Audiovisuel. Les fatwas de la HACA
Omar Raddad : "Un Rifain n'abandonne jamais"
Diplomatie. L'espion de sa Majesté
Sport. Running woman
Humeur. Jamais sans ma voiture
Reportage. Dima dima Derb Ghallef
Caucase. Le réveil de l'Ours
Publicité. Réclame ramadanesque
Livre. Le monde selon Choukri
Parution. Mes amours, mes amis et moi
Driss Roukhe. Un héros si discret
N° 340
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Whatever Lola wants, de Nabil
Ayouch, a totalisé 88 422 entrées.
(DR)

Box office. Lola rafle la mise


Le cinéma marocain est en bonne santé. La preuve par le box office de la première moitié de l’année 2008, communiqué par le Centre cinématographique marocain. Avec une fierté non dissimulée, l’institution a livré cette semaine le classement des entrées des 9 films sortis en salle. Presque sans surprise, Whatever Lola wants, la comédie romantique signée Nabil Ayouch (une production de Pathé et de Canal), arrive en tête. Loin devant les autres films marocains, avec 88 422
entrées nationales, le film est en revanche plus proche de Morjane Ahmed Morjane, film égyptien avec Adil Imam, qui arrive en tête du classement général des sorties, toutes nationalités confondues, avec 99 000 entrées. La médaille d’argent est attribuée aux Jardins de Samira de Latif Lahlou (Prix d’interprétation masculine et meilleur second rôle masculin au dernier Festival du cinéma national), qui remporte, en plus du succès critique, un petit succès public avec 41 693 entrées. Viennent après et dans l’ordre, Adieu Mères de Mohamed Ismaïl (20 503 entrées), Les Cœurs Brûlés de Ahmed Mâanouni (16 212 entrées) suivis de Où vas-tu Moshé ? de Hassan Benjelloun, Islamour de Saâd Chraïbi, Argana de Hassan Ghanja. Grosse déception, ils ne sont que 6495 à avoir vu le très intéressant En attendant Pasolini de Daoud Aoulad Syad (Meilleur film arabe au Festival du Caire). Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Loin s’en faut puisque le CCM rappelle qu’en 2008, neuf autres salles sombres ont mis la clé sous la porte, réduisant le nombre des salles dans le royaume à 70. Osons espérer que la déclaration du CCM, sans doute un signe de prise de conscience effective, donnera vite lieu à des actions conséquentes pour arrêter l’hémorragie.


Sortie. Attention, chose méchante

Une fête chez de jeunes New-Yorkais friqués tourne au cauchemar éveillé quand une chose monstrueuse s’attaque à Manhattan… Simplissime, le pitch de ce film porté par des acteurs anonymes, sorti incognito avant de cultiver un gros buzz sur la Toile, s’efface devant la redoutable efficacité d’une réalisation audacieuse : tout est vu – vécu – à travers le caméscope d’un vidéaste amateur. Entre Projet Blair Witch et Godzilla, plus un je-ne-sais-quoi du 11 septembre, Cloverfield nous plonge dans un huis clos à tombeau ouvert où l’hyperréalisme le dispute au fantastique le plus démesuré. Matt Reeves (réalisateur de la série Felicity mais aussi scénariste de The Yards) ne se gêne pas pour nous faire comprendre le pourquoi du comment (quelle est cette bête ? D’où vient-elle ?), mais s’éclate à nous faire côtoyer l’horreur de l’absurde - avec ce qu’il faut de sentimentalisme pour compenser. Un courant d’air dans les films d’apocalypse, à découvrir. Claustrophobes s’abstenir.

Cloverfield, au mégarama.



Initiative. Droit à l’image

Tout le monde a la droit de se faire une toile : c’est le credo d’Images pour tous, association fondée par Nabil Ayouch, réalisateur, et Mohamed Layadi, gérant du Colisée de Marrakech, pour créer un réseau de salles de ciné - projection en numérique - dans les campagnes et quartiers défavorisés du royaume. “Pour y voir des films, mais aussi des docus, des programmes de sensibilisation, même du théâtre”, précise Amine Benjelloun, chef de projet. Pour l’heure, l’asso s’est entendue avec la ville de Casablanca pour lancer un pilote à Sidi Moumen, Sidi Othmane, El Fida et Moulay Rachid, et discute avec le gouverneur de Marrakech pour la région du Haouz. À suivre.


Septième art. Ismaïl chez le Pape

Mohamed Ismaïl est, à l’heure qu’il est, un homme heureux. Son film Adieu mères sur l’exode des juifs marocains n’en finit pas de faire le tour des festivals internationaux. Dernière sélection en date (par une commission indépendante au sein du CCM), celle qui l’inscrit sur la liste des candidats à la 79ème édition des Oscars américains. Par ailleurs, après son passage dans des messes du cinéma en France, aux Etats-Unis et au Canada, il sera présent à In the spirit of faith, concours officiel du film religieux à Rome. Cerise sur le gâteau, une projection au Vatican est prévue en marge de l’événement. Mohamed Ismaïl ira aussi en Autriche, Adieu Mères ayant été retenu par le Vienna Jewish Film Festival, concerné par le thème du film. L’Espagne l’accueille à bras ouverts puisqu’il sera présent à la Mostra de Valencia, au festival El Ojo Cojo de Madrid et à la Mostra du cinéma africain à Barcelone. Ah, on oubliait Sao Paulo au Brésil, où le film sera visionné dans le cadre du festival de la ville. Ismaïl n’a plus qu’à oublier de défaire sa valise.


Muslim. Toujours au top

Le rappeur tangérois n’a apparemment plus aucune envie de se retirer de la scène hip hop marocaine, comme il l’avait annoncé auparavant. La preuve, il vient de sortir un tout nouveau maxi. Intitulé Mor Ssour, cet opus se compose de sept titres, tous écrits, composés et masterisés par Muslim lui-même. À écouter le rappeur, plusieurs mois loin des studios n’ont en rien altéré son flow. Textes toujours aussi acérés, voix gutturale unique... Un Muslim au meilleur de sa forme en somme. Et comme au bon vieux temps, ce maxi n’est pas juste en vente à Tanger. Il est également disponible en téléchargement sur le site Raptiviste.net. À découvrir d’urgence.


Cinéclub. France-Sénégal

En octobre, deux nouvelles vagues se rencontrent sur les hauteurs du Grand Socco. Tout le mois, la Cinémathèque de Tanger rend hommage à François Truffaut, ou les aventures en quatre épisodes de son alter ego fictif Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) : enfance, avec Les 400 coups (1959), l’amour, dans Baisers volés (1968), le mariage à travers Domicile conjugal (1970), le divorce de L’Amour en fuite (1979). Les dimanches 12 et 19, place aux promesses du Septième art sénégalais, grâce à une série de courts-métrages réalisés au sein du Media Centre de Dakar : dans Papa, Aicha Thiam écrit à son père disparu ; Oumy et moi, de Adams Sie, lie d’amour une chrétienne albinos et un musulman ; Delphe Kifouani aborde l’immigration dans Un ami est parti, et Surtout souriez, de Fatou Jupiter Touré, nous fait rencontrer une petite vendeuse de thé dans une gare routière.


Musique. Bent au bled

Voilà quatre ans que la jeune femme levait le poing en sortant de l’émission télévisée La Nouvelle Star. Et si la chanteuse a perdu “ses rondeurs”, elle “réchauffera les cœurs” marocains, le mardi 30 octobre prochain au Mégarama de Casablanca. Cette “philosophie”, qui lui a valu une Victoire de la musique et un disque d’or pour son premier album Un jour d’été, elle l’a mûrie jusqu’“à 20 ans”, son second opus, préparé avec la participation de Pascal Obispo et Charles Aznavour. Au casting des collaborations, elle y chante en duo avec Diam’s et La Fouine et interprète le titre “Nouveaux Français”, avec une réplique “Je viens bien de quelque part mais je suis ici”, qui prendra un sens particulier dans son pays maternel.


Débat. Une journée pour une loi

Le 16 octobre prochain est consacré journée nationale du cinéma. L’initiative du ministère de la Communication entend mettre le 7ème art sous les projecteurs avec pour thème de l’édition 2008 : “La refonte du texte régissant le fonds d’aide à la production nationale”. Un choix qui ravit le groupe des artistes réalisateurs et producteurs (GARP), concerné par les carences de subventions ou l’opacité de leur attribution. L’ensemble des membres du GARP veut proposer au gouvernement d’agir sur les secteurs de la production nationale et de la distribution ainsi que sur les salles de cinéma dont le nombre diminue dangereusement d’année en année. Sans oublier l’éternel cheval de bataille qui est le piratage. Pour cela, le GARP a constitué une commission restreinte chargée de préparer les bases des textes juridiques devant servir de loi-cadre. Action !


Documentaire. Rue du cirque

Un mois après la représentation de la Biennale “Les Enfants du Bouregreg”, qui avait attiré 300 000 personnes, le réalisateur slaoui Wahid El Moutanna, 28 ans, finalise le montage d’un documentaire en coulisses de cette aventure. Pendant deux mois, de la rue aux entraînements jusqu’au spectacle du 21 août, il a suivi Hajar, 12 ans, ou encore Louzi, 18 ans, acrobates du cirque Shems’y (association Amesip). Produit par Ali N’, ce film devrait être projeté au théâtre Mohammed V de Rabat avant de passer sur des chaînes marocaines et étrangères. Prix Unesco au Festival de Venise pour son court-métrage Cadre, Wahid El Moutanna espère également présenter un film sur les enfants du Bouregrag au prochain Festival du documentaire Al Jazeera, qui a choisi l’enfance comme thème de 2009.



Humeur.
Khouribga sur Mer

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Chaque année, après les vacances du mois d’août, la presse hexagonale se fait l’écho des malheurs et bobos de touristes français au Maroc. 2008 n’a pas dérogé à la règle. Le quotidien Le Parisien libéré, vox populi de la classe moyenne française, a raconté avec moult détails pittoresques les infortunes d’une jeune mère de famille et de sa fille qui auraient été séquestrées. Dans le rôle des Thénardier : un couple franco-marocain qui l’a invitée à passer des vacances dans la campagne aux alentours de Khouribga. Rançon pour la libération de Cosette : épouser un mâle de la famille. La pauvre fille a 23 ans, elle vit dans un bled paumé en France, elle est blonde et s’appelle Jennifer. On a tout de suite imaginé le tableau. Jennifer a vu le jour en 1985, année où le prénom a connu son pic du siècle chez les nouveaux-nés filles, selon des chiffres tout à fait officiels. Avant d’être victime au Maroc, Jennifer partait avec un sérieux handicap en France de la faute d’une mère trop portée sur les séries américaines. Coupable aussi, l’environnement de Jennifer. C’est qu’il faut sacrément s’emmerder à Angoulême pour aller passer des vacances champêtres à Khouribga. Jennifer était-elle une véritable prisonnière du désert ou a-t-elle menti ? Une seule chose nous apparaissait sûre : le quart-monde s’était égaré dans le Tiers-Monde, la cambrousse dans la pampa, et Jennifer s’était fourvoyée au pays des Hadda. Au final, ça ne devait pas voler plus haut qu’à la Ferme des célébrités…



Lire et sourire
Allez hop, à vos livres ! C’est l’invitation faite aux 7 à 77 ans par l’IF de Casablanca. Du 10 au 18 octobre, “Lire en fête” propose de suivre les étapes de fabrication d’un livre, des contes, des spectacles, des lectures publiques, des conférences et tours de magie, et journées portes ouvertes à la médiathèque.


Entre Terre et Ciel
La galerie Bab Rouah à Rabat accueillera du 17 octobre au 30 novembre prochains “Entre Terre et Ciel”, exposition de Nadia Mehadji. Dessins des dix dernières années, entre 1998 et 2008, peintures sur grandes toiles, gouaches sur le thème de la fleur, qui parcourt d’ailleurs tout son travail.


Regard
Rescapé du tremblement de terre d’Agadir, confié à une famille belge, Abdellah Aourik quittera l’Europe pour explorer la Chine, l’Inde, le Tibet, et de 1981 à 1986 les Etats-Unis. De son périple américain, sortira “Peintures du Nouveau Monde”, exposition montrée à l’IF d’Agadir du 8 au 24 octobre.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés