|
Par Youssef Aït Akdim
Islamistes. Séisme au PJD
|
Les résultats tombent : Benkirane
est élu avec 684 voix, contre 495
pour Saâd Eddine El Othmani,
qui devra se contenter de la
présidence du conseil national.
(TNIOUNI)
|
Contre toute attente, le PJD a porté à sa tête Abdelilah Benkirane. Tout en étayant limage dune épatante démocratie interne, le déroulement du sixième congrès du parti islamiste a permis de remobiliser une base populaire avide de combat politique. Chronique dun putsch.
Ces 19 et 20 juillet, les islamistes du PJD sétaient donné rendez-vous pour un week-end en famille. Pour leur sixième congrès, délaissant Bouznika, occupée par lhabituelle foule destivants, et son centre |
|
international, les GO du parti ont jeté leur dévolu sur la salle couverte du Complexe Moulay Abdellah de Rabat. Comme sils avaient pressenti quil allait y avoir du sport. Samedi encore, aucune trace de fébrilité à lentrée : les islamistes, comme chacun sait, sont des gens sereins et hospitaliers. On n'a rien à cacher, répétait à lenvi ce dirigeant du parti de la lampe aux journalistes qui senquéraient des préparatifs. Une manière de conjurer le sort ? Ce qui est sûr, cest que le PJD joue la transparence et aime le faire savoir. À en croire lopinion commune jusquau début du congrès, nos amis barbus et voilées nous préparaient la chronique dune confirmation annoncée : la réélection de Saâd Eddine El Othmani au poste de secrétaire général. Ou pas.
Acte 1 On séchauffe
Complexe Moulay Abdellah à Rabat. Samedi, premier jour du congrès. Moins de 30 minutes après lheure prévue, le secrétaire général (pas encore) sortant, Saâd Eddine El Othmani, ouvre la grand-messe. Il donne principalement lecture de la thèse politique (Al outrouha assiyassia), document détaillant le programme du parti. Les grandes tendances en avaient déjà filtré lors de la campagne des législatives de 2007. El Othmani réaffirme lattachement du parti à ses fondamentaux, à commencer par le triptyque Allah, Al Watan, Al Malik. Sans surprise, les camarades noublient pas leur ennemi de toujours : le sionisme. Quand vient le tour des allocutions des délégations invitées, Khalid Sefiani enfonce (sans vergogne) des portes tenues béantes par ses hôtes. Lavocat et secrétaire général du Congrès national arabe harangue la foule, estimée à plus de 12 000 présents. Me Sefiani salue la (glorieuse) résistance libanaise et les (martyrs) Marocains morts pour la Cause, au lendemain de léchange de dépouilles entre Tsahal et le Hezbollah. La salle omnisports résonne de slogans. Commentant les poursuites engagées par la Cour pénale internationale contre le président soudanais, Me Sefiani sait encore comment caresser son auditoire dans le sens du poil. Cest Omar El Béchir qui devrait juger Bush, et non linverse !.
Aux premiers rangs, certains anciens camarades de la gauche subissent le show sans ciller. La présence pléthorique des cadres de lUSFP (Zaïdi, Radi, Elyazghi, Chbaâtou, Chami, Lachgar, etc.) renseigne sur les divisions socialistes. La star du parterre est sans conteste Driss Jettou, longuement applaudi à son arrivée. Les absents ont toujours tort, Fouad Ali El Himma (invité en sa qualité de président de la Commission des Affaires étrangères au Parlement) nest présent que dans les discussions entre militants. Viendra ? Viendra pas ?. On murmure que lex n° 2 du régime craint la foule des militants du PJD, agacée par ses sorties répétées contre leurs dirigeants
Pas le temps de ruminer, cest déjà l'heure des élections du conseil national, le parlement du parti. Deux heures après minuit, les résultats tombent : les bad boys sont tous là. En pole position, le prédicateur Mokrî Abou Zaïd, le député dEl Jadida quon dit en rupture de ban. Les congressistes ont également choisi deux proches de Mustapha Ramid : Abdelaziz Aftati et luniversitaire Abdelali Hami Eddine, mais aussi Mustapha El Khalfi, directeur dAttajdid, et Ahmed Raïssouni, lidéologue du MUR. Autre élu peu banal : Maâ El Aïnine Abadla, l'un des inculpés dans laffaire Belliraj.
