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N° 332
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

La sculpture qui valait
un million et demi.
(DR)

Arts plastiques. Binebine plébiscité


1 510 000 dirhams. Tous beaux tous ronds. C’est à cette jolie bagatelle qu’a été adjugée une sculpture de Mahi Binebine, le 28 juin dernier, lors d’une vente aux enchères de la Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art. Une petite révolution dans le monde des arts plastiques, puisque c’est la première fois que l’œuvre d’un artiste marocain dépasse la barre du million de dirhams. 86 masques en bronze montés sur 2 m 61, coulés en Chine, déposés à la Compagnie par le marchand d’art Dominique Potier et farouchement disputés lors de la vente par une poignée de collectionneurs : “Un exploit et un tournant dans le marché de l’art au Maroc, puisque jusque-là, seul Hassan El Glaoui pouvait se targuer d’avoir vendu une toile à 950 000 dirhams, un record pulvérisé le 28 juin dernier”, commente ce spécialiste du marché. Quant à la sculpture, elle appartient désormais à Bank Al-Maghrib, son heureux acquéreur. Mahi Binebine, lui, s’essaye à la sculpture, réussit son coup et mène son bout de chemin comme si de rien n’était : “Je travaille actuellement sur une dizaine de sculptures, qui seront exposées à la rentrée dans une nouvelle galerie casablancaise”. Celle adjugée aux enchères est la première écoulée au Maroc et fait partie d’une série de sculptures dont la plupart ont déjà été vendues, lors d’une exposition en mai dernier, à la galerie Enrico Navarra à Paris.


Sortie. Bambou et Kung Fu

Un panda grassouillet vendeur de nouilles se rêve en Kung Fu Fighter… Mais le gras et la paresse ne font pas bon ménage avec les arts martiaux. Po (pas celui des Teletubbies), le gros panda, sera pourtant choisi pour affronter Taï Lung, le méchant léopard de l'histoire. On pourrait croire que la Dreamworks a adapté le bon gros Shrek aux légendes asiatiques, mais les dessins et leur animation sont d'une exactitude telle que l’on oublie l’impression de déjà vu. La production s’ayant offert les voix d'Angelina Jolie, Jack Black et les autres, on aurait aimé voir Kung Fu Panda en VO pour en profiter. La version française a tout de même son charme et ses stars, puisque les voix des personnages appartiennent à Marc Lavoine et Pierre Arditi, entre autres. Une esthétique qui masque un scénario un peu trop facile, mais qui fera sans doute la joie des plus petits… à qui on ne pourra plus dire qu'il ne faut pas jouer avec la nourriture !

Kung Fu Panda, au mégarama.



Cinéma. Indian Love

L’Inde aime Boulane, c’est le moins que l’on puisse dire : son film, Les Anges de Satan, participe pour la 4ème fois à un festival local. Cette fois-ci, c’est la 10ème édition de l’Osian’s Cinefan (festival du film asiatique et arabe) qui accueille le réalisateur. Ses anges concourront donc du 10 au 20 juillet à New Delhi, aux côtés de films américains, japonais, turcs, chinois ou encore iraniens. Boulane, tout content de son histoire d’amour avec les Indiens, ne se sentira pas dépaysé à New Delhi, puisque Whaterver Lola Wants, de Nabil Ayouch, et Cœurs Brûlés, d’Ahmed Maânouni seront projetés dans le cadre de la sélection hors compétition du festival.


Raï. Oujda is in da place !

