Législation. Le choix des armes
Portrait. L'ami des trois rois
Polémique. Basri vs El Himma
Politique. Touche pas à mon parti
Analyse. Aux origines de la Fatwa
Crise financière. Et maintenant, l'Europe !
Krach. Sommes-nous concernés ?
Télévision. Zygomatiques Academy
Albert Cossery. Un dandy arabe
N° 341
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Fouad Ali El Himma (PAM),
Mohamed Aujjar et
Mustapha Mansouri (RNI).
(TNIOUNI)

PAM. Au centre toutes !

C’est désormais officiel, le Parti authenticité et modernité (PAM) a jeté son dévolu sur le Rassemblement national des indépendants (RNI). Lors d’une conférence de presse commune, lundi 29 septembre, les deux formations ont annoncé la fusion de leurs groupes parlementaires. Avec 75 députés à la Chambre des représentants et 73 élus à la Chambre des conseillers, le RNI et le PAM deviennent la première force du Parlement, loin devant l’Istiqlal avec ses 52 députés à la chambre basse. Après avoir rapidement (et mal) ingurgité une kyrielle de petits
partis (PND, ADL, PED, Al Ahd, ICD), le parti de Fouad Ali El Himma a donc décidé de s’attaquer à un plus gros poisson. Le RNI, arrivé quatrième aux élections législatives de 2007, avait en effet réussi à glaner sept maroquins ministériels en plus du perchoir. Qu’a-t-il donc à gagner d’une alliance avec le PAM ? A entendre Mustapha Mansouri, patron des indépendants et président de la Chambre des représentants, c’est surtout le parti de Fouad Ali El Himma qui pourra engranger les fruits d’une alliance avec le RNI : “Nous sommes un parti historique qui a une longue expérience électorale dont le PAM pourra largement profiter. Cela dit, nous n’en sommes qu’à l’alliance des groupes parlementaires, chaque parti garde pour l’instant son indépendance”, nous a confié Mansouri. Le patron du RNI voit loin : “Nous nous inscrivons dans une démarche stabilisatrice et fédératrice, en vue de constituer un grand rassemblement des centristes, où le Mouvement populaire peut d’ailleurs avoir toute sa place”. Quant au gouvernement El Fassi, il n’aurait rien à craindre des tribulations d’El Himma : “Plus qu’un simple soutien, le PAM est maintenant un membre actif de la majorité gouvernementale”, conclut Mansouri.


Inondations. Imintanout en eaux troubles

Deux personnes ont trouvé la mort à Imintanout suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région, le déluge rendant impraticable les routes menant à la localité. Des dégâts matériels importants sont aussi survenus à Targuist, rendu célèbre pour son sniper. Mohammed VI y avait procédé au lancement d’un programme visant le renforcement des infrastructures de la ville. Suite aux fortes pluies qui sont tombées cette semaine dans la ville, un pont qui a été construit (en terre) il y a environ un mois et demi s’est pratiquement effondré. Les précipitations ont aussi endommagé plusieurs routes inaugurées lors de la visite royale dans la région de Targuist.


PJD. Daoudi ou le déluge

Alors qu’il avait annoncé son départ il y a quelques mois, le numéro 2 du PJD semble toujours bien en place. Lahcen Daoudi a mis en suspens son projet de création d’école de commerce, “pour plancher sur la Loi de Finances 2009”, nous confie-t-il. “Cette loi devra être un bouclier contre la crise économique mondiale. Les transferts des MRE risquent de se réduire drastiquement à cause de la crise européenne, de même que les investissements européens au Maroc”, justifie l’économiste en chef du parti islamiste. Selon Daoudi, le salut du Maroc doit passer par une relance de la demande, notamment par le développement des produits bancaires alternatifs.


IAM. Embouteillage sur la ligne

Nombreux sont les clients d’Ittisalat Al Maghrib qui n’ont pu souhaiter “bonne fête” à leurs proches le jour de l’Aïd El Fitr qu’après maintes tentatives. “Le réseau a été surchargé pendant plusieurs heures, avant que la demande ne soit normalisée”, nous a indiqué la cellule communication de l’opérateur téléphonique. Pas de panne donc, juste un engorgement du réseau, auquel les services techniques n’ont pu apporter de solution. “Cette année, l’Aïd est tombé un 1er du mois. C’est la période à laquelle les clients des formules prépayées disposent à nouveau d’une, deux ou trois heures de communication”, explique Maroc Telecom.