Acte 2 Par ici, la sortie !
Dimanche 20 juillet. Après une courte nuit, Saâd Eddine El Othmani et Lahcen Daoudi vont sentir le vent tourner. A posteriori, Lahcen Daoudi, ancien secrétaire général-adjoint, explique que le congrès a été retourné. Pour lui, les campagnes de vexations contre les responsables du parti ont fini par excéder la base : Les gouverneurs et les pachas dans les provinces sont les premiers responsables de ce qui sest passé. Et de prévenir, alarmiste : Si cette politique dintimidation contre le PJD persiste, ce sera Ramid en 2012 !.
Lors des débats à huis clos qui ont précédé la désignation des candidats au secrétariat général, des mots durs ont été prononcés contre le bilan dEl Othmani, SG depuis 2004. Cétait un lynchage un peu honteux, commente ce proche dEl Othmani. Il y a eu une discussion franche. Abdelaziz Rebbah ou Bassima Hakkaoui ont souhaité une rupture avec la ligne conciliante suivie depuis 2004, avance ce militant. Difficile de savoir ce qui sest réellement passé, cette première étape sétant déroulée à huis clos. Mais une chose est sûre : à ce moment-là, Saâd Eddine El Othmani est toujours en tête. Pour la suite du scrutin, les journalistes sont à nouveau autorisés à assister aux votes. Entre-temps, trois candidats désignés se sont retirés de la course : Lahcen Daoudi, Mustafa Ramid et Abdelaziz Rebbah sont out. Saâd Eddine El Othmani, Abdelilah Benkirane et Abdallah Baha restent en lice pour le vote des congressistes.
Après de longues heures dattente, les résultats tombent comme une gifle, tard dans la nuit rbatie : Abdelilah Benkirane est élu secrétaire général avec 684 voix, contre 495 pour Saâd Eddine El Othmani. Abdallah Baha s'est contenté de faire de la figuration (14 voix). Si le professeur de sciences politiques Mohamed Darif accepte de parler de surprise, cest surtout par rapport à ce qui se passe dans les autres partis politiques : Alors quailleurs, les congrès servent à consacrer un arrangement politique, le PJD tranche avec la démocratie des coulisses. En soi, lélection de Benkirane nest pas une surprise ahurissante. Figurant parmi les fondateurs du parti, il avait échoué à la dernière marche en 2004. Aujourdhui, le contexte politique a changé, comme l'explique Darif, car le PJD sest libéré des contraintes du 16 mai. Mais au-delà, Benkirane tire surtout profit des sorties de Fouad Ali El Himma. En essayant de diviser le parti en deux courants, en opposant les modérés et les populistes, El Himma a affaibli la position dEl Othmani, déjà accusé dêtre trop conciliant dans son propre camp, explique ce chercheur. Abdelilah Benkirane la rappelé lors de sa première conférence de presse donnée en tant que SG, mercredi 23 juillet : El Himma doit respecter les 500 000 personnes qui ont voté pour le parti aux dernières législatives. Et comme pour couper lherbe sous les pieds de ses détracteurs, Benkirane a immédiatement annoncé sa démission du MUR (Mouvement unicité et réforme), dont il a été l'un des créateurs. De là à penser que le PJD va rompre avec la dualité prédication-action politique, il y a un long chemin. |
 |
Cooptation. Jeu de chaises musicales
La tentation est grande de succomber à lémotion, passée la surprise. Lélection de Abdelilah Benkirane à la tête d PJD serait la revanche dune aile dure du parti sur le courant modéré, représenté par le SG sortant, Saâd Eddine El Othmani, et son adjoint, Lahcen Daoudi. En réalité, les choses sont moins simples, et on peut déceler plusieurs éléments de continuité. Dabord, la direction issue du congrès (secrétariat général et conseil national) est sensiblement identique à la précédente. Saâd Eddine El Othmani échange ses fonctions avec Abdelilah Benkirane, en prenant la présidence du conseil national. Abdellah Baha et Lahcen Daoudi sont élus au secrétariat général, aux côtés de Mustapha Ramid, Habib Choubani, Abdelaziz Rebbah et dautres figures connues du parti. Pas de renouvellement des élites au PJD ? A cette question, cet observateur préfère répondre en relevant une constante : "La direction du PJD restera collégiale. Les alliances et recompositions se font dans cette limite-là". En tout cas, à lire le message royal de félicitations, rendu public mardi, cest bien la continuité qui prime. Verbatim : "Nous voudrions vous faire part de notre profonde conviction que vous allez poursuivre le même parcours constructif (que votre prédécesseur), connaissant vos nobles qualités, votre patriotisme et votre sagacité politique". Message reçu. |
|
Portrait. L'étrange M. Benkirane
|
Abdelilah Benkirane savoure
sa victoire. Il est enfin
officiellement le patron du PJD.
