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Pages coordonnées par Nina Hubinet
La semaine
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Le sommet du club des riches
na rien apporté de nouveau.
(AFP)
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G8. LAfrique, lasse des promesses
Le sommet du G8, qui se tenait dans le nord du Japon de lundi 7 à mercredi 9 juillet, sest ouvert par des reproches. Les dirigeants africains et plusieurs ONG ont dénoncé le non-respect par les huit pays les plus riches de la planète de leurs engagements en matière daide publique au développement. Lors du sommet de Gleneagles (Royaume-Uni), en 2005, le G8 avait en effet annoncé le doublement de son aide à lAfrique entre 2004 et 2010, pour la porter à 50 milliards de |
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dollars. Or, selon les gouvernements africains et les ONG, seulement un quart de cette somme a été débloqué à ce jour. La France, qui a réduit le montant de son aide publique au développement de 66 millions de dollars depuis un an, daprès des chiffres de lOCDE, est particulièrement visée par ces critiques. À lopposé, lAllemagne a fixé un calendrier annuel de ses versements pour laide au développement et a programmé dajouter 3,2 milliards de dollars sur quatre ans aux 3 milliards déjà prévus dans son budget. À sa clôture, le sommet du G8 sest de son côté borné à réaffirmer les promesses faites trois ans plus tôt, sans établir dobjectifs précis à court terme. Les frasques de Robert Mugabe, le président du Zimbabwe, réélu au terme dun scrutin où il était seul en lice, ont également occupé les conversations. Les pays du G8 ont réclamé la désignation dun envoyé spécial de l'ONU dans le pays, désavouant ainsi le président sud-africain Thabo Mbeki, mandaté par la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) pour trouver un accord entre Mugabe et lopposition, dirigée par Morgan Tsvangirai. Les pays représentés ont aussi recommandé le vote de sanctions onusiennes contre le régime de Mugabe. Des menaces de sanctions que le président zimbabwéen sest empressé de taxer de racisme international.
La légitimité du G8 est cependant de plus en plus contestée : tandis quun "sommet des pauvres" réunissait des centaines de personnes au Mali, de nombreux dirigeants plaident pour lélargissement de ce club des riches aux pays émergents, notamment lInde, la Chine et le Brésil. |
Tchéquie. Les bienfaits du bouclier américain
Condoleezza Rice était tout sourire mardi 8 juillet, en signant un accord de principe pour linstallation dune station radar anti-missiles américaine dans le sud-ouest de Prague, en République tchèque. La concrétisation de ce projet, destiné sur le papier à protéger lEurope déventuels tirs de missiles iraniens, a en revanche beaucoup moins réjoui la Russie. Moscou a en effet déclaré que si ce bouclier anti-missiles était effectivement déployé, la Russie serait forcée de réagir, non par des méthodes diplomatiques, mais par des méthodes militaro-techniques. Mais le radar en question est encore loin dêtre construit : 68% des Tchèques sont opposés au projet et l'accord signé mardi doit encore passer l'épreuve du vote parlementaire. Dans le même temps, en Pologne, où une autre partie du bouclier anti-missiles américain doit être construite, les négociations piétinent. |
Turquie. Erdogan au sommet de lUPM
Contre toute attente, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan sera présent dimanche 13 juillet à Paris pour le lancement de lUnion pour la Méditerranée. Le chef de lAKP, le parti au pouvoir, était lun des opposants les plus fermes au projet de Nicolas Sarkozy. Les Turcs craignent en effet que ce Club Med, comme lappellent ses détracteurs, ait pour objectif de maintenir la Turquie hors de lUnion Européenne. Le président français a alimenté ces craintes en répétant que, selon lui, ce pays situé en Asie Mineure navait pas sa place dans lUE. La reprise en main du projet par lAllemagne et la Commission européenne auraient cependant rassuré Ankara. Les diplomates français ont également redoublé defforts pour garantir que lUPM ne se substituerait pas ladhésion de la Turquie à lUE. |
UE. LEurope adopte le pacte sur limmigration
Après de longues négociations, notamment à cause des réticences de lEspagne, le pacte sur limmigration, qui durcit la politique migratoire européenne, a été approuvé lundi par les 27 pays de lUE. Conformément aux vux de la France, le texte met un terme aux régularisations massives pratiquées pour la dernière fois par lEspagne en 2005. Ce pacte privilégie limmigration de travail et veut attirer les migrants les plus qualifiés, tout en encourageant le co-développement. Pour lutter contre limmigration illégale, lagence européenne Frontex, chargée des contrôles aux frontières, sera dotée de moyens supplémentaires. Le texte prévoit aussi la création dune carte bleue, sur le modèle de la green card américaine. Sous la pression de Madrid, la France a cependant dû renoncer au contrat dintégration prévu dans la première version du texte. |
JO. Fâcheries franco-chinoises
À 100 jours des Jeux Olympiques, les tensions renaissent entre Paris et Pékin. Alors que Nicolas Sarkozy venait tout juste dannoncer sa présence à la cérémonie douverture des JO, lambassadeur de Chine à Paris a mis en garde la France contre les conséquences graves, pour les relations entre les pays quaurait une rencontre entre le président français et le Dalaï lama, le chef spirituel des Tibétains, qui sera bientôt en visite en France. Lambassadeur chinois a été aussitôt convoqué par le ministre des Affaires étrangères pour expliquer ses propos. À la sortie de lentretien, il a pourtant réaffirmé que la Chine considérait une telle rencontre comme un acte dingérence dans ses affaires intérieures. |
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Lu pour vous [FRANCE]
Colombie : les nouvelles propagandes
Daniel Schneidermann, Libération du 7 juillet 2008.
On pensait avoir définitivement basculé dans le conditionnement moderne (
). Processions pour la délivrance de lhéroïne, lâchers de colombes (
) portraits géants aux frontons des mairies. Et après la résurrection, émotion obligatoire devant les retrouvailles familiales, (
) génuflexion devant les orgies de baisers des retrouvailles, prosternation collective (
). On pensait avoir basculé dans cette propagande-là, celle qui ne se donne plus la peine de mentir ou de cacher, puisque sourire, trembler de bonheur et pleurer de joie devant les caméras sont tellement plus efficaces. Mais stupeur ! Dans le tsunami modernissime de la libération dIngrid Betancourt, sont venues se glisser, aussi, quelques gouttes darchaïque propagande.
Reprenons. Lostensible combat pour cette libération fut lun des tout premiers de Sarkozy, à peine élu (
) Toutes les voies de possibles négociations avec les Farc furent explorées. (
) De longs mois durant, Sarkozy et les Betancourt sommèrent Uribe de composer avec les preneurs dotages. Interview après interview, ils avaient presque réussi à imposer lidée que le co-ravisseur dIngrid était Uribe lui-même. Et soudain, surprise ! Cest Uribe qui lemporte (
). Aucune importance : à peine cette libération connue, des sarkolâtres plus dévots que Sarkozy lui-même accourent devant les caméras expliquer quil y est pour tout. (
) Seule à oser une note discordante, Ségolène Royal est lynchée en place publique par la machine TF1. (
) Déjà, dans les premières heures de la libération de lotage, le site du Figaro avait tout bonnement
diffusé une vidéo tronquée des remerciements de Betancourt, escamotant ses remerciements à Chirac et Villepin, pour ne laisser que lhommage à Sarkozy. On pensait tournée la page de lORTF. Quaucun retour en arrière nétait plus possible (
) Mais les chemins de la propagande nen finissent pas de surprendre. La grand-messe unanimiste ne suffit plus. Il faut encore prendre soin détouffer les dissonances. |
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