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Microcrédit. Lifting en vue
Reportage. Casa Fiesta
Théâtre. Au nom du père
N° 334
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Peinture murale à Asilah,
signée Mohamed Melihi.
(DR)

Festival. Fiesta à Asilah


Le festival d'Asilah, créé par les Zaïlachis d’origine, Mohamed Benaïssa, longtemps ministre des Affaires étrangères, et l’artiste peintre Mohamed Melihi, souffle sa 30ème bougie. Et trois décennies, ça se fête longtemps, sous le soleil. Depuis le 23 juillet et jusqu'au 31 août prochain, les rues d'Asilah s'animeront au rythme des festivités, toujours scindées en plusieurs volets. Pour commencer, l'éternelle peinture murale, qui sera visible jusqu'à la fin du mois. Puis sessions
expositions, musiques et colloques, qui prendront place à partir du 3 août. Un programme qui se veut plus chargé et consistant que celui des éditions précédentes, avec notamment plus de colloques, dont le principal sera inauguré par le Premier ministre espagnol Zapatero, s'il vous plaît. Du côté des arts, des prix seront attribués, entre autres, à la poésie et au roman arabe. Pour les expos, il n'y aura pas que de la photo. La diversité est de mise : l'une présentera les travaux de huit designers marocains, l'autre sera dédiée aux œuvres de six peintres marocains résidant à l'étranger.

Le thème du festival, lui, sera loin des couleurs locales : en effet, Asilah fêtera le mois du Mexique, avec costumes, masques, défilés, spectacles de rue et tout le toutim. La programmation musicale suivra, incluant artistes syriens, jordaniens, japonais et marocains, parmi lesquels le groupe féminin “Hadra”, venu droit de Chefchaouen pour interpréter des chants soufis. Le tout, encore et toujours, dispatché entre les scènes ouvertes, le centre Hassan II et la médiathèque Prince Bandar Bin Sultan.


Sortie. Le retour de l’homme vert

C’est un pacte quasi faustien que le scientifique Bruce Banner doit passer dans cette deuxième adaptation de L’Incroyable Hulk. Alors qu’il parcourt désespérément le monde à la recherche de l’antidote aux radiations Gamma qui ont créé la créature, le général Thunderbolt Ross rêve, de son côté, de l’utiliser à des fins militaires. Quand son bras droit, Blonsky, se transforme en monstre encore plus puissant que Hulk, sous l’effet d’un sérum, Banner doit faire appel à celui qui sommeille en lui pour sauver New York du chaos. C’est un jeune disciple de Luc Besson qui succède à Ang Lee pour porter à l’écran ce choc des titans. Coopté par Hollywood depuis Le Transporteur et Danny the Dog, Louis Leterrier remplit son contrat grâce à une mise en scène efficace, où la dramaturgie et la psychologie des personnages ne sont pas sacrifiées sur l’autel des effets spéciaux, d’ailleurs très spectaculaires. Ajoutez Edward Norton et Liv Tyler, ainsi qu’un méchant de haut vol (Tim Roth), et la magie Marvel devrait faire son effet.

L’Incroyable Hulk, au mégarama.



Documentaire. Le Maroc vu de Palerme

Une jeunesse qui se défoule de festival en festival et qui se rêve en Europe. C’est l’image du Maroc, à travers deux films, que va donner la troisième édition du Festival international du film et du documentaire de Palerme, intitulé, Sole e Luna Doc Fest. Le documentaire Casanayda, réalisé par Farida Belyazid et Abderrahim Mettour, projeté jeudi 24 juillet, décrit la dynamique culturelle et sociale que connaît le royaume. Un autre film Partire, Ritornare (Partir, revenir, réalisé par Nene Griffagnini et Francesco Conversano), raconte les espoirs des jeunes en quête d’émigration au travers d’un voyage au Maroc avec Tahar Ben Jelloun.