(TNIOUNI)
|
Colombe ou faucon ? Dogmatique dur ou pragmatique conciliant ? Makhzénien convaincu ou homme politique visionnaire et intelligent ? Abdelilah Benkirane était tout cela à la fois, un personnage complexe et polymorphe
La désignation de Abdelilah Benkirane à la tête du PJD est presque un non-événement. Lhomme a toujours été le vrai patron du parti islamiste, léminence grise qui trace et détermine à sa manière le destin du parti. Le PJD cest moi, pourrait très bien dire Benkirane. Quand il |
|
parle de son parti, on sent dans son ton et ses mots la fierté et la satisfaction de lartisan, du démiurge, contemplant et admirant sa création. Le PJD renvoie à Benkirane, comme un miroir, sa trajectoire personnelle, ses idées, son projet politique quil na cessé de défendre, parfois contre les siens. Souvent même. Combien de fois, et jusquà maintenant, les islamistes marocains ne lont accusé de makhzénien, dagent de Basri, de bradeur dun idéal de changement radical, balayant un Makhzen corrompu et suppôt de lOccident. Benkirane sen amuse et ne manque jamais de faire remarquer quil a fallu aux autres islamistes, y compris des pontes du PJD, plusieurs années pour arriver au point où il avait commencé. Une assurance qui vire parfois à la suffisance, irritant même ses frères au sein du PJD. Sa conception de laction politique islamiste, du positionnement du parti, des rapports avec lEtat et les centres du pouvoir ne plaisent pas à tout le monde au sein du mouvement islamiste et à lintérieur du PJD.
Benkirane a toujours été conscient de son statut de leader contesté. Un handicap dont Saâd Eddine El Othmani a su tirer profit pendant des années, en usant de son image dhomme de consensus et de conciliation, avant de subir à son tour le boomerang dune victoire trop hâtivement annoncée au scrutin de septembre 2007. Aujourd'hui, Benkirane peut savourer le plaisir doccuper un fauteuil quil a toujours estimé être le sien.
Les années Chabiba
Le 18 décembre 1975, le syndicaliste et homme de gauche Omar Benjelloun est assassiné. Des membres de la Chabiba islamiya sont accusés du crime. Abdelkrim Moutiî, leader du mouvement, prend la fuite vers l'étranger, laissant ses disciples se démener comme ils le peuvent. Cest en cette période trouble que le jeune Abdelilah Benkirane, alors âgé de 22 ans, intègre le mouvement islamiste encore naissant. Après avoir fréquenté des militants de lIstiqlal et du futur USFP à lEcole Mohammadia des ingénieurs et à lUniversité de Rabat, il soriente vers une obédience politique qui correspond mieux à son milieu pieux et conservateur.
Une soirée passée en compagnie de militants de la Chabiba islamiya laurait convaincu de venir grossir les rangs de ce mouvement. À la fin de cette soirée, il reçoit en guise de cadeau le livre-référence de tous les islamistes qui rêvent den découdre avec leurs régimes impies : Jalons sur la route, de lEgyptien Sayed Qotb, condamné à mort en 1966. Pendant cette période, Benkirane et ses frères ne rêvent que de révolution islamique et rejettent tout ce qui pourrait sapparenter à un compromis avec le taghout, le gouvernement tyrannique et impie. La confrontation avec les militants dextrême-gauche à lUniversité façonne profondément la pensée et la vision de Benkirane à légard des idées de gauche. Lanimosité du futur leader islamiste et sa violence verbale à légard de toute pensée ou attitude quil juge attentatoires à la religion trouvent là leurs racines.
