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Par Youssef Ziraoui
Je suis journaliste, pas flic
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Maria Moukrim, journaliste
(DR)
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Antécédents
| 1976. |
Naissance à Casablanca. |
| 1998. |
Diplômée de lInstitut supérieur de journalisme et de linformation. |
| 1998. |
Rejoint Assahifa. |
| 2001. |
Intègre Al Ayam. |
| 2003. |
Présente lémission Kafaâte sur Arrabiâa. |
| 2005. |
Remporte le prix Mohammed VI de la presse pour la meilleure enquête journalistique. |
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Smyet Bak ?
Elmahjoub Moukrim.
Smyet mok ?
Zoubida Kerchou.
Nimirou dla carte ?
BH 543265.
Vous êtes tout le temps sur le terrain à la recherche du scoop. Quest-ce qui vous fait courir ?
Certainement ma passion pour lenquête. Si je ne suis pas sur le terrain, je mennuie à mourir. Au Maroc, beaucoup de sujets restent encore vierges. Jéprouve le besoin de les explorer en partant dun petit indice.
Vous aimez fouiner, cest ça ?
Oui, mais souvent, cest le fruit du hasard, comme cétait le cas pour mon enquête sur les réseaux de prostitution dans les pays du Golfe. Ça mest tombé dessus alors que je visitais un consulat. Après, jai fait mon travail. Pareil pour lenlèvement des Salafistes.
Là, vous vous êtes un peu jetée dans la gueule du loup. Vous le faites exprès ou quoi ?
Un des prisonniers libéré disait avoir entendu le bruit du train et des lions rugir pendant sa détention. Je me suis dit, par déduction, quil avait pu être détenu au siège de la DST de Témara. Je my suis rendue, encore une fois, pour faire mon travail et non pour chercher des problèmes
Sur place, vous avez passé un sale quart dheure.
Oui, même une heure entière
dinterrogatoire. On a fini par me relâcher, à contrecoeur. On ma dit : Tu as de la chance. En dautres temps, on ne taurait pas laissé partir. Quelques mois plus tard, je me suis fait agresser physiquement, avec menaces de représailles. Jai porté plainte, on ma assuré quon retrouverait la personne qui a fait ça. Huit ans plus tard, j'attends toujours.
Vu que vous faites de bonnes enquêtes, vous auriez pu proposer vos services à la police ?
(Rires). Il y a enquête et enquête. Je nai ni les mêmes méthodes, ni les mêmes objectifs que la police.
Vous travaillez avec votre mari et votre ancien professeur. Vous êtes bien encadrée
Dès quon met le pied au travail, mon mari et moi, on devient des collègues de bureau. Quant à mon directeur de publication, cétait mon prof il y a dix ans. De leau a coulé sous les ponts depuis.
Votre photo paraît chaque semaine sur votre hebdomadaire. Votre mari nest pas jaloux ?
Il faut lui demander directement. Mais je pense quil le vit bien (Rires).
Qui de vous deux gagne le plus ?
Aïe, question difficile. Je dirais quon gagne tous les deux bien notre vie.
Vous avez fait un passage éclair à la télévision en 2003. Vous nétiez pas assez télégénique ?
La chaîne qui memployait a effectivement décidé de me démettre de mes fonctions au bout dun an, car jétais poursuivie pour un dossier sur les harems royaux, que mon journal avait publié. Ils ont jugé que cela touchait léthique professionnelle. Dans une chaîne privée, ça ne se serait jamais passé comme ça.
Et si cétait à refaire ?
À mon avis, il y a eu une mauvaise lecture du dossier en question, sinon, ça naurait pas fait autant de vagues. Le dossier était professionnel, voilà ce que jen dis.
Vous avez écrit une tonne de dossiers sur Hassan II. Pourquoi vous fascine-t-il autant ?
Beaucoup de Marocains continuent dêtre captivés par Hassan II, neuf ans après sa mort. Certainement parce quil a dirigé le Maroc pendant près de 40 ans et que le pays en garde encore les traces. On ne peut pas tourner cette page du jour au lendemain. Et puis, Hassan II était une personnalité exceptionnelle
Vous êtes nostalgique de son époque ?
Moi, non, mais beaucoup de personnes le sont. Aucune étude sociologique na été faite dans ce sens, mais il serait intéressant de se pencher sur le phénomène de manière scientifique.
Quest-ce que vous navez pas encore fait, et que vous souhaiteriez faire ?
Je nai pas envie de donner des idées à la concurrence (Rires). Jai encore une tonne didées, mais pas forcément le temps de les concrétiser.
Vous venez de faire paraître un dossier sur la cartographie des grandes familles. Vous vous êtes découvert une ascendance noble ?
Du tout. Les familles que jai identifiées étaient déjà proches du Pouvoir il y a plusieurs dizaines dannées. Aujourdhui, elles sont encore dans la cour, à croire que certains postes shéritent. Quant aux Moukrim, ils nont jamais fréquenté la haute. |
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