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Spectacle. Show show Rihanna
N° 333
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hassan Hamdani

Spectacle. Show show Rihanna

(DR)

En concert à Casablanca, samedi 12 juillet, la chanteuse de R’n’B a découvert pour la première fois ses fans marocains. Le temps d’un petit tour de chant et puis s’en va.


Rihanna est gracieuse comme une princesse de conte de fées. Elle n’a pas pour autant la politesse des rois : la ponctualité. Elle est arrivée avec une heure et demie de retard à la conférence de presse précédant son concert, au grand dam des journalistes agglutinés dans une salle étroite du Complexe Mohammed V. Beaucoup ont protesté, certains ont
même feint de quitter les lieux, avant de se raviser. Ce n’est pas tous les jours que l’on respire le même air qu’une starlette qui vend des albums comme Jésus multipliait les petits pains. Surtout que Rihanna était attendue de pied ferme. Elle allait devoir s’expliquer à propos de la pelouse du Stade d’honneur qui a été le grand sujet d’interrogation, la semaine précédant son arrivée. Le gazon survivra-t-il à la prestation de la chanteuse de R’n’B ? Ce problème sportif évacué, la pelouse ayant été recouverte pour éviter de l’abîmer, Rihanna a dû répondre trois fois à l’autre question qui taraudait les journalistes : quel était son cachet pour le concert ? “It’s business”, fut son seul commentaire, pro jusqu’au bout des ongles vernis. Il ne restait plus qu’à la regarder sourire tandis qu’elle alignait des réponses calibrées et frappées du sceau de la langue de bois artistique. Oui, elle trouve que le Maroc est un beau pays où les gens sont “in”. Eh oui, elle est heureuse de donner un concert pour 70 000 personnes, car même aux Etats-Unis, elle n’a jamais eu l’occasion de chanter devant autant de monde.

Don’t stop the music
Lors du concert, elle a répété plusieurs fois son bonheur de voir autant de public venu pour elle. Il n’y avait pas 70 000 personnes pour autant, mais plutôt dans les 45 000 quidams aussi divers que variés. Car les mégastars n’ont pas un public, mais des publics, qui transcendent la pyramide des âges. C’est le fameux “de 7 à 77 ans”. Dans le cas de Rihanna, la pyramide a cependant été tronquée à la base, s’arrêtant à un papa, la cinquantaine bien entamée, arrivé au concert flanqué d’une douzaine de gamins, main dans la main pour ne pas s’égarer. “Il y a mes enfants, mes neveux, mes nièces et des enfants d’amis”, explique-t-il à l’entrée du concert, en se frayant un chemin au milieu de policiers menaçant le public de leurs matraques. Pourtant, l’assistance n’était pas celle d’un match de foot. Le virage de la Magana, correspondant aux places populaires à 50 dirhams, était d’ailleurs vide. Le public était davantage familial, avec beaucoup de parents de corvée babysitting, tandis que d’autres étaient venus pour leur propre plaisir. Comme cette mère qui chantait en chœur avec ses deux filles Don’t stop the music, le tube qui a vraiment mis le feu à un public un peu amorphe jusque-là. C’était la chanson préférée d’un gamin de 10 ans perdu dans les places à 100 dirhams. Il vivait avec Rihanna ses premiers émois sexuels. “Elle est belle”, répétait-il, admiratif, les yeux plein d’amour. “Ouais, elle est bonne”, renchérissait l’oncle du gamin, l’œil plein de désir. Les deux avaient raison. Rihanna est tout ça à la fois. Sexe à l’instar d’une femme sur papier glacé, émouvante à l’égal d’une fille à peine sortie de l’adolescence. Elle est capable de vous faire croire que les histoires d’amour ne finissent pas toutes mal en général. Qu’il y aura toujours une place pour vous sous son “umbrella”, son autre tube planétaire, qui a clos son show.

 
 
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