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Tanger Med. Le rêve devenu réalité
Musique. Alegria, mais pas trop
Spectacle. Show show Rihanna
N° 333
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Simon Elbaz et Rim Chmaou
dans Où vas-tu Moshé ?,
de Hassan Benjelloun.
(DR)

Cinéma. Khouribga l’Africaine


Si Khouribga ne vous inspire rien d’autre que les monts de phosphate brut, il y en a qu’elle fait rêver. En effet, la ville est une étape à franchir dans le cinéma africain. Une escale, cette année, qui confirme que le festival a bien tracé sa route et est devenu incontournable, malgré ses 30 ans d’existence et à peine 11 éditions. 16 films donc, made in Africa, projetés du 19 au 26 Juillet 2008, dont deux marocains, et pas des moindres. En compétition : Où vas-tu Moshé ?, de Hassan Benjelloun et
En attendant Pasolini, de Daoud Aoulad Syad, tous deux primés et re-primés. Le Maroc est présent du côté du jury, puisqu’en feront partie le directeur photo et réalisateur Mohammed Abdelkrim Derkaoui et l’écrivaine anthropologue Yasmine Chami. L’hommage est rendu au cinéaste Moumen Smihi (auteur de Chroniques marocaines et de La gosse de Tanger). Pour les longs-métrages en lice, deux films égyptiens (dont Le Chaos de Youssef Chahine) ; un tunisien, mais aussi Bamako du Mauritanien Abderrahmane Sissako et la pellicule sud-africaine Mon nom est Tsotsi, de Gavin Hood. Du côté des hommages, la mémoire du réalisateur égyptien Atef Tayeb sera à l’honneur. Tout comme celle d’Ousmane Sembène, cinéaste sénégalais dont la renommée n’est plus à faire, et qui, à 40 ans, a laissé l’écriture pour la caméra, découvrant sa passion pour le grand écran. Le Grand Prix du festival de Khouribga porte désormais son nom, histoire d’asseoir définitivement la volonté du festival d’être 100% africain.


Sortie. Héros malgré lui

À Los Angeles, les habitants craquent : leur super-héros n’arrête pas de faire des bêtises. Bien que de plus en plus impopulaire, Hancock, champion des têtes de mule, s’en fiche pas mal… jusqu’à ce qu’il sauve la vie de Ray Embrey, un spécialiste ès relations publiques. Après son incarnation spectaculaire de Mohamed Ali et le larmoyant A la poursuite du bonheur, il est jubilatoire de voir Will Smith camper un super-boulet encombré de ses propres pouvoirs, enchaînant les gags autant que les dégâts. Cette valeur sûre du loufoque, secondée de Charlize Theron (oscarisée dans Monster) et de Jason Bateman (Juno), Peter Berg (Le Royaume) a la mérite de dégommer les codes traditionnels du genre pour apporter, un peu comme Iron Man mais en plus débile, une bonne dose de légèreté au registre de l’héroïsme. Sympa, même si le scénario ne tient pas trop la route à la longue. En gros, vous avez le droit de vous endormir passés les trois-quarts d’heure.

Hancock, au mégarama.



Ecriture. Prête-moi ta plume

L’Union des Ecrivains du Maroc (UEM) organise, les 18 et 19 juillet à Safi, la 8ème édition du Forum de la femme et de l'écriture. Initié en partenariat avec la Région de Doukkala-Abda, le Forum fera intervenir de nombreux artistes et intellectuels lors d’un colloque sur “l'expérience féminine d'écriture de la nouvelle”, indique l'UEM dans un communiqué. Cette année, le Forum rendra hommage à l'écrivaine et journaliste Zakya Daoud. Française naturalisée marocaine, la dame est une observatrice privilégiée et une critique sans complaisance de la vie marocaine depuis plus de quarante ans. Hommage mérité.