Film. Histoire d’Histoire

On le savait très impliqué dans l’évolution contemporaine de son pays natal, le documentariste Bruno Ulmer, né au Maroc et auteur de Welcome Europa (2007) et Casa-Marseille, Inchallah (2002), s’intéresse désormais à un passé pas si lointain : la mise en place du protectorat français. “Les dix premières années du vingtième siècle sont une période fondamentale de l’histoire du Maroc, pourtant méconnue et inexplorée, dont je suis moi-même le fruit”. Le cinéaste travaille actuellement à la préparation d’un docu-fiction qui porterait sur cette tranche d’Histoire un regard “non didactique”, à travers le point de vue de personnes emblématiques l’ayant vécue, telles le jeune Moulay Abdelaziz ou encore Gabriel Veyre, opérateur des Frères Lumière devenu, de 1901 à 1908, photographe et confident du sultan. “Sa pensée était très respectueuse et interculturelle, c’était un anticolonialiste avant l’heure”, apprécie Bruno Ulmer, qui tient à la collaboration d’un historien marocain pour travailler sur ce nouveau film.


Livre. Coup de plume

La sortie de Coup de lune, premier roman de la journaliste Abla Ababou, est attendue pour le 10 septembre prochain. Entamé il y a sept ans, relancé il y a un an, c’est ainsi que l’auteure le pitche : “J’ai écrit ce livre pour mettre le doigt sur la beauté mais aussi la complexité de la double culture, à travers une histoire d’amour. Des éléments autobiographiques, oui, il y en a. Forcément, c’est un premier roman.” L’éditeur (Editions du Rocher) promet une histoire qui soulève sur un mode tantôt léger, tantôt sarcastique, les interrogations qui secouent la jeunesse du Maroc, fatiguée de coutumes qu’elle juge inutiles, et blessée par des libertés trop vite acquises.


Evénement. Biennale marrakchie

ça y est, Marrakech a sa Biennale. Initiée par le photographe Abderrazak Benchaâbane et intitulée Salon d’hiver, la messe se tiendra du 18 au 21 décembre prochain, et a de sérieuses ambitions. D’abord, réunir en un seul événement ceux qui font la pluie et le beau temps de la création artistique marocaine sous toutes ses formes : peinture, sculpture, photographie, arts visuels et création numérique. Ensuite, passer des huit stands de cette année, à une Biennale de grande envergure. 4 axes pour cette édition : un salon professionnel autour de l’art contemporain marocain, une section découverte de jeunes talents en photographie, art vidéo et création numérique, un colloque autour de la médiation pour l’art au Maroc, et des trophées qui rendront hommage à des artistes, mécènes, collectionneurs et fondations qui ont contribué à la promotion de l’art au Maroc. À suivre de près.


Musique. La relève du hâl

Cinq bougies soufflées mais une lueur grandissante : créé en 2004, le Festival des jeunes talents gnaoua d’Essaouira s’émancipe peu à peu de l’ombre de son aîné mondialement connu. Du 21 au 23 août, le rendez-vous de la relève rassemblera les jeunes maâlmine entre concerts acoustiques et concours académique – catégories “guembri”, “voix”, “t’bal” et “prestation scénique”. Place aux jeunes mais hommage aux anciens, notamment feu Mahmoud Akharaz, et une expo sur cet héritage sacré – “Hâl, le tourbillon des génies”, une vingtaine de peintures, sculptures, photos et vidéos présentées à Dar Souiri et à Bab Marrakech. Multiple et métissée, la descendance de l’art gnaoui s’invite aussi à la fête, à l’instar de Haoussa, Dar Dmana, Darga, Ganga Fusion et Kif Samba.


Droits d’auteur. Et si c’était vrai ?

Dix ans, quarante chansons et enfin, un chèque qui tombe : “1639 dirhams”. C’est la maigre somme que vient de toucher le groupe Hoba Hoba Spirit du Bureau marocain des droits d’auteur (BMDA). L’organisme a toujours peiné à instaurer un système efficace de redevances et de redistribution aux artistes (opacité, clientélisme, conflits avec les radios…), seuls quelques noms historiques du patrimoine musical marocain bénéficiaient de ces subsides financiers. “Quand une radio française nous diffuse, elle nous indique par lettre l’heure de passage et nos droits versés directement au BMDA via la Sacem. Or, jusqu’ici on ne touchait rien de cet argent”, explique un musicien de la nouvelle scène. Mais ce petit office où siègent un fonctionnaire et une vieille machine à écrire se serait donc réveillé !


