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Polémique. Ubu Cheikh
Société. Il était une fois les "diplômés-chômeurs"
Ali Baddou. Au-delà de l'écran
Israël. Olmert en bout de course
Agriculture. Les élus de Sodea
Télévision. La déferlante Noor
7ème art. Panorama du cinéma israélien
Débat. La culture des bouffons
Peinture. Pluralité au singulier
N° 338
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Tarik Mouhib, l’agent de police
victime du coup de feu.
(AFP)

Fait-divers. Le chrif, le policier et le revolver

Le conducteur d’un luxueux 4x4 grille un feu rouge, sort un revolver, et tire sur un agent de police. La scène, qui s’est déroulée mardi 8 septembre sur la corniche casablancaise, n’aurait dû être qu’un tragique fait-divers. Sauf que le tireur est un membre de la famille royale : Hassan Yacoubi, mari de la princesse Lalla Aïcha, sœur de Hassan II et tante de Mohammed VI. Détail : près du cinéma Mégarama, vers 18h30, l’agent de police Tarik Mouhib fait signe à l’homme de s’arrêter et lui demande ses papiers. Réponse : “Tu n’es qu’une mouche, ana
sidek” (je suis ton seigneur). Puis, sortant du 4x4 : “Tu crois que tu es le seul à avoir une arme ?”. Sur ce, Yacoubi sort un revolver et, sans sommation, tire sur l’agent !
Très vite une foule se forme, les renforts policiers affluent, et la rumeur enfle : le tireur est un membre de la famille royale. Rapidement, deux gradés ont pris place à l’arrière du 4x4 et un autre au volant, pour protéger Hassan Yacoubi de la foule qui commence à gronder. En guise d’explication, une dépêche de la MAP affirme que Yacoubi “souffre de la maladie de Korsakoff, qui entraîne une dégénérescence mentale grave.” Ce qui ne l’empêchait pas de posséder un permis de port d’arme depuis 1995. Le Parquet, saisi de l’affaire, a confisqué arme et permis et ordonné l’internement de Yacoubi à l’hôpital psychiatrique de Salé. Transporté à la clinique Val d’Anfa, le policier, lui, n’a été que légèrement blessé à la cuisse. Encore sous le choc, il a déclaré aux journalistes de TelQuel, présents sur les lieux quelques minutes après l’incident : “Hada dholm !” (C’est une injustice).


Limogeage. La colère royale

Mohammed VI a effectué la semaine dernière une visite nocturne inopinée à l’hôpital militaire de Rabat. Résultat des courses, deux responsables de l’établissement limogés : le général de division Driss Archane, inspecteur des affaires médicales (et frère du célèbre commissaire des années de plomb), et le général Tobane, médecin principal. Selon des sources concordantes, Mohammed VI a fait son inspection surprise, alerté par les rumeurs qui couraient sur des dysfonctionnements au sein du plus grand hôpital militaire du pays. Au cours de son escapade dans les couloirs de l’établissement, le roi n’aurait croisé aucun responsable et aurait été frappé par la vétusté du matériel médical.


Humanitaire. Migrants en perdition

Une équipe espagnole de Médecins du Monde, postée au nord de la Mauritanie, a recueilli le dimanche 7 septembre, 16 subsahariens errant, blessés au pied, dans le désert au sud du Sahara. Selon ses membres, les migrants en provenance du Ghana, du Soudan et du Burkina Faso auraient été arrêtés par les autorités marocaines après l’interception de leur embarcation. Ils auraient été détenus plusieurs jours puis emmenés dans le désert par les gendarmes. Deux personnes seraient décédées durant la traversée et une vingtaine d’autres seraient toujours incarcérées. L’ONG espagnole, qui craint une nouvelle vague d’expulsions, a envoyé un infirmier et un médecin sur le site.


Saïd Aouita. Objectif 2012

L’ancien roi des pistes a donné, le 9 septembre, à Rabat, sa première conférence de presse en tant que directeur technique national de la Fédération royale marocaine d’athlétisme. Premier constat, selon Saïd Aouita, Pékin a été une débâcle car “il y a eu des erreurs”. Appelé au chevet de l’athlétisme marocain, l’ex-champion olympique a déclaré avoir “les coudées franches”, la FRMA lui ayant donné les moyens de mener “ un projet ambitieux pour la formation de champions olympiques sur une période de quatre ou cinq ans”. Objectif : les JO 2012 de Londres. Pour son baptême du feu, le nouveau DTN a mis tout le monde en garde : “Si un cas de dopage est établi, il ne faut pas s’attendre à de petites sanctions, mais à une exclusion à vie.”


