montée du radicalisme musulman dans cette zone déshéritée de la capitale de l'Europe (....). Tarik a-t-il entendu parler de Malika El-Aroud, alias Oum Hobeid ? “Oui, non, je ne sais pas...”
Cette Belge d'origine marocaine a fait la “une” du Herald Tribune, le 27 mai, avec un reportage repris du New York Times. Le quotidien la présentait comme “l'une des principales djihadistes en Europe” et racontait qu'elle vivait dans un petit appartement situé au-dessus d'un magasin bruxellois.(...) Ceux qui, à Bruxelles, connaissent Malika El-Aroud sont eux aussi devenus prudents. Bassam Ayachi, un prêcheur fondamentaliste franco-syrien, dirigeant du Centre islamique belge (CIB), est apparemment injoignable. Le CIB a défrayé la chronique parce qu'on y célébrait des mariages religieux sans mariage civil. C'est là que Mme El-Aroud aurait été unie au Tunisien Abdessatar Dahmane, alias Abou Hobeid, l'un des deux assassins d'Ahmad Chah Massoud, leader de la résistance afghane aux Soviétiques puis aux talibans. (…) Un homme que Malika El-Aroud préfère appeler “le diable”, “un mauvais musulman, l'ennemi d'Oussama Ben Laden”.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés