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La semaine

À Cologne, la construction d’une
mosquée crée la polémique.
(AFP)

Islam. Une mosquée divise l’Allemagne


Manifestations “anti-mosquée” et mobilisations contre l’extrême droite sont prévues à Cologne le week-end du 20 septembre. La cause de cette situation explosive ? Le projet de construction d’une mosquée auquel la municipalité a donné le feu vert le 28 août, après deux années de polémique. Il s’agit d’un édifice “représentatif”, pourvu d’une coupole et de deux minarets hauts de 55 m, avec des annexes (école coranique, bibliothèque…), le tout sur 16 000 m2.

“Les musulmans ne devraient pas avoir à prier dans des arrière-cours et des locaux industriels”, a affirmé le maire de Cologne dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Son parti de droite a pourtant imposé des modifications au projet, essentiellement des réductions de taille et de “visibilité”, comme la limitation de l’appel à la prière dans l’enceinte de la mosquée et l’obligation de prêcher en allemand.

Des limitations insuffisantes pour les activistes de la coalisation d’extrême droite “Pro-Köln” qui, avant même le vote du projet, ont invité des organisations extrémistes de toute l’Europe à un “congrès anti-islamisation” les 19 et 20 septembre, sous le slogan “Non à la Grande Mosquée de Cologne - Non aux minarets - Non à l’appel du muezzin”. En réaction, plusieurs associations ont appelé à manifester contre le racisme. Dès le 25 août, le chef de la police de Cologne s’attendait à 40 000 manifestants. Un grand concert est même prévu, sur le modèle de celui de 1992, quand 100 000 personnes s’étaient rassemblées à Cologne. Le chanteur W. Niedecken a déclaré au journal Köln.de : “La ville est en mouvement (…) Pro-Köln n’a pas prévu autant de résistance”. Dans plusieurs autres grandes villes, des projets de grandes mosquées suscitent autant de controverses. Pourtant, sans opposition, à 60 km de Cologne, les musulmans de Duisbourg disposeront fin octobre de la plus grande mosquée d’Allemagne, avec un minaret de 34 mètres et une capacité de 1200 personnes.


Marchés. ça va mal !

La finance mondiale est dans la tourmente depuis la faillite de la banque new-yorkaise Lehman Brothers, lundi 15 septembre. La veille, la réserve fédérale américaine avait refusé d’apporter son aide à Lehman, laissant la banque payer le prix de sa (trop) forte exposition sur le marché immobilier. Les marchés ont fortement décroché dans le sillage de l’annonce. Ni le rachat de Merrill, absorbée par Bank of America pour 50 milliards de dollars, ni même le sauvetage le lendemain par la Fed de AIG, le géant américain de l’assurance, n’ont calmé la panique. Au total, la Fed et les banques centrales européennes et asiatiques ont injecté plusieurs centaines de milliards de dollars pour assurer la liquidité sur les marchés. Première conséquence politique : le candidat démocrate à la Maison Blanche, Barack Obama, a repris du terrain sur son rival républicain John McCain.


Israël. La nouvelle Golda Meir ?

L’actuelle ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a franchi, mercredi 17 septembre, la première étape vers le pouvoir. Avec un score de près de 43% lors des élections primaires de Kadima, elle a pris la tête du parti majoritaire à la place d’Ehud Olmert, démissionnaire, devançant de peu son rival, Shaul Mofaz. Reste désormais à cette avocate, ancienne du Mossad, à former une majorité parlementaire et constituer un gouvernement. Faute de quoi des élections anticipées pourraient avoir lieu et une bataille devra l’opposer au leader du parti de droite Likoud, Benjamin Netanyahu. Une victoire la consacrerait deuxième femme Premier ministre de l’Etat hébreu, mais ses positions répétées en faveur des discussions avec l’Etat palestinien l’éloignent de l’image de “dame de fer” de Golda Meir.


Zimbabwe. Accord de partage du pouvoir

Robert Mugabe, président depuis 28 ans, et Morgan Tsvangirai, leader de l’opposition, vont former un gouvernement d’union nationale. Après cinq mois de crise, les deux hommes ont signé, lundi 15 septembre, un accord complexe de répartition du pouvoir exécutif, dans le but de mettre fin à la crise aigue qui secoue le pays. Réélu fin juin après un scrutin contesté, Mugabe restera chef de l’Etat et dirigera le gouvernement présidé par Tsvangirai. Le Conseil des ministres participera à l'élaboration des politiques et en surveillera la mise en œuvre. Les deux hommes devront surmonter un lourd passé de violences et de défiance pour parvenir à respecter l’accord signé. Une condition posée par la communauté internationale pour reprendre son aide économique, dont le pays a grand besoin.



Lu pour vous [FRANCE]
Turquie : Opérations anti-alcool de l’AKP

Guillaume Perrier, Le Monde, 18 septembre.

“L’alcool est mère de tous les vices”. Cette parole supposée du prophète Mohammed est placardée toute l'année à l'entrée de Keçiören, un vaste arrondissement populaire d'Ankara. C'est une initiative du maire local, Turgut Altinok (AKP). Dans sa commune, l'alcool est devenu le sujet d'une nouvelle crispation entre laïcs et islamistes. […] “800 000 habitants à Keçiören et pas un endroit pour boire une bière avec sa famille ou ses amis...”, soupire Ali Gölpinar, le représentant local du Parti de la liberté et de la solidarité (ÖDP, gauche). Même inquiétude à Kadiköy, un quartier historique d'Istanbul aux terrasses inondées de soleil. Chaque vendredi soir depuis deux mois, quelques dizaines de riverains manifestent, avec des canettes de bière et des bouteilles de raki, devant le café de l'embarcadère. (…) Depuis qu'il a été racheté par la mairie, l'établissement du quai ne sert plus d'alcool. Les habitués dénoncent une atteinte à la laïcité orchestrée par le gouvernement. Plusieurs maires du parti islamo-conservateur au pouvoir ont défendu l'idée, ces dernières années, d'établir des “zones rouges” dans les grandes villes, en dehors desquelles la vente d'alcool serait prohibée.

 
 
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