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Par Youssef Aït Akdim et Wafaa Lrhezzioui
Enquête.
1,1 million de cartables distribués.
Les dessous dune opération
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Tétouan, le 25 août. Au siège de la
délégation du ministère de lEducation
nationale, le roi passe en revue les
cartons de lopération Un million
de cartables.
(DR)
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En annonçant le 20 août dernier une campagne de distribution d'un million cent mille cartables à destination des familles les plus pauvres, le roi Mohammed VI a pris tout le monde de court. Une initiative louable, si lon excepte le mélange des genres, lorsquon passe de la théorie à la pratique. Entre cafouillage et précipitation, comment sest préparée la méga-opération sociale de la rentrée ? Peut-on déjà faire le bilan de ce qui a été réalisé ?
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Une grande porte sombre, en recul, dans une rue fréquentée du quartier de lancienne médina de Casablanca. Lécole de jeunes filles Abdelouahed El Marrakchi est coincée entre un dépôt de la SITA et des baraquements en tôle ondulée. Lair nest pas très frais en cette après-midi de ramadan. Le temps est suspendu à la délivrance prochaine des estomacs. En attendant de voir défiler des fillettes en tablier, le portail cache une petite cour de récréation au bitume cabossé. Seul un drapeau marocain attire lattention au milieu de la cour. Cest la fierté de la directrice de cette école, Fouzia El Aouni, elle qui a dû le payer de sa propre poche. À J-3 de la rentrée des classes, Madame la directrice est prête à recevoir les aides annoncées par Sidna lors de son dernier discours. Je nai pas raté une seconde du discours et jai été soulagée lorsque Sidna a annoncé cette distribution de cartables. La confirmation est venue quelques jours plus tard : lécole fera effectivement partie des bénéficiaires. Après avoir récupéré les cartables, Fouzia El Aouni a donné aujourdhui rendez-vous au gardien qui lemmènera dans sa camionnette Honda à la délégation provinciale du ministère de l'Education pour récupérer les manuels scolaires offerts, une aide qui arrive à point nommé pour (ses) élèves.
Linitiative de Sidna
Flash-back. Le 20 août dernier, lors de son traditionnel discours commémorant "la révolution du roi et du peuple", Mohammed VI prend tout le monde (syndicats, partis et gouvernement) de court en annonçant une mesure sociale denvergure, concrète et immédiate. Extrait : Il nous a paru judicieux de procéder au lancement d'une opération nationale visant à donner une forte impulsion à la généralisation de l'enseignement fondamental et à l'affirmation de son caractère obligatoire, de sorte à garantir l'égalité des chances en matière d'enseignement et à lutter contre le phénomène de décrochage scolaire. Cette opération consistera à doter un million d'enfants nécessiteux de manuels et de fournitures scolaires. Fin de citation. Lautre annonce-phare du discours, la reconduction jusquen 2013 des avantages fiscaux dont bénéficie le secteur agricole, passe du coup au second plan. Visiblement, le souverain a en tête le climat social instable. Hausses des prix des produits de première nécessité, concomitance de la rentrée scolaire et du ramadan
pas besoin dêtre bison futé pour voir rouge dans le sens des retours. En coulisses, cest déjà le branle-bas de combat pour transposer le coup de com sur le terrain. Au centre du dispositif, le secrétariat général du ministère de lEducation nationale, qui coordonne le travail entre fournisseurs et bénéficiaires. En réalité, le travail a commencé deux semaines seulement avant le discours du 20 août. Contre toute logique, les éditeurs et grossistes, qui doivent fournir cartables, fournitures et manuels, nont pas été prévenus en amont.
