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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Le président soudanais
Omar El Béchir.
(AFP)

Soudan La CPI accuse, El Béchir récuse


L’acte fera date. En lançant un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar El Béchir, c’est la première fois qu’un procureur de la Cour pénale internationale inculpe officiellement un chef d’Etat en exercice de génocide, crimes de guerres et crimes contre l’humanité. Selon le procureur Luis Moreno-Ocampo, qui affirme disposer de documents et de preuves, Omar El Béchir aurait personnellement orchestré les violences au Darfour, dans l’ouest soudanais, en guerre
civile depuis 2003 (plus de 300 000 morts selon l’ONU, 10 000 selon Khartoum), en ordonnant l’incorporation dans les forces de sécurité des milices janjaweed, responsables de la plupart des exactions. Le contrôle du président soudanais aurait également été renforcé par un réseau de ministres, officiers de l’armée et chefs de milices qui lui tenaient rapport. Cette mise en cause a provoqué une onde de choc en Afrique, faite de réactions virulentes et contraires. Pour la Libye, c’est “une action plus politique que juridique”. Le Tchad, qui s’estime “victime directe et indirecte de la politique agressive du président El Béchir”, selon son ministre de la Communication, s’est dit conforté dans ses positions. Mais beaucoup d’ONG sont partagées entre la satisfaction de voir la justice internationale à l’œuvre et la peur des conséquences pour les déplacés. Au lendemain de l’émission du mandat d’arrêt, par craintes de représailles, les Nations Unies, qui participent à la Minuad (force conjointe ONU-Union Africaine au Darfour), ont décidé de rapatrier leur personnel “non essentiel”, préférant parler de “redéploiement” - en Ethiopie ou en Ouganda – que “d’évacuation”. À Khartoum, la CPI n’est pas reconnue et l’on refuse déjà de livrer deux autres responsables, dont un ministre, sous le coup de mandats d’arrêt pour crimes présumés au Darfour. Les sceptiques, dont Luis Moreno-Ocampo lui-même, quant à une arrestation de Omar El Béchir par le gouvernement soudanais, sont nombreux. Il en reviendrait alors au Conseil de sécurité de l’ONU de décider d'une peu probable action.


Liban/Israël. Cercueils contre prisonniers

D’un côté, les corps de Ehud Goldwasser et Eldad Regev, les deux soldats israéliens portés disparus en 2006, dont l’enlèvement a déclenché la guerre éclair de l’été 2006 (1200 tués libanais et 160 israéliens en 34 jours). De l’autre, ceux de 200 combattants du Hezbollah, mais aussi la libération de cinq prisonniers libanais et palestiniens, dont Samir Kantar, arrêté en 1980 pour le meurtre de deux civils et d’un policier israéliens. L’échange de cette semaine à Naqora, dans le sud Liban, entre Hezbollah et Israël (le huitième depuis 1991), a été vécu dans la tristesse dans l’Etat hébreu et dans l’euphorie d’une victoire nationale par les partisans du mouvement chiite. Le Hezbollah avait d’ailleurs maintenu le suspense jusqu’au dernier moment, mais ce sont bien deux cercueils qu’il a remis à la Croix Rouge internationale.


Guantanamo. La vidéo vérité

Pour la première fois, le 15 juillet, la vidéo d’un interrogatoire à Guantanamo a été rendue publique, après décision de la Cour fédérale canadienne. Sur ces images, filmées en février 2003 par l’armée américaine, on voit un jeune homme en larmes, montrant les plaies sous sa chemise orange, épuisé, suppliant qu’on le tue. Toujours détenu dans la prison militaire américaine, avec 264 autres prisonniers, Omar Khadr avait 15 ans, en juillet 2002, lorsqu’il a été arrêté en Afghanistan après des combats entre des talibans et des soldats américains. Accusé d’avoir tué un médecin militaire en lançant une grenade (ce que ses avocats contestent, pour absence de preuves), il a été transféré à “Gitmo”. Contrairement à l’Australie et à la Grande-Bretagne, le Canada refuse de demander l’extradition de ses ressortissants.



Lu pour vous [FRANCE]
L'ironie est-elle soluble dans l'information ?

Pascal Riché, sur le webzine Rue89.com, le 15 juillet 2008

Le New Yorker publie chaque semaine, à sa une, un dessin décalé, poétique, humoristique, un peu étrange. Ses vieux abonnés n'ont donc pas dû trop s'offusquer de la dernière couverture de l'hebdomadaire, qui présente le couple Obama, installé dans le bureau ovale, sous les traits de terroristes. (…) L'image pousse jusqu'à l'absurde certaines remarques (…) à l'encontre de Barack Obama : il manquerait de fermeté face au terrorisme, son second prénom, Hussein, trahirait des racines musulmanes, etc. Même McCain, le candidat républicain, l'a un jour qualifié de “candidat du Hamas”. Selon un sondage récemment publié dans Newsweek, 25% des Américains croient qu'Obama a été élevé dans la religion musulmane, et 12% qu'il a prêté serment sur le Coran quand il est devenu sénateur ! (…) J'aime bien ce dessin provocateur. Mais l'ironie fait rarement bon ménage avec la presse. Si une grande partie des lecteurs de tout journal perçoit le second degré, beaucoup d'autres y sont terriblement hermétiques. (…) La couverture du New Yorker, hebdo pourtant plutôt de gauche, a donc déclenché un beau tollé outre-atlantique. Le candidat républicain, John McCain, a lui même jugé cette couverture “totalement déplacée”. Le New Yorker s'est laborieusement justifié dans un communiqué : le dessin dénonce “les préjugés, la haine, l'absurde”… Trop tard. Le mal est fait, la couverture fait le tour des blogs, et de toute cette affaire, c'est l'image d'un Obama terroriste qui laissera une trace dans les esprits.



Chine. Pollution hors compétition

À trois semaines de l’ouverture des Jeux Olympiques, Pékin se démène contre un adversaire tenace : la pollution. À Qingdao, des milliers de bénévoles et de militaires tentent de nettoyer le site des épreuves nautiques, construit sur d’anciens chantiers navals et récemment envahi par une algue verte tenace et aux émanations pestilentielles. Pendant ce temps, les autorités multiplient les mesures “d'urgence” pour espérer assainir l’air autour de la capitale, dont le taux de pollution est cinq fois plus élevé que ce que l’OMS juge tolérable. Au programme : la diminution drastique de la circulation des voitures et camions du 20 juillet au 20 août, ainsi que la fermeture provisoire de centaines d’usines, dont quarante à Tianjin, ville portuaire à l’est de Pékin, où doivent se tenir les épreuves de football.


Vite !

William Burns, diplomate américain de haut rang, sera à Genève à la table des pourparlers sur le dossier nucléaire iranien. Une première en 28 ans, signée l’administration Bush, même si celle-ci confirme refuser toute négociation avec le régime iranien, que rien n’a encore fait renoncer à l’enrichissement d’uranium.

 
 
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