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Par Meryem Saadi
Livre. Rock the casbah
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Le Maroc est lun des seuls pays
où il nest pas dangereux
dadorer le metal.
(AIC PRESS)
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Dans Heavy Metal Islam, laméricain Mark Levine enquête sur le metal dans les pays musulmans. Le chapitre consacré au cas marocain livre des conclusions étonnantes.
La première fois que jai pris conscience quil y avait une scène metal dans les pays arabes, cétait dans un bar à Fès, en 2002. Un ami venait de me parler du concert dun groupe punk quelque part dans le pays, se rappelle Mark Levine, auteur de Heavy Metal Islam. Parfaitement arabophone, ce professeur universitaire américain avait passé une |
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dizaine dannées à sillonner le monde arabe avant de réaliser que le metal y était bien ancré. Une lacune quil se dépêche vite de combler par l'écrit. Heavy Metal Islam est le fruit de 5 ans de travail acharné, pendant lesquels Levine est parti à la rencontre de musiciens iraniens, irakiens, palestiniens ou encore pakistanais. Et pas toujours dans les meilleures conditions
Dur dur dêtre metalleux
Une certitude se dégage du livre de Mark Levine. Actuellement, les deux seules contrées musulmanes où il nest pas dangereux d'adorer les dieux du hard-rock sont le Maroc et la Turquie. Dans les chapitres consacrés aux fans de cette musique dans dautres pays, on apprend des choses qui donnent froid dans le dos. Par exemple la vague darrestations de musiciens, qua connue lEgypte en 1997, a brisé le mouvement metal, et ceux qui continuent à jouer cette musique vivent dans la peur perpétuelle de se retrouver en prison. On découvre aussi que les Iraniens sont acculés à organiser des concerts clandestins, que les metalleux palestiniens se frottent souvent aux jeunes sympathisants du Hamas. Sans parler des amateurs irakiens ou pakistanais, qui essaient d'exister dans des contextes de violence inouïe, où la musique en général, et le metal en particulier, nont pas vraiment leur place. Mais pour Mark Levine, cest probablement parce que ces jeunes vivent des situations extrêmes quils se sont laissé séduire par le metal. Avec le hip hop, cest sans doute le genre musical qui permet le mieux de communiquer sa colère. On fait du heavy metal parce que nos vies sont heavy metal, explique à Levine un metalleux marocain. Sauf quau Maroc, comme lexplique bien le livre, après le dénouement de laffaire des 14 musiciens, personne na peur daller à L'Boulevard de noir harnaché et une crête de 30 cm sur la tête. Les filles des Mystik Moods navaient pas non plus peur se de faire lapider en montant sur scène. Petite info croustillante : Levine nous apprend quelles ont été invitées, quelque temps plus tard, à se produire en concert privé
au palais royal !
Le Marock et
Nadia Yassine
Le Maroc est le seul pays musulman où la société civile sest mobilisée pour des metalleux. Elle a poussé le système judiciaire à faire marche arrière. Cest formidable, confie Levine. Dans son chapitre sur le Maroc, il ne cache pas son admiration pour nos hard-rockers (et aussi pour nos rappeurs, auxquels toute une partie est consacrée). À ses yeux, ils ont un potentiel politique malheureusement pas encore exploité. Mais à la fin du chapitre, lauteur livre une analyse plutôt surprenante de la situation du Maroc. En plus de sextasier sur les musiciens vert et rouge, il fait l'éloge de
Nadia Yassine, qu'il dit plus heavy metal que nimporte laquelle des Mystik Moods ! Il va jusqu'à la comparer à un Marilyn Manson ou un Ozzy Osbourne portant le voile, arguant qu'elle possède une âme rock nroll sans le savoir.
L'enseignant américain va jusqu'à tenter détonnants rapprochements : selon lui, Al Adl Wal Ihsane aurait exactement les mêmes objectifs que la jeunesse alternative marocaine ! Et d'en conclure que la démocratie au Maroc ne sera possible que si ces deux forces décident de travailler ensemble main dans la main. On ose à peine imaginer Cheikh Yassine alignant les riffs sur scène
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