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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine

Tayyip Recep Erdogan, le chef
de l’AKP, peut souffler.
(AFP)

Turquie. L’AKP évite l’interdiction


La Cour constitutionnelle turque a rejeté mercredi, à une voix près, une demande d’interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP, mouvance islamiste), au pouvoir depuis 2002, évitant à la Turquie une crise politique majeure et de nouvelles tensions avec l’Union Européenne. Mais “le fait que cinq juges (sur onze) se soient prononcés en faveur d’une interdiction constitue un sérieux avertissement” envers ce parti accusé d’“activités anti-laïques”, a souligné le président de la
Cour, qui a également rejeté la demande d’interdire à 71 membres de l’AKP, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, d'appartenir à un parti pendant cinq ans. Les juges ont cependant décidé de priver l'AKP de la moitié de son financement public pour cette année - soit quelque 25 millions d'euros. Le Premier ministre a assuré que son parti “continuera de protéger les valeurs de la république” et a souligné la nécessité de “renforcer la paix sociale en Turquie”, frappée dimanche 27 juillet à Istanbul par un double attentat non revendiqué qui a fait 17 morts et plus de 150 blessés. Cihan Paçaci, un dirigeant du parti d'opposition de l'Action nationaliste (MHP), a exhorté le gouvernement à “tirer les leçons” de la décision des juges. L'UE, avec laquelle la Turquie a entamé en 2005 des négociations d'adhésion, qui avancent péniblement depuis, a pris “bonne note” du jugement. Si la Cour constitutionnelle a fermé 24 partis depuis sa création en 1962, cette procédure était la première ouverte en Turquie contre un parti au pouvoir. L'AKP, créé en 2001, a remporté les dernières législatives avec près de 47% des suffrages. Il avait dénoncé la demande d'interdiction comme un “coup d'Etat judiciaire”. Le parti s'est attiré les foudres des milieux pro-laïcs en faisant accéder à la présidence l'un des siens, Abdullah Gül, et en tentant de légaliser le port du foulard dans les universités par un amendement à la Constitution passé en février, puis annulé par la Cour constitutionnelle.


Israël. Ehud Olmert jette l’éponge

Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a annoncé mercredi 30 juillet qu’il ne briguerait pas la direction de son parti Kadima à la mi-septembre et qu’il renonçait au pouvoir. Cette décision a été annoncée de façon dramatique lors d'une allocution à la télévision. Ehud Olmert a souligné qu'il se retirait du pouvoir pour mieux défendre son innocence face aux accusations de corruption (malversations) dont il est l’objet depuis mai, même s'il a reconnu avoir commis des “erreurs”. Juste après sa démission, dans la foulée des primaires de Kadima, le président de l'Etat hébreu, Shimon Peres, devra désigner le député le mieux placé pour constituer une majorité parlementaire, qui disposera d'une période de 28 à 42 jours pour former un gouvernement. La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, en lutte de pouvoir ouverte avec Ehud Olmert, est donnée favorite.


Chine. Médaille d’or de la censure

À une semaine de l’ouverture des Jeux Olympiques, l’Empire du milieu s’en vante presque : des sites que souhaiteraient visiter les journalistes étrangers, couvrant l’évènement, seront censurés. Le porte-parole du comité d’organisation des JO, Sun Weide, a expliqué que la Chine s’était engagée à fournir un accès Internet… mais pas à tous les sites. Exemple brocardé par les autorités tel un épouvantail : celui de la secte Falungong. Mais des journalistes déjà présents ont des difficultés à se connecter depuis le centre de presse des JO aux pages web de la BBC ou de la Deutsche Welle. Si l’annonce n’a pas tant surpris, elle n’en a pas moins un petit air de provocation, ou de riposte, après que le président américain George Bush a rencontré des dissidents chinois renommés tels les ex-détenus Wei Jinsheng et Rebiya Kadeer.


Etats-Unis. Excuses historiques

C’est une première dans l’histoire des Etats-Unis. Près d’un siècle et demi après l’abolition de l’esclavage, la Chambre des représentants a demandé pardon, mardi 29 juillet, aux noirs américains pour les violences et les ségrégations raciales dont ils furent victimes. 250 années “fondamentalement injustes, cruelles, brutales et inhumaines”, dixit le texte voté aux deux-tiers, énoncé par l’élu démocrate Steve Cohen (Memphis, Tennessee). Les lois Jim Crow ont été abolies en deux temps, en 1954 pour la ségrégation scolaire, avant que le Civil Rights Act n’enterre les autres textes en 1964. En 2005, des entreprises américaines, dont la banque JP Morgan, avaient reconnu avoir eu recours à un esclavage massif dans certaines activités. Cette demande de pardon suit la décision du Sénat qui, en février 2008, s’était excusé auprès des indiens d’Amérique, pour les exactions commises contre eux à l’arrivée des premiers colons.



Lu pour vous [FRANCE]
La Chine, trop chère ?

Régis Soubrouillard, Marianne2.fr, le 29 juillet.

On connaissait les banderoles “footballeurs, trop payés !”, le patron d'Adidas vient de pointer du doigt les nouveaux barons de l'industrie sportive : les ouvriers chinois. Herbert Hainer a en effet déclaré dans le journal WirtschaftsWoche que son entreprise envisageait de délocaliser sa production chinoise vers des pays plus compétitifs : “Les salaires qui sont fixés par le gouvernement sont progressivement devenus trop élevés” estime-t-il. Le numéro 2 mondial des équipements sportifs produit pour le moment la moitié de ses chaussures en Chine. Mais cette proportion “va reculer”. C’en est donc fini du Made in China. Adidas regarde plutôt du côté du Vietnam, du Cambodge, du Laos et des anciens pays de l'Est. En quoi la Chine est-elle vraiment trop chère pour Adidas ? Une travailleuse produisant des chaussures Adidas à Shenzhen, généralement une jeune femme migrante vivant dans un dortoir de 12 lits, devrait consacrer 1 mois de salaire pour acquérir la paire de chaussures qu'elle a elle-même produite. (...) En fait, Adidas prépare surtout l'avenir. Les salaires des Chinois - urbains ou agricoles - ont connu des taux de croissance de près de 20% au premier semestre 2008. À cette allure, la Chine pourrait rapidement devenir moins attractive. (…) Adidas ouvrira le 8 août prochain, son plus grand magasin du monde (3170 mètres carrés) à Pékin et mise sur l'événement pour développer son activité dans le pays. C'est un fait, la Chine n'est plus une usine, désormais la Chine est un marché.

 
 
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