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Touria Jabrane : "El Himma nous donne l'exemple"
Portrait. Qu'est-ce qui fait courir Yahya Yahya ?
Tendance. La chirurgie esthétique au masculin
Famille. Kafala non grata
Société. Noces en stock
Insolite. Le seigneur des oiseaux
Mode. La Fawda touch
Betancourt. Enfin libre !
Transport aérien. Ça plane pour le low-cost
Livre. Le talentueux Monsieur Saïd
Parcours. La voix de son être
Histoire. La double vie de Mazagan
N° 332
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Mais que s’est-il réellement
passé à Sidi Ifni ?
(DR)

Sidi Ifni. Deux procès et une enquête

Au moment où la commission d’enquête parlementaire sur les événements de Sidi Ifni s’apprêtait à clore ses travaux, vendredi 11 juillet, le directeur du bureau d’Al Jazeera à Rabat, Hassan Rachidi, attendait l’issue du procès qui lui a été intenté par le parquet de Rabat pour “diffusion de fausses informations”. À l’heure où nous mettions sous presse, le verdict n’était pas encore connu. Le membre du bureau national du Centre marocain des droits de l’homme (CMDH), Brahim Sbaâllil, qui avait fait état de morts à Sidi Ifni, a quant à lui été
condamné, le 10 juillet, par le Tribunal de première instance de Rabat à une peine de six mois de prison ferme, pour “outrage aux autorités publiques en faisant état de crimes fictifs”. Pendant ce temps, à Sidi Ifni, la Commission d’enquête parlementaire, présidée par l’Istiqlalien Noureddine Moudian, avait clos ses auditions. “Nous avons tenu, au total, 167 séances avec toutes les parties concernées par ces événements”, se flattait-il, mercredi soir sur 2M. Selon une source parlementaire, qui a requis l’anonymat, les députés devraient rendre leur copie avant la fin du mois de juillet. Pour rappel, la fin des travaux de la commission avait été marquée par le retrait des deux députés du PJD, Mustapha Ramid et Abdeljabbar Qastalani, des séances d’audition du wali de la région d’Agadir et du gouverneur de Tiznit. Lors de l’audition des deux responsables locaux (“les plus importants”, fait remarquer cet élu PJD), Ramid et Qastalani avaient demandé à entendre chaque responsable séparément, chose qui leur avait été refusée.


Sommet. En attendant Mohammed VI

Alors que Abdelaziz Bouteflika, longtemps indécis, a finalement annoncé qu’il se rendrait à Paris le 13 juillet au sommet de l’Union pour la Méditerranée (UPM), Mohammed VI n’a pas encore fait part de ses intentions. Une rumeur insistante relayée par Internet annonce le souverain marocain à Paris pour le défilé du 14 juillet mais, à l’heure où nous mettions sous presse, l’information n’était pas confirmée par les autorités. Cet attentisme est d’autant plus surprenant que les staffs respectifs de Mohammed VI et du président français n’ont cessé de s’envoyer des signaux encourageants, par le biais notamment du conseiller royal André Azoulay et d’Henri Guaino, conseiller de Sarkozy.


Affaire lycée Lyautey. Flash-Bac

L’élève de terminale du lycée Lyautey, qui avait attaqué – au cutter – l’une de ses camarades dont il était amoureux, a obtenu son baccalauréat. Avec mention. Pour rappel, le jeune homme avait agressé une de ses camarades, à la sortie de l’établissement, le dernier jour des épreuves écrites du bac. Placé entre-temps en détention, l’agresseur a passé son oral d’arabe au cachot. “À sa demande, le lycée lui a spécialement délégué un professeur à son lieu de détention”, nous a confié un élève du lycée. La victime, mise hors de danger après une hospitalisation de quelques jours dans une clinique casablancaise, a aussi eu son bachot. Mention très bien, en prime.


Rihanna. Touche pas à mon gazon !

La venue de Rihanna pourrait coûter cher au Complexe Mohammed V de Casablanca. En effet, la pelouse de l’ancien Stade d’Honneur risquerait d’être endommagée pendant le concert de la jeune star américaine de R’n’B, d’autant que le tapis vert a été entièrement retapé il y a moins d’un an pour la modique somme de 10 millions de dirhams. D’après un quotidien de la place, le contrat entre le Conseil de la ville et les organisateurs de l’événement contiendrait une clause à ce sujet. La somme de 300 000 DH pourrait être déboursée si le précieux gazon est endommagé. L’agence Hors Limite, qui organise le concert, affirme cependant qu’un dispositif spécial sera mis en place pour ne pas en arriver là.


