Football. Lemerre qui cache la forêt
Touria Jabrane : "El Himma nous donne l'exemple"
Portrait. Qu'est-ce qui fait courir Yahya Yahya ?
Tendance. La chirurgie esthétique au masculin
Famille. Kafala non grata
Société. Noces en stock
Insolite. Le seigneur des oiseaux
Mode. La Fawda touch
Betancourt. Enfin libre !
Transport aérien. Ça plane pour le low-cost
Livre. Le talentueux Monsieur Saïd
Parcours. La voix de son être
Histoire. La double vie de Mazagan
N° 332
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

Amina Benkhedra, présentant
son plan au roi, le 8 juillet à Oujda.
(AFP)

Energie. Enfin un plan d’austérité


C’est fait ! La ministre de l’Energie a eu son face-à-face royal, le 8 juillet dernier à Oujda, où elle présentait sa stratégie pour la gestion de l'énergie. Objectif : sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays. Le charbon reste au cœur de la production électrique, mais Amina Benkhadra compte bien exploiter au maximum l’option gaz ainsi que les centrales de production, qui tournent à l’hydraulique ou à l’éolien. À long terme, le nucléaire, la biomasse et le solaire sont également
envisagés. Une partie de ce plan sera financée par un fonds spécialement dédié et doté d’un milliard de dirhams, provenant de contributions saoudiennes et émiraties, et des caisses du Fonds Hassan II. Mais le principal cheval de bataille de la ministre reste l’économie de l’énergie. Pour la ministre, cela passe par l’encouragement de l’utilisation des lampes à basse consommation (LBC). Mesure que même ses confrères des autres ministères devront également adopter. En effet, les ministères de la Santé, du Tourisme et de l’Education nationale se sont engagés à généraliser l'utilisation de LBC et chauffe-eau solaires dans les établissements qui dépendent d’eux (universités, écoles, hôpitaux et hôtels). Pour sa part, le ministère de l’Habitat exigera des promoteurs d’intégrer l’aspect d'économie d'énergie dans leurs futures constructions. Tout le monde met donc la main à la pâte. Même les particuliers seront encouragés à s’éclairer aux LBC puisque l’ONE proposera une tarification incitative, conformément à la convention signée ce jour-là entre le patron de l’Office et le ministère de l'Energie.


Croissance. L’âam zine

Comme de tradition, à quelques mois de l’élaboration de la Loi de Finances, le Haut commissariat au plan (HCP) sort ses chiffres sur la santé économique du pays. Cette année, le Maroc table sur 6,2% de croissance. La récolte céréalière, qui a plus que doublé cette saison, y est pour beaucoup. Pour le reste, le HCP confirme le positionnement solide des secteurs bancaire, touristique et immobilier dans l’économie du royaume. Autre point relevé dans l’étude : la consommation interne continue de tirer vers le haut le taux de croissance. “L’économie nationale bénéficierait de la vigueur de la demande intérieure, notamment, […] de la consommation des ménages résidents, profitant des valorisations des salaires et de la baisse de l’impôt sur les revenus”, peut-on lire dans le rapport du département d’Ahmed Lahlimi. Pourvu que ça dure.


Immobilier. Les Russes débarquent

Bienvenue à Kudla Group, la toute nouvelle filiale marocaine d’Intelco, division immobilière du géant pétrolier russe Gazprom. L'entreprise débarque au Maroc avec, dans ses bagages, une enveloppe d'investissement d'un milliard de dirhams, qui ira directement au secteur touristique. Le projet vise pour le moment la conquête du nord du pays. Le golf et les villas de luxe du Paradise golf Resort verront le jour en plein dans le Rif à Aouchtam. Plus loin, à partir de Tanger, la côte sera bordée d’immeubles d’habitation made in russia. Pour arriver enfin à Azla près de Tétouan où le groupe se positionnera dans l’immobilier haut de gamme. Près de 1200 hectares de complexes résidentiels, d’hôtels et, cerise sur le gâteau, une marina.


