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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Le couple présidentiel,
accueilli par Shimon
Peres et Ehoud Olmert.
(AFP)

Israël. L’ami Sarkozy


Le départ a été mouvementé, mais le séjour chaleureux. Alors que Nicolas Sarkozy s'apprêtait à monter dans son avion pour regagner Paris, un coup de feu a retenti à l’aéroport de Tel Aviv. Selon les autorités israéliennes, il s'agissait d'une balle tirée par un soldat qui s'est suicidé, une version que la famille du défunt (de confession druze) conteste. À part cet accident de fin de parcours, la visite a été triomphale. On savait que Nicolas Sarkozy était attendu en héros par
les Israéliens, qui le considèrent comme le président français qui lutte le plus contre l’antisémitisme. Mais le pensionnaire de l’Elysée a aussi réussi à séduire les Palestiniens. Dans son discours devant la Knesset, lundi 23 juin, il a rappelé que “comme tous les peuples, le peuple israélien a le droit de vivre en sécurité dans des frontières reconnues et garanties”, promettant que “la France ne transigera jamais sur la sécurité d’Israël”. Mais il a aussitôt ajouté que “la sécurité d’Israël ne sera véritablement assurée que lorsque, à ses côtés, on verra enfin un Etat palestinien indépendant”. Et de conclure : “Il ne peut y avoir de paix sans l’arrêt de la colonisation, il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux Etats”. Ces propos ont rassuré une partie des Palestiniens, qui craignaient d’être les grands oubliés de cette première visite d’Etat en Israël. Une seule rencontre, mardi à Bethléem, était en effet prévue avec les leaders palestiniens. Sarkozy a d'autre part envoyé sa ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, déposer une gerbe sur la tombe de Yasser Arafat à Ramallah. Nicolas Sarkozy a aussi choisi son camp entre les frères ennemis palestiniens : il a longuement qualifié le Hamas, que 80% des Palestiniens soutiennent, d'organisation “terroriste” avec laquelle il était exclu de parler… alors que des contacts entre la France et le mouvement islamiste ont été confirmés par le ministère des Affaires étrangères français il y a quelques semaines.


UE. Colère contre la “directive de la honte”

Evo Morales et Rafael Correa, les présidents bolivien et équatorien, ont été les premiers à dénoncer la “directive retour”, votée jeudi dernier par le Parlement européen. Avant que les dirigeants du Venezuela, d'Argentine, du Pérou et du Brésil ne leur emboîtent le pas. Le texte, qui harmonise la législation européenne sur les sans-papiers, fixe à 18 mois la durée maximale de rétention, interdit pendant cinq ans à tout étranger expulsé de revenir en Europe et permet de renvoyer un enfant dans son pays d'origine ou dans un pays de transit. Evo Morales a prévenu qu'il se réservait le droit d'exiger des visas aux visiteurs européens. Hugo Chavez, le président vénézuélien, a de son côté menacé de ne plus livrer de pétrole aux pays qui appliqueraient cette directive. Plus d'un million de Péruviens, 500 000 Boliviens et 500 000 Equatoriens vivent en Europe.


Arabie Saoudite. Une conférence pour rien

Pays producteurs et consommateurs de pétrole se sont réunis dimanche dernier à Djeddah, en Arabie Saoudite. Sans résultat tangible. La conférence devait rassurer les clients de l'Opep, affolés par la flambée de l'or noir, dont les cours frôlent les 140 dollars le baril à Wall Street. Les Etats-Unis et l'Europe réclament une hausse de la production, pour faire pression sur les cours. Les pays pétroliers rétorquent que l'envolée du prix du baril est essentiellement du fait de spéculateurs. La question divise même au sein de l'Opep : l'Arabie Saoudite a consenti une hausse de 500 000 barils par jour depuis mai, tandis que le président de l'Opep, l'Algérien Chakib Khelil, pense qu'il n'y a pas lieu de relancer la production avant septembre. Pendant ce temps, au Nigeria, Shell et Chevron ont dû cesser leur production suite à des attaques contre leurs installations pétrolières.


