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N° 339
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Ecole des métiers du cinéma dans le
quartier Sidi Moumen, à Casablanca.
(DR)

Cinéma. L’école des bannis


Ils seront 75 heureux élus le 6 octobre prochain pour la première rentrée de la nouvelle école de cinéma de Casablanca. Au programme un an de formation pour devenir un technicien du septième art. Et gratuitement. Car, non seulement le projet entend pallier au manque de personnel dans ce secteur, mais aussi promouvoir le quartier de Sidi Moumen, où s’est implanté l’école. “L’établissement a été créé dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement, par un partenariat
entre les préfectures de Sidi Moumen et de Sidi Bernourssi, la commune de Casablanca, et l’institut italien Luce”, explique le réalisateur Hamid Basket, directeur de l’école. “Nous avons reçu près de 500 dossiers de candidatures de tout le Maroc. L’école est ouverte à tous, avec une priorité aux habitants de Sidi Moumen”, précise-t-il. Après un premier tri sur dossier et diplômes, les futurs élèves seront soumis à des épreuves écrites, puis orales. Les lauréats démarreront leur formation par trois mois d’apprentissage de l’italien et des terminologies du cinéma. Suivront ensuite six mois de spécialisation. Au choix : image/son/montage, production et maquillage avec des enseignements dispensés par des intervenants italiens mais aussi des réalisateurs ou scénaristes marocains. L’école devra ensuite s’élargir à la mise en scène ou à l’éclairage, dès l’année suivante.


Sortie. Baby cool

Quand Juno, ado de province au jeans troué et au sarcasme bien entraîné, se découvre enceinte d’un fœtus qui a peut-être déjà des ongles aux orteils, elle essaie de se pendre avec du chewing-gum. Sans succès. La voilà donc à la recherche du couple idéal pour adopter le bébé… Frais, léger et acidulé comme une bulle de soda, privilégiant l’humour grinçant de réparties soft-trash aux sketches lourdauds ou mièvres, cette comédie décalée et déjà culte sur la grossesse adolescente, signée Jason Reitman (Thank you for smoking) doit beaucoup à la rencontre explosive de Diablo Cody, stripteaseuse scénariste, avec la jeune et explosive Ellen Page (qui, depuis, a enchaîné sept films), le tout sur une BO décalée signée, entre autres, des Moldy Peaches. Ni militant ni puritain, Juno dédramatise en toute simplicité le débat ultra- sensible sur l’IVG aux Etats-Unis, avec ce petit quelque chose de magique dont seul le cinéma indépendant américain a le secret. À croquer.

Juno, au mégarama.



Festival. Olé salsa !

Amateurs de déhanchements à la Shakira et à la J.Lo, rendez-vous à Marrakech du 8 au 12 octobre prochain. Fransisco Vasquez et Alex Da Silva, les chorégraphes des deux bombes seront présents dans la ville ocre pour la première édition du festival international de Salsa. “Près de 80 danseurs du monde entier sont attendus”, indique Nabil Daghar, membre de l’organisation de l’événement. Au programme, galas et shows en soirée mais aussi des cours de danses latines animés en journée par les danseurs vedettes. Vous pourrez ainsi vous initier ou vous perfectionner au flamenco, au meringue, au cha cha cha, à la rumba ou encore à la salsa-hip-hop. Idéal pour les danseuses en mal de partenaires.


Polémique. Laissez-moi rire !

Quand on fait de l’humour, ça ne rigole pas ! Le torchon brûle entre, d’un côté, les producteurs de Comédia, l’émission qui déniche des talents de l’humour diffusée par Al Aoula depuis le début du ramadan, et de l’autre, la star du rire ramadanesque Saïd Naciri et son acolyte Fouad Khaïri. On ne peut plus en colère, les deux hommes soutiennent mordicus que Comédia est un double plagiat : celui d’une émission proposée par Naciri à la télévision marocaine en 2001 et de la Nuit du Rire, événement qui a eu lieu en 2007, conçu par Fouad Khaïri et parrainé par le même Naciri. En réponse, Yassine Zizi, co-producteur de Comédia (qui, au passage, cartonne sur Al Aoula), ne mâche pas ses mots : “Personne n’a le monopole du rire. Nous, nous proposons un mois et demi, pas une seule nuit du rire”, et continue : “Maintenant, ces gens-là menacent de nous attaquer en justice ainsi que tous ceux qui ont travaillé avec nous ? Je les invite à entrer en contact avec moi, je leur donnerai avec grand plaisir leurs adresses, celle de la SNRT en premier”.


Dub’n’Rueda. Coup de balai en musique

Amateurs de Dub et Drum’n’Bass, transformez-vous le temps d’un week-end en Mary Poppins made in Akchour. L’association Dub’n’Rueda organise, pour la seconde fois, deux soirées musicales à la belle étoile ponctuées par deux séances écolos ! Au programme, une soirée d’ouverture haute en festivités qui se tiendra le 3 octobre prochain, le samedi suivant étant consacré à ramasser ordures et déchets laissés par les visiteurs de la région, de l’Oued Ferda au pont de Dieu. Après l’effort, la fête : la nuit sera musicale, avec Sound System Reggae/Dub et Drum’n’Bass. Et comme on n’est pas écolo à moitié, le dimanche matin sera voué au nettoyage du site. Sympa.

myspace.com/dubnrueda
Du 3 au 5 Octobre.



Patrimoine. Raconte-moi une histoire

“C’est du Walt Disney version marocaine que nous voulons offrir aux enfants”. C’est de la sorte que Najima Ghozaly Tay Tay, présidente de l’association Cont’Act, évoque la 6ème édition du Festival du Conte organisé par son association. Pas de Blanche Neige ni de Cendrillon lors de la parade d’ouverture (place Moulay R’chid), mais plutôt Aïcha Qandicha et Hdidane ainsi qu’une kyrielle d’autres personnages sortis directement de contes 100% marocains. Lors des 7 jours du festival, des conteurs animeront des soirées, revisitant les histoires de grands-mères de Fès, Marrakech, Tanger, etc. Sidna Qdar, personnage imaginaire marocain exauçant les vœux des enfants formulés pendant la Nuit Sacrée (c’est notre père Noël à nous !), fera, lui, l’objet d’un atelier de contes. Réhabiliter la tradition orale, c’est l’objectif que s’est donc fixé l’association initiatrice de l’événement.

Du 20 au 28 septembre à Témara.



Photo. Scènes urbaines

La saison des festivals vous semble, loin, trop loin ? Plongez dans vos souvenirs à Agadir. L’Institut français y accueille le travail itinérant de Jean Berry. Entre 2005 et 2007, ce jeune photographe freelance, collaborateur de TelQuel, Exit et Mondomix, a baladé son appareil de ville en ville, aux trousses de la nouvelle scène marocaine. De L’Boulevard au Festival gnaoua d’Essaouira via Timitar, il a capturé, au travers des lumières électrisantes, des “moments de partage et de liberté”, contribuant notamment au livre Planète Street de l’Américain Caleb Neelon sur les cultures urbaines, en plus d’expos présentées au cycle Made in Maroc de Dijon, en marge de Festimode 2007 et aux Rencontres internationales des photographes de Fès.

IF d’Agadir, du 23 septembre au 7 octobre.



7ème art. Tout le monde descend

C’est un trio insolite et de qualité qui donne envie d’y voir de plus près : Narjiss Nejjar (Les Yeux secs, Wake up Morocco), Hicham Lasri (Jardin des rides, L’Os de fer) et Mohamed Mouftakir (La Danse du fœtus) se sont partagé la réalisation d’un long-métrage, Terminus des anges, tourné en août à Casablanca et actuellement en fin de montage. Trois histoires s’entrecroisent, où le suicide d’un homme séropositif raconté – et, peut-être, expliqué – à travers le regard de ses deux femmes et d’un voisin. Un projet lancé par la productrice Lamia Chraïbi (LA Prod) et appuyé par des fonds du ministère de la santé, où l’on retrouvera entre autres Nadia Megri, Sanaa Akroud, Driss Roukhe, Salah Bensalah et Bouchra Hrich. Si tout avance au mieux, l’avant-première devrait avoir lieu lors du Sidaction, en décembre prochain.