Tanger Med. Toujours du concret

Quelques jours avant de souffler la première bougie de l’entrée en service du premier quai du port Tanger Med, l’agence chargée du projet remet le couvert. Elle vient d’annoncer les adjudicataires de nouveaux terminaux à conteneurs. Les sociétés marocaines sont largement représentées. D’abord à travers Akwa Group qui accompagne à nouveau ses partenaires Maersk et APM Terminals pour un autre quai de 3 millions de conteneurs. Et puis Marsa Maroc et la SNI qui se sont adossées à PSA de Singapour pour un terminal de plus de 2 millions de conteneurs. En parallèle, l’Agence Spéciale Tanger Med vient de demander une rallonge d’un milliard de dirhams sur les crédits bancaires qui lui permettent de financer la construction du terminal roulier censé entrer en service dès l’année prochaine. TMSA a également créé avec la CDG une filiale commune, qui regroupe l’ensemble des actifs du complexe portuaire.



Pendant ce temps, le peuple…
Dark side of the moon

Younès a la fibre écolo. Il est le premier à répondre à l’invitation de l’ONE pour son opération “15 minutes éco”. Le concept : tous les foyers du Maroc se suffisent d’une seule ampoule allumée pendant un quart d’heure décrété comme économique. Younès défie son achluophobie et renonce même à cette ampoule tolérée. Sa manière à lui de protester contre la surtaxation des lampes à basse consommation. Sauf qu’un quart d’heure dans la pénombre s’avère une éternité pour notre héros. Le temps s’arrête au moment même où le disjoncteur est baissé. Que faire pour tuer le temps, seul dans le noir ? Tordre le cou à ce qui lui chatouille le bas-ventre dès qu’il fait sombre ?

3 mn maximum, douche comprise. Mais encore ? Méditer au clair de lune sur sa terrasse ? Le rideau est électrique. Finir le plat de pâtes d'il y a trois jours ? Il y a le risque de se prendre une fourchette dans l’œil. Passer un coup de fil ou écouter les Pink Floyd sur son BlackBerry ? La poisse : la batterie est à plat. Impossible non plus de jouer à la Wii, ou même de se faire une réussite les yeux fermés. Le chrono tourne et Younès ne sait même pas combien de temps s’est écoulé. Si ça se trouve, bien plus de 15 mn. Il est temps de remettre le courant, reprendre son émission télé là où il l’avait laissée, mettre son plat au micro-ondes et recharger son téléphone. Il est tout heureux d’apprendre que son geste a permis de réduire la consommation d’électricité au Maroc. Un exploit collectif qui égale la consommation quotidienne de Rabat. Mais il est tout aussi ravi de ne plus avoir à revivre l’expérience. Ça tombe bien : l’ONE ne compte plus la renouveler…



Pétrole. On cherche toujours

L’Etat marocain nourrit toujours l’espoir de voir l’or noir jaillir de son sous-sol. Le département de l’Energie et des Mines s’active ainsi à en dénicher sur le territoire. L’Office marocain des hydrocarbures (ONHYM) a signé mardi dernier un (énième) contrat d’exploration pétrolière avec un consortium constitué par Petro-Canada et de l’Allemand RWE Dea. Le groupement germano-canadien a devant lui deux ans et demi pour diriger des études géologiques et des tests sismiques dans le sud-est du pays. Objectif : flairer des traces d’hydrocarbures dans les 20 000 km2 qui lui ont été “réservés”. Soit 7% de la surface on et offshore où l’Etat a délégué l’exploration pétrolière à une ribambelle de sociétés étrangères. Espérons que cette fois-ci sera la bonne.


OFF.

Le groupe Al Omrane envisage d'ouvrir son capital au privé dès l’année prochaine. Option retenue : l’introduction en Bourse. La place casablancaise a déjà mobilisé des sommes mirobolantes à l’arrivée de chaque immobilière sur le marché. C’est probablement ce qui a séduit les dirigeants du groupe aux gros besoins de cash pour ses investissements. Pour la seule année 2007, Al Omrane a misé à travers ses dix filiales plus de 6 milliards de dirhams.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés