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N° 340
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Réda Allali

ZB part surfer sur le Web, pour essayer de comprendre de quoi il parle.

Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque



Juste un petit mot pour commencer, au sujet du fqih pédophile. Zakaria Boualem refuse de citer son nom, et encore moins de commenter son délire. Le héros de ces colonnes se contentera ici de s’étonner qu’on trouve encore chez nous des gens qui offrent des sites Internet et des tribunes populaires à pareil énergumène, manifestement en proie avec un système hormonal troublé. Zakaria Boualem s’étonne également de la lenteur de nos théologiens officiels à réagir publiquement. Il suffit de raconter n’importe quoi avec force et conviction pour intimider tout le monde, surtout lorsqu’on parle de religion. Fin de la sinistre parenthèse.

Non, l’événement de la semaine, selon Zakaria Boualem, c’est que les Etats-Unis sont ruinés. Il n’a pas compris pourquoi ils sont ruinés soudain. On a essayé de lui expliquer le coup des spéculations immobilières foireuses, du surendettement des ménages, mais il n’a rien compris… Ils étaient riches, tranquilles, peut-être un peu arrogants, finalement. Ils attaquaient les gens qui leur plaisaient pas trop, ils enregistraient plein d’albums de Britney Spears, multipliaient les séries télé, ils faisaient même un peu de démocratie tous les quatre ans, le luxe suprême. Maintenant qu’ils sont ruinés, ils vont faire
comme les autres : la queue dans les consulats, quelques trafics divers, des mariages blancs, des pateras de temps en temps, et pourquoi pas un ou deux attentats pour mettre de l’ambiance. On imagine sans peine que les scénaristes d’Hollywood, au chômage, viendront chez nous travailler à 2M et à Al Aoula, où l'on manque un peu d’idées ces dernières années. Ces quarante dernières années, en fait. On imagine des basketteurs ruinés se reconvertir dans le football marocain, il feront pas pire que le Raja de toute façon qui, contre les FAR, a failli précipiter Zakaria Boualem dans une opération d’immigration clandestine vers le Cameroun. Vous imaginez, un match de Botola avec Kobe Bryant, ruiné, dans les buts, ou une sitcom marocaine avec Tom Cruise, ruiné lui aussi, qui donne la réplique à Khiyari ?... Reste le cas de George Bouche, ruiné. Ses capacités à se foutre de la gueule du monde en obtenant exactement ce qu’il veut tout le temps en font un homme précieux. Il faut lui trouver une reconversion chez nous. Zakaria Boualem réfléchit, puis pense à un poste de samsar de voiture. Vous savez, ceux qui se laissent pousser précipitamment une barbe pour endormir le client, lui jurent que la voitures est comme neuve, que ce modèle est incroyablement demandé, que s’il avait un peu d’argent il l’achèterait pour lui, que s’il pouvait faire un effort il le ferait, mais il ne gagne rien sur cette affaire, wa haq la ilaha illa Allah. Si vous vous pointez avec la même voiture à vendre cette fois-ci, le discours est exactement le même, mais à l’envers : ce modèle ne vaut plus rien, personne n’en veut, les gens préfèrent marcher à pied plutôt que de se mettre en danger avec pareille embarcation, mais il va quand même vous la prendre fi sabilillah, parce que c’est le ramadan et que vous êtes sympathique. En général, ça marche. George Bouche ferait un tabac à Sbata le samedi matin…

Zakaria Boualem vient de sauter une ligne, le temps de surfer sur le Web pour essayer de comprendre de quoi il parle depuis le début de cette page. Voici les faits : la banque américaine en perdition, Lehman Brothers, est tout simplement la quatrième banque du monde, le personnel prend actuellement des photo-souvenirs des bureaux pour les petits-enfants quand tout cela aura été englouti. Chez nous, la Bourse de Casablanca s’est cassée la gueule cette semaine. Mais cela n’a rien à voir, c’est notre ministre des Finances qui l’a dit : “La baisse vient des investisseurs qui se sont fait peur en discutant après le f’tour, en imaginant que la crise allait débouler au Maroc”. Le problème, ce n’est donc pas Lehman Brothers, mais le f’tour. Qu’on en avise la Banque Mondiale, vite ! La conclusion s’impose d’elle-même : vivement l’Aïd que tout rentre enfin dans l’ordre.

 
 
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