Fin juillet, cest un peu la panique chez ce grand éditeur de la place. Après les rumeurs, de discrets coups de fil à la direction confirment que le ministère de lEducation nationale est en train dapporter les dernières retouches à une grande première. Dans cette société, comme dans toutes les autres du secteur, la mobilisation est générale. Le calcul est vite fait : 1 million cent mille cartables à distribuer pour la rentrée, prévue
cinq semaines plus tard, cest plus de sept millions de manuels à imprimer dici là. À cette période de la saison, les stocks de livres ont déjà été livrés aux grossistes, qui ont eux-mêmes commencé à servir les détaillants. Cet imprimeur de Rabat dit navoir jamais reçu autant de coups de fil quen ce début août. Jai dû éteindre mon téléphone portable, parce que de toute manière, nous tournions déjà à plein régime. Les capacités maximales des imprimeurs nationaux atteintes, il a fallu se tourner vers leurs confrères italiens, espagnols ou tunisiens
parfois à perte. Mais pas de chance, sous d'autres cieux, le mois d'août, cest également la période des congés. À ce stade, aucune précision na été apportée aux éditeurs : tous ont dû ont racler les maigres stocks disponibles et avancent dans le brouillard. Mais ils gardent la foi : cest une initiative royale. Du coup, pour l'accompagner, les éditeurs sont priés de récupérer les manuels déjà livrés aux grossistes. Quid des revendeurs récalcitrants ? Les éditeurs sont priés de communiquer leurs coordonnées, pour que le ministère de l'Education se charge directement de les convaincre.
Cafouillage royal
Le 4 août, première réunion au ministère de lEducation nationale à Rabat. A deux pas de Bab Rouah et de la pimpante Bibliothèque nationale, tous les éditeurs scolaires ont répondu à l'appel. Ils napprendront pas grand-chose. Lobjectif est de les rassurer et de lancer la machine. Peu importe si les chiffres exacts nont pas été divulgués aux intéressés, on est dans lurgence. Lors dune réunion ultérieure, le 12 août, les éditeurs reçoivent les premières estimations des besoins du ministère. Pour lheure, le département d'Akhchichine se contente de communiquer des prévisions aux fournisseurs, pas de quantités exactes et, donc, pas de bons de commande en bonne et due forme. Encore une fois, le non-respect des procédures ninquiète pas outre-mesure. Daprès ce professionnel, dans le cadre des marchés publics de cette envergure, on ne sembarrasse pas des détails de ce genre. Un minimum de bricolage est inévitable.
Du bricolage à larrangement suspect, les rumeurs ont vite sauté le pas. Le marché de fourniture des cartables et de la papeterie, distinct de celui des manuels, ressemble à un partage du gâteau. Le volet "cartables et fournitures scolaires" (cahiers, stylos, crayons de couleur, ardoises, etc.) est confié à trois opérateurs, qui ont répondu à un appel doffres : Marjane livrera 41% des cartables, Métro (33%) et Aswak Assalam (26%) soccuperont du reste. Les trois géants de la distribution ont visiblement été choisis pour leur capacité à importer rapidement des matériels non disponibles sur le marché (parmi lesquels de grandes quantités de marchandises estampillées Shanghai FOB ont été aperçues au port de Casablanca), et pour leur capacité à rogner sur les marges des fournisseurs de papeterie. Ce libraire de la place, qui na pas participé à lopération, n'hésite pas à dénoncer une surfacturation systématique de certains produits. Ces commandes ont créé un appel dair. Les compas de bas de gamme, par exemple, qui étaient vendus au prix de gros à 2,5 dirhams, ont grimpé comme par miracle jusquà 9,5 dirhams.
Dans un premier temps, les éditeurs sont priés de livrer les manuels à Marjane, qui devait prendre en charge le volet logistique et la livraison des académies du ministère. Devant le cafouillage de lopération du 25 août à Tétouan, l'option est vite abandonnée. Ce jour-là, Mohammed VI donnait le coup denvoi officiel du programme par une distribution dans la ville du nord. Une trentaine de camions venaient de livrer à la dernière minute les entrepôts de lacadémie, raconte cet éditeur. Sur place, la confusion est totale. Linauguration royale sest bien passée, devant les caméras, mais dans les coulisses, on redessinait déjà les plans. Au lieu de livrer les académies, chaque opérateur (Marjane, Métro et Asswak Assalam) et chaque éditeur devront livrer directement les délégations provinciales. Le marché logistique passe sous le nez dune filiale de lONA, mais ce nest pas faute davoir essayé. Depuis début septembre, donc, les livres affluent dans les délégations provinciales, et cest dans ces antennes locales du ministère de l'Education nationale que les directeurs des établissements scolaires sont invités à récupérer directement leurs dotations.
Retour à lécole Abdelouahed El Marrakchi. Ici, on manque pratiquement de tout, même si de lautre côté de la cour, une porte grillagée cache une salle informatique. Une petite dizaine de postes soigneusement alignés contre les murs d'une pièce qui semble figée dans le temps. Et pour cause, les ordinateurs sont éteints depuis un an, faute denseignant formé à la chose informatique. Les instituteurs de lécole ne disposent pas du bagage nécessaire et le concours dun intervenant extérieur se fait attendre. Pour lheure, la salle sert dentrepôt pour les cartons dAswak Assalam remplis de cartables à destination des écoliers les plus défavorisés. La distribution se fera le dernier jour ouvré avant la rentrée, le vendredi 12 septembre. Dans la besace de la directrice, des sacs à dos remplis de fournitures. Pas de logo, pas de marque, juste une couleur uniforme. Rouge, rose ou bleu marine, selon les niveaux. Une première commande, lancée par Marjane, aurait été renvoyée au producteur chinois : les cartables, trop bariolés et aux coloris criards, ne correspondaient pas au cahier des charges d'une opération royale.
À lintérieur, soigneusement emballés, quelques cahiers, une ardoise, une trousse, craie, crayons, règle et tube de colle. Les familles des environs sont en haleine. Bénéficiera, bénéficiera pas ? Tous les effectifs sont concernés et la directrice a transmis, il y a déjà quelques semaines, les listes des élèves inscrits. Les retardataires nont donc rien à espérer.
À qui profite le cartable ?
Les listes des bénéficiaires de lopération ont été établies sur la base des recensements effectués dans le cadre des enquêtes sur la pauvreté par le Haut commissariat au plan. Pour faire simple, on a donc repris les zones ciblées par lINDH. Au total, 403 communes rurales et 264 quartiers urbains auront droit à ces aides directes. À partir de cette localisation socio-géographique, 6000 écoles ont été retenues, rassemblant près de 1,1 million de bénéficiaires. Les campagnes sont particulièrement concernées par lopération, puisque parmi les élèves sélectionnés, 55% appartiennent au monde rural. Par ailleurs, le primaire est la cible principale de lopération, une grande majorité des situations de décrochage scolaire commençant à un âge précoce. Cest pourquoi 90% des bénéficiaires, soit 900 000 élèves, sont scolarisés dans le primaire, le reste étant des élèves de CE7, la première année du secondaire.
Tant de chiffres, fièrement affichés, laissent penser que la dimension com est centrale dans toute cette affaire. Le ministre de lEducation nationale sen défend, tout comme il rejette létiquette bienfaisance. Pour Ahmed Akhchichine, la campagne inédite de distribution dun million de cartables nest pas une opération caritative, elle procède d'une démarche defficacité. Sur tous les fronts depuis le discours royal, l'homme veut bien sûr en tirer le maximum de crédit politique, lui qui simpose déjà comme le bras droit de Fouad Ali El Himma, au sein du tout nouveau Parti authenticité et modernité. Daprès cette source proche du sérail, cest le ministre qui aurait élaboré le projet, profitant de cette proximité (par ricochet) avec Mohammed VI. Qui a décidé de lancer lopération ? Le roi lui-même, selon toute vraisemblance. Il semblerait que son conseiller Abdelaziz Meziane Belfkih, habituellement chargé de toutes les questions ayant trait à léducation, soit out sur cette opération.
La recherche defficacité avancée par le ministre de lEducation nationale peut convaincre. Auparavant, ce type dinitiatives était ponctuellement pris en charge par les wilayas dans les zones les plus défavorisées, sans pilotage, ni vision densemble.
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Ce serait compter sans ce que les économistes appellent un effet déviction. En engageant des dépenses supplémentaires, lEtat évince les acteurs privés de laction sociale, un effet à vérifier sur le terrain. Le constat de ce partenaire de lopération est tout autre. Depuis lannonce du lancement de la distribution dun million de cartables, de nombreuses associations caritatives se sont manifestées pour proposer leur aide ou dautres actions. En gros, cette campagne libère des fonds et des énergies pour dautres actions. Dores et déjà, une évaluation de lopération, par région, est prévue pour le 30 mars 2009.
Surtout, l'opération aurait des effets pervers sur le plan économique. Parmi les petites librairies des quartiers populaires, qui assurent la grosse partie de leur chiffre d'affaires annuel durant la période de la rentrée scolaire, on critique discrètement l'opération
qui leur enlève le pain de la bouche. Résultat, beaucoup commencent à annuler leurs bons de commande auprès des éditeurs, préférant temporiser, le temps de jauger ce qui reste de la demande.
Chez les éditeurs également, on fait la moue. Car contrairement à ce que l'on peut penser, ils ne tirent pas un réel profit de ce méga-marché. D'abord parce que le prix de vente est resté le même, rogné des marges accordés aux libraires. Surtout parce que la marchandise livrée n'a pas été précédée par des bons de commande en bonne et due forme. Jusqu'à aujourd'hui, nous ne savons pas qui nous paiera, et encore moins dans quels délais, assure cet éditeur, qui a tenu à garder l'anonymat.
En systématisant lopération, qui devrait se prolonger les trois prochaines années, lEtat ne cherche-t-il pas à couper lherbe sous les pieds des islamistes, très présents sur le terrain de laction sociale ? La tête de file du financement du projet est Tamadross, lAssociation marocaine pour le soutien de la scolarisation. Pour cela, toutes les sources de financement disponibles ont été sollicitées : privées, comme la Fondation BMCE ou le groupe Chaabi, ou publiques, comme la CDG, l'OCP ou Royal Air Maroc. Au départ, lenveloppe globale avancée était de 204 millions de dirhams, à prélever en partie sur les crédits alloués à lINDH et dautres contributions étatiques. Mais tout porte à croire que ce budget risque dexploser. À Rabat, on parle déjà de recourir à une dotation budgétaire prélevée sur les ressources (déjà fort limitées) du ministère du Développement social de Nouzha Skalli. Ou comment déshabiller Paul pour habiller Pierre
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3 questions à Fouad Abdelmoumni (Economiste et acteur associatif)
Un objectif louable mais un gâchis opérationnel
Linitiative de distribuer plus dun million de cartables en faveur délèves défavorisés a surpris tout le monde, même les professionnels du secteur. Opération de com ou bonne idée ?
Je crois que le principe est louable. Avoir une aide qui cible de manière explicite une population dans le besoin, une aide spécifique pour un besoin prioritaire de la société (même sil nest pas vécu comme tel dans les foyers) et le faire de manière massive, cest mieux que des subventions sur les hydrocarbures, qui profitent dabord aux riches. Mais sur les modalités institutionnelles et la gestion opérationnelle, il y a beaucoup de gâchis.
Justement, cest là que le bât blesse. Le timing tardif de lopération, lannonce royale et la cafouillage tous azimuts
Cest le propre du fonctionnement de notre système institutionnel. La volonté de faire des choses grandioses, tape-à-lil, visibles par la population, sans sastreindre à des règles de bonne gouvernance. Ce que lon constate, cest la déresponsabilisation des institutions, du gouvernement et du Parlement.
On estime à 204 millions de DH le projet, financés par les crédits alloués à lINDH, en plus de contributions apportées par dautres institutions, les collectivités locales et le privé. Faut-il sen féliciter ?