Code de la route. Al Alam au secours de Ghellab

Les “élus de la Nation” ont été accusés par le journal du Premier ministre de rester “insensibles” aux drames des accidents de la circulation. Mardi dernier, et en Une, le quotidien du parti de Abbas El Fassi s’est élevé contre le sort réservé au projet de Code de la route concocté par Karim Ghellab. Le texte, dixit Al Alam, “reste prisonnier des tiroirs” de la commission de l’Intérieur depuis la précédente législature, malgré les divers amendements acceptés et incorporés dans la mouture initiale. De petites rectifications qui n’ont pas convaincu les professionnels des transports, toujours remontés contre ce qu’ils appellent un “Code pénal bis importé de Suède”.


AMDH. Entre faucille et marteau

La fête de l’Humanité reçoit cette année le groupe de Peter Doherty, les Babyshambles et… Khadija Ryadi, la présidente de l’AMDH, flanquée de son vice-président, Abdelhamid Amine. Organisée par le journal du Parti communiste français, la grande messe des “progressistes” du monde entier accueille pour la première fois un stand de l’association marocaine. Pour la partie caisse de résonance, “c’est une opportunité pour faire connaître la vraie situation des droits de l’homme au Maroc”, se réjouit Khadija Ryadi. Côté réseau, autre grande spécialité de l’AMDH, “ce sera l’occasion de rencontrer les associations de droits de l’homme d’Amérique Latine. Elles ont beaucoup d’expérience en matière d’action sur le terrain”, conclut la présidente de l’AMDH.


Tourisme. Galère en Thaïlande

Le séjour à Bangkok organisé par une agence de voyage à Rabat a viré au cauchemar pour les 15 touristes marocains engagés dans cette aventure. Leur voyage devait s’achever le 26 août. Faute d’avion de retour, il a finalement été prolongé, à la surprise générale, jusqu’au 1er septembre. L’agence a accusé la compagnie aérienne, qui était censée assurer le vol. “Le séjour s’est très bien passé jusqu’au 26 août, mais ensuite, nous sommes passés de notre 5 étoiles à un hôtel miteux”, dénonce Asmaa A., qui a subi cette injustice. Et d’ajouter : “L’agence a mis du temps avant de nous faire parvenir l’argent envoyé par nos familles pour poursuivre le séjour”.


Fouad Ali El Himma. Pépins de campagne

À Marrakech, Younès Benslimane, candidat PJD à Guéliz pour le scrutin partiel du 19 septembre, vient de porter plainte contre le parti de Fouad Ali El Himma, qu’il accuse de campagne prématurée. Raison : la semaine dernière, le PAM a réuni pour un ftour nombre d’élus et de notables de la ville chez l’homme d’affaires Ahmed Bennani. Lors du repas auquel était convié El Himma, le parterre a débattu du soutien à apporter à Habib Belkouch, candidat d’Authenticité et Modernité. À Safi-Sud, Fatima Aârich, ex-PND, cherche aussi des poux dans la tête du PAM qu’elle a rejoint aussi vite qu’elle en a claqué la porte, mécontente de sa place de deuxième sur la liste conduite par Salah El Ouadie, un autre rallié à la cause d’El Himma. La jeune femme, dont le recours a été à l’origine de l’invalidation des élections du 7 septembre 2007 à Safi-Sud, se présente sous les couleurs du PLM de Mohamed Ziane. Seule femme tête de liste face à “19 mecs”, elle dit craindre que les autorités n’interviennent en faveur du parti de l’ami du roi.


Médi1Sat. Bilan d’étape

Trois ans après avoir été chargé de mettre sur pied le projet Médi1Sat, et un an après le lancement effectif de la chaîne, Pierre Casalta, son PDG, va bientôt présenter un premier bilan d’étape à ses actionnaires (dont la CDG, Maroc Telecom et l’Etat français). Le “Corse marocain”, comme il se désigne, assure que le budget initial (250 MDH d’investissement et 120 MDH de frais de fonctionnement par an) a été respecté. Surtout, une récente étude faisait état de résultats encourageants pour la “chaîne tout-info du Grand Maghreb”. Médi1 Sat est ainsi connue des deux tiers des spectateurs marocains. Mieux : la chaîne privée tangéroise se classe au troisième rang de leurs chaînes info préférées, au coude à coude avec Al Arabiya (2ème)… mais tout de même loin du leader de l’audience, Al Jazeera.


