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Younès Moujahid : "La presse a le droit de critiquer le roi"
Débat. Le ramadan, de la corrida au farniente
Société. Fast & Furious à la marocaine
Reportage. Salé, la mal-aimée du Bouregreg
Tunisie. Facebook, "parti virtuel"
BCP - Upline. Un deal "royal"
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N° 339
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Mohamed Erraji, à sa sortie
du tribunal.
(DR)

Sacralités. Erraji “libre”

Le blogueur gadiri ne risque plus rien. La cour d’appel de la capitale du Souss a annulé, jeudi 18 septembre, la peine de deux ans de prison infligée en première instance à Mohamed Erraji, et décidé l’abandon des poursuites pour vice de forme. Pour rappel, il avait été arrêté le 5 septembre avant d’être condamné trois jours plus tard, sans la présence de son avocat, pour “manquement de respect dû à la personne du roi”. Le verdict n’est pas vraiment une surprise. Depuis quelques jours, de nombreux signes laissaient entrevoir un dénouement
heureux. Lors de l’audience précédente, le parquet a demandé à ce que Mohamed Erraji soit poursuivi non pas selon l’article 41 du code de la presse qui prévoit une peine de 3 et 5 ans de prison, mais selon l’article 51, plus clément (entre un à six mois de prison). Une réaction pour le moins compréhensible. L’affaire Erraji a eu un écho considérable dans les médias marocains et étrangers, ainsi qu’auprès d’ONG, dont Reporters sans frontières et Amnesty International qui ont condamné une nouvelle “atteinte à la liberté d’expression”. À sa sortie du tribunal, Mohamed Erraji nous a dit être “soulagé par ce verdict qui vient réparer une terrible injustice”. Contrairement à la rumeur, le jeune blogueur a par ailleurs écarté la possibilité de se retourner contre la justice marocaine pour ses quatre jours de détention à la prison d’Inezgane. “Tout ce que je veux, c’est tourner la page et ne plus remettre les pieds dans un tribunal”, nous a-t-il déclaré. Avant d’ajouter qu’il ne savait toujours pas s’il allait se remettre à écrire : “Il faut que je prenne le temps d’y réfléchir. Certains n’ont pas accepté le verdict et risquent de me le faire payer.”


Mohammed VI. Le poteau lèse-majesté

Un lampadaire a “failli” tomber sur le roi, ont rapporté plusieurs quotidiens arabophones. Vendredi 12 septembre, après avoir accompli sa prière à la mosquée de Aïn Chock, Mohammed VI a échappé de peu à la catastrophe. Le maire de Casablanca, Mohamed Sajid, a déclaré que ce n’était “pas le poteau électrique qui est tombé, mais seulement la lampe électrique (du lampadaire)”. La photographie vue dans la presse montre pourtant un poteau entier au sol. Suite à l’incident, le monarque aurait montré des signes de profond mécontentement, mais il a fait contre mauvaise fortune bon cœur en saluant tout de même la foule.


Lions de l’Atlas. Voyeurisme fumeux

Plusieurs centaines d’internautes se sont rués sur une vidéo postée sur Youtube, mettant en scène des joueurs du onze national attablés dans un café parisien des champs Elysées. Dans ce film d’une durée d’une minute 44 secondes, on aperçoit des stars marocaines du ballon rond, “tirant” à tour de rôle sur un narguilé. Emboîtant le pas à plusieurs titres de presse qui ont crié au scandale, les gardiens de la morale sur le Net se sont empressés de commenter la vidéo indiscrète : “On a remporté la coupe du monde de la chicha 2010”. Ou encore : “C’est honteux, ils fument avant le match, ils méritent des sanctions !”. Lors du match en question, le Maroc a tenu en échec la France chez elle 2-2…