Et c’est parti pour la deuxième édition du Festival de raï d’Oujda, qui se tiendra du 22 au 26 juillet prochain ! Cette fois-ci, l’événement organisé par l’Association Oujda Arts se veut plus branché, et surtout musicalement diversifié. La preuve : en plus de Chebba Zahwania, Bilal ou Reda Taliani, le public oujdi pourra également se déhancher sur la musique d’Alpha Blondy, de Mory Kanté et de David Vendetta, désormais habitué des scènes marocaines. Le rap n’est pas en reste, puisqu’en plus des locaux Fnaïre, les Français Sinik, Booba et 113 seront aussi de la partie. Une volonté de plaire aux MRE fraîchement rentrés dans la région de l’Oriental ? Sûrement. Les organisateurs de cette édition, parmi lesquels le chanteur (et acteur) Younès Megri - qui prend les rênes du festival - s’attendent à attirer 500 000 spectateurs, soit 150 000 de plus que l’année précédente ! À noter également l’absence du roi du raï, Khaled, pourtant fortement pressenti il y a encore quelques semaines.


Festival. Doc’Souss pour tous

Elle est sûre de ses dates : du 4 au 8 novembre 2008. Récemment rentrée après 19 ans en France où elle a fondé Tact Production (La vie sans Brahim, de Laurent Chevallier, entre autres documentaires), Nezha Drissi planche sur la création d’un festival du docu à Agadir. À J-120, les choses avancent bien : “TV5 Monde, TSR et Planète Câble se sont engagés comme partenaires médias, de nombreux acteurs publics du Souss me soutiennent. Il reste un million de dirhams à trouver”. Et quelque 200 films à voir, d’Asie, d’Europe et d’Amérique Latine, pour dresser la sélection de Fida Doc’Souss, axé sur deux thématiques : “L’environnement et le social, car c’est actuel, le sport et la musique, car c’est fédérateur”.


Théâtre. Hugo le Marocain

Les classiques du théâtre français, espagnol et italien seront remis au goût du jour les 17 et 18 juillet à Casablanca. Le complexe culturel Touria Sekkat abritera la première édition du festival du théâtre solidaire, initié par la Fondation Zakoura. Les troupes ont été recrutées depuis le mois de janvier sur les bancs des écoles informelles de la fondation, destinées aux enfants non scolarisés. Les amateurs des planches verront donc de jeunes comédiens, âgés de 8 à 16 ans, interpréter À qui la faute, de Victor Hugo, La cueva de Salamanca, de Cervantès ou encore La jarre, de Luigi Pirandello en darija. Une fois de plus, l’indémodable esprit de dialogue interculturel tant revendiqué par la représentation de l’Union Européenne est mis à l’honneur. La délégation de l’UE contribue d’ailleurs à financer l’événement. C’est gratuit et c’est encore mieux.


MFD. De l’écrit à l’écran

Faire exister un film est une course folle parsemée de soucis pas funky. La 2ème session des 3ème ateliers Meda Films Development (MFD) se chargent d’en éclairer la voie. Du 28 juillet au 4 août, à Marrakech, les dix tandems scénariste-producteur méditerranéens, dont les Marocains Hicham El Jebbari et Hicham Brini pour Les Larmes de Satan, y rencontreront des spécialistes tels Pascal Laumé (aspects juridiques, légaux et financiers) et Nelleke Driessen, de la société Fortissimo (marketing et vente à l’international). L’art n’est pas en reste : Jacques Fieschi, scénariste de La Californie, Pauline Dairou, monteuse de La Faute à Fidel, Krishna Lévy, compositeur de la musique de Ali Zaoua, et le grand Yousry Nasrallah, réalisateur de La Porte du Soleil, seront aussi au rendez-vous.


Documentaire. Lieux interdits, regard libre

Déjà auteure du poétique et remarqué Tanger, le rêve des brûleurs, Leïla Kilani, 38 ans, s’est aventurée dans Nos Lieux interdits. Tourné entre 2004 et 2007, ce film fouille la mémoire des années de plomb et scrute le travail de l’Instance équité et réconciliation. Kilani a d’ailleurs été mandatée par l’IER pour constituer un fonds d’images que pourront exploiter l’Institut national de l’audiovisuel (INA), coproducteur du documentaire, et les autorités marocaines. Face à cette mémoire fébrile, Leïla Kilani a voulu “décortiquer (…) ce qui produisait la terreur. C'est-à-dire l’indicible, la rumeur”, et “faire exister des gens qui ont été effacés politiquement au point de disparaître au sein de leurs familles” (in Le Monde). Nos Lieux interdits ayant été kinescopé (converti en 35mm) par le CCM, peut-on espérer le voir bientôt dans nos salles ?


Musique. Slam & Klam

Slam & Klam est de retour. Initié l’année dernière par la fondation Esprit de Fès et dirigé par Karim Rafi (Zayan Freeman pour les intimes et les fans de Djing), le festival se revendique comme un “programme de développement artistique et culturel durable”. Mais encore ? Un festival en deux volets, résidences puis festivités. Le premier donc, prévu du 14 au 24 Juillet, est un bouquet de trois résidences de création : si The Last Poets ont honoré la première édition, c’est désormais au tour du meeting “Djazzal” : une fusion jazz/rap, réunissant le trio suisse Plaistow et la verve bilingue de Mobydick. Prévue aussi, une création musicale futuriste et une installation sonore et photographique… Pour voir le résultat, rendez-vous à Fès du 12 au 14 septembre prochain.



Humeur.
Patriot act

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Sérieux, et sans fausse pudeur, on a toujours aimé le Maroc malgré ses défauts de fabrication, nonobstant le baisemain dû au roi… Quoique le patriotisme n’aide en rien à emballer les filles, et quand bien même la rue marocaine vous donne plus de raisons de la détester que de l’aimer. C’est de l’amour, ça ne s’explique pas, c’est du domaine du secret, du duo exclusif parce que “c’était lui, parce que c’était moi”, comme a dit un auteur francophone inconnu du public marocain, en majorité arabophone. Oui, au mépris du gap linguistique, on adore le gardien de voitures qui tient à jour vos aventures et déboires amoureux, même si vous lui avez collé une droite un jour où il a outrepassé son droit de regard. On aime aussi le voisin qui vient aux nouvelles pour avoir une tberguiga à raconter afin de se distraire. On vénère la fille qui veut vous épouser une fois devenu présentable pour ses parents. Et vous quitte, car en costume-cravate, vous ressemblez à un BTS commercial. Pas hram, totalement hlal, absolument transparent. Oui, l’amour de la patrie passe outre tout ça. Et c’est inavouable, galvaudé auprès de ses amis éclairés, formés à l’étranger dans les grandes écoles. C’est un truc honteux, l’amour de la patrie, comme une maladie sexuellement transmissible. Un vice secrètement admissible. Porté par des types qui scandent un patriotisme gras, toujours de loin, au loin, à crier pas touche à mon Maroc, celui que je n’habite pas mais que j’utilise pour arrondir mes fins de mois. On a beau y patauger, on ne badine pas avec l’amour de la terre. C’est sanguin…



Du sucre à Chaouen
Et un point pour Alegria Chamalia, le festival de Chaouen. La soirée de clôture accueille le 12 juillet au soir, Zucchero, chanteur à la voix râpeuse et aux tubes qui traversent les âges (Senza Una Donna, Everybody’s got to learn sometimes…). Un concert de clôture unique et gratuit pour les fans de la star de rock italienne.


La Vibe des Dj's
La finale du concours Greenvibes approche. Samedi 17 juillet, Bob Sinclar en featuring avec Big Ali animera le mix final des 3 DJ's gagnants… La soirée, interdite aux mineurs, commencera à 19h pour ne finir qu'à 3h du mat'. Rendez-vous donc à Babaloo Beach. www.mygreenvibes.com


Oum Kalthoum au sommet
L’Astre de l’Orient brille sur la rive gauche. Trente-trois ans après sa mort, l’immense Oum Kalthoum, grande dame et diva égyptienne dont la voix enflammait les foules arabes, est à l’honneur dans La Quatrième pyramide, titre de l’expo-spectacle que lui consacre l’Institut du monde arabe, à Paris, du 17 juin au 2 novembre.

 
 
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