Le jour où lon aura un véritable développement du monde caritatif, on pourra sen féliciter. Ce que lon constate aujourdhui, comme lors du racket pour la construction de la Mosquée Hassan II, cest que certains capitaux donnent dune main, pour recevoir de lautre. On traite lensemble des fonds publics comme sil sagissait du trésor de guerre du Palais. Encore une fois, ce nest pas lobjectif qui est critiqué, mais lamateurisme et la précipitation dans ce genre de campagnes. |
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Chronologie.
Fin juillet. Des éditeurs reçoivent les premiers coups de fil annonçant le lancement dune opération de distribution massive de cartables avec manuels et fournitures.
1er août. Ahmed Akhchichine, ministre de lEducation nationale, réunit les délégués provinciaux et annonce une "opération de grande envergure consistant à octroyer des subventions aux élèves nécessiteux dès la prochaine rentrée scolaire".
4 août. Les éditeurs de manuels scolaires sont invités à une première réunion au ministère de lEducation nationale.
12 août. Deuxième réunion, au cours de laquelle les éditeurs reçoivent une première estimation chiffrée des besoins de lopération. Certains ont déjà commencé à imprimer à létranger.
20 août. Annonce officielle du programme lors du discours royal.
25 août. Le ministre de lIntérieur, Chakib Benmoussa, réunit les walis pour la coordination de lopération, en présence du ministre de lEconomie et des Finances, Salaheddine Mezouar, et de la secrétaire dEtat chargée de lEnseignement scolaire, Latifa Labida.
28 août. Le conseil de gouvernement de la rentrée, entièrement consacré aux mesures concernant la double rentrée (scolaire et ramadan), démarre par un exposé dAkhchichine sur lopération "1 million de cartables".
Début septembre. Les manuels commencent à être livrés aux délégations provinciales, qui doivent à leur tour approvisionner les établissements ciblés.
12-15 septembre. Distribution effective des cartables garnis (manuels, cahiers, trousse, stylos, crayons de couleur, ardoise) aux bénéficiaires dans les écoles. |
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Plus loin. Projet(s)
Un million de cartables gracieusement offerts aux ménages les plus pauvres. Pourquoi bouder son plaisir ? Ce nest pas tous les jours que lEtat lance une action sociale ciblée, concrète et immédiate. Si la société civile se permet (si peu) de faire la fine bouche, cest quelle sait que les bonnes actions servent souvent de cache-misère. Dans un ouvrage récent (Lhomme compassionnel, Seuil, 2008), la philosophe française Myriam Revault dAllonnes démontre que la politique compassionnelle est le contraire dune politique. Sauf que Mme Revault dAllonnes ne sait donc pas de quoi elle parle. Mme Revault dAllonnes vit en démocratie, elle ne lit pas (on lespère) la MAP, et ses comptes-rendus de distribution de denrées alimentaires à loccasion du mois de ramadan. On croyait en avoir fini avec les distributions de cabas. En fait, ces distributions continuent, avec seulement moins de couverture médiatique. Cette année encore, nous apprend la vénérable agence de presse officielle, SM le Roi a distribué 10 kg de farine, 4 kg de sucre, 250 g de thé et 5 litres dhuile à quelques-uns des 467 000 ménages bénéficiaires de lopération Ramadan 1429. Il y a quelque temps, Abdelaziz Bouteflika raillait ceux qui distribuaient de la harira, lui qui se vante de distribuer à ses concitoyens des maisons clés en main. Nos frères algériens ne nous en voudront pas de ne pas trop les envier. Rabat ou Alger, Tizi-Ouzou ou Sidi Ifni, même combat. On nous prend (par la main et) pour des bleus. La com y est, tout y est, pas le développement. Dix ans dopération ramadan, cest bien, un coup ponctuel, annuel, mais ça na pas fait reculer le niveau de la pauvreté du royaume. Pour reprendre le bon mot dun expert auprès dune organisation internationale : Au Maroc, la politique des projets royaux remplace souvent le projet politique. Cest la politique-kleenex. A la fois lacrymale et jetable.
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