Justice. Bahraoui blanchi

Le maire de la capitale peut dormir sur ses deux oreilles. Le Tribunal de première instance de Rabat a acquitté le 7 juillet dernier l’élu du Mouvement populaire des charges de “campagne électorale prématurée” et de “tentative de corruption électorale” qui étaient retenues contre lui. “Je suis fier de la justice de mon pays”, a-t-il déclaré à la sortie du tribunal. Pour rappel, l’instruction de cette affaire à la veille des élections de 2007 avait été saluée par un grand nombre d’observateurs politiques comme un pas vers plus de transparence dans le processus électoral. Depuis, Omar Bahraoui a été réélu et disculpé.


Santé. Yasmina Baddou is ok

La ministre istiqlalienne de la Santé était l’invitée, mardi 1er juillet, de l’émission Hiwar sur Al Oula, animée par Mustapha Alaoui. Faisant face à un vaste mouvement de contestation depuis plusieurs mois, Yasmina Baddou avait trouvé un accord, quelques jours auparavant, avec les médecins internes et résidents qui menaçaient de ne plus assurer leur service aux urgences. C’est donc forte d’un premier succès que la députée de Casa-Anfa a répondu aux questions de Mustapha Alaoui. Et force est de constater que Yasmina Baddou a plutôt bien passé le test. Très à l’aise avec ses dossiers, la ministre de la Santé a été assez convaincante, quoique silencieuse sur l’irréalisme supposé de son plan d’action 2008-2012.



3 questions à Abdelaziz Nouaydi
[Avocat, président de l’Association Adala]


Vous dénoncez le refus par le délégué général de l’Administration pénitentiaire, Hafid Benhachem, de vous recevoir en tant que société civile. Que s’est-il passé ?
Nous avions toujours un dialogue avec le secrétaire général du ministère de la Justice, M. Lididi, qui était en charge des prisons. Il était prêt à institutionnaliser l’accès des ONG des droits de l’homme aux prisons. Malheureusement, cette approche, favorisant un contact direct entre ONG et prisonniers, ne semble pas partagée par M. Benhachem.

Comment expliquez-vous ce changement d’attitude des autorités à l’égard des ONG qui œuvrent dans les prisons ?
Après sa prise de fonctions, nous avons écrit à M. Benhachem pour ouvrir un dialogue. Depuis le 11 juin, nous attendons sa réponse. Certaines ONG ont dit ou écrit que cette nomination signalait un retour en arrière. Mais il est inadmissible que dix associations en pâtissent. Nous regrettons ce blocage.

Dans le guide La presse face à la justice, Adala fait des propositions de réforme. Que faut-il privilégier : un Code de la presse moins répressif ou une auto-régulation de la profession ?
Les deux sont complémentaires et également prioritaires. Ce guide est la synthèse de mon expérience en tant que conseiller de Abderrahmane Youssoufi, avocat et militant des droits humains. J’ai toujours cru qu’une presse organisée, qui corrige ses propres erreurs, grandirait dans les yeux des autorités. Je suis heureux que nos propositions aient été adoptées par le SNPM. Même le gouvernement a fait savoir qu’il les accueillait favorablement.


Ali Lmrabet. Carnets de prison, saison 3

Le fondateur du défunt Demain magazine, qui a bien connu les geôles marocaines, publie la troisième chronique de ses carnets de prison, traduite par Le Courrier international. Le récit de Ali Lmrabet est édifiant sur l’état des prisons marocaines, où séviraient la torture et la corruption de manière quasi institutionnalisée. S’appuyant sur la description des sévices subis par les prisonniers, Lmrabet dénonce : “Et dire que le Maroc se prépare à présenter, à la mi-novembre, devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU, un rapport attestant de l’inexistence de la torture dans le royaume”. L’actuel correspondant d’El Mundo au Maroc a toujours promis la publication d’un ouvrage reprenant l’ensemble de ses carnets de prison.


Primature. Objectif walis

La Fondation Bouabid organisait samedi 5 juillet une conférence sur le thème “Déconcentration et gouvernance des territoires”. L’occasion pour son président, Ali Bouabid, de lancer un pavé dans la mare : “Il faut renforcer la tutelle du Premier ministre sur les walis et les gouverneurs. Il n’est pas normal qu’un Premier ministre ne puisse pas convoquer une réunion de walis”, nous a-t-il déclaré. Ali Bouabid et son camarade de parti Larabi Jaïdi, lui aussi signataire de la plateforme de travail rédigée en septembre dernier, soutiennent ainsi le principe de walis et gouverneurs nommés en Conseil des ministres, et non plus de manière opaque et par simple Dahir royal, comme c’est le cas actuellement.