Fatwa. Bekkouri vs Maghrawi, acte II

Et de deux pour Mourad Bekkouri. Début septembre, l’avocat rbati portait plainte contre Mohammed Maghrawi, pour “atteinte au Code de la famille et aux droits de l’enfant et incitation au viol”. La raison : le gourou de l’Association pour l’appel au Coran et à la Sunna s’était fendu d’une fatwa autorisant le mariage d’une enfant de neuf ans, en contradiction avec le texte de la Moudawana (qui interdit le mariage avant dix-huit ans). Cette semaine, alors que le Tribunal de première instance de Rabat ne s’est toujours pas prononcé sur la première plainte, Me Bekkouri revient à la charge : “J’ai adressé une nouvelle requête au procureur du roi lui demandant la fermeture du forum maghrawi.net, où celui-ci émet fatwa sur fatwa. Or, cette prérogative relève du conseil des oulémas”, nous a-t-il déclaré. De son côté, Maghrawi persiste et signe : “Je connais beaucoup de gens qui ont épousé des filles de neuf ans. Et puis, le code de la famille permet au juge de voir, selon son appréciation, si une femme est apte au mariage”. No comment.


El Nene. Bientôt extradé

La plus haute juridiction espagnole vient de se déclarer favorable à l’extradition au Maroc du narcotrafiquant qui s’était enfui à Sebta. Originaire du préside, Mohamed Taïeb El Ouazzani bénéficie de la double nationalité espagnole et marocaine. Selon la sentence du tribunal madrilène, le narcotrafiquant “a utilisé l’une ou l’autre nationalité selon ses intérêts”, cherchant à se soustraire à son extradition vers le Maroc par des “procédés illicites, fallacieux et frauduleux”. Les avocats d’El Nene ont ainsi prétendu que leur client, arrêté le 23 avril dernier à Sebta, ne serait pas l’homme évadé de la prison de Kénitra en décembre 2007. La décision définitive revient au gouvernement espagnol, qui devra trancher la question de l’extradition en Conseil des ministres.


Médi1 Sat. Ahizoune remplace Casalta

Les scores d’audience de Médi1 Sat sont peut-être encourageants, mais cela n’a pas empêché son PDG Pierre Casalta de présenter sa démission, lors du conseil d’administration tenu le 16 septembre à Rabat. Pour lui succéder à la tête de la chaîne, le conseil a nommé Abdeslam Ahizoune, président de Maroc Telecom (un des principaux actionnaires de Médi1 Sat). Casalta conserve son siège d’administrateur, au moins jusqu’à la prochaine assemblée générale, prévue avant la fin de ce mois. Ordre du jour : statuer sur la continuation (et donc le renflouement) de la société – un cas de figure imposé par la loi, pour toute société dont les pertes dépassent les trois-quarts du capital social. C’est le cas de Médi1 Sat, dont le déficit avoisine les 100 millions de dirhams. Pour renflouer la chaîne, il est notamment envisagé de faire appel à d’autres actionnaires – voire de repenser son concept, celui du “tout info” n’ayant pas réussi, à aujourd’hui, à attirer suffisamment de recettes publicitaires.


Fait-divers. Jennifer, prisonnière du désert ?

Jennifer, une française de 23 ans, accuse un couple d’amis marocains de l’avoir séquestrée près de Khouribga, elle et sa fille de 18 mois. C’était sa liberté contre un mariage blanc, a-t-elle confié à la presse française. Sans nouvelles de sa fille, la mère de Jennifer a alerté la France qui a informé le Maroc. La police de Khouribga a récupéré Jennifer dans un douar où elle affirme avoir été nourrie de pain sec. De retour en France, elle vient de déposer plainte pour séquestration. Une version démentie par la MAP qui cite des sources policières locales. Selon l’enquête, Jennifer était “libre de ses mouvements”. Le seul conflit constaté a tourné autour de la cigarette, la famille ayant interdit à Jennifer de fumer en public pendant le ramadan.


Elections partielles. Le PAM vole la vedette

Hassan Benaddi, secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM), signe le premier communiqué de sa formation pour répondre au journal de l’USFP, Al Ittihad Al Ichtiraki. Il y fustige un article paru dans l’édition du 15 septembre traitant de la campagne du PAM à Safi. L’article évoque le recours à des “moyens illégaux”, avant de s’en prendre à deux membres influents du PAM : Mohamed Cheikh Biadillah et Salah El Ouadie. Le parti d’El Himma, qui menace de porter plainte contre Al Ittihad, pourrait se retrouver devant les tribunaux plus tôt qu’on ne le croit. Le parti Annahda de Chakib Bensouda a saisi le parquet de Mohammedia contre Abderrahim Zydani, candidat PAM dans la ville. L’homme, qui serait toujours membre du bureau politique d’Annahda, n’aurait pas le droit de se porter candidat au nom du PAM, affirme un communiqué d’Annahda. Les responsables de la formation évoquent les dispositions de la loi sur les partis interdisant d’adhérer à deux formations à la fois. La plainte a été déposée le 9 septembre. Chakib Benmoussa a été saisi par écrit le lendemain.


Radio. Libre Antenne ?

Le 17 septembre, le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) se réunissait pour statuer sur les “dérapages” survenus dans l’émission nocturne Libre Antenne sur Hit Radio. “Younès Boumehdi (patron de Hit Radio) devrait bientôt être convoqué par le Conseil”, nous déclare cette source au CSCA, qui poursuit : “Hit Radio devrait certainement écoper d’une sanction pécuniaire. Il se pourrait même que la durée de sa licence (5 ans à l’origine) soit réduite”. Réaction de Boumehdi : “Pour l’instant, aucune décision ne nous a été notifiée. Toute sanction financière serait un coup dur. Nous avons déjà été traumatisés par l’amende pécuniaire de 100 000 dirhams l’année dernière”. Verdict la semaine prochaine.


Youssoufi. Un coup de fil et deux enterrements

Mohammed VI a dû s’y prendre à deux fois avant de pouvoir joindre l’ex-Premier ministre du Maroc. Première tentative lors des funérailles de l’Usfépiste Mohamed Benyahia, à Meknès, quand le roi tente de joindre Youssoufi sur le portable de Hassan Aourid. La foule compliquant la chose, Aourid n’a pu “acheminer” la communication. Le lendemain, le roi essaye sur le portable de Mohamed Kabbaj pendant les funérailles de l’Ittihadi Habib Forkani. En ligne avec Youssoufi, Mohammed VI peut enfin présenter ses condoléances à l’ex-Premier ministre, et lui toucher un mot sur son “inquiétude” quant à la crise que vit l’USFP. Les socialistes, dont Driss Lachgar, démentent pourtant toute intervention du Palais. Idem pour les quelques “bons offices” dont aurait été chargé Abderrahmane Youssoufi.



3 questions à Khalid Sefiani
[Coordinateur du groupe d’action de soutien à l’Irak et à la Palestine]


Vous avez dénoncé la décoration du directeur d’une télévision israélienne par le roi, en juillet dernier. Pourquoi cette fixation anti-israélienne ?
Nous refusons toutes les formes de normalisation, quelle qu’en soit l’origine. J’avais dénoncé la rencontre entre Abderrahmane Youssoufi et le ministre des Affaires étrangères israélien, David Levy, quand bien même j’étais un militant de l’USFP. Ce n’est pas une fixation, je boycotte les sionistes qui occupent les terres des Palestiniens.

Ce ramadan, plusieurs organes de presse se sont émus de la présence sur le marché local de dattes “sionistes”. Faut-il croire qu’un fruit a des opinions politiques ?
Notre position est claire : acheter un produit israélien, c’est soutenir directement le budget de l’entité sioniste. Il y a un an, nous avions été alertés par des citoyens qui avaient relevé la commercialisation de dattes israéliennes sur nos marchés. Après avoir établi l’origine de ces marchandises, nous avons appelé au boycott, qui a été d’ailleurs bien suivi par les commerçants.

Vous appelez au boycott de tous les produits israéliens, alors que Palestiniens en consomment et en produisent eux-mêmes parfois ?
C’est faux. On ne peut pas dire que les Palestiniens profitent de la normalisation, alors que leurs produits subissent un blocus israélien. Et puis, quel intérêt a-t-on à consommer israélien ? Soit on soutient la cause palestinienne, soit on sert les intérêts de l’occupation sioniste de la Palestine. Il faut choisir.


Carnet Rose. La cigogne Aznar

L’ex-premier ministre espagnol est-il le père de l’enfant de Rachida Dati ? L’énigme autour de la grossesse de la ministre de la Justice française attise les commérages et fait parler la presse. Le journal électronique marocain lobservateur.ma a affirmé être certain de l’identité du papa : ce serait José Maria Aznar. Rebondissement cette semaine dans le magazine espagnol Epoca, “Le roi des maures se venge d’Aznar”, a titré l’hebdomadaire réputé proche de l’ex chef du gouvernement. Selon Epoca, l’information émanerait des services de renseignements marocains dans le but de nuire à Aznar, à qui le Maroc n’aurait pas pardonné l’invasion de l’îlot Leïla.


Hajja Hamdaouia. Impasse sur Oukacha

La diva du chaâbi devait se produire le 18 septembre dans l’enceinte de la prison casablancaise. Mais “pour des raisons de santé”, elle n’a pas pu tenir sa promesse, qui lui tenait pourtant à cœur. “Si le médecin me donne le ok, je viens !”, déclarait Hajja Hamdaouia à la veille de sa prestation. Selon ses proches, elle souffrirait d’hypertension et se trouverait à l’hôpital Cheikh Zayd de Rabat. Agée de 78 ans, “la chanteuse des trois rois” devait se produire dans le cadre d’un programme d’animation culturelle organisé par l’association Relais Prison Société (RPS), en partenariat avec plusieurs associations dont L’Boulevard.


Cartables. Un million de couacs

L’opération de distribution d’un million de cartables pour les élèves nécessiteux n’a pas fait que des heureux. À Essaouira, Tétouan ou Casablanca, les plaintes de parents d’élèves s’amoncellent. Il y a d’abord ceux qui ne comprennent pas pourquoi ils ont été évincés de la liste des bénéficiaires. Ils ne sont pas les seuls à râler : “Nous n’avons toujours pas reçu les manuels, alors que la rentrée est déjà là”, se désole ce directeur d’école. Quand les livres ont été livrés à temps, c’est parfois la qualité des cartables qui laisse à désirer ou le kit de fournitures qui est incomplet. Dans certaines délégations, les parents dénoncent même des détournements de cartables.


Moâtassim & co. Casser la voix !

Le Comité de soutien des six politiques (Moâtassim, Ragala, Merouani, Sriti, Maâ El Aïnine et Najibi) arrêtés dans le cadre de l’affaire Belliraj reprend le micro. Samedi 13 septembre, à l’invitation de cinq associations des droits de l’homme panarabes, l’avocat Khalid Sefiani a exposé les violations qui ont entaché la procédure dans cette affaire. Par ailleurs, en attendant l’ouverture du procès en octobre prochain, nos confrères d’Al Jarida Al Oula viennent de publier un article d’opinion écrit par l’un des six détenus. Depuis sa prison de Salé, le PJD Maâ El Aïnine y revient sur la gestion chaotique de la question du Sahara.