Musique. Argan Fusion

Ils en avaient dévoilé les premiers refrains sur scène, chez eux, l’an dernier. Et il leur aura fallu un an, avec le soutien du festival Timitar, pour finaliser ce second album intitulé Argan d’Oufgan. Les Amarg Fusion reviennent avec un disque infusé aux rythmes, instruments et chants du Souss, dans le sillage de leur chanteur Ali Faïq, héritier des rouaïss. C’est bien sûr au public gadiri que le groupe a réservé la primeur de ce nouveau répertoire, sur la place Al Amal, voici quinze jours. Si l’album surprend agréablement, mêlant aux sons du Souss des influences reggae, latines et pop, cette nouvelle formule demande encore à s’épanouir en live. Les fans du groupe n’ont d’ailleurs pas caché leur déception de ne pas retrouver sur scène le r’bab flamboyant de Bohsine Foulane, qui illumine le disque de sa virtuosité. Celui qui était devenu la mascotte du groupe vogue désormais vers de nouveaux projets, et la bande de Ali n’aura pas la partie facile pour lui trouver un successeur capable de le faire oublier… Bon vent, tout de même.


film. Juanita au Chili

Alors qu’on ne l’a pas beaucoup vu au Maroc, le long-métrage La chienne de vie de Juanita Narboni, signé Farida Belyazid, a été projeté dans la ville de Comquimba au Chili, dans le cadre d’une semaine marocaine clôturée le 18 juillet. Produit en 2005, le film est une adaptation du roman de l’espagnol né à Tanger Angel Vasquez, dans lequel le personnage principal porte un regard sans complaisance sur la ville de Tanger. Le film, qui réunit Salima Benmoumen et la Française Lou Doillon, entre autres comédiens, a reçu plusieurs prix au Maroc et à l’étranger, mais a fait malheureusement un passage éclair dans les salles marocaines .


Casa Music. Double Je

Le Festival de musique de Casablanca foisonne de concerts, à chacun son coup de cœur. Le nôtre s’appelle Rayess Bek, alias Wael Koudaih. Fondateur du groupe de rap Aks’er (à contre-courant, ou Sens interdit), il s’affirme parmi les figures de proue de la scène underground libanaise. En solo depuis 2001, Rayess Bek, 28 ans, évolue au sein d’un hip hop orchestral où flûte et oud côtoient les platines, tout en appuyant un peu plus là où ça fait mal, incurie politique et schizophrénie identitaire : “A l’Est, jouer l’Européen au français impeccable / à l’Ouest, fils du bled fier d’être un arabe”. “Entre George Wassouf et 50 Cent”, de 3am behkeh bil sokout (2003) à Mouder lal seha (2005), le gars de Beyrouth déroute et trace sa route, nourrie de rencontres, notamment avec RZA du Wu-Tang Clan, Nile Rodgers ou Amazigh Kateb. À découvrir.

Dimanche 20 juillet à 22h30, scène Rachidi.



Animation. Virtuel awards

Le théâtre 121 de l’IF de Casa accueillait le 4 juillet dernier les résultats du concours MultiClic 2008 spécialisé en images de synthèse. La compétition organisée par UbiSoft et l’école Art’Com était déclinée en deux catégories : “Film animé” et “Image fixe”. Les artistes primés travaillent pour des agences de communication le jour, sont graphistes indépendants le soir. Pour les films, Salaheddine Basty a décroché le gros lot pour une animation 100% casaouie. Le deuxième prix est revenu à Hatim Miftah Kadiri, qui a choisi de revisiter l’univers du Petit Prince. Quant à Rachid Jadir, il cumule un troisième prix pour son film racontant les tribulations de deux hittistes à Ouled Sbata, et le premier prix de la catégorie “Image fixe”.