Foot. Demandez au général !

Mais combien touche l’adjoint du sélectionneur national ? Alors que les salaires de Roger Lemerre et de Jean-Pierre Morland (nouveau directeur technique) sont connus de tous, celui de Fethi Jamal reste jalousement gardé secret. Lors de la conférence de presse, tenue le 8 juillet, pour présenter le nouveau coach des Lions de l’Atlas, le vice-président de la Fédération royale marocaine de football, M’hammed Aouzal, a grossièrement esquivé les questions des journalistes qui cherchaient à percer le mystère. Même réaction du côté de ce membre fédéral, contacté par TelQuel : “Nous n’en savons pas plus, vous pouvez toujours demander au général (Hosni Benslimane)”, nous a-t-il répondu. Sous le sceau de l’anonymat, bien sûr !


Prisons. On se fait la malle ?

Encore une évasion. C’est la cinquième depuis celle d’El Nene en décembre dernier. Dans la nuit du 6 au 7 juillet, neuf détenus du centre de réforme et de rééducation (pour mineurs) de Aïn Ali Moumen, près de Settat, ont tenté de se faire la malle. Les gardiens ont rapidement remarqué les barreaux sciés à la fenêtre de la cellule des prisonniers, ce qui leur a permis de mettre le grappin sur sept d’entre eux. Deux détenus ont donc réussi malgré tout à se faire la malle. Selon l’agence MAP, qui a relaté l’affaire, une violente rixe a auparavant opposé les gardiens aux fuyards. Bilan, toujours selon la MAP : deux blessés… parmi les gardiens.


USFP. Exit Radi ?

Après le ratage de son 8ème Congrès, l’USFP a la gueule de bois. Le bureau politique devait à nouveau se réunir en fin de semaine pour décider de la marche à suivre. Mais l’issue de la bataille pour le poste de premier secrétaire est plus que jamais incertaine. Longtemps présenté comme le favori de la course, Abdelouahed Radi semble avoir épuisé ses munitions. Annoncer sa démission du poste de ministre de la Justice en cas d’élection à la tête de l’USFP lui avait permis de s’assurer le soutien des jeunes loups du parti, dont Ali Bouabid. Mais l’effet de surprise a fait long feu. “En définitive, il n’y a aucun vainqueur, mais trois grands perdants : Mohamed Elyazghi, Abdelouahed Radi et Driss Rhmani”, nous explique ce fin connaisseur du parti de la rose.


Amine Erbate. Allez l’oueeeem !

Le club de la Canebière compte beaucoup sur le défenseur des Lions de l’Atlas. “On aura drôlement besoin de lui”, a déclaré cette semaine l’entraîneur belge de l’OM, Eric Gerets, lors de la présentation du joueur de 27 ans fraîchement recruté, estimant que “Amine ne gagnera pas les duels par sa force physique, mais plutôt par son intelligence de jeu. Il est très technique et a une très bonne relance”. Et de conclure : “C’est quelqu’un qui a une grande responsabilité. J’ai malheureusement en mémoire le match Belgique-Maroc, où la Belgique a été ridicule (1-4 pour le Maroc), mais il a joué les deux doigts dans le nez”.


Nationalité. Maghribi tal’moute

“Il est impensable que le Maroc accepte que ses ressortissants soient dépouillés de leur nationalité”. C’est la réponse du porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, à la déclaration du ministre de la Justice néerlandais, qui s’est engagé cette semaine à négocier l’interdiction de la double nationalité avec différents pays dont le Maroc. Une annonce qui n’a pas manqué de susciter un tollé général du côté de Rabat, où l’ambassadeur des Pays-bas a été appelé à fournir des explications sur demande de Mohammed VI himself. Les Marocains des Pays-bas ne sont pas restés les bras croisés : une plainte pour discrimination a été déposée auprès de la Commission européenne contre l’Etat néerlandais.


Zapatero. Bons baisers d’Oujda

Plusieurs fois reporté pour des raisons de calendrier (de Mohammed VI), le déplacement du chef du gouvernement espagnol au Maroc devait finalement avoir lieu vendredi 11 juillet. José Luis Zapatero était attendu à Oujda pour une visite éclair de quelques heures, afin de rencontrer Mohammed VI et Abbas El Fassi, avant de s’envoler en direction de Paris pour prendre part au sommet de l’Union pour la Méditerranée. Pour ce spécialiste des relations maroco-espagnoles, le choix d’Oujda pour abriter cette rencontre n’est pas vraiment le fruit du hasard. “Les Marocains veulent que Zapatero s’exprime en faveur de l’ouverture des frontières avec l’Algérie”, nous a-t-il expliqué.


Tabac. Syndicalistes vs buralistes

Suite à la conférence de presse tenue le 4 juillet par le syndicat des buralistes, Altadis a publié un communiqué pour démentir les déclarations tenues par les syndicalistes. Pour rappel, ces derniers avaient dénoncé l’iniquité de la distribution du marché du tabac : tandis que l’État et la filiale d’Imperial Tobacco se taillent la part du lion, les buralistes se contenteraient de 4,9% de marge. Ledit communiqué réfute l’accusation et explique que la part de la Régie (28,5%) est soumise aux impôts. Une justification qui ne convainc pas le syndicat : “Nous payons également des charges : loyer, transport et impôts”, répond un syndicaliste. Et toc !


Politique. À gauche, toutes !

Cinq partis de gauche ont annoncé leur intention de réunir une plateforme commune fin juillet. L’initiative, qui revient à Nabil Benabdellah, a ensuite été relayée par le patron du PPS, Ismaïl Alaoui, et son frère ennemi du FFD, Thami El Khyari. Le PS de Abdelmajid Bouzoubaâ et le PT de Abdelkrim Benatik ont par la suite rejoint le mouvement. “On ne peut pas se rapprocher si on pose des conditions dès le départ”, nous a expliqué Benatik en allusion à la demande récurrente à l’USFP et au PPS de quitter le gouvernement. “Clarifier le champ politique, c’est aussi clarifier les choix idéologiques”, a-t-il néanmoins ajouté dans une attaque à peine voilée contre la réactivation de la Koutla…


Université. La baston à Marrakech

Le quotidien arabophone Al Jarida Al Oula vient de publier des témoignages choc d’étudiants actuellement détenus à la prison de civile de Boulmharez (Marrakech), après les violents affrontements qui avaient opposé les forces de l’ordre à des étudiants de la gauche radicale (Annahj Addimocrati), les 14 et 15 mai dernier. Les heurts, dans l’enceinte de l’Université Cadi Ayyad et ses environs, s’étaient soldés par des dizaines d’arrestations. Les détenus dénoncent des violences exercées lors de l’enquête. Zahra Boudakour, une des leaders du mouvement raconte : “Au commissariat, des policiers m’ont déshabillée. L’un d’eux a même essayé de m’uriner dessus”. Un de ses camarades renchérit : “On m’a menacé de viol et d’être défiguré à l’acide”.


Pilotes. Malades ou grévistes ?

Une vingtaine de pilotes de la RAM se sont déclarés malades le 3 juillet dernier, entraînant une sérieuse perturbation du trafic aérien. Contacté par TelQuel, un membre de l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) impute ces absences à “la cadence infernale et aux conditions de travail exécrables ces derniers mois”. En résumé, poursuit notre source, “c’est la mauvaise gestion des ressources humaines qui est à l’origine de cette situation”. En réaction, la compagnie nationale, qui a déjà diligenté une enquête, a dénoncé dans un communiqué le nombre “anormal” d’absences et fait planer la menace de sanctions disciplinaires.


Abdeslam Yassine. En roue libre

Lors du troisième épisode de ses confessions cathodiques à la chaîne satellitaire Hiwar, diffusé le 7 juillet, Abdeslam Yassine a retrouvé une partie de sa verve délirante. Critiquant le fait que la devise du royaume, “Allah Al Watan Al Malik”, fasse partie des sacralités, le cheikh a trouvé la formule choc : “Nous vénérons une trinité et non un Dieu unique”. Après avoir rappelé que le monothéisme était le credo premier de l’islam, Abdeslam Yassine s’est lancé dans un cours de sociologie politique : “La démocratie vient d’une place de marché à Athènes appelée Agora. C’est un système d’asservissement, contrairement à la choura”, a-t-il ajouté.


El Himma. La presse, la politique, etc.

La Haraka de l’ami du roi se tâte. Réunis en conclave le week-end dernier à Tétouan, les amis de Fouad Ali El Himma ont dressé un premier bilan des six premiers mois de la vie du MTD (Mouvement pour tous les démocrates) et tenté de trancher une question existentialiste : faut-il, oui ou non, se muer en parti politique ? “Il n’y aura pas de mue, puisque le MTD continuera d’exister en tant qu’association…qui pourrait donner naissance, dans les mois qui viennent, à un parti politique”, nous a déclaré une source dans l’entourage d’El Himma. En clair, le MTD n’a toujours rien tranché. Même si El Himma, de son côté, planche sur la création d’un projet de groupe de presse (écrite) qui devrait voir le jour à la rentrée 2008.



Humeur. Hot, hot, hot

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

L’été, on se marie. Ou on s’aime. Parfois les deux. Sur une étoile, un oreiller, pourquoi pas un tapis-lit, pour faire branchouillard ou franchement lézard. Question de saison, de temps. Quand il fait beau, on sort de ses gonds. On vit. Bien entendu, ces phrases peuvent prêter à sourire. C’est ce qu’on se dit. On se dit aussi que les Marocains se marient moins, ou moins bien, ils s’aiment moins, ou moins bien. On a tous quelqu’un qui tente de nous expliquer, avec une bonne volonté digne d’un prophète moderne, avec cet incroyable amour-propre des anciens : “Moi, de mon temps, c’était…”. Qui prolonge, pendant qu’on est pris de l’envie de bailler, qu’on soupire comme à la sortie d’une interminable séance de bain turc : “…Plus beau, plus romantique, plus vrai, etc”. On n’écoute pas, on surfe. Internet, FaceBook, YouTube, tous ces machins dont on s’est déjà servis au moins une fois sans avoir osé l’avouer dans les salons feutrés à l’heure des after. Obligés. Que valent les mots d’un ancien, que peuvent-ils bien peser devant un écran 15 pouces, clinquant comme la surface d’une patinoire, qui vous pousse, les pieds devant, la tête dans le rêve, dans un monde nouveau, virtuel, là où tout est possible. Alors l’été. On se marie, ou on s’aime, ou les deux. Et on va à la plage. Et on sirote des cocktails improbables, une gorgée bien glacée équivalant à un aller-retour express aux W-C les plus proches. Et on lit les magazines, les chic et les choc. Et on se lamente. Des Marocains qui s’aiment moins et se marient moins. Du charme disparu avec la belle époque, quand nos grand-pères lorgnaient vers nos grand-mères dès le berceau ou presque. C’est rétro. On peut trouver cela charmant, ou clairement pas bon. Mais l’été, les enfants, il sera chaud, toujours. Amen.



VITES !

Après la modernisation de la CIN et du permis de conduire, place bientôt au passeport biométrique. Le ministère de l'Intérieur et Bank Al-Maghrib viennent de lancer des appels d’offre pour la fourniture de ce tout nouveau document et de matériels de lecture dans les postes frontaliers. Un projet de décret instituant ce passeport high-tech est en cours d’élaboration.


La petite-fille de Cheikh Yassine est poursuivie en justice pour “rassemblement non autorisé”. Le “délit” a été constaté à son domicile à Fès, le mardi 8 juillet, lors de la tenue du traditionnel Majliss annasiha de la Jamâa. “Il s’agit d’une énième tentative d’intimidation de la part des autorités”, suppose le chercheur Mohamed Darif.


Le CCDH a assigné en justice Al Hayat pour le contraindre à cesser la publication d’archives de l’IER, déjà relayées par Al Jarida Al Oula. Le procès s’est ouvert le 7 juillet en l’absence des responsables de l’hebdomadaire. “La convocation est arrivée 20 minutes avant l’audience”, justifie son directeur, Mohamed Hafid.


Sidi Ifni on air, ce sera pour une prochaine fois. 2M a dû déprogrammer l’émission Moubacharatan maâkoum consacrée aux émeutes dans la ville. Raison invoquée ? Des “réserves” émises par la Commission parlementaire d’enquête contre la présence sur le plateau de personnes auditionnées (dans le cadre de l’enquête). Ça s’appelle Sidi Fini.


Le verdict est tombé le 10 juillet dans le procès des deux “terroristes” de Meknès, qui ont tenté, en août 2007, de faire sauter une bonbonne de gaz à proximité d’un car de touristes. Les deux accusés ont été condamnés respectivement à la perpétuité et à 10 ans de prison ferme.


L’affaire Ben Barka, téléfilm produit par France 2 et diffusé en janvier 2008, est désormais disponible… chez nos revendeurs de DVD piratés. Le disque est l’un des rares téléfilms disponibles sur le marché parallèle. Preuve de l’intérêt du public marocain pour l’enlèvement du celèbre opposant de Hassan II.
 
 
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