Jeux Paralympiques. Moisson de médailles

Le Maroc a terminé les Jeux Paralympiques de Pékin avec 7 médailles (4 d’or, 1 d’argent, 2 de bronze) pour 18 athlètes en compétition. Soit une de plus qu’en 2004 (2 or, 4 argent). Sanaa Benhama, 26 ans, a réussi un beau triplé en athlétisme avec trois médailles d’or et trois records. Elle a remporté les finales du 400 m et 200m, en établissant deux records paralympiques, puis, malgré la pluie, celle du 100m, en signant un nouveau record du monde de l’épreuve en 12 s 28/100. Chez les hommes, Abdellilah Mame a décroché l’or dans le 800m et Youssef Benbrahim l’argent dans le 5000m. Enfin, les sœurs Laila et Najat El Garaa ont obtenu deux médailles de bronze, l’une au lancer de poids, l’autre au disque.


Ramadan. Manger pour se sentir riche

Yaurait-il moins de pauvres pendant le mois sacré ? Oui, selon une enquête du Haut commissariat au plan. Celle-ci indique que le taux de pauvreté a enregistre une baisse importante durant le ramadan en 2007, passant de 9,3% en temps ordinaire à 6,1% pendant le mois sacré. Pour Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au plan, cette chute s’explique par le fait que la population, sans exception, mange plus. “Les gens sont plus solidaires entre eux. Ils consomment davantage et s’endettent pour améliorer leur régime alimentaire, avec des laitages et des jus de fruits”, nous a-t-il expliqué. Plus riches à crédit, en somme.


Boeing royal. M6 refait la déco

Le roi tient absolument à changer la décoration intérieure de son avion. En marge du séjour parisien de Mohammed VI, au mois de juillet, le boss de Royal Air Maroc, Driss Benhima, a rallié la capitale française, accompagné d’une équipe de techniciens de la compagnie. But du voyage : négocier le relooking du Bœing royal avec une société spécialisée dans l’agencement d’avions. “Mohammed VI ne supporte plus la décoration actuelle, qui date de l’époque de Hassan II. Il veut quelque chose de plus moderne”, nous a confié un cadre de la compagnie aérienne. “L’entreprise consultée devrait bientôt nous faire des propositions”, a-t-il ajouté.


Journalisme. À l’école du chiffre

Les oraux ont commencé pour les candidats sélectionnés afin d’intégrer l’école de journalisme créée par le quotidien L’Economiste. Même si les demandes ont été très nombreuses, 25 personnes seulement seront retenues en 1ère année. L’école est lancée en partenariat avec l’Institut supérieur de journalisme de Paris. Le coût est de 40 000 dirhams par an. Il y aura 12 enseignants, dont des universitaires et des professionnels. 3 personnes seulement de cette équipe sont des journalistes (dont 2 officient à L’Economiste). Le patron du quotidien, Abdelmounaïm Dilami, en assurera la responsabilité pédagogique. Les autres noms du staff n’ont pas encore été divulgués.


Football. Ellouboub, chaussé pour l’hiver

Vendredi dernier, la finale de l’émission de télé-réalité Al Kadam Addahabi (le pied d’or), diffusée sur Al Aoula, s’est soldée par la victoire (2-1) de l’équipe emmenée par Aziz Bouderbala contre la formation de l’entraîneur algérien Saïd Hadouch. Le soulier d’or est revenu à Boushab Ellouboub, apprenti footballeur de Laâyoune, qui a empoché la coquette somme de 15 millions de centimes. Plusieurs finalistes vont être sélectionnés afin de passer un test au Havre. Le club normand, évoluant dans l’élite du championnat français, a pour rappel déjà recruté Driss Fattouhi (19 ans), soulier d’or de l’édition précédente d’Al Kadam Addahabi.