Cour. Le bouffon du roi est mort

Haj Mohamed Ben Abdelkader Binebine est décédé à l’âge de 88 ans. Le défunt, qui a enseigné au Collège royal, était connu comme érudit “dans les domaines du fiqh, de la littérature et des arts de la poésie arabe et marocaine”, souligne la dépêche de la MAP. L’agence oublie de dire que Abdelkader Binebine était aussi considéré comme le “bouffon” de Hassan II, qui faisait appel à lui pour le distraire à coups de blagues et histoires. Cependant, l’homme a traversé une période de disgrâce, après la participation de son fils Aziz à la tentative de putsch de Skhirat. Ce dernier a passé plus de 18 ans au bagne de Tazmamart.



3 questions à Mohamed Darif
[Spécialiste des mouvements islamistes]


Quel est le sens des réformes du champ religieux annoncées par Mohammed VI le 27 septembre dernier ?
Il ne s’agit pas d’une nouvelle réforme, mais de la redynamisation d’une réforme amorcée en 2004. Car, depuis quatre ans, les oulémas ne sont pas parvenus à élaborer des discours simples et accessibles à tous. L’enjeu est maintenant celui d’une politique religieuse de proximité. En passant de 30 à 69 conseils locaux des oulémas, on peut dire qu’on est sur la bonne voie.

Quelle peut être la portée du Conseil des oulémas pour la communauté marocaine en Europe que le roi a évoqué ?
Cette mesure va aussi dans le sens d’une politique religieuse de proximité. Jusqu’à présent, les affaires religieuses des Marocains de l’étranger étaient gérées depuis Rabat. Le ministère des Habous envoyait des oulémas à l’étranger pendant le ramadan. Cette politique a rapidement montré ses limites.

Le discours royal a-t-il été influencé par l’affaire Maghrawi, ce cheikh dont la fatwa autorise le mariage d’une fille de 9 ans ?
Des éléments conjoncturels comme cette fatwa peuvent expliquer en partie le discours royal. Mais il y a aussi et surtout des tendances de fond qui peuvent représenter une menace pour la sphère religieuse marocaine. Je pense à la montée du salafisme, mais aussi à la progression des courants chiites, notamment au sein de la communauté marocaine de l’étranger, originaire du Nord et de l’Oriental.


Radio. Les fatwas du CSCA

“C’est ainsi, nous jouons notre rôle en défrichant le terrain de la liberté d’expression, le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) joue celui de régulateur”, nous déclare Younès Boumehdi, dirigeant de Hit Radio, en réaction à la décision du CSCA de suspendre la diffusion de l’émission nocturne “Libre Antenne”, pour une durée de 15 jours. Motif invoqué par l’autorité de contrôle : “Des échanges attentatoires à la moralité publique, auxquels les animateurs de l’émission ont incité sans retenue et de manière répétitive”. Conséquence, la jeune radio accuse une perte sèche quotidienne de 30 000 dirhams en recette publicitaire. Sa consœur Chada FM a également écopé d’une suspension d’antenne de 12 h à 13 h, pour publicité clandestine (pour le compte du groupe Addoha), ainsi que d’une sanction pécuniaire de 35 000 dirhams. La semaine suivante, le CSCA a adressé un avertissement à la société “New Publicity” (détentrice de MFM Souss, MFM Saïss, MFM Atlas) pour dépassement du quota horaire toléré par le CSA dans la diffusion de programmes étrangers.


USFP. Grand remue-méninges

Dernière étape avant le 8ème congrès qui se tiendra les 7, 8 et 9 novembre, le prochain conseil national de l’USFP (dont la date n’a pas encore été arrêtée) devra fixer les résolutions politiques du parti. Après s’être mis d’accord sur des candidatures individuelles en lieu et place du scrutin de liste, reste à s’entendre sur l’essentiel : la participation au gouvernement. “Avec la visibilité toujours grandissante de Fouad Ali El Himma sur l’échiquier politique et la menace qu’il fait planer sur le gouvernement, nous devons avoir un vrai débat sur la participation au gouvernement”, nous a affirmé Ali Bouabid, qui a brigué le premier secrétariat de l’USFP avant de se ranger derrière Abdelouahed Radi.