Mais la relation entre Benkirane et Abdelkrim Moutiî, lénigmatique leader de la Chabiba islamiya, se détériore. Le jeune islamiste demande au leader exilé plus de transparence dans la gestion du mouvement et sort un communiqué où il dénonce la ligne prônée par Moutiî et sa conduite chaotique du mouvement. Cest le clash. Si quelques membres du mouvement suivent Benkirane, certains hésitent, tandis que les autres restent fidèles à Moutiî, critiquant le traître et lagent du Makhzen.
Les deux expériences demprisonnement et darrestation vécues par Benkirane, au début des années 80, ont été traumatisantes. Il a vu comment des hommes peuvent craquer devant la torture, élevée au rang darme de négociation et de dissuasion des adversaires. Cest à ce moment-là quun groupe de militants de la Chabiba décide damorcer la sortie de la clandestinité et dopter pour laction légale. Jusquau milieu des années 80, Benkirane, soutenu par Abdellah Baha, Mohammed Yatim et dautres futurs dirigeants du PJD, mène une vraie bataille idéologique contre les siens, contre les islamistes marocains. Benkirane nest pas un idéologue. Il na ni les prétentions intellectuelles dun Abdeslam Yassine, ni lérudition théologique dun Ahmed Raïssouni. Mais il a une profonde conviction en ses idées et une nature coriace pour les défendre. Certains diront de la brutalité pour les imposer.
Cest grâce à Benkirane et à son cercle que le Maroc a été le premier pays arabe a avoir connu les fameuses Morajaât (les remises en question), où des groupes islamistes admettent, urbi et orbi, leurs erreurs, condamnent lusage de la violence et reconnaissent la nature islamique de la société et de lEtat. Quelques années en avance sur les groupes islamistes en Egypte et en Arabie Saoudite. Pour Benkirane, le mouvement islamiste nest pas lavant-garde de la communauté musulmane ni son unique représentant. Il nest quune partie de cette communauté. Cest un groupe de musulmans et non pas le groupe des musulmans. Une nuance qui a valeur dune vraie révolution idéologique. Toute action politique doit se faire au sein de lEtat marocain et à lintérieur de ses institutions. Adieu Sayed Qotb et ses idées. Cette autocritique intervient dans une période où les islamistes dans le monde ne rêvaient que dune révolution à liranienne, et leur imaginaire était galvanisé par les prouesses des combattants en Afghanistan contre larmée soviétique.
Compromis ou compromissions ?
Pour Abdelilah Benkirane, lexpérience aventurière de la Chabiba islamiya et, une décennie après, le drame algérien, fonctionnent comme un repoussoir et sont perçus comme des voies à ne jamais emprunter. Selon lui, tout est affaire de compromis, de négociations et de lecture des rapports de pouvoir. Même les noms et la sémantique sont assujettis aux tractations quand ils sont susceptibles de poser problème. Ainsi, Abdelilah Benkirane et ses amis ont changé le nom de lassociation quil présidait entre 1985 et 1994 : Al Jamaâ Al Islamiya a été remplacé par le très cuménique Mouvement renouveau et réforme. Cette association va constituer en 1996, après la fusion avec dautres associations islamistes, le fameux MUR (Mouvement unicité et réforme).