Humeur. Comme des enfants

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Nous avons trop défendu la liberté d’expression pour nous permettre de la remettre en cause. Ça sera non. Définitivement. Un journal marocain, Assabil, s’étonne que les Marocains s’indignent de la fatwa de cheikh Maghrawi, validant le viol des fillettes de 9 ans. “On devrait plutôt s’indigner de la grossesse illégitime de (la Marocaine) Rachida Dati”, laisse entendre l’édito du journal. Les médecins, les psy en particulier, seront d’accord : un enfant issu d’une grosse “illégitime”, ou non désirée, a de fortes chances de repousser le biberon de maman. Et de présenter, plus tard, des troubles psychiques. Ce n’est pas pour cette raison que les cerveaux d’Assabil nous incitent à nous soulever. Le ventre de madame Dati, fille-mère au regard des dieux de la pudibonderie, fait mal. Si, comme nous, l’affaire vous fait juste sourire, si la grossesse de la Garde des sceaux ne réveille pas la fibre (patriotique ? hystéro-schizophrénique ?) qui sommeille peut-être au fond de votre âme, c’est que vous êtes, selon une certaine terminologie, un admirateur de la presse laïque. Un diable en puissance. Et puis quoi encore ? Le respect de la liberté d’expression nous oblige, oui messieurs, à écouter les balivernes d’une poignée d’excités, mal rasés, enturbannés, mal réveillés, gavés de hadith à l’âge où les nouveau-nés tâtent encore du sein maternel. Voilà. Un produit comme TelQuel est assimilé à un hymne punk, une bombe lacrymogène, une côte de porc dans un supermarché halal. Ils appellent cela le syndrome Lyautey-Descartes, la pensée occidentalisée, le complot ourdi contre notre bonne vieille identité arabo-musulmane. Santé.



VITES !

Ban Ki-moon a tenté de mettre fin à la polémique sur le départ de Peter Van Walsum. Le secrétaire général de l’ONU avait-il viré son envoyé personnel pour le Sahara ? Non, c’était une démission discrète. “Il m’a envoyé une note dans laquelle il me disait qu’il était préférable que je trouve quelqu’un d’autre.”, a-t-il affirmé la semaine dernière.


Cinq bergères âgées de 15 à 16 ans sont mortes, dimanche dernier, enlisées dans des boues mouvantes près d’un barrage des environs de Taroudant. Ramassant de l’herbe pour leur bétail, elles ont pénétré dans une zone dangereuse, interdite d’accès selon un communiqué officiel. Mais pas clôturée, selon les habitants de Tlamtaya, douar d’origine des jeunes filles.


Après avoir reconnu la RASD en février dernier, Le Malawi s’est rétracté cette semaine. La volte-face d’un des états les plus pauvres de la planète a été annoncée en ouverture du journal radio de la RTM. C’est de bonne guerre dans la propagande aux chiffres. 85 pays reconnaissent la RASD, selon le Polisario. 32 moins un (Le Malawi), d’après les Marocains.


Sept femmes au gouvernement, 10% au Parlement et moins de 0,6% d’élues dans les communes : pour y remédier, la ministre du Développement social, Nezha Skalli, propose de subventionner les partis présentant plus de 20% de candidates aux communales de 2009. Appel du pied au ministre de l’Intérieur, elle demande que la subvention soit inscrite dans le code électoral.


L’organisateur marocain du concert d’Elissa, prévu le 21 août dernier au Maroc, a entamé des poursuites judiciaires contre la star libanaise. Il lui reproche d’avoir empoché 30 000 dollars d’avance sur les 55 000 de son cachet. Puis d’avoir tout annulé 48 heures avant le show.


Deux diplomates marocains officiant aux Pays-Bas ont été rappelés par Rabat. Ils auraient tenté d’obtenir des informations confidentielles auprès d’un policier néerlandais d’origine marocaine. “Des explications ont été demandées au Maroc”, a précisé le ministre néerlandais des Affaires étrangères.


Les 3,2 millions de Marocains bénéficiant d’une mutuelle peuvent désormais consulter à distance leurs dossiers de remboursement maladie. La Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale les a mis en ligne sur son site cnops.org.ma But : éviter les queues dans les bureaux de poste et aux guichets des mutuelles.
 
 
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