Zakaria Boualem jubile. Pour une fois que le Maroc est battu sur le plan du délire
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque
Zakaria Boualem, en ce mois de juin, est un homme heureux. Scotché à sa télé, il vit lEuro 2008 comme sil était titulaire dun passeport rouge. Ce soir, cest la France qui joue contre lItalie. Un match intéressant, puisque les Français ont létrange particularité de considérer quils sont toujours champions du monde depuis 1998. La majorité des supporters des Bleus est également persuadée que la Coupe du monde 2006 na pas été attribuée, interrompue par le coup de boule de Zidane, considéré par ailleurs comme un acte de bravoure. On ne va pas se moquer, les Marocains considèrent de leur côté quils sont champions dAfrique depuis 1976 et que la dernière édition a été stoppée net au moment où Alloudi le magnifique a été blessé
Donc la France se couvre de ridicule, perd contre lItalie, sort de la compétition, et merci. Pas déquipe, pas de jeu, pas de chance
Encore une fois, Zakaria Boualem garde la tête froide, évite de ricaner trop fort, ça nous arrive très régulièrement de sombrer d'une telle manière. Mais la suite, elle, ne peut se passer quen France. Voilà la scène : Raymond Domenech, lentraîneur français, répond à un journaliste qui veut savoir sil va démissionner. Lhomme répond quil demande la main dEstelle, et que cest tout ce qui lintéresse. Voilà. Ça mérite un retour à la ligne.
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Là, Zakaria Boualem jubile
Pour une fois que le Maroc est un peu battu sur le plan du délire, ça mérite une analyse. Imaginons la même scène au Maroc. Prenons Blinda, par exemple. Précisons à lattention de nos plus jeunes lecteurs que Blinda était notre entraîneur national en 1994. Il avait la même moustache que les sourcils de Domenech. Une étrange époque, 1994. On avait des joueurs qui cherchaient des chaînes en or à quatre pattes sur la pelouse, un Bahja qui avait lair dhésiter entre le génie et le ridicule, un gardien qui a demandé lasile politique en Floride et un attaquant du nom de Chaouch qui aurait dû le rester. Bon, imaginez donc Blinda, le soir de lélimination, nous parler de son mariage avec Badi3a. Cest simple, il se serait pris un coup de caméra sur le coin de la tête, sans autre forme de procès, et merci. Imaginez maintenant que la Badi3a en question soit de lautre côté de lécran, en train de présenter une émission dédiée au foot où ses invités, ses collègues, expliquent que Blinda est un charlot. Cest encore une fois très simple. Badi3a aurait griffé au visage ceux qui auraient moqué son chéri. Et si Badi3a ne lavait pas fait, cest Blinda, tout juste remis de son coup de caméra, qui sen serait chargé. Comprenez par là quil aurait agressé Badi3a pour manque de solidarité. Pas les journalistes, ils sont trop nombreux.
En France, personne na lancé de caméra, personne na été griffé au visage, cest plus civilisé et cest tant mieux. Il y en a même qui ont trouvé ça romantique, le coup de la demande en mariage. Ya ouilli. Donc, Domenech, uniquement préoccupé par son mariage, était en fait en train de recruter des neggafate, cest ça ? Et sil avait raison ? Et si ce cirque footballistique nétait rien et, quen fait, ce soit lamour le plus important ?
Euhhh
Attendez un
moment, Zakaria Boualem
réfléchit.
NON !
À la limite, le romantisme peut être toléré dans lunivers du Boualem, mais dans le foot uniquement. La Hollande, par exemple, est footballistiquement romantique. Mais le romantisme style égyptien ou, pire, hollywoodien, cest juste pas possible, question de culture. À Guercif, un homme qui aime sa femme est soupçonné de faiblesse. Il est louche, peut-être un peu homosexuel. Paradoxe. Un homme qui se déclare heureux de se marier est considéré comme un hypocrite. Cest comme ça. Et encore, je vous signale que Zakaria Boualem est l'un des représentants les plus modernes de ce peuple de moustachus.
Sur ce, bonne fin dEuro. |