Je voudrais revenir sur un éditorial (TelQuel n° 337) , dans lequel vous évoquiez la schizophrénie qui ronge et décime les Marocains ... En fait , cette confusion entre tradition et modernité peut être à l'origine de plusieurs impasses et/ou situations limite insolites, où lon en arrive à appuyer les idées les plus folles. Prenons par exemple le cas Maghrawi, avec sa fatwa autorisant le mariage des fillettes de 9 ans : cela a évidemment créé un tollé et engendré un refus quasi systématique des Marocains (la majorité en tout cas), comme en témoigne la vitesse vertigineuse avec laquelle un groupe de soutien baptisé Contre le mariage des filles de 9 ans a vu le jour sur Facebook, récoltant des milliers de signatures en quelques jours à peine. Quand on lit les commentaires des uns et des autres, on tombe toutefois sur des commentaires curieux, parfois franchement décevants. Car certains soutiennent mordicus que lunion (avec une fillette de neuf ans !) reste concevable, sappuyant sur lhistoire (le mariage du prophète avec la jeune Aïcha) et allant jusquà considérer cet acte comme relevant de la Sunna. Pourtant, quand on leur demande s'ils accepteraient de marier leurs filles de 9 ans, la réponse est non, comme par enchantement. Alors voilà, hypocrisie à part, tout ce beau monde semble oublier que la loi marocaine interdit clairement le mariage avant l'âge de 18 ans révolus. S'attarder sur les diverses interprétations de la Sunna ne mènerait strictement à rien parce que la loi civile (et moderne, si lon ose dire) est la seule qui puisse fédérer et unifier les rangs. Alors respectons la loi, respectons notre époque, et chassons le flou, les ambiguïtés et toute trace darchaïsme dans notre société. À bon entendeur...
Anas Aitmi, Rabat.
La médina, le tourisme et les motos
Je suis de plus en plus stupéfait du silence des autorités et de la wilaya de Marrakech. Nous sommes en train de perdre la médina au profit des vélos et motos, qui font des pointes en se faufilant entre les passants au risque d'en blesser plus d'un. Personnellement, jai vu de mes propres yeux une touriste se faire renverser par un motard qui a pris la fuite Evidemment, les passants et les marchands n'osent jamais intervenir. Ce n'est pas notre boulot, disent-ils. Des citoyens ont signé et fait circuler des pétitions mais, à ce jour, personne na bougé le petit doigt. Pas de réaction, walou. Question : est-ce qu'on attend quil y ait un jour des morts pour oser se bouger ? Je termine mon plaidoyer en soulevant par la même occasion le problème des saletés qui saccumulent sur les trottoirs, un détail certainement incompatible avec notre objectif de dix millions de touristes.
Mustapha Najih, Marrakech.
Laïcs ou bikheer
Mesdames et messieurs de TelQuel, il vous faudrait, pour rester dans lesprit de démocratie que vous semblez défendre, vous limiter à publier les opinions de vos lecteurs, mais sans les commenter. Sil vous plaît. Il vous faudrait aussi accepter le fait que vous êtes de fervents défenseurs de la cause dite laïque. Cest tout, merci.
Simo Baitar, Montreal.
La fête du rire
Ce nest pas parce que le ramadan est fini que lon va oublier la question : pourquoi s'obstine-t-on, à chaque année, à vouloir nous faire rire en cette circonstance (le ramadan)? Et pourquoi, a fortiori, cet acharnement au moment même du repas, sachant que la musique andalouse était un bien meilleur digestif ? Et puis, par-dessus tout, quen pensent les sages de notre chère HACA (Haute autorité de la communication audiovisuelle). Allez, bonne fête quand même.