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Par Illy Naït Lahcen
Télévision. Zygomatiques Academy
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Mehdi Chentouf, participant
de Casablanca.
(TNIOUNI)
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Comédia, émission dont le but est de dénicher les nouvelles stars de lhumour, sest fait sa petite place dans le Paysage audiovisuel marocain. Et arrive même à nous faire rire. Coulisses dun prime.
20 heures, devant les locaux de la SNRT à Aïn Chock, Casablanca. La bâtisse, gardée par des policiers, en impose par ses allures quasi soviétiques. Pas de Sésame ouvre-toi pour y accéder, mais un simple Cest pour Comédia, presque chuchoté, et lun des gardiens du temple |
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pousse le grillage, sans demander plus de détails. Pour les locaux dune chaîne de télévision, lambiance est plutôt calme. Pourtant, deux ou trois tournages démission sy préparent en simultané, dont celui du prime de Comédia, lémission phare d'Al Aoula pendant le mois de ramadan.
À deux heures du démarrage, dans les couloirs de la chaîne, pas de précipitation. Léquipe de lémission est dorénavant rodée. Plusieurs primes ont été diffusés et les chiffres de laudimat sont on ne peut plus concluants : Comédia est la seule émission d'Al Aoula a avoir véritablement convaincu les téléspectateurs, raflant dès son premier prime (diffusé le 4 septembre dernier) 21,3% des parts de marché de la première chaîne. Un succès que Yassine Zizi, lun des producteurs, explique ainsi : Comédia est un programme marocain qui sadresse à tous les Marocains, mais qui, en plus, propose un souffle nouveau : un humour marocain moderne.
De lhumour marocain, mais moderne
Dans les loges, on se fait tout beau. La comédienne Amal Atrache, membre du jury, est au maquillage, et Yassine Zizi essaie, entre deux appels téléphoniques, un pullover rayé noir et gris que la styliste lui a choisi. Un tantinet stressé, il raconte comment, avec son acolyte Mohamed Ramzi, ils se sont lancés dans laventure Comédia : Nous sommes partis dun constat flagrant. Les Marocains sont friands dhumour, adorent rire et faire rire. Pourtant, ça ne se voit pas à la télé qui, depuis trois décennies, sert le même humour et les mêmes humoristes. Comment en dénicher de nouveaux ? Comédia était lémission appropriée. En plus, du côté de la chaîne, le concept (des quotidiennes et des primes) a tout de suite emballé.
En juillet dernier, premier spot télé annonçant le concours Comédia. Lhumoriste Mohamed El Khyari invite les comiques en herbe à envoyer leurs candidatures. Ramzi se souvient : Au bout dune semaine de diffusion du spot, jai appelé la chaîne pour leur demander darrêter. Nous étions inondés de candidatures !. Démarre ensuite létape de la sélection des participants à lémission. Le jury, composé de Yassine Zizi, Amal Atrache et Mohamed El Khyari, décortique pendant deux week-ends les sketchs de 4 minutes de 600 passionnés du rire. Parmi eux, seuls 16 participants sont pris. Ils ont entre 16 et 38 ans et des rêves plein la tête : passer sur Comédia, gagner et devenir humoriste professionnel. Au final, sur les 16, rappellent les initiateurs, un seul échappera à lélimination et remportera le gros lot : un chèque de 100 000 DH et une promesse de carrière. Rien de précis pour linstant, sauf une réelle volonté de la chaîne de parrainer de nouveaux talents et de les accompagner.