Au début des années 90, Abdelilah Benkirane sent que son mouvement est prêt à se transformer en parti politique, fort en hommes et riche en idées. Les 400 militants daprès le divorce avec Moutiî se comptent maintenant en milliers et la marge de recrutement est encore grande. En 1992, Benkirane dépose lui-même, à la préfecture de Rabat, une demande pour autoriser la création du Parti du renouveau national. LEtat oppose une fin de non-recevoir. Le voisin algérien venait dentamer, la même année, sa traversée dune décennie dhorreur et de massacres, déclenchée par lannulation des élections remportées par les islamistes du FIS. Benkirane et ses amis changent leur fusil dépaule. Et si on allait voir du côté du Parti de lIstiqlal et son fameux référentiel islamique ? Les héritiers de Allal El Fassi posent leurs conditions : les islamistes marocains peuvent intégrer lIstiqlal en tant quindividus, mais jamais comme un mouvement. Mais les voies de la vie politique marocaine sont impénétrables, ou presque. Saleh Abou Raqiq, islamiste égyptien respecté, recommande ces islamistes cherchant parti désespérément à son ami Abdelkrim Khatib. Le Docteur est plutôt réticent. Il soupçonne un désir opportuniste chez ces jeunes barbus, qui piaffent dimpatience de disposer dun parti politique. Les rapports sont tendus entre Khatib et Benkirane, car le patron du MPDC, un vieux parti en jachère depuis des années, narrive pas à se départir de sa méfiance.
Après avoir intégré en 1996 cette coquille vide, qui portera deux années plus tard le nom de PJD, Benkirane entame une nouvelle négociation avec le ministère de lIntérieur. Lhomme na aucun état dâme à sasseoir en face du Makhzen et de négocier avec ses représentants. Il le reconnaît et le revendique même face aux tenants de la pureté politique. Que celui qui na jamais arpenté les couloirs du ministère de lIntérieur me jette la première pierre, semblait-il répondre à ses détracteurs. LEtat donne son feu vert pour une participation limitée aux élections législatives de 1997.
Un parti comme les autres
Le PJD remporte 9 sièges, insuffisants pour former un groupe parlementaire. Dans les rangs islamistes, on est convaincu que le parti a décroché davantage de sièges. On formule bien quelques timides protestations, mais on garde un profil bas. Une reconnaissance de la part de lEtat vaut bien quelques couleuvres avalées. Elle est aussi perçue comme la consécration des idées de Benkirane et sa vision de la place que le mouvement islamiste doit occuper sur léchiquier politique. Dont acte
Les élections législatives et municipales qui vont suivre inscrivent définitivement le PJD au cur de la vie politique marocaine.
Laprès-1997 est le temps de la consolidation et du combat contre les vrais adversaires de son projet politique. Pour Benkirane, la vraie bataille ne se situe pas dans les circonscriptions électorales, au sein du Parlement, ou dans les mairies. Elle est culturelle et morale. Pour lui, lennemi est chez ces élites occidentalisées - dont il est pourtant proche socialement - qui pervertissent lidentité marocaine. Le pragmatisme politique et le sens de la négociation sévanouissent et cèdent la place à laffrontement quand il sagit des questions sociales et culturelles. Benkirane est lun des acteurs les plus dynamiques de la violence symbolique et verbale du PJD lors de la campagne contre le projet dintégration de la femme, présenté par Saïd Saâdi. Son impétuosité sur ces questions explique la réputation de radical qui lui colle à la peau. Elle sera parmi les écueils qui lui barreront le chemin vers le poste de secrétaire général du PJD, en 2004, dans le sillage des turbulences qui ont suivi les attentats du 16 mai 2003. Son parti lui préfère Saâd Eddine El Othmani, plus lisse, à l'image plus conciliante. Maintenant que cette parenthèse est fermée, quil est (enfin) à la tête du PJD, que souhaite faire Abdelilah Benkirane du parti quil a créé et défendu ? |
 |
Bio express.
1954. Naissance à Rabat.
1976. Rejoint les rangs de la Chabiba Islamiya, dirigée par Abdelkrim Moutiî.
1981. Prend ses distances avec la Chabiba et crée Al Jamaâ Al Islamiya.
1985. Préside le Mouvement renouveau et réforme.
1992. Tente de créer le Parti du renouveau national. Refus de lEtat.
1997. élu député de Salé sous les couleurs du MPDC, qui prendra le nom du PJD en 1998.
2004. Prend la présidence du Conseil national du PJD.
2008. élu au poste de secrétaire général de son parti. |
|
|