ONU. Un américain au Sahara

Plusieurs noms ont circulé pour remplacer Peter van Walsum, mais le dernier en date est celui de Christopher Ross. Selon le quotidien El Pais, Ban Ki-Moon devrait, dans les prochains jours, nommer le diplomate américain envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara. Actuellement chargé de la coordination de la lutte antiterroriste au Etats-Unis, cet ex-ambassadeur en Algérie et en Syrie est un fin connaisseur du monde arabe. Il aura donc plus facilement la faveur d’Alger et du Polisario, qui reprochaient au diplomate néerlandais un “parti pris en faveur du Maroc”, après avoir déclaré “irréaliste” l'indépendance du Sahara Occidental. Christopher Ross a également été associé au début des années 1980 au processus de paix au Proche-Orient. Mais son atout principal pour résoudre le conflit du Sahara reste sa nationalité. Nombre d’observateurs y voient un regain d’implication de l’administration américaine, depuis le départ en 2005 de James Baker, premier envoyé spécial de l’ONU au Sahara.


Députés. Promotion de rentrée

Rachid Lamdaouer, l’un des fers de lance du PJD à Casablanca, a perdu son siège de député d’Anfa suite à sa désignation au Conseil constitutionnel en juin dernier. Il était membre du bureau de la première chambre lors de la précédente législature et représentait le PJD au sein de la Commission de la défense. Le fauteuil de Rachid Lamdaouer sera désormais occupé par Brahim Adnass dès la prochaine rentrée parlementaire. Deuxième de la liste PJD dans la circonscription casablancaise, le nouveau député “sans le faire exprès”, n’est autre que le secrétaire préfectoral de la section du PJD à Anfa.


Corruption. La lutte sera longue

Abdesselam Aboudrar, président de la nouvelle Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC), était l’un des invités de l’émission Moubacharatane Maâkoum sur 2M, mercredi 10 septembre. L’ex- numéro 2 de la CDG semble avoir pris la mesure de sa tâche. “L’ICPC devra certes proposer des remèdes et des pistes de réflexion, mais en dernier recours, on ne pourra endiguer la corruption sans la participation active du gouvernement et de son administration”, a expliqué Aboudrar devant un parterre acquis à sa cause. Le président de l’ICPC planche actuellement sur la constitution d’une équipe et la recherche de locaux. L’Instance est en pourparlers avancés pour reprendre les bureaux de l’Observatoire national du développement humain (ONDH) à Rabat.



3 questions à Abdelaziz Agoumi
[Directeur du médicament et de la pharmacie au ministère de la Santé]


Le ministère de la Santé et l’Assurance maladie obligatoire viennent de lancer une campagne de communication pour promouvoir les médicaments génériques. Pourquoi ?
Il est important de sensibiliser le public, les citoyens et les professionnels de la santé. Certains sont encore dubitatifs, voire convaincus que ce qui est moins cher est moins efficace. Or, la qualité est identique. Les génériques sont soumis à la même chaîne de contrôle très stricte et sont aussi exportés en Europe.

Quel est l’impact attendu de ces spots publicitaires ?
Le taux de pénétration des génériques est aujourd’hui de près de 25%, mais avec une grande disparité entre le public et le privé. 91% des médicaments dans les hôpitaux sont des génériques. Les médecins du privé prescrivent beaucoup moins de génériques, alors que rembourser des médicaments à un prix moins élevé assurera la survie de l’Assurance maladie. Sur le nouveau plan d’action 2008-2012, obtenir 5 à 10% d’augmentation des ventes de génériques serait excellent.

Face aux lobbies pharmaceutiques, la sensibilisation suffit-elle ?
Oui, mais beaucoup d’autres mesures d’accompagnement devraient aller dans ce sens. Il faut encourager les médecins à utiliser les dénominations communes internationales, à savoir les noms de molécules et non les marques, ainsi qu’aider les pharmaciens à pouvoir substituer les médicaments. Les professeurs et les étudiants doivent être aussi sensibilisés dans les facultés de médecine et de pharmacie.


Islamistes. Premier grand oral

Selon l’agence MAP, 15 membres présumés du réseau islamiste Fath Al Andalous (conquête de l’Andalousie) qui avaient été arrêtés fin août, ont comparu pour la première fois, mardi 9 septembre, devant Abdelkader Bouchentouf, le juge d’instruction antiterroriste du Tribunal de première instance de Salé. Les accusés de ce réseau proche d’Al Qaïda sont inconnus au bataillon et ont un casier judiciaire vierge. Ce sont en majorité des commerçants poursuivis pour “financement de terrorisme, participation, fabrication et détention d’explosifs, atteinte aux valeurs sacrées et réunions publiques sans autorisation”.


Epizootie. Moutons en danger

La peste des petits ruminants (PPR) a fait son apparition au Maroc. L’Agence des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), dans un communiqué daté de mardi 9 septembre, a tiré la sonnette d’alarme sur une maladie virale “extrêmement contagieuse”. En cette période de ramadan et à l’approche de l’Aïd El Kébir, où pas moins de 5 millions de moutons passent à la casserole, le risque de diffusion de la PPR est prégnant. Le ministère de l’Agriculture semble pourtant maîtriser la situation : “La maladie n’a causé jusqu’ici qu’un peu plus de 2000 décès d’animaux sur un cheptel de 22 millions d’ovins et de caprins, et nous faisons tout pour qu’elle ne se propage pas aux pays voisins”, a déclaré Hamid Benazzou, chef de la direction de l’élevage. Plus de 180 foyers de PPR dans 29 provinces du royaume ont pour l’instant été répertoriés. Pour endiguer l’épizootie, le ministère de l’Agriculture a déjà procédé à la vaccination de 400 000 têtes de bétail, et tout le cheptel devrait suivre, d’ici à la célébration de l’Aïd El Kebir le 8 décembre prochain.


Télécoms. Nouvelle numérotation

Les Marocains devront composer 10 chiffres au lieu de 9 pour appeler les fixes et les mobiles à partir du 6 mars prochain. Les usagers devront taper le chiffre 5 après le 0 pour les numéros du fixe et le 6 pour le mobile. L'opération va permettre de créer 200 millions de nouveaux numéros mobiles et 10 millions de numéros fixes. Le nouveau plan de numérotation nécessitera un investissement de 150 millions de dirhams. Une somme jugée excessive, selon un cadre de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) : “Après avoir dilapidé 6 millions de dirhams pour fêter son 10ème anniversaire, l'ANRT continue sur sa lancée. Rien ne peut justifier l'allocation d'un budget aussi astronomique pour une telle opération !”, nous a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat.


Omar Raddad. La vérité, enfin ?

Dix ans après la grâce présidentielle et sa remise en liberté, le Marocain entend toujours faire reconnaître son innocence. Omar Raddad compte déposer une deuxième demande de révision de son procès et vient de changer d’avocat. À la place de Me Vergès, il a fait appel à Sylvie Noakovitch, avocate de l’émission Sans Aucun doute. “J'ai appris que la Cour européenne des droits de l'homme avait aussi rejeté mon dossier. C'est ce qui m'a décidé. Mon avocat me l'a trop longtemps caché. J'ai été naïf”, confie-t-il au journal français La Provence. Avec l’aide d’un détective privé, l’ex-jardinier veut prouver qu’il n’est pas le meurtrier de sa patronne, grâce aux analyses ADN excluant que les empreintes génétiques retrouvées sur la porte ensanglantée soient les siennes.


Condoleezza Rice. Ftour, fleur et Sahara

L’avion avait deux heures de retard, samedi 6 septembre sur le tarmac de Rabat quand la secrétaire d’Etat américaine est arrivée. Condoleezza Rice avait pris les premières bouchées du ftour à Alger avec le président Bouteflika. Elle n’a donc goûté qu’au plat principal lors du dîner partagé avec Abbas El Fassi et son homologue Taïb Fassi Fihri. Au menu également de sa visite, le Sahara. “Il y a de bonnes idées sur la table et des moyens d'aller de l'avant”, a-t-elle indiqué, ajoutant : “Nous recherchons une solution mutuellement acceptable”. Condoleezza Rice a fini sa tournée au Maghreb dimanche, dégustant les chocolats Lenôtre offerts par Mohammed VI. Petite consolation pour avoir dû laisser le bouquet de fleurs de 5 mètres que lui avait fait porter le roi. Il était trop volumineux pour l’avion.


Jeux paralympiques. De la patera au podium

Encore mineur, Abderrahmane Aït Khamouch était parti il y a 7 ans à bord d’une patera se bâtir des châteaux en Espagne. Bien lui en a pris, il a réalisé ses rêves. À 21 ans, l’athlète d’origine marocaine, qui rêvait de ressembler à Saïd Aouita, a décroché la médaille d’argent du 1500 mètres aux Jeux Paralympiques de Pékin. Amputé d’un bras à cause de la gangrène, Abderrahmane Aït Khamouch concourait pour son pays d’accueil, l’Espagne, qui l’a naturalisé juste avant la compétition. Il a déclaré à la presse locale “être fier de porter le drapeau espagnol”. Il risque de récidiver pour le compte de nos voisins, puisqu’il part favori du 800 m, programmé samedi.



Humeur. La vie derrière soi

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Quand un vénérable fqih estime qu’une fillette de neuf ans est capable de copuler aussi bien, voire mieux, qu’une femme de vingt ans, on regarde sa montre et on se dit qu’il y a un problème. On est hier, loin, un autre temps, un autre Maroc. Vraiment. La fatwa du cheikh est un monument du Moyen-Âge. C’est une machine à remonter le temps, le genre de jouet que même un gosse peut bouder parce que triste à en pleurer. Alors on se pince pour bien comprendre que l’on est en septembre 2008. Et on se rassure en pensant que le royaume des merveilles n’est pas le seul pays bizarre puisque d’autres aussi. Le Nigéria par exemple, comme nous le raconte cette information pêchée dans une dépêche AFP : “Un Nigérian, âgé de 84 ans, a accepté sous la menace de bannissement de divorcer de 82 de ses 86 femmes pour se mettre en règle avec la loi islamique qui n'autorise que quatre épouses”. Qui dit mieux ? Dans le fond, à Casablanca, Rabat, et probablement à Lagos aussi, le quotidien nous offre des opportunités pour voyager dans le temps, de préférence vers le Moyen-Âge. Dans la rue, on est choqués par un couple qui se tient la main, pas par celui qui prend sa femme pour un punching-ball. Un baiser, ça fait mal. Aux yeux, au cœur, dans la peau, partout. Pas une gifle, pas une insulte. Ramadan ou pas, une belle femme ne peut pas marcher 100 mètres sans se faire allumer au moins cent fois. C’est un sport, un concours, une fierté nationale. On joue à qui ira le plus loin, le plus gros mot, le geste qui fait mouche. Et le gagnant, comme dans un vulgaire jeu télé, séduit sa proie qui consent à lui fixer rendez-vous, de préférence après le ftour. C’est de la culture, la nôtre est parfois tournée vers l’arrière. C’est la vie derrière soi, pour détourner le titre d’un livre, c’est triste aussi.



VITES !

D’après le quotidien algérois La Tribune, l’Algérie vient de détruire 7330 mines antipersonnel, anti-groupes et éclairantes, posées à l’époque coloniale par la France le long des frontières communes avec le Maroc et la Tunisie. Selon Alger, trois millions de mines sont encore enfouies le long de ses bornes est et ouest.


Les deux siamoises marocaines, séparées en juillet dernier à Séville, ont quitté l’hôpital andalou où elles étaient en observation depuis deux mois, rapporte la MAP. Agées de 4 mois, Hanane et Yousra, qui étaient liées au niveau du thorax et de l’abdomen et partageaient le même foie, se portent bien.


Une Marocaine réclame 150 000 euros dans une nouvelle affaire d’esclavage moderne en France. La jeune femme aurait été exploitée dans un appartement d’une cité de la banlieue parisienne, travaillant 17 heures par jour depuis 2 ans sans être rémunérée. D’origine marocaine, le couple accusé crie à la machination.


Avec tchatche et fastes, Jamel Debbouze avait promis de construire des studios de cinéma au Maroc, lors du Festival de cinéma de Marrakech en 2002. En 2008, “le “Hollywood du désert” est toujours un mirage, “car il y a eu les attentats du 16 mai et ça a mis fin à tout”, a expliqué le comédien au quotidien français La Dépêche du Midi, cette semaine.


Enregistré en partie à Fès l’an dernier, le prochain album de U2 sonnera bien marocain, selon le guitariste The Edge, cité par un site Web dédié au groupe. Et il tintera religieux, après la visite du groupe au Festival des musiques sacrées. “Mais nous ne voulons pas être des touristes musicaux”, s’est défendu l’acolyte de Bono.
 
 
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