Arts plastiques. Le Maghreb en Espagne

Le Maghreb est à l’honneur au-delà de Gibraltar : Maroc, Algérie et Tunisie seront, jusqu’au 7 septembre prochain, au cœur de la 30ème édition de la Biennale de l’Art de Pondevera en Espagne. Le thème est aux affluences artistiques entre les deux cultures, l’espagnole d’un côté et la nord-africaine de l’autre. Du côté des passeports verts, les artistes peintres Safaa Erruas, Jamila Lamrani, Ilias Selfati, Mbarek Bouhchichi et bien d’autres seront de la partie, œuvres et idées à l’appui. Pour cette édition, c’est Abdelkrim Ouazzani, directeur des Beaux-arts de Tétouan, qui fera office de commissaire. Au programme, toujours, un colloque dédié aux “identités artistiques de l’espace maghrébin” et à “la création visuelle au Maghreb”. Entre autres.



Humeur.
Nightclubbing

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Dans les discothèques marocaines, on n’a jamais ressenti, enfermé entre quatre murs, le son à fond, être “like the nuclear bomb, when we’re nightclubbing”. Non, aucune sensation identique à Iggy Pop. Juste un profond ennui. Jamais le sentiment de transgresser un interdit, ne pas savoir comment finira la nuit, qui sera la fille allongée à vos côtés le lendemain. Dans les boîtes locales, vous pouvez bien vous appeler Abdelcôtelette ou David Bowie, c’est l’argent qui écrit la loi. Dès l’entrée, vous découvrez votre véritable statut, au moment d’allonger en liquide le prix des bouteilles que vous avez commandées. Vous n’y serez jamais un mec “bigger than life”, juste un vieux qui aurait préféré passer la soirée devant un documentaire animalier, au lieu de suivre des amis trop jeunes pour lui. Une putain d’erreur de casting perdue dans un public plein de vie. Un mec fâcheux, celui qui veut causer d’amour malgré le DJ, à une fille qui a compris la règle du jeu et ne désire que l’embrasser. On est toujours grotesque passé un certain âge et une certaine heure, mais pas tout à fait mort, depuis que le ridicule ne tue plus. Il laisse juste des blessures lancinantes, ravivées par la nostalgie des cheveux et celle des lunettes noires pour nuits blanches. Dans les boîtes de nuit marocaines, on a toujours envie d’être ailleurs, car la jeunesse des autres à haute dose n’est pas dépaysante. Tout au plus déprimante…



Fiesta
C’est l’été, aucune raison pour ne pas faire la fête. Au programme du Spasso Kabila Beach, la Fiesta et le feu sur la piste tous les jeudis, et soirées musicales à thème les mercredis. Démarrage le 30 juillet avec une soirée disco, R’n’B le 13 août ou encore gitane et latino le 20 août. Si vous êtes nordiste cet été…


Les Lions du Breakdance
Rien n’arrête les Halla King Zoo, trois fois vainqueurs du tournoi de Breakdance du Festival de Casa. Pas même le fait de ne pas pouvoir payer leurs billets d’avion jusqu’à la Battle Urbanation de Dakar. Aller au Sénégal en
voiture valait le coup : ils y gagnent et vont représenter l’Afrique pour la Battle Of The Year, en Allemagne.
La volonté, fils !


Droits humains
Trois commissions de vérité sur des exactions commises par des Etats (Afrique du Sud, Maroc, Canada), vues par trois auteurs de documentaires, le tout en une seule projection, c’est ce que propose le CCDH d’abord à la Salle du 7ème art (Rabat), le 28 juillet à 19h30, puis au théâtre Mohammed VI (Casa), à la même heure.

 
 
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