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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Robert Mugabe, l’inamovible
président zimbabwéen.
(AFP)

Zimbabwe. Simulacre d’élection


Après trois mois d’intimidations, de violences politiques et de vaines protestations de la communauté internationale, Robert Mugabe a été réélu dimanche 29 juin président du Zimbabwe. À 84 ans, le “vieux lion” entame un sixième mandat de cinq ans. Il était le seul candidat en lice, Morgan Tsvangirai, le leader de l’opposition, arrivé en tête du premier tour le 29 mars, ayant finalement décidé de se retirer du scrutin pour épargner ses partisans, victimes d’une féroce campagne de répression.

200 000 électeurs ont malgré tout eu le courage de mettre un bulletin "Tsvangirai" dans l’urne, tandis que 130 000 autres ont barbouillé leurs bulletins, défiant le régime. Une forte abstention a également marqué ce second tour des présidentielles. Mais pour Robert Mugabe, ce ne sont que des détails qui n’entament en rien la validité de sa réélection avec 90% des suffrages exprimés.

Le vieux dictateur se dit prêt à des négociations avec Morgan Tsvangirai, qui a quitté mardi 1er juillet l’ambassade des Pays-Bas où il était réfugié depuis dix jours. D’après le président sénégalais, Abdoulaye Wade, Mugabe “n’est pas dans un esprit de partage du pouvoir”. L’Union Africaine, qui s'était réunie à Charm El Cheikh, en Egypte, a également appelé, face aux pressions internationales, à une solution négociée entre les deux parties. Les profondes divisions au sein de l’UA ont cependant rendu impossible le vote d’une condamnation ferme du scrutin présidentiel zimbabwéen. Plusieurs chefs d’Etat avaient, au lendemain des élections, dénié toute légitimité à Mugabe. “Ce qui se passe au Zimbabwe est une honte pour l'Afrique aux yeux de la communauté internationale et doit être dénoncé”, a ainsi déclaré le Premier ministre kényan Raila Odinga, qui demande l’envoi d’une force militaire de l’UA au Zimbabwe. De son côté, la communauté internationale apparaît également paralysée : le président sud-africain Thabo Mbeki est intervenu pour bloquer une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui devait déclarer le second tour “non crédible”.


UE. La France à la tête d’une Europe en crise

Immigration, environnement, défense et réforme de la politique agricole commune : telles devraient être les priorités de la présidence française de l’Union Européenne. Mais Paris, qui vient de prendre les rênes de l’UE, va surtout devoir s’employer à résoudre un problème : la crise institutionnelle, passée de sérieuse à gravissime en quelques jours. Après le non irlandais au traité de Lisbonne le 12 juin, le refus du président polonais de signer un texte qu’il juge “sans fondement”, les inquiétantes hésitations des Tchèques et les recours déposés contre le traité en Allemagne ont achevé d’affoler les dirigeants européens. Et Nicolas Sarkozy, en livrant une nouvelle charge mardi contre la politique monétaire de la Banque centrale européenne - qui s’apprête à augmenter ses taux directeurs pour enrayer l’inflation -, ne les a pas vraiment rassurés.


Turquie. La réplique de l’AKP

Mardi 1er juillet, peu avant le début des auditions de la Cour constitutionnelle turque concernant la demande d’interdiction du parti au pouvoir, l’AKP, 21 personnes, dont deux généraux à la retraite, ont été arrêtées. Elles sont soupçonnées d’appartenir au mouvement Ergenekon, un groupuscule laïc ultranationaliste, accusé de préparer un coup d'Etat contre le gouvernement. Ce coup de filet est perçu comme une revanche des islamistes modérés de l’AKP contre le camp kémaliste, qui a lancé cette procédure d’interdiction pour “activités anti-laïques”. Dans ce contexte tendu, le chef de l’armée de terre a lancé mercredi un appel au calme. Une dissolution de l'AKP est de plus en plus probable, depuis que la Cour constitutionnelle a annulé le mois dernier une réforme autorisant le port du voile à l’université.


Colombie. Ingrid Betancourt est libre

On l’a dite gravement malade, et même décédée. Mais Ingrid Betancourt était bien vivante, en cette soirée du mercredi 2 juillet, lorsqu’elle est arrivée à l’aéroport de Bogota. Après six ans de captivité, la Franco-colombienne, ainsi que trois otages américains et 11 militaires colombiens ont été libérés des mains des Farc par une opération de l’armée. Les services secrets colombiens avaient infiltré une cellule des Farc, et, invoquant un ordre du nouveau chef de la guérilla, Alfonso Cano, ils ont fait embarquer les otages à bord d’un hélicoptère, qui les a ensuite emmenés en lieu sûr. Ingrid Betancourt avait été capturée par les Farc en février 2002, alors qu’elle était candidate écologiste à l’élection présidentielle en Colombie. Ces derniers mois, l’assassinat de Raul Reyes, le numéro 2 de la guérilla, suivie par l’annonce de la mort de leur chef historique, Manuel Marulanda, ont largement affaibli les Farc.



Lu pour vous [FRANCE]
Le pétrole irakien, otage politique

Patrice Claude, Le Monde du 30 juin.

Détenteur des troisièmes réserves prouvées de pétrole au monde avec 115 milliards de barils, l'Irak s'apprêtait à lancer, lundi 30 juin, son premier appel d'offres international pour développer et augmenter la production d'une dizaine de ses gisements, déjà exploités mais manquant terriblement d'équipements modernes. Les entreprises qui seront finalement choisies “seront les premières à avoir le droit de développer les gisements”, a indiqué un porte-parole du ministère du Pétrole (…). Il faudra d'abord que le Parlement vote la nouvelle loi nationale sur le pétrole qui languit depuis seize mois à l'Assemblée, à cause des querelles de souveraineté et de partage des profits entre l'Etat fédéral (…) et les 18 provinces du pays. Les factions politiques débattent depuis des mois sur ce projet de loi qui doit définir les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent investir, sans parvenir à trouver un accord entre elles. Samedi, le gouvernement a annoncé la constitution d'une “commission” mixte avec les Kurdes, qui contrôlent les trois provinces du nord et qui ont signé, contre l'avis de Bagdad, 17 contrats d'exploration et d'exportation avec une vingtaine de petites compagnies pétrolières étrangères. Le gouvernement central, qui n'a pas été consulté, les juge “illégaux”. Les Kurdes rétorquent que leur propre loi sur le pétrole a été “constitutionnellement votée” en août 2007 par leur propre assemblée autonome. La nouvelle “commission mixte” créée avec eux vise (…) à trouver un arrangement.



Vite !

Il était temps ! Nelson Mandela, qui fêtera ses 90 ans le 18 juillet, et son parti l’ANC (Congrès national africain), viennent d’être retirés de la liste noire américaine du terrorisme. Cette liste avait été introduite dans les années 1980, sous Ronald Reagan.

 
 
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