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N° 342
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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La mendicité, quelles solutions ?

La mendicité est un phénomène qui a toujours existé et va sans doute continuer à exister. Mais il a pris, chez nous, des proportions inquiétantes, voire intolérables. Ce constat est malheureusement connu depuis plusieurs années et certaines données ont été révélées dans les enquêtes réalisées avec brio par vos journalistes. Bien évidemment, l'enquête ministérielle a confirmé à son tour cette évidence, certes avec plus de précision. Maintenant, la question la plus importante est celle du remède, qui me paraît trop difficile à trouver. Bannir les mendiants serait déraisonnable, car le tiers d'entre eux sont réellement nécessiteux. Dans l’analyse à laquelle vous vous livrez (édito, TelQuel n° 341), vous reliez ce phénomène à la notion d'êtres inférieurs (les pauvres) et êtres supérieurs (les riches), ancrée dans la mentalité des Marocains. Personnellement, je ne partage pas cet avis. Ce qui pérennise le phénomène, à mon avis, c'est que les gens continuent à donner de l'argent aux mendiants en pensant tout simplement accomplir l’une des règles fondamentales de l'islam : la charité. Tout le monde y trouve son compte : le mendiant (gain matériel) comme le mécène (gain spirituel). La solution serait peut-être dans la façon d'organiser et de canaliser cette “sadaka” vers les gens qui en ont réellement besoin. Or, qui connaît ces gens mieux que le moqadem, dont les renseignements peuvent être utiles pour des associations de quartier, sans oublier l'implication des oulémas pour faire accepter l’idée de ne pas donner “directement” à n'importe qui. Voilà une piste de réflexion qu'il faudra transmettre à Mme la ministre Nouzha Skalli.

Zaki El Hanchi, Rabat.



L’islam, autrement

J’ai lu avec plaisir votre dossier consacré à l’organisation de Cheikh Maghrawi, (“Dans la peau d’un fanatique”, TelQuel n° 340). Le fond du dossier est excellent, surtout le texte de la fin, où la question de l'ijtihad est abordée. Personnellement, je trouve que la “maison islam” s’écroule de tous les côtés et la foi nous invite à la reconstruire de fond en comble. C'est ce que j'entreprends au grand jour depuis presque cinq ans et je dois dire que je n'ai rencontré que respect ; alors que tout le monde avait peur pour ma vie. Alors, commençons par prier la tête haute, les yeux tournés vers le ciel, à côté de nos filles et de nos femmes ! Un simple changement de posture peut nous changer la vie ! Les vraies révolutions sont des révolutions symboliques, sans effusion de sang.

Mohamed Pascal Hilout, Initiateur du nouvel islam en France (nouvel-islam.org)



Les Marocains s’orientalisent

J’ai quitté le Maroc il y a quatre ans, et je dois dire qu'à mon retour, j'ai été étonné par “l'orientalisation” galopante de la société marocaine. De plus en plus d'hommes s'habillent comme des Afghans, les vendeurs de petits livrets dits de “hidaya” sont partout, sans parler du nombre croissant de gens adeptes des chaînes religieuses émettant du Moyen-Orient. Il est où l'islam marocain? Il est où cet islam pacifiste et populaire qu'ont connu nos parents et grands-parents ? Elle est où la jellaba marocaine ? Pourquoi les gens rejettent-ils leur propre culture et virent vers des coutumes importées ? Est-ce pour éviter la culture occidentale? Est