Said Taghmaoui. Ave Caesar

Les fans marocains de Lost pourront fièrement suivre la diffusion de la saison 5 : en effet, le comédien Saïd Taghmaoui est la fraîche recrue du casting de la série à succès. L’acteur franco-marocain campera le personnage de Caesar, directement lié celui de la mystérieuse Illana, campé par Zuleikha Robinson. “Deux rôles-clés dans le dénouement de cette saison et celles à venir”, lit-on sur les sites consacrés à la série. Le co-producteur et co-scénariste de la série, Carlton Cuse, ne tarit pas d’éloges sur Saïd Taghmaoui. Il lui trouve une “intelligence innée et une intensité” dont la série a besoin. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que les revendeurs de DVD piratés à Derb Ghallef n’écorcheront pas son nom.



Humeur.
La groupie des 3 rois

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Maman est royaliste. Son choix n’est pas idéologique, elle aurait tout aussi bien pu être communiste. Sauf qu’elle préfère les couples et les enfants dans des intérieurs bien tenus aux défilés militaires. Elle raffole ainsi des salons en cuir orange et des gâteaux en carton pâte pastel que l’on voit à la télévision marocaine. Tout y est astiqué, ça sent le propre, le foyer heureux, ça la rassure depuis toujours. Elle a découvert le mobilier royal sous Mohammed V, a succombé au kitsch avec Hassan II, s’est abonnée à Paris Match sous Mohammed VI. C’est devenu son magazine de chevet depuis qu’on y a vu les rideaux du roi. Le style “fête du trône”, c’est une vieille passion déco, pourtant elle est éblouie comme au premier jour par les tapis multicolores dépliés dans la pampa. Elle plaint toujours autant les dames qui auront à faire la poussière. Mais une visite royale se doit d’être aussi impeccable qu’un salon marocain. Elle a ainsi été catastrophée d’apprendre qu’un lampadaire a failli tomber sur Mohammed VI à la sortie de la prière. Le taouss familial se serait brisé que ça ne l’aurait pas plus indignée. Qui pendre ? Le coiffeur ? La Lydec ? Le chien qui a ses habitudes sous le lampadaire ? Les trois a-t-elle répondu, sans pitié quand il en va des arts ménagers. En rendant sa sentence, elle avait dans le regard le radicalisme d’une fan doublé d’un amour maternel inconditionnel et irréfléchi. Comme quoi, il y a une midinette sans cœur dans chaque maman…



Souiriates
Essaouira accueille la cinquième édition du festival des Andalousies Atlantiques, du 30 octobre au premier novembre prochain. Un hommage posthume sera rendu à Samy El Maghribi, interprète de l’indémodable “Kaftanek Mahloul”. Concerts et expositions s’enchaîneront à Souira… signés l’association Essaouira-Mogador.


Les enfants aussi
Prière de toucher, svp ! L’exposition “Rêveries” à la Villa des arts invite les bambins à utiliser leurs cinq sens pour découvrir l’univers artistique au travers d’installations ludiques. Pour petits et grands, jusqu’au 12 novembre à Casablanca, puis du 25 novembre au 31 janvier à Rabat.


Expo
Jusqu’au 22 octobre à l’institut Cervantès de Fès, l’exposition “l'Est de Severo Sarduy” montre l'influence des cultures orientales dans l'œuvre littéraire et picturale de l'auteur cubain Severo Sarduy et sa relation avec la communauté chinoise de son pays, mais aussi ses voyages au Maroc, en Tunisie, en Algérie, en Indonésie, au Népal et en Inde.

 
 
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