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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Maghribiya tal’mout”

Milouda Hazeb, membre du PAM
de Fouad Ali El Himma
(AIC PRESS)

Antécédents

1948. Naissance à Fquih Ben Saleh.
1979. Licence en littérature arabe.
1983. Elue conseillère municipale de Marrakech.
1985. Quitte l’enseignement.
2002. Elue députée de Marrakech sous les couleurs du PND (Parti national démocrate).
2008. Rejoint le PAM (Parti authenticité et modernité) de Fouad Ali El Himma.

Smyet Bak ?
Mohammed Hazeb.

Smyet mok ?
Fatima-Zohra Rafii.

Nimirou d’la carte ?
F 6276

Mais qu’arrive-t-il au PND ? Vous avez laissé tomber le pauvre Abdellah Kadiri (Ndlr, secrétaire général du parti), ce n’est pas très fair-play tout ça…
Je n’ai laissé tomber personne. Le PND a fusionné avec le PAM de Fouad Ali El Himma et lebureau politique du PND a validé cette décision à l’unanimité. M. Kadiri a accepté cela dans un premier temps, avant de se rétracter. Il voulait que le PND se retire en tant que parti, alors qu’il n’existe plus après avoir fusionné. Le règlement interne du parti est clair à ce sujet.

Vous avez été recalée aux législatives de 2007. Rejoindre El Himma, c’est une manière de rebondir ?
Du tout. La preuve, c’est qu’on m’a proposé de me présenter aux élections partielles à Marrakech, sous la bannière du PAM.

Et alors ?
Et alors j’ai refusé.

Mmmm… Qu’est-ce qui nous vaut autant d’abnégation a Lalla ?
Il y avait d’autres personnes en course pour l’investiture.
Ma candidature n’aurait fait qu’accroître les tensions. J’ai donc préféré céder la place.

Demain, sait-on jamais, vous serez peut-être nommée ministre. Là, vous feriez moins la fine bouche ?
Pas forcément. Si je fais de la politique, c’est pour servir l’intérêt général. Maintenant, il est clair que j’ai des ambitions personnelles, mais quel que soit le poste dont j’hériterai, ce sera un outil de travail qui me permettra d’être utile. Rien de plus.

Un certain Cheikh Maghrawi, qui “sévit” dans votre ville, a déclaré licite le mariage d’une fillette de 9 ans. Des commentaires ?
Evidemment, on ne peut qu’être révolté par ce genre de déclaration. C’est un appel au viol, au crime.

Pendant longtemps, vous avez travaillé dans l’enseignement. Vous étiez du genre à coller des mandales aux élèves, pour garder la forme ?
Je vais être franche sur ce point. J’ai dû distribuer quelques gifles quand j’étais institutrice. J’étais assez sévère. Avec le recul, j’ai des regrets même si, le plus souvent, j’agissais de la sorte par amour pour mes élèves.

C’est plutôt de l’amour vache, non ?
Je ne sais pas comment on peut le qualifier… Aujourd’hui, je pense qu’il faut mettre fin à la violence physique et verbale à l’école.

Vous roulez bien les “r”. On peut savoir pourquoi ?
C’est peut-être ma marque de fabrique (rires).

Revenons à Fouad Ali El Himma, le voyez-vous comme un Robin des bois de la démocratie ou plutôt comme un cheval de Troie du Makhzen ?
Juste une précision, je n’ai jamais été du genre à suivre le Makhzen. Les personnes qui ont rejoint le PAM sont toutes parties du constat que les électeurs ne voulaient plus se rendre aux urnes. Ce que l’on veut, c’est inverser cette tendance. Voilà.

Et Si Fouad, dans tout ça ?
J’ai eu l’occasion de connaître Oustad El Himma. Lui aussi ne cherche qu’à réconcilier les Marocains avec la politique. C’est une initiative qu’il faut applaudir. Quand on se retrouve avec des parlementaires illettrés, c’est qu’il y a un gros problème.

Qui a approché l’autre : vous ou Oustad, comme vous l’avez appelé ?
Je pense qu’on n’a pas besoin de rentrer dans les détails.

D’accord. Dans la vie, vous êtes la tante de Taoufiq Hazeb, alias Bigg. Il est comment en famille : pareil que dans ses concerts ?
Taoufiq est quelqu’un de doux et de très poli. C’est un grand sentimental. D’ailleurs, cette sensibilité se ressent dans ses chansons. Quelque part, il fait de la politique à sa manière.

Vous lui avez proposé de vous rejoindre au PAM ?
Non, non. Je ne lui demanderai pas. S’il le veut, il pourra toujours le faire de son propre chef. Mais je pense qu’il préfère s’exprimer autrement, par ses chansons.

Vous êtes fière d’être sa tante, ou c’est plutôt un “fardeau” ?
Je suis fière de Bigg, évidemment.

Un petit duo un de ces quatre, ça vous tente ?
À vrai dire, j’aime beaucoup la chanson, alors pourquoi pas.

Vous pouvez nous faire une petite improvisation de rap, là, tout de suite ?
Non, non. À la limite, je pourrais vous faire un petit passage en musique classique.

Vous aussi, vous êtes “marocaine jusqu’à la mort” ?
Et comment, je suis une Maghribiya tal’mout !

 
 
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