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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Tawfik Basri

Polémique. Basri vs El Himma

Driss Basri
(AFP)

En réaction aux déclarations de Fouad Ali El Himma sur les relations entre Mustapha Adib et feu Driss Basri, le fils de ce dernier, Tawfik, nous a adressé l'écrit suivant. Édifiant.


Pour régler ses comptes avec l'ex-capitaine Mustapha Adib, M. Fouad Ali El Himma a encore une fois cru bon de citer feu Driss Basri, mon père, en marge d'une interview publiée dans le n° 337 de votre magazine, daté du 6 au 12 septembre 2008, dans les termes diffamatoires suivants : “Aujourd'hui, il (Mustapha Adib) accuse les généraux Housni
Benslimane et Abdelaziz Bennani d'être à l'origine de tous ses maux. Cela me rappelle ce que m'avait dit Driss Basri, le jour où il avait été démis de ses fonctions. Nous étions en voiture, en route vers la passation de pouvoirs, et Basri m'a tenu le même discours sur Benslimane et Bennani. La même haine, les mêmes arguments, au mot près”.

Je veux rappeler ici à M. Ali El Himma que feu Driss Basri a quitté ses fonctions il y a presque neuf ans, et qu'il est décédé il y a plus d'un an. Je pense qu'il est grand temps pour lui de se trouver un autre bouc émissaire, de revenir à la raison et de suivre les enseignements de notre religion, qui nous recommande “d'évoquer en bien le souvenir de (nos) défunts”. La “haine”, si haine il y a, est peut-être à chercher ailleurs…

Passation de pouvoirs…
Le 9 novembre 1999, c'est moi qui ai accompagné feu mon père au ministère de l'Intérieur et M. Ali El Himma n'était pas avec nous dans la voiture. Le tout nouveau ministre délégué à l'Intérieur, qui avait “d'autres chats à fouetter”, était sûrement en train de concocter toute une série de mesures, dont la plus connue demeure la fameuse liste de personnes interdites de quitter le territoire. Aujourd'hui, l'évocation des noms qui composaient cette liste peut nous donner une idée sur le degré d'amateurisme du nouveau responsable.

En arrivant au quartier administratif, nous avons trouvé un ministère de l'Intérieur littéralement en état de siège, avec des militaires et des agents armés en faction, le doigt sur la gâchette, administrant une fouille systématique à tout le monde, aux fonctionnaires comme aux visiteurs, à l'entrée comme à la sortie. J'ai été moi-même l'objet de fouille au corps et des différentes parties de la voiture, alors que je n’ai fait que déposer mon père pour repartir aussitôt ! C'est certainement à cette ambiance, qui a duré en fait quelque six mois, que M. Ali El Himma fait référence en parlant de “passation de pouvoirs”. Quant aux relations de feu mon père avec tous les officiers supérieurs des FAR qui travaillaient auprès du défunt roi, elles étaient toujours empreintes de cordialité et de respect mutuel, y compris avec les généraux Bennani et Benslimane. Ses rapports avec ce dernier se sont dégradés lorsqu'il a su que le général avait encouragé (le mot est un peu faible) la mise en place des différentes mesures évoquées plus haut et qui étaient tout autant inopportunes qu'illégales.

 
 
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