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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Henry Paulson
(AFP)

Krach. Un plan à mille milliards de dollars


“C’en est fini du Far West de la finance !”. La phrase, de l’économiste américain Nassim Taleb, en dit long sur la crise financière qui secoue les Etats-Unis. Et pour cause : les grandes banques, échaudées par les déboires de leurs confrères, se sont lancées dans la réduction des activités à risque comme les subprimes (crédits hypothécaires) pour se rabattre sur les activités traditionnelles de banques de dépôt, moins rémunératrices, mais plus sûres. Pendant ce temps-là, le FBI a ouvert
une enquête sur 26 sociétés qui auraient fourni de “fausses informations” aux marchés et aux autorités compétentes. Mais l’explosion de la bulle immobilière a entraîné, malgré les quelque 300 milliards de dollars déjà injectés pour stabiliser l’économie, des “risques très inquiétants” pour la croissance et l’inflation, a indiqué Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine, en défendant le plan de sauvetage d’Henry Paulson. Le secrétaire au Trésor prévoit une injection de 700 milliards de dollars, destinés à éponger les créances douteuses des banques dans l'immobilier et une réforme du système de surveillance du système financier, jugé obsolète. Le montant, colossal, suscite un débat houleux au Congrès et, pour éviter “la crise du siècle”, Georges W. Bush lui-même a dû se prêter à une allocution télévisée mercredi 24 septembre pour rassurer les marchés.

Le président américain avait fait de même la veille, lors de l’Assemblée générale de l’ONU, vantant les “mesures audacieuses” censées éviter “un effet dévastateur sur d'autres économies à travers le monde”. Cela n’a pas empêché un faisceau de critiques envers un système où les pays pauvres subissent les conséquences de l’inconscience des pays riches. Plusieurs dirigeants ont appelé à un meilleur contrôle des marchés financiers internationaux, comme Nicolas Sarkozy qui a demandé que les agences de notation soient “contrôlées et sanctionnées si nécessaire”. En attendant, l’effet politique de la crise ne s’est pas fait attendre aux Etats-Unis : Obama grimpe dans les sondages avec, mercredi 24 septembre, 52% d’intentions de vote, contre 43% pour son rival Mc Cain.


Egypte. Rapt de touristes

Onze touristes européens et huit accompagnateurs égyptiens ont été enlevés lors d’un safari en 4X4 dans l'extrême sud de l'Egypte, vendredi 19 septembre. Les otages se portent bien et sont actuellement retenus dans un “no man's land” frontalier entre le Soudan, l’Egypte et la Libye, a affirmé le ministère des Affaires étrangères soudanais. Les négociations se poursuivent, alors que depuis mardi 23 septembre, les forces de Khartoum ont localisé les ravisseurs et encerclé la région. Les autorités refusent cependant de parler d’une action militaire qui mettrait en danger la vie des otages. L’Allemagne, l’Italie et la Roumanie travaillent en étroite collaboration, mais refusent de confirmer les rumeurs d'une rançon oscillant entre 4 et 60 millions de dollars.


Finlande. Le Columbine nordique

Une fusillade a fait onze morts, mardi 23 septembre, dans un lycée à Kauhajori, petit village à l’ouest de la capitale finlandaise. Matti Juhani Saari, étudiant en restauration au lycée professionnel, a ouvert le feu, tuant neuf élèves et un professeur, avant de se donner la mort. Le jeune homme de 22 ans avait été entendu la veille par la police, après avoir posté une vidéo sur Youtube.com, le mettant en scène avec un pistolet automatique. Une enquête a été ouverte pour déterminer l’éventuelle responsabilité de la police qui n’avait pas jugé nécessaire de lui retirer le permis de port d’arme. Après un drame similaire l’an passé, le premier ministre, Matti Vanhanen avait annoncé un durcissement de la législation en la matière. Car la Finlande n’applique toujours pas la directive européenne autorisant le port d’arme à 18 ans, et non à 15, comme c’est le cas dans le pays nordique.


Birmanie. Libérations politiques

Tous les défenseurs de la liberté d’expression ont salué la libération du plus ancien détenu politique de Birmanie. Il faisait partie de 9000 détenus relaxés par la junte militaire au pouvoir le mardi 23 septembre. Win Tin U a été emprisonné en 1989 pour avoir appartenu à un parti d’opposition, la Ligue nationale pour la démocratie, d'Aung San Suu Kyi, et pour son activité de journaliste. Condamné à 10 ans sous un prétexte de droit commun, il a écopé en 1996 d’une peine supplémentaire après avoir dénoncé auprès de l’ONU ses conditions de détention. Pendant ces 19 années de prison, très malade, l'homme a résisté à tous les chantages de la junte militaire et obtenu le Prix Unesco de la liberté de la presse en 2001. Malgré ses 78 ans, il a déclaré : “Je continuerai à faire de la politique”.



Lu pour vous [FRANCE]
L’armée contre la Camorra ?

Marc Semo, Libération, mardi 23 septembre 2008.

L’armée italienne pourrait bientôt être déployée dans la région de Naples contre la Camorra, la mafia locale, après un règlement de comptes qui a fait sept morts dont six Africains, jeudi. (…) Quelque 3000 soldats sont déployés depuis août dans de nombreuses villes, pour lutter contre l’insécurité. Les autorités avaient déjà eu recours à l’armée en Sicile, en 1992, après les assassinats coup sur coup des juges du pool antimafia, Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. “L’armée ne pourra avoir qu’un rôle de soutien car elle n’est pas préparée pour lutter contre la mafia”, explique Giuseppe Ayala, ancien magistrat du pool antimafia. Il s’agit notamment d’assurer la garde des bâtiments publics, afin d’en libérer policiers et carabiniers. (…) L’irruption de groupes de trafiquants de drogue du Nigeria aurait déclenché cette guerre des gangs, dans la région au nord de Naples. “Le clan des Casalesi craint de ne plus être reconnu comme celui qui commande du début à la fin”, soulignait, hier, Roberto Saviano, auteur du best-seller Gomorra, dans une tribune publiée par le quotidien La Repubblica.

 
 
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