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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

Depuis le 1er juillet, les Marocains paient plus cher leur carburant.
(AIC PRESS)

Energie. Nouvelle mesurette


“Même si la situation de l’offre et de la demande reste tendue, il n’y a pas aujourd’hui de réel problème de production. Je ne crois pas que le cours du baril atteindra les 200 dollars”, a déclaré le président de Repsol (pétrolier espagnol), Antonio Brufau, au 19ème congrès mondial du pétrole. L’information est de taille pour le gouvernement marocain. Elle lui permettra de fixer une limite au prix du baril dans sa prochaine Loi de Finances. Le Trésor n’aura donc pas de mauvaise surprise,
comme ce fut le cas cette année, où le prix du pétrole a doublé par rapport à ses estimations. En envisageant ce scénario (pessimiste), le ministre des Affaires générales et économiques, Nizar Baraka, évalue le prochain budget de la Caisse de compensation à un maximum de 60 milliards de dirhams. Soit l’équivalent des salaires versés aux fonctionnaires. Pour le gouvernement, le mot d’ordre est de maintenir les dépenses allouées à la compensation à un niveau inférieur aux frais de fonctionnement de l’Etat. “Nous allons déjà récupérer 14 milliards de la cagnotte fiscale, payer les arriérés des pétroliers et compenser le déficit de la Caisse qui est de 36 milliards de dirhams aujourd’hui, nous confie Baraka. Mais ce n’est pas suffisant”. Ce qui justifie la revalorisation des prix à la pompe, effective depuis le 1er juillet. Le prix du sans plomb et du gazole 350 est augmenté d’un dirham par litre. Le tarif du fuel industriel subit une hausse de 500 dirhams la tonne. En revanche, paix sociale oblige, le butane et le gazole “normal”, qui représentent 80% des subventions, restent inchangés, car fortement utilisés par les ménages et les transporteurs. Economie escomptée : 2,75 milliards de dirhams. Après le GMT+1, l’augmentation du prix du carburant paraît comme une seconde mesure… qui n’apporte pas de solution notable.


Idou Holding. Nouvelles ambitions

M’hamed Idoulahiane, le propriétaire du célèbre hôtel Idou Anfa à Casablanca, a mis la main à la poche… pour en sortir un milliard de dirhams. L’enveloppe servira à financer des projets touristiques tous azimuts. Du nord au sud, les grandes régions touristiques du pays accueilleront les hôtels estampillés “Idou”. À Tanger, c’est un 5 étoiles, avec salle de conférences et restaurants, qui sortira de terre dans la zone touristique d’El Ghandouri. Marrakech, quant à elle, attirera près de la moitié du pactole. Le holding envisage d'y ouvrir un hôtel 4 étoiles, en plus d’un complexe résidentiel de luxe. La région de Tiznit, dans le Souss natal d'Idoulahiane, n’est pas en reste. À quelques kilomètres de la plage de Mir Left, l'investisseur injecte 87 millions de dirhams dans la construction de villas, de restaurants ou encore de courts de tennis.


Tourisme. Tinja se concrétise

La première tranche du projet touristique Tinja est en vente depuis le 28 juin. Le groupe émirati Emaar a entamé les constructions des unités résidentielles cette semaine, pour une livraison promise dans deux ans. Les premiers clients ont donc choisi leur future résidence secondaire sur plan, entre 110 lots de villas, dont le prix démarre à 3,5 millions de dirhams. Le tarif de base des pavillons isolés est, lui, de 5,5 millions de dirhams. La classe moyenne n’est pas mise à l’écart : Emaar proposera quelques lotissements de maisons de campagne, dont le prix n’a pas encore été fixé. Question investissement, le projet engloutira dans sa globalité près de 5 milliards de dirhams. Hôtels, marina, golf et autres centres commerciaux sont au programme pour garnir les 300 hectares de Tinja.


Méditel. Tous pour… un milliard

Sous la conduite de BMCE Bank, 7 banques se sont regroupées dans un consortium pour répondre à la demande de Méditel : 1 milliard de dirhams à débloquer pour financer une partie du plan d’investissement 2008-2010 de l’opérateur. Ce programme de 4,2 milliards de dirhams, qui sera pour l’essentiel financé par fonds propres, vise à consolider la couverture GSM et 3G de Méditel. Concrètement, quelques milliers de pylônes seront déployés sur le territoire, pour asseoir le réseau de l’opérateur, qui couvre déjà 97% de la population. C’est que Mohamed Elmandjra, patron de Méditel depuis mars 2008, ne se repose pas sur les lauriers de son prédécesseur. Il s’en va conquérir les zones blanches (non couvertes), le monde rural et les nouvelles zones touristiques.



Pendant ce temps, le peuple…
Mécano Band

Sa réputation va de Sbata à Anfa : Hmida est le meilleur garagiste de Casa. Qu’ils roulent en A4, C4 ou R4, ses clients viennent le voir des quatre coins de la ville. Aucun moteur ne résiste à sa redoutable clé 9, qui le démonte et remonte en 9 jours chrono. “Les ingénieurs, surtout japonais, se compliquent la vie”, assure Hmida, qui se prend pour Henry Ford. Il prétend d’ailleurs appliquer le fordisme dans son garage : employer des mineurs pour deux fois rien et les motiver à coups de cric. Mais depuis qu'il a appris la création d’une “Association marocaine des garagistes”, Hmida n'a plus qu'une idée sous le capot : en devenir le président. “Avec un peu de chance, je me retrouverai aux côtés d’Elalamy, patron de la CGEM, dont j’ai eu l’honneur de tripoter l’Aston Martin”, se dit-il en bombant le torse. Sa première mesure serait d’organiser une Foire de la mécanique à la casse de Sbata. Tout y sera : des hôtesses mignonnes aux couleurs des marques de lubrifiants, des vigiles équipés de matraques Facom et, surtout, des stands réservés aux compagnies d’assurances, qui chérissent tellement leurs garages conventionnés. Car Hmida sait que ce sont les assureurs qui sont derrière le montage de ce Mécano Band. Et s'il veut en devenir le leader, c'est à eux qu'il devra chanter la sérénade…



OFF.

Imperial Tobacco, qui a réussi son OPA sur le groupe franco-espagnol Altadis, vient de finaliser sa nouvelle organisation. Conséquence : Altadis Maroc est désormais filiale à 100% de la firme britannique Imperial Tobacco, alors qu’elle évoluait dans le giron d’Altadis France. Elle est maintenant rattachée à la région Afrique, Moyen-Orient et Sous-continent indien. Altadis Maroc est par ailleurs épargnée par le plan de restructuration, qui vise la suppression de 5% des emplois du nouveau géant mondial du tabac.

 
 
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