Promesses de carrière
Il est 21h30. Le plateau aux allures de café-théâtre est déjà bondé. Techniciens, présentateur, public et chauffeur de salle saffairent. Le 7ème prime de Comédia est décisif. Cest la deuxième demi-finale, au bout de laquelle deux candidats seront éliminés par le jury (diffusion prévue pour le 16 octobre). Le chauffeur de salle na pas de mal à faire réagir les quelque cent spectateurs présents. Applaudissements, sifflements, éclats de rire arrivent facilement dans les coulisses, où les 5 candidats (dont un duo) font des va-et- vient, silencieux, essayant tant bien que mal de gérer le trac. Ali, Anouar, Abdou, Driss et Mehdi croient dur comme fer à leurs chances. Je suis là parce que je veux être le sixième humoriste marocain, confie Ali, le plus jeune des candidats (16 ans). Après Si Mohamed El Khyari, Al Oustad Saïd Naciri, Al Oustad Hassan El Fad, Al Oustada Amal Atrache et Al Oustada Hanane Fadili. Le compte y est et il ne manque personne à lappel. Abdou, lui, est chauffeur de taxi. Depuis le début de lémission, non seulement les clients me reconnaissent mais en plus, ils me laissent désormais des pourboires plus généreux, rapporte-t-il dans un éclat de rire. Driss et Mehdi ont, eux, lhabitude de la scène. Nous avons remporté le premier prix du Dernier Comique il y a quelques mois. Nous sommes tous les deux dans une école dingénieurs, mais lhumour, cest notre passion. En fait, nous voulons être les Eric et Ramzy du Maroc, confient-ils non sans une pointe de fierté.
Dans un coin, les coachs Mohamed Achaour (réalisateur) et Mustapha El Houari (comédien) couvent leurs poulains des yeux : Si jai accepté de participer à laventure, cest dabord pour comprendre pourquoi aucun humoriste na émergé depuis Hanane Fadili, qui a commencé sa carrière il y a plus de dix ans. Il ny a pas de relève et cest dramatique, explique Mohamed Achaour. Avec son binôme, ils dispensent aux participants cours dexpression scénique, dimprovisation, leur apprennent à construire leurs personnages, à utiliser leur corps
De loriginalité, il y en a vraiment chez les participants. De la bonne matière brute en somme. Mais ils sont malheureusement assez formatés. À force davoir été biberonnés au même humour bourré de clichés, ils reproduisent souvent instinctivement ce quils voient à la télé, sentendent les deux coachs. Cette émission est une aubaine pour eux. Mais il ne faut pas se faire dillusion. Quand tout ça sera fini, sils ne sont pas encadrés et conseillés, il ne feront rire personne et on nentendra plus parler deux.
22 heures. Chacun est à sa place et le tournage peut commencer. Abdou, le chauffeur de taxi, ouvre le bal. Sa maison a pris feu, il appelle les pompiers et sen suit un sketch basé sur lhumour de répétition. Lhistoire tient la route, malgré quelques longueurs dans lesquelles se noient les répliques les plus drôles. Fin du sketch, applaudissements du public et le jury prend la parole
La suite ? À suivre sur Al Aoula, le 16 octobre prochain ! |
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Critique. Du spectacle et des limites
Avec 9 caméras sur chaque prime et quelque 150 personnes dédiées à lémission, Al Aoula na pas lésiné sur les moyens pour choyer Comédia. Et malgré un plateau où tiennent à peine public, cameramen, jury, candidats et présentateur, le programme sent le projet ambitieux. Mohamed Ramzi et Yassine Zizi - on doit au premier Al Kadam Addahabi et au duo une certaine Lalla Laâroussa - ont maintenant lhabitude des recettes qui marchent. Nous navons rien inventé, se plaisent-ils à dire. On a juste adapté au Maroc des idées qui ont fait leurs preuves ailleurs. Les faiblesses de l'émission ? Ils les connaissent déjà. Le déroulé dabord, qui se résume à une succession de sketchs, suivie des commentaires du jury, et donc un résultat un tantinet ennuyeux. Je voulais une émission 100% dédiée aux candidats et à leurs sketchs, se défend Yassine Zizi. Le jury, ensuite, qui, à force de tbarkellah aâlik, ménage un peu trop les candidats et énerve parfois le téléspectateur. Il y a des candidats à qui on a envie de dire daller faire de la plomberie, mais on se retient. Cest la première édition de Comédia, cest normal quon cherche encore le bon ton à adopter. Nous avons déjà prévu de grands changements pour lannée prochaine, conclut Zizi. |
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