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N° 337
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

En 2008, les importations
marocaines ont explosé.
(TNIOUNI)

Importations. Année portes ouvertes


Le plateau “importations” de la balance commerciale prend du poids et le taux de couverture recule de 7%. La facture énergétique, bien entendu, y est pour beaucoup. Mais cela n’explique pas tout. L’Office des changes, qui a présenté le 2 septembre dernier son bilan semestriel des échanges extérieurs, a mis en exergue la hausse des importations des produits alimentaires. D’après le département du ministère des Finances, elles ont augmenté à fin juillet de plus de 40%. En tête du
peloton, arrive le blé, suivi du maïs et du beurre. Et au vu des décisions qui ont été prises durant l’été, la tendance est partie pour se poursuivre. Retour en arrière. Le 16 août dernier, la suspension des droits de douane sur les importations des céréales, voulue par le ministre de l’Agriculture, entre en vigueur. À travers cette décision, Aziz Akhannouch a voulu faire d’une pierre deux coups : garantir un approvisionnement normal en farine, dont les besoins augmentent traditionnellement durant le mois de ramadan, mais aussi lutter contre la spéculation sur le blé tendre. Est-ce que l’Etat encourage l’importation de produits qui sont déjà disponibles sur le marché ? Pas vraiment. La production nationale couvre difficilement les deux-tiers des besoins. Toujours est-il que cette résolution plombe davantage le taux de couverture de la balance commerciale. Elle conforte la vision du ministre de se débarrasser de la culture des céréales dans sa stratégie “Maroc vert”.


Offshoring. Le Maroc en pole position

Le géant de l’informatique, Dell, dépose ses premiers cartons dans la toute fraîche et pimpante Casanearshore. Le nouveau locataire vient tenir compagnie à Bull, Ubisoft ou encore BNP Paribas, déjà présents sur le site. Une chose est sûre, l’offshoring made in Morocco attire. La demande est là et l’offre semble suivre avec les projets de construction d’espaces de bureaux à Fès, à Oujda ou encore à Marrakech. La presse internationale n’hésite pas à parler d’une véritable Silicone Valley méditerranéenne. Les entreprises francophones classent déjà la zone casablancaise, lancée le 30 juin dernier, dans le top 5 des villes offshore les plus attrayantes. Et pour cause : les abattements fiscaux, les subventions aux formations et le faible coût des charges permettront aux entreprises d’économiser jusqu’à 70% de leurs dépenses fixes. Pas étonnant que ça marche.


Dons. L’Oncle Sam arrose

Et encore un nouveau don américain. Le compteur du Millenium challenge account s’est vu augmenté de 4 millions de dirhams supplémentaires, le 29 août dernier, pour flirter avec les 700 millions de dollars. Les fonds, qui viennent de l’Agence américaine du commerce et de développement (USTDA), sont confiés au ministère de l’Agriculture. Une manne que Aziz Akhannouch devrait utiliser pour mettre sur pied des installations d’entreposage frigorifique et limiter ainsi la perte de la production de dattes. Le même jour, un autre chèque a été signé, toujours sous l’œil bienveillant du directeur de l’USTDA, Larry Walther. Trois millions de dirhams ont été confiés aux caisses d’investissement de l’ONEP pour le lancement des SIG, ou Systèmes d’information géographique, une sorte d’antichambre pour la prise de décision en matière de gestion de l’eau.


Tourisme. Alliances dans le plan Azur

À la demande du top management d’Alliances développement immobilier (ADI), la Bourse a suspendu le 28 août dernier la cotation du titre, le temps pour la dernière recrue de la place casablancaise d’annoncer le rachat de 50% de la station balnéaire Port Lixus. En s'offrant, pour 337 millions de dirhams, la participation de l’opérateur néerlandais OROCO, le groupe de Mohamed Alami Lazraq se retrouve avec 50% d’un des six projets du plan Azur, piloté par le groupe belge Thomas & Piron. Projet qui s’étale sur 462 hectares et qui devrait, selon le business plan de la société, générer à terme quelque 2 milliards de dirhams de chiffre d’affaires annuels. Depuis l’annonce de cette opération, l’action Alliances a repris du poil de la bête… avant de repartir, curieusement, de nouveau à la baisse.



Pendant ce temps, le peuple…
Les pendules à l’heure

En reculant sa montre d’une heure, le 1er septembre, Saïd se rend compte d’une évidence : le calendrier n’est pas figé et la notion du temps peut changer au gré du bon vouloir des décideurs. Preuve implacable : les autorités ont décidé d’avancer le retour à l’heure d’hiver au 1er septembre, alors qu'il était initialement prévu pour le 27 du même mois. Les beaux discours sur les économies d’énergie induites par une heure de soleil en plus se sont ainsi éclipsés devant le croissant annonçant le début du ramadan. Mais notre héros est rassuré : nos gouvernants sont conscients qu’une heure supplémentaire de jeûne est une heure en plus de mauvaise humeur (et haleine) des Marocains. Et surtout qu’il est périlleux de leur donner une raison de plus pour se fâcher alors qu’ils sont au bord de l’hypoglycémie, en manque de nicotine, que le prix du bol de harira flambe et que les dattes pour l’accompagner sont importées d’Israël. Mais Saïd ne peut s’empêcher de se poser des questions : le responsable de ce yo-yo de l’horloge marocaine ne pouvait-il pas deviner au départ qu’il se retrouverait dans cette situation ? Et pourquoi ne pas aller carrément jusqu’à mettre en place une heure spécifique pour ramadan ? Après tout, on est déjà lunatique quand il s’agit de fixer le 1er jour du jeûne. Saïd est convaincu que fixer l’heure marocaine à GMT-2, soit un ftour à 17 h, réjouirait tous les Marocains. Même le mufti le plus radical n’y trouverait rien à redire.



OFF.

Le CDVM a donné son feu vert pour revoir les caractéristiques du rachat des actions d’Addoha, le 3 septembre dernier. Aujourd’hui, le prix du titre varie entre 195 et 275 dirhams et le nombre maximum d’actions à détenir est fixé à 3% du capital. Le programme de régularisation, lancé en juillet 2007, n’est pas arrivé à terme, mais l’avenant s’est imposé suite à la réduction de la valeur nominale de l’action de 100 à 10 dirhams.

 
 
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