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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

Les livraisons du projet
Mediterranea Saïdia seront-elles
davantage retardées par les
difficultés de Martinsa-Fadesa ?
(DR)

Fadesa. Addoha est acheteur


Cette semaine en Espagne, un mythe s’est effondré. Martinsa-Fadesa, le groupe immobilier le plus réputé de la péninsule ibérique, risque de mettre la clé sous le paillasson. La décision a été prise mardi 15 juillet après la suspension de l’action du groupe de la cotation à la Bourse de Madrid, suite à une séance boursière où elle avait perdu le tiers de sa valeur. Fadesa risquant la liquidation judiciaire, quid alors de sa filiale marocaine ? Son partenaire marocain, le groupe Addoha, actionnaire à
50% dans Fadesa Maroc, cherche à rassurer : “Il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Nous sommes liés au groupe espagnol par un pacte d’actionnaires qui ne laisse rien au hasard. Il nous garantit un droit de préemption dans tous les cas”, explique une source proche d’Anas Sefrioui, président d’Addoha. Comprenez : le groupe marocain pourrait toujours reprendre totalement Fadesa Maroc pour un prix encore moins élevé que les 1,3 milliard de dirhams payés l’année dernière pour la moitié du capital. Il n’empêche que la crise de Martinsa-Fadesa risque de se faire ressentir. Le groupe espagnol dispose d’un réseau commercial des plus étoffés à l’international. Il l’a démontré pour Mediterranea Saïdia, projet où près de 90% des ventes ont été réalisés sur plan à des étrangers. Un atout qui peut bien manquer aux projets touristiques haut de gamme lancés au Maroc, pour ne citer que Tamuda Bay au nord et la Plage Blanche dans la région d’Agadir. Autre difficulté : la faillite de la société espagnole remet en cause les montages financiers de ses projets, ce qui risque de les retarder sérieusement. À moins que le groupe Addoha n’ait l’étoffe d'un champion et ne règle rapidement la question de l’actionnariat de la filiale marocaine.


ONE. Toujours dans le rouge

L’Office national de l’électricité (ONE) est toujours convalescent. Les résultats de l'exercice 2007, présentés cette semaine par Younès Maâmar, le démontrent bien. Réalisant 17 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, l’ONE affiche une bonne forme au niveau des recettes, laquelle est due en grande partie à la politique d’électrification des campagnes. Les pylônes de l’ONE couvrant de plus en plus les territoires ruraux, la demande a augmenté de 9%. Cette amélioration des recettes a réduit les pertes financières de l’Office. Le résultat net affiche un déficit d’environ 200 millions de dirhams, loin des 2 milliards enregistrés en 2006. Une amélioration qui s’explique aussi par l’ajustement tarifaire et la baisse du prix de la fourniture espagnole en énergie. Et pour les mesures d’économie entreprises jusque-là ? Le DG de l'Office table sur une réduction des dépenses de 15% d’ici 2020. Mieux vaut tard que jamais.


Compensation. On se fixe des limites

Le ministère de Finances vient d’annoncer que les dépenses pour la subvention des prix des produits alimentaires et énergétiques seront désormais plafonnés à une proportion de 3% du PIB. Dépassé ce seuil, le surplus devra être supporté par les consommateurs, a laissé entendre Salaheddine Mezouar. Il n’empêche que, cette année, un tel niveau représente seulement 20 milliards de dirhams, alors qu’on prévoit 16 milliards de plus pour les charges de compensation prévues pour 2008. Autre problématique : 3% du PIB est aussi le seuil maximum toléré pour la dette publique. Si la dette est consacrée dans son intégralité aux charges de la compensation, il ne restera donc plus de quoi financer les investissements. Cruellement arithmétique !


Logan. En route vers l’Egypte

Sept ans après la création d’une zone de libre-échange entre le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie, et dix-huit mois après sa mise en application, la voiture low cost “made in Morocco” débarquera au Caire en septembre prochain. L’accord d’Agadir permet en effet aux quatre pays d’importer une matière première d’Europe, de la transformer et d’exporter vers les autres pays signataires un produit fini exonéré des droits de douane. Mais les Dacia Logan montées sur les chaînes de Somaca sont restées bloquée dans le port de Casablanca pour un différend sur la règle du cumul d’origine et le quota autorisé de 40% de pièces étrangères incorporées. Le lobbying acharné de Renault et une visite des responsables égyptiens plus tard, l’embargo est levé. Pour faire face à la demande, l’usine marocaine devrait doubler sa production. Et réciproquement, des véhicules utilitaires Nissan “made in Egypt” devraient apparaître sur les routes marocaines.



Pendant ce temps, le peuple…
Biz du Net

Youssef prend la décision de sa vie : jeter la ‘gueffa’ héritée de sa grand-mère et se mettre au panier virtuel. Il faut bien que la connexion Internet haut débit qu’il vient de s'offrir - suite à un harcèlement sur interphone des commerciaux ambulants de Maroc Telecom - serve à quelque chose. Il décide alors d’explorer les galeries commerciales de la Toile marocaine. Il repère quelques sites qui lui épargnent le déplacement chez son Soussi à la calculatrice pipée, ou son boucher à la balance traficotée. Youssef tombe même sur un nouveau site commercial de produits pharmaceutiques. Pour notre héros, qui avale les pilules comme des bonbons, c’est la découverte de l’année. Mais il déchante rapidement quand il découvre que le site fait exclusivement dans la parapharmacie. Pas de Doliprane, ni de Maalox qui remettent la tête et l’estomac en place : que des crèmes pour pieds enflés, des lotions pour peaux sensibles et autres produits qu’il estime porter atteinte à sa virilité. Le seul produit qui aurait pu l'intéresser est le préservatif. Mais le choix sur le site reste très limité : une seule marque et en plus tellement cheap qu’il faut en commander 10 paquets pour atteindre les 300 dirhams, montant minimum à partir duquel la livraison devient gratuite. Notre héros aurait pu pourtant mettre les 300 dirhams pour un seul paquet de ses capotes préférées, parfumées à la framboise. Il payerait même une prime si le livreur était une livreuse. Un filon peut-être à explorer par les nouveaux businessmen du Net.



Finances. À fond la régulation

Les grandes annonces n’ont pas fait défaut lors du dernier Conseil national du crédit et de l’épargne (CNCE). Pour sa première en tant que président de cette réunion des financiers du royaume, Salaheddine Mezouar a joué à fond la carte de la régulation. Il a d'abord annoncé la préparation d'un texte de loi qui confère plus d’autonomie au CDVM, gendarme du marché boursier, ainsi que la future naissance d'un organisme de régulation autonome pour le secteur des assurances, aujourd’hui sous la tutelle directe du ministère des Finances (à travers la Direction des assurances et de la prévoyance sociale). Autres initiatives importantes : le lancement d’une étude pour revoir le statut juridique des associations de microcrédit et une nouvelle réglementation pour le marché monétaire et financier. Ça promet !


OFF.

Près de 90 000 particuliers ont souscrit, entre les 2 et 3 juillet, à l’OPV d’Alliances développement immobilier (ADI). Leur apport : plus de 700 millions de dirhams. De leur côté, les institutionnels ont porté le montant des souscriptions à 60 milliards de dirhams. Résultat : non seulement ADI a réussi à lever les 2 milliards pour la cession du quart de son capital, mais son cours en Bourse a pris près de 10% dès la première séance de cotation.

 
 
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