Publication. Le mag d’Agadir

Quinzième parution pour Agadir O’flla, lancé dans la capitale du Souss par Abdallah Aourik. Depuis quelques années, ce peintre gadiri au destin atypique compile à intervalles irréguliers des textes historiques, artistiques, littéraires, poétiques ou d’actualité, dans cette publication tout ce qu’il y a de plus artisanal... Cette livraison ne déroge pas à la règle, avec une chronique sur les peintres du Souss signée par le galeriste souiri Frédéric Damgard, une interview du maire Tarik Kabbaj, mais aussi le premier texte posthume de l’écrivain Mohamed Khaïreddine. Un journal intime rédigé à l’hôpital de Rabat, en août 1995, trois mois avant son décès, confié à la revue par son fils Alexandre…Agadir O’flla, ou comment bronzer intelligent !


Cinéma. Ça roule pour Roukhe

Rien n’arrête Driss Roukhe : le flic ombrageux de Babel s’attaque dès le 22 juillet au tournage de Prince of Persia, The Sands of time, adaptation du jeu vidéo culte sous la direction de Mike Newell (Harry Potter, La Coupe de feu). L’acteur y retrouvera Jake Gyllenhaal, rencontré sur le plateau marocain de Rendition, avant de revenir à des projets plus locaux : en préparation, un long-métrage co-signé Narjiss Nejjar, Hicham Lasri, Mohamed Mouftakir et Noureddine Lakhmari, où quatre histoires s’entremêlent pour parler du sida. Et pour la troisième fois, Driss Roukhe va passer derrière la caméra : après les remarqués Chaos et Double Voix, son prochain court-métrage, La Danse du vent, évoquera sa passion pour le… tango. On l’attend au tournant.



Humeur.
Showgirl

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Attajdid a fait dans le stylisme cette semaine, s’érigeant en arbitre des élégances à propos de la jupe de Rihanna. Elle était trop courte à leur goût. Elle était pourtant trop longue pour le commun des mortels qui a assisté à son concert à Casablanca, samedi dernier. À coup sûr, couverte à l’excès pour ceux n’ayant pas perdu de vue l’essentiel : regarder sous les jupes des filles est plus sain que les couvrir de la tête aux pieds. A voir bouger Rihanna, on aurait voulu lui écrire de belles phrases aussi inspirées que celles de l’écrivain Maurice Dantec. Notamment son ode dédiée à une autre créature céleste : “Je préfère un monde avec des Danii Minogue qu'un monde de crétins barbus, dans lequel les femmes sont recouvertes d'un sac à patates”. On ne l’a pas fait, même si on n’en pensait pas moins. Faute de talent pour décrire Rihanna et toutes ses groupies qui ne ressemblaient pas à des guitounes monochromes. C’était des filles ne voulant pas finir légumes pourrissant sur pied, sous un bout de tissu rêche. Ces fans ne ressemblaient pas pour autant toutes à des fleurs. Souvent mal fagotées, parfois boudinées dans leur top trop petit, quelconques pour le plus grand nombre, malgré le blush et les paillettes. Tout le contraire de Rihanna. Il ne s’agit pas de comparer l’incomparable, la diva aux starlettes d’un soir. Juste rendre hommage à ces filles faites de rêves et de chair. Vivantes, elles…



Amazigh Hebdo ?
La rédaction du Monde Amazigh, magazine basé à Rabat qui publie chaque mois une édition en arabe et une autre en français et tifinagh, étudie actuellement son passage à une périodicité hebdomadaire. On en saura plus, dès la rentrée, sur la nouvelle mouture de ce relais important de la culture berbère.


Si vous avez des idées…
La délégation de la Commission européenne subventionne des projets culturels marocains, de promotion du patrimoine matériel et immatériel. Toutes les disciplines artistiques sont permises. Pour plus d’informations : ec.europa.eu/europeaid/work/procedures/index-en.htm et delmar.ec.europa.eu


Une fête pour la bonne cause
L’école HEC de Rabat organise Solid’Art, une grande fiesta au profit de l’association Foyer de vie pour enfants handicapés. Au programme, les 25 et 26 juillet : des concerts de fusion, une soirée électro, des cracheurs de feu et un spectacle de l’humoriste Rocmas. Infos au 037 68 63 80.

 
 
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