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Après le roi, le déluge
Jétais de passage, cette semaine, sur la côte méditerranéenne qui borde la ville de Tétouan et, en traversant la petite localité de Mdiq (Rincon, pour les locaux), jétais littéralement choqué. Comment se fait-il que cette si petite ville soit excessivement, si généreusement éclairée ? Des lumières partout, partout, beaucoup trop. Pourquoi Mdiq est subitement devenue la ville la plus éclairée du royaume : parce que le roi y a fait, ou pourrait y faire, escale ? Aussi ahurissant que cela puisse paraître, la réponse est oui ! Si les responsables de la ville samusaient à montrer les factures délectricité à une tierce personne qui ne connaît pas les dimensions de Mdiq, celle-ci passerait sans problème pour une mégalopole de dimension mondiale. Des luminaires partout, des panneaux qui vous indiquent votre vitesse (même si le calcul nest pas très juste, conformément aux spécificités marocaines), le code de la route en lumière (ce qui ne diminue en rien le nombre daccidents de la route dans la région, hélas !)
Entendons-nous bien : les séjours du monarque dans la région ont été à lavantage des citoyens, les locaux comme les touristes de passage. Laccès est devenu plus facile et, par conséquent, le flux des visiteurs a sensiblement augmenté. Cela dit, en ces temps où le monde entier, Maroc compris, est en train de clamer léconomie de lénergie en tous genres, et dans la foulée dun discours royal où lun des sujets traités était, comme par hasard, la conservation de leau et des énergies, lEtat était censé donner lexemple. Il la donc fait, mais dune drôle de manière, allant dans un sens qui défie toute logique. En éclairant excessivement, inutilement, Mdiq, et en laissant dans le noir des villages entiers de notre cher royaume. Sincèrement, je ne comprends pas.
Nizar El Kourid, Tétouan.
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Vous avez dit Sex in the Medina ?
Quelle fut ma surprise en lisant votre dossier Sex in the Medina (TelQuel n° 333). Je ne suis ni prude, ni intolérant, et encore moins utopiste. Mais, excusez-moi, jai 35 ans et je flippe littéralement. Pourquoi ? À cause de lévolution des murs dans ce Maroc du début du 21ème siècle. Je me demande sil sagit, là aussi, dune particularité marocaine, si cest inscrit dans nos gènes, je me demande en fait si le sexe est la clé du bonheur et si nous sommes frustrés au point de perdre nos belles valeurs. Tout cela est étrange, excessif. Moi, je suis un peu vieux jeu, jai 35 ans et je résiste !
Samir Benaïni, Genève - Suisse.
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Yasmina Baddou is OK
really ?
Nous voudrions rebondir sur une information (Yasmina Baddou is OK, TelQuel n° 332), se rapportant à la prestation de Mme Baddou lors de lémission Hiwar sur Al Aoula. Vous annoncez que notre ministre de la Santé a plutôt bien passé le test, était très à laise avec ses dossiers
Il y a pourtant une question sur laquelle Mme Baddou a été tout sauf à laise : celle qui concerne laffectation des médecins spécialistes mariées et mères de familles de la promotion 2007. Il faut dire quen guise de réponse, nos concitoyens ont été servis par de la pure désinformation politicienne. Yasmina Baddou (ex-ministre de la Famille) a argumenté son refus de garder les femmes mariées à proximité de leurs domiciles par le fait quelles représenteraient 67% de la promotion 2007 des médecins spécialistes. Il faut croire que Mme Baddou a été très mal renseignée sur les effectifs réels de ladite promotion, car sil est vrai quil y a 67% de femmes, celles qui sont mariées et réclament le droit au regroupement familial dans les 120 km ne représentent en réalité que 32%. Enorme différence, nest-ce pas ! Alors que les prédécesseurs de Mme Baddou, eux, ont toujours réussi à trouver un compromis acceptable pour ces mères de familles, qui sont prêtes à faire des sacrifices sur le plan personnel pour faire la navette et concilier entre leur métier
et leur vie de famille. Huit ans (durée de lengagement des médecins avec lEtat) loin de tout, sans aucune compensation financière, comme cest le cas dans les pays comparables au nôtre (où en plus léloignement nexcède jamais les deux ans), sans aucune indemnité de transport ou de logement, cela fait beaucoup. Et à qui demande-t-on cela ? À des médecins qui ont déjà traversé, entre autres, deux années dinternat, à trimer comme des forçats quasi gratuitement (48 à 72h de gardes gratuites par semaine en plus des consultations, etc.), ou bien à des médecins qui ont déjà passé plusieurs années en tant que généralistes dans des zones éloignées, en plus dêtre sous-payés, etc. En fait, quen est-il des autres branches détudes supérieures : en exige-t-on autant des juristes, ingénieurs, architectes, etc. ? Et puis, pourquoi ne nous a-t-on pas prévenus au début de nos études de médecine ou alors, au moins, avant de passer nos concours dinternat ou de résidanat ? Nous nous sommes malheureusement résignées, au nom de la passion portée à notre métier, à voir nos droits fondamentaux en tant que travailleurs et en tant quêtres humains bafoués sur nos lieux de travail tous les jours. Mais jamais nous ne nous résignerons à accepter que lon sattaque au droit fondamental de nos enfants à grandir auprès de nous, leurs mères !
Signé : Un groupe de médecins, femmes et mères, à qui lon vient dannoncer quelles devraient
partir pendant huit ans à des centaines de kilomètres de leurs foyers.
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