Mendicité. ça peut rapporter gros

Le Maroc compte 195 950 mendiants dont plus de 62 % ont fait de la mendicité une activité professionnelle, révèle une enquête nationale du ministère du Développement social présentée vendredi 26 septembre. Ces hommes (49%) et femmes (51%) sollicitent la charité en raison de leur pauvreté (52%), leur handicap (13%) ou leur maladie (11%) indique l’étude. Et ça peut rapporter gros : plus de 2 millions de dirhams ont été amassés de mars 2007 à août 2008 par les mendiants professionnels à Casablanca, redirigés vers le centre social de Til Mellil. 1,4 million de dirhams étaient conservés en liquide, le reste sur des comptes et sous forme de bijoux. Pour lutter contre le phénomène, “une approche sociale de réintégration familiale ou en établissement spécialisé et une approche répressive pour ceux qui s’organisent en réseaux sont nécessaires”, nous a déclaré Nouzha Skalli, ministre du Développement social. Un projet de loi est notamment à l’étude, autorisant la saisie des sommes récoltées par les mendiants professionnels.


Détroit de Gibraltar. Le tunnel sans fin

En comparaison du projet de tunnel reliant le Maroc à l’Espagne, la réalisation du tunnel sous la Manche est un “jeu d’enfant”, a déclaré l’ingénieur suisse Giovanni Lombardi au journal El Pais. Dimanche 28 septembre, le quotidien espagnol indiquait que la percée du tunnel semblait assez complexe. “Jamais des travaux publics n’ont fait face à de telles incertitudes”, a souligné, dans les colonnes d’El Pais, Angel Aparicio, président de la société publique en charge du projet. Deux portions argileuses situées en plein milieu du détroit de Gibraltar seraient la cause de ces difficultés. Des ingénieurs ont annoncé que si le projet était faisable, sa durée de construction serait rallongée de 8 ans. Ils parlent également de 900 à 1000 millions d’euros supplémentaires pour voir le bout du tunnel.


MP-PAM. Je t’aime, moi non plus

Parallèlement à son alliance parlementaire avec le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité préparait un scénario similaire de “coopération” avec le Mouvement populaire (MP) de Mohand Laenser. Selon un responsable du PAM, les tractations ont été stoppées net à cause d'une attitude jugée “hostile” des Harakis lors de la dernière campagne pour les élections partielles, où le parti d’El Himma a fait un flop. “Le MP a soulevé la question de la légalité de la constitution du PAM lors des réunions de son bureau politique et il a été à l'origine de la polémique relayée par la presse la semaine des élections”, explique notre source au sein du Mouvement populaire. Le PAM n'exclut toutefois pas le ralliement à ses rangs parlementaires de nombre de députés et conseillers du MP lors de l'ouverture de la session parlementaire d’automne à la mi- octobre.


Benatik. Une marche pour la forme

Le secrétaire général du Parti travailliste (PT) appelle à une marche contre la vie chère le 2 novembre à Rabat. “Face à l’échec des politiques publiques et à la dégradation du pouvoir d’achat, les partis doivent fournir un véritable effort d’encadrement. Nous essayons de montrer la voie”, nous a expliqué Abdelkrim Benatik. Le leader du PT a par ailleurs intenté un procès au ministère de l’Intérieur qu’il accuse de discrimination envers les partis. “Il n’est pas normal que l’Intérieur ne discute qu’avec les partis qui ont obtenu plus de 5% aux dernières élections législatives. C’est un seuil de représentativité complètement arbitraire”, dénonce Benatik. L’audience a été fixée au 8 octobre.


Lampadaires. La loi des séries

Décidément, à Casablanca, il faut scruter le ciel avec ces poteaux électriques qui semblent péter un câble. Un lampadaire a failli coûter la vie à une jeune femme lorsqu'il s'est écrasé sur sa voiture au moment où elle passait près de la mosquée Hassan II, mardi dernier. La conductrice s'en sortira avec de légères blessures alors que la voiture a été sérieusement endommagée. Il y a près d'une quinzaine de jours, un poteau électrique était tombé à quelques mètres de Mohammed VI quand ce dernier quittait la grande mosquée de Aïn Chock. Explication de Mohamed Sajid, maire de Casablanca, la pression exercée sur le lampadaire par les personnes massées à la sortie de la mosquée a été à l'origine de l'incident.


Football. Un lion dans la farine

Amine Erbate n’a décidément pas de chance. Le défenseur central de Marseille venait à peine de reconquérir sa place dans le onze-type de l’équipe française, qu’il a “replongé”, remplacé dès la mi-temps du crucial Atletico Madrid – Marseille (2-1) comptant pour la 2ème journée de la Champions League. Mis dans la farine par le redoutable Agüero sur le premier but, Erbate a été remplacé par son concurrent direct, Zubar, qui risque de lui chiper durablement la place… Consolation pour le désormais remplaçant de luxe à “l’Oueeeem” : Roger Lemerre, sélectionneur national, vient de le rappeler en équipe nationale.



Humeur. Barlamane

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Alors bonne fête, voilà qui est dit. Et que les anges, pour reprendre le passage subliminal d’un SMS fumeux, soient autour de vous et devant aussi, on ne sait jamais. Nous voilà différents, rythme différent, haleine différente, tout neufs comme des bébés sortis de la poche de leurs mères. L’hygiène en plus. On respire. Il y a les plus (de visages détendus, de temps pour souffler entre deux cigarettes, de croissants et de beignets chez les boulangeries à 18 heures) et les moins, ces moins (de retardataires au bureau, de bagarres dans la rue, d’odeur de frites dans les salles de réunion) qui nous font un bien fou. La vie reprend, les cafés ouvrent leurs portes et le Parlement aussi. Parlement ? Le vocable donne envie de bailler à la moitié des Marocains, plus prompts à lire les pages horoscope qu’une analyse en deux tonnes sur l’apathie du bicaméralisme marocain. Comme on les comprend. Il faut être un peu fou, ou jeûner onze mois sur douze, pour éplucher l’actualité parlementaire et espérer en sortir indemne. La syncope guette. Les champions de l’hémicycle de Rabat sont plus forts que les télévangélistes américains, un véritable danger pour les neurones, ces muscles de la tête. S’intéresser à la politique marocaine, en soi, est un acte de bravoure. On peut oser, à condition de s’armer d’une tablette d’anti-dépresseurs. Ceux qui le font sont payés pour. Ils le font parfois à contrecœur, pour tuer le temps ou éviter de tuer les mouches. Comment le leur reprocher ? Alors on cherche le bon sujet, la bonne attaque, la formule qui donne l’impression de réinventer le monde. Exercice vain, inutile. Sauf pour réussir ce que les philosophes ont toujours raté : vaincre l’ennui. Mesdames, messieurs, on vous rappelle que le Barlamane ouvre ses portes vendredi prochain. Ce n’est pas l’annonce du siècle, juste une info pour meubler les minutes qui nous séparent du petit déj, ou de l’heure du grand sommeil. Au cas où.



VITES !

Le ministre belge de la Justice a assuré, le 1er octobre, que Abdelkader Belliraj répondra, lors de son procès au Maroc, des meurtres qu’il aurait commis en Belgique. Les autorités de Bruxelles ont demandé à Rabat l’autorisation d’interroger Belliraj. Les “concertations sont en phase finale”, a ajouté le ministre.


Selon le site Africaintelligence.fr, l’ambassadeur d’Algérie au Maroc, Larbi Belkheir, se fait soigner à Paris depuis trois semaines pour des douleurs abdominales. Principal interlocuteur du royaume en temps de crise, il avait été nommé par le président Bouteflika pour améliorer les relations entre le Maroc et l’Algérie.


Le réalisateur américain Peter Webber (La jeune fille à la perle) va adapter au cinéma La maison de l’araignée de Paul Bowles. Dans ce roman, un couple d’Américains et un jeune Marocain se croisent à Fès en 1954, sur fond d’insurrection contre les Français. Le tournage devrait commencer au Maroc début 2009.


Le Maroc, plaque tournante de la contrefaçon de médicaments ? 2 millions de cachets provenant d’Inde ont été saisis à Bruxelles alors qu’ils transitaient vers Casablanca, d’où ils devaient être expédiés en Afrique de l’Ouest. Les copies des emballages contenaient trop de fautes pour ne pas attirer l’attention des douaniers…


La vieillesse est source de précarité pour les femmes au Maroc du fait de l’absence de protection sociale, a rappelé le Haut commissariat au plan à l’occasion de la journée internationale des personnes âgées (1er octobre). 95% des Marocaines de plus de soixante ans sont analphabètes, 50% sont veuves.


Un avion de la compagnie Iberia, reliant Dakar à Madrid, a dû atterrir en urgence à Casablanca le 29 septembre, après qu’un passager nigérian a été victime d’une overdose. Après son décès, une radiographie a révélé que l’homme avait ingurgité 64 capsules de cocaïne dont 2 ont éclaté, provoquant un infarctus.
 
 
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