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Editing TelQuel
Affaire Mandari. La piste marocaine
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Hicham Mandari, escroc patenté,
se présentait parfois comme le
fils caché du défunt Hassan II.
(DR)
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Ex-agent de la DST française, Patick Baptendier relance dans son livre (Allez-y, on vous couvre !, Editions Panama) la polémique autour de lassassinat de Hicham Mandari, ancien ennemi public n°1 du royaume, exécuté en Espagne en août 2004. Lauteur évoque la piste marocaine. Extraits saillants.
Cest en octobre 2005 que Kroll (ndlr : agent traitant) me confie mon affaire la plus trouble. Le client est un gros entrepreneur de BTP parisien dont le fils, la trentaine, marié, avec plusieurs enfants, a quitté |
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sa famille pour vivre avec une jeune fille dorigine marocaine quil a rencontrée au Baron, un bar de nuit du VIIIème arrondissement de Paris. Il sest installé avec elle dans un appartement de la rue de La Faisanderie, mais le père est inquiet car cette femme a confié à son fils quelle avait été la maîtresse dun dénommé Hicham Mandari, de sinistre réputation.
Une Hayat en cache une autre
Bien sûr, la DST connaît déjà lhistoire. Je demande à François (ndlr : agent traitant) de maider à élucider qui est cette femme qui prétend avoir été la maîtresse de Mandari, mais il ne montre guère dempressement. Kroll me relance, son client est très insistant, je prends donc contact avec dautres informateurs qui mapprennent quelle vivait auparavant dans le XVIIème arrondissement avec un trafiquant de cocaïne qui lui aurait cédé sa Porsche. François minforme enfin que les jours et mois de naissance de la jeune femme correspondent (11 décembre) à ceux de lépouse légitime de Mandari dont elle utilise le prénom (Hayat) pour racoler dans les bars de nuit. La DST me contacte alors pour me rencontrer spécifiquement sur cette affaire très sensible.
- François, dites-moi, quel est le lien entre la femme de Mandari et cette jeune femme ?
- Cest complexe, je ne peux pas tout vous dire
Nous travaillons sur le dossier Mandari. Mais il semble quelle soit la dernière personne à laquelle il ait parlé au téléphone avant sa mort.
François me détaille alors son état civil, me précise quelle a une sur qui se prénomme Hayat et quelle déclare comme profession employée administrative au Maroc. Il me livre un numéro de visa délivré à Rabat par la représentation française et les coordonnées de son permis de conduire délivré à Chartres. Il ajoute que le plus étonnant est quelle possède un titre de séjour français.
- La seule précision que je puisse vous donner, mexplique François, cest que ce document lui a été délivré à la demande des services secrets marocains. Mais nessayez surtout pas den savoir plus, pour linstant cest trop chaud, je vous en dirai davantage quand cette affaire sera classée. Il mexplique alors que la DST algérienne et la DST marocaine peuvent se balader librement sur le territoire français sans même se soucier de prévenir leurs homologues hexagonaux. Il en va de même pour la DST française au Maroc ou en Algérie. Je commence à me sentir perdu au milieu de cet imbroglio de truands, de barbouzes et de services secrets.
Des écoutes (téléphoniques) oubliées
En rendant mon rapport à Kroll, je ne peux quinsister sur le fait que le contexte qui entoure cette fille me semble particulièrement nébuleux. Outre un flou très inquiétant sur son identité véritable, je nai jamais vu un trafiquant de stup offrir une voiture à quiconque sans contrepartie. Je ne connaîtrai jamais le fin mot de cette histoire mais japprendrai par la presse quen mai 2006, les autorités espagnoles, en coopération avec Paris et Rabat, ont fini par identifier le meurtrier présumé de Hicham Mandari. Il sagirait dun autre ressortissant marocain, Hamid Bouhadi, alors incarcéré en France pour tentative dassassinat. Les deux hommes, qui se connaissent depuis 1997, sétaient spécialisés dans la détrousse des milliardaires du Golfe séjournant dans les palaces parisiens. Ils opéraient selon un partage des tâches efficace. Mandari, installé dans les mêmes établissements et vivant selon le même standing que ses futures victimes, sarrangeait pour accéder aux coffres situés dans les suites. Bouhadi, auquel aucun système de sécurité ne résistait, arrivait ensuite pour rafler le butin. Leur coopération a longtemps fonctionné, jusquau jour où Mandari aurait tenté descroquer son complice en le payant en faux dollars. Bouhadi aurait alors voulu se venger
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) Je me souviens néanmoins que, par téléphone, au mois de novembre 2005, François mavait confié en toute confidentialité que lassassinat de Mandari pourrait avoir un lien avec la DST marocaine. Par la suite, je me suis aperçu que, curieusement, cette confidence ne figure pas dans les écoutes téléphoniques cotées à mon dossier judiciaire. |
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