Tunisie. Amnesty dénonce la torture

“Ces déclarations sont totalement subjectives et dépourvues de crédibilité”. Telle a été la réplique des autorités tunisiennes à Amnesty International, l'organisation de défense des droits de l'homme, qui accusé la Tunisie de “mauvais traitements courants” sur ses prisonniers sous couvert de la lutte contre le terrorisme, dans un rapport rendu public lundi dernier. Il y est fait état de “cas spécifiques de torture, dont notamment la privation de sommeil, les chocs électriques (...) et les simulacres d'exécution”, enfreignant en cela la loi tunisienne. D'après un témoignage recueilli par Hassiba Hadj Sahraoui, la directrice régionale d'Amnesty International, “une personne a été torturée à un point tel qu'elle ne pouvait plus reconnaître sa propre mère, sa femme ni ses avocats”.


Liban. Nouveaux affrontements

C’est à Tripoli, grande ville au nord du Liban, que se sont déroulés dimanche et lundi derniers de violents combats entre des sunnites, partisans de la majorité antisyrienne, et des Alaouites, branche du chiisme fidèle au Hezbollah. Neuf personnes ont été tuées avant que l'armée libanaise n'intervienne et ne renforce sa présence dans la zone. Ce bilan est le plus élevé depuis les violences du mois de mai (qui avaient fait 65 morts). Les observateurs craingnent que le pays ne bascule à nouveau dans une guerre civile. Les difficultés dans la formation du gouvernement d'union nationale, prévu par l'accord de Doha, attisent les tensions entre communautés.


France. Une agression et des questions

Samedi 21 juin, un adolescent de 17 ans, de confession juive, a été roué de coups par d'autres jeunes dans le 19ème arrondissement de Paris. Grièvement blessé, il est resté 36 heures dans le coma artificiel dans lequel il a été placé. Depuis, le débat enfle en France : crime antisémite ou règlement de comptes entre bandes rivales ? La justice a ouvert une enquête pour “tentative de meurtre aggravée par le caractère antisémite” et parle “d'antisémitisme par incidence”. Dans ce quartier cosmopolite du nord de Paris, des bandes de jeunes noirs ou d'origine maghrébine et de jeunes juifs s'affrontent régulièrement depuis quelques mois. Le jeune juif était lui-même sous contrôle judiciaire pour avoir participé à d'autres bagarres. Cinq adolescents, qui n'auraient pas eux-mêmes participé au lynchage, ont été placés en garde-à-vue, avant d'être relâchés avec le statut de “témoins assistés”.



Lu pour vous [FRANCE]
Polémique sur les OGM au Burkina Faso

Gaëlle Dupont, Le Monde du 24 juin.

Casimir Zoungrana est un cultivateur de coton à l'affût de toutes les innovations. Sur ses quelques hectares de terre, il cultivera dès que possible à la fois du coton biologique et du coton transgénique. Il ne voit là aucune contradiction. Le coton bio et équitable, c'est la garantie d'un prix de vente beaucoup plus élevé que la normale. Le coton OGM, c'est l'espoir d'augmenter les rendements et les marges, de sortir la tête de l'eau après plusieurs années de chute des cours mondiaux. (...)
Les semis de coton viennent tout juste de commencer au Burkina Faso, deuxième pays producteur d'Afrique derrière l'Egypte. Pour la première fois en 2008, 15 000 hectares de coton OGM seront semés. (...)
Selon les recherches menées par l'Institut de l'environnement et de la recherche agricole (Inera), le coton transgénique permettra d'augmenter les rendements de 30% et de ramener le nombre de traitements insecticides de six à deux.(...)
L'arrivée des OGM a lieu dans un climat tendu. Le sujet est d'autant plus brûlant que le coton fait vivre 20% de la population, rapporte 60% des recettes d'exportation et représente un quart du PIB burkinabé. Un collectif anti-OGM (...) a organisé en février une caravane dans les zones cotonnières, afin de “sensibiliser” les paysans. “Nos cotonculteurs ont des difficultés (...) et on leur présente les OGM comme une solution miracle. (...) Ils sont introduits sans même que les paysans, dont la plupart sont analphabètes, sachent de quoi il s'agit”.



Vite !

Le Premier ministre français, François Fillon, a signé samedi 21 juin, à Alger, deux accords pour développer le nucléaire civil et la coopération militaire entre l'Algérie et la France. Des centrales nucléaires pourraient à terme être construites en Algérie.

 
 
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