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N° 332
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Et le Sahara algérien ?

Je voudrais d'abord vous féliciter pour l'excellent reportage dans les camps du Polisario (“Au cœur du Polisario”, TelQuel n° 329). C'était osé, original et très instructif. Et cela m'a surtout inspiré une petite réflexion. Je me suis toujours posé une question, certes inhabituelle, mais pas insensée : pourquoi le “peuple sahraoui” et le Polisario ne réclament que la partie marocaine du Sahara, mais jamais la partie algérienne ? Et si notre cher voisin est si soucieux de “la liberté des peuples”, il n'a qu'à donner l'exemple en cédant une partie de son territoire saharien à la fameuse RASD… qui y est d'ailleurs déjà installée. Une fois que les généraux algériens auront agi de la sorte, on pourra peut-être prendre un peu plus au sérieux leurs critiques.

Karim Salhi,
Rabat.



Une indépendance inachevée

Le reportage publié dans le n° 329 de TelQuel sur votre visite aux camps de Lahmada de Tindouf m'a rappelé que c'est à cause de la compromission des dirigeants marocains de l'époque, avec les colonisateurs français et espagnols, que le Sahara n'a pas fait partie, dès 1956, du Maroc indépendant. Durant la période de négociations pour l’indépendance, la population de ce territoire n'avait aucun doute sur son identité marocaine. À l'époque, des centaines de Sahraouis servaient dans l'Armée de libération du sud, et de nombreuses personnalités sahraouies assuraient la liaison entre le commandement régional et le commandement central du Mouvement national de libération à Rabat. Mais quand le moment de l'indépendance est enfin arrivé, et après que toutes les familles de cette région, excepté celles qui collaboraient avec l'occupant, ont hissé des drapeaux marocains sur les toits de leurs maisons, elles ont été profondément déçues. Elles ont été longtemps abandonnées au colonisateur espagnol. Cette regrettable attitude a été à l'origine de la perte par le Maroc des régions de Knadsa, Tindouf, Saoura Touat... qui font aujourd'hui… partie du territoire algérien.
Tout cela parce que l'indépendance du Maroc, négociée en 1956, n'a pas couvert tout son territoire historique. Contrairement aux autres pays africains (Nigéria, Congo, Angola, etc.), qui ont acquis leur souveraineté sur l'ensemble de leur territoire en une fois, la décolonisation du Maroc était entrecoupée et répartie sur plusieurs années. Plus d'un demi-siècle plus tard, elle n'est toujours pas achevée…

Mohammed Halime,
Casablanca.



La politique, à la marocaine

Manifestement, la politique telle qu'elle est pratiquée au Maroc ne cessera pas de m'étonner. Chaque jour apporte son lot de nouveautés, toujours plus étranges et, malheureusement, toujours plus éloignées de la pratique démocratique ou même rationnelle. Dernier exemple en date, d'ailleurs relaté dans votre édito du n°331 (“Questions légitimes”) : à cause de l'absence prolongée du roi, pour un voyage privé, le Conseil des ministres n'a pu se réunir pendant plusieurs mois, grippant ainsi la machine législative et retardant l'adoption de plusieurs textes d'importance. Y a-t-il un pays sur terre où une telle chose peut se produire ? N'y avait-il pas une possibilité d'un Dahir, autorisant le Conseil des ministres à se réunir, sous la présidence d'un représentant du roi (un conseiller par exemple) ? Ou bien doit-on mettre une telle aberration, une nouvelle fois, sur le compte de la fameuse “spécificité culturelle marocaine” ?

Mohamed Chahid,
Casablanca.



Oui, nous sommes racistes !

Je voudrais rebondir sur l'article consacré au racisme anti-Africains au Maroc (“Accueillants, les Marocains ?”, TelQuel n° 328). Malheureusement, je suis bien contraint de reconnaître que nous, Marocains, sommes effectivement racistes. Aujourd'hui, il n'y a que quelques Subsahariens qui font la manche près des mosquées et des feux rouges, et nous les traitons déjà de manière condescendante et indigne. Imaginez s'il y en avait un million ou deux dans notre pays, comment nous nous serions comportés avec eux ? Paradoxalement, nous sommes les premiers à protester quand des Marocains sont victimes d'actes ou de propos racistes. Nous voulons bien que nos compatriotes aillent travailler dans les pays européens, mais nous détestons que des étrangers viennent pour la même chose chez nous. Cherchez l'erreur !

Ouardirhi Hamid,
Rabat.

 
 
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