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N° 334
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“J’ai appris à bien peser mes mots”

Laïla Ouachi, ex-conseillère en
communication à la primature
(DR)

Antécédents

1963. Naissance à Khénifra.
1987. DESS en Littérature comparée à l’Université Paris VI.
1990. Responsable d’atelier de production à 2M.
2000. Directrice de la communication au Crédit Agricole.
2002. Conseillère en communication de Driss Jettou.
2008. Lance son cabinet de Consulting en communication.

Smyet Bak ?
Ahmed Ouachi.

Smyet mok ?
Itto Amrani.

Nimirou d’la carte ?
C 145182.

Alors comme ça, vous êtes née à Khénifra ?
En fait, mon père était commissaire là-bas. J’ai même vécu à Berkane. Je pense qu’après ça, on peut vivre partout (rires). En même temps, ça m’a permis de mieux connaître le Maroc.

Vous avez été recrutée par Jettou. Quand El Fassi a été nommé, il vous a reconduite. Cabinard, c’est un poste à vie ?
J’ai été approchée par Nizar Baraka, qui est un proche de Abbas El Fassi. Il m’a demandé d’assurer au moins la transition. Comme Nizar est une vieille connaissance, je ne pouvais pas refuser.

Vous avez étroitement collaboré avec deux Premiers ministres. Qu’est ce qui distingue Jettou d’El Fassi ?
Le premier est un technocrate, le second est un politique. Quand on vient du privé, comme c’est mon cas, travailler avec Jettou, c’est super enrichissant. M. El Fassi est un gestionnaire politique, qui doit aussi composer avec son entourage istiqlalien. Ça peut parfois être difficile quand on ne connaît pas la culture partisane.

Il a la pêche, Si Abbas ?
Disons que c’est un autre rythme…

Apparemment, vous avez bien appris votre leçon…
Oui, et à bien peser mes mots. On ne doit pas se précipiter et porter des jugements hâtifs sur les gens.

Avec Abbas El Fassi, vous vous êtes séparés à l’amiable ?
Oui, bien sûr. D’ailleurs, M. El Fassi ne voulait pas que je parte.

Et Driss Jettou, il est comment au quotidien ? Aussi sympathique qu’il en a l’air. Il ne serait pas un peu râleur sur les bords ?
C’est vrai qu’il ne faut pas trop l’approcher avant 10 heures du matin (rires).

Comment il vous a recrutée ?
Quelqu’un lui a soumis une liste. Jettou tenait à recruter dans le privé. A l’époque, j’étais directrice de la communication au Crédit Agricole. On m’a contactée et j’ai passé des entretiens. Je pense que j’ai été recrutée grâce à mon passage à la télé et à la banque.

Le physique, ça aide dans ce métier ?
Sincèrement, je ne crois pas. C’est sûr qu’il faut être affable, souriant et très RP. Il faut savoir parler aux gens. Mais durant mes cinq années en tant que conseillère, j’étais jugée sur la base de mon travail. Et c’est valable pour toutes les personnes, je crois, qu'elles soient belles ou moches.

Conseiller à la primature, c’est avoir un avis sur tout ?
Non, je pense que ce serait prétentieux. Mais il faut tout de même avoir des connaissances très généralistes et, sur certains sujets précis, connaître les moindres détails. Bref, être au courant de ce qui se passe. On est dans un niveau de gestion globale du pays. Il faut aussi savoir parfois gérer des cas de communication de crise.

Le job paie bien ?
Le salaire est plafonné à 35 000 dirhams. On peut ensuite négocier des frais de déplacement et bénéficier de primes.

La belle vie, quoi…
Peut-être. En même temps, c’est un métier qui nécessite une certaine expertise.

Votre dernière frayeur ?
Peut-être lors de la gestion du dialogue social. C’était dur, pénible. Il y avait beaucoup d’attentes de toutes parts. C’est un énorme poids à supporter.

Vous avez raté le concours pour entrer en pharmacie. Et là, faute de vendre des pilules, vous essayez d'en faire passer…
(Rires). Ce que je peux vous dire, c’est que je ne regrette rien dans mon parcours. Je ne me serais pas vue dans une officine. Le concours de pharmacie, je l’ai passé en 1982. À cette époque, il était de bon ton de suivre des études de médecine ou de pharmacie. En revanche, j’aurais bien aimé être journaliste.

Justement, quel est votre avis sur la presse au Maroc ?
Ça varie d’un extrême à l’autre. Je suis pour la liberté d’expression quand elle est utilisée à bon escient, dans une critique constructive. Mais je suis contre une certaine presse de caniveau, qui ne respecte pas l’éthique et qui fait des attaques personnelles son fonds de commerce.

Vous qui avez travaillé pour l’Etat, que veut dire pour vous être makhzénien ?
C’est vouloir se rapprocher à tout prix du pouvoir.

Et vous l’êtes ?
J’ai eu l’occasion de le faire à plusieurs reprises, mais je ne l’ai pas fait. Je respecte la monarchie et les institutions. En même temps, je suis très attachée à ma liberté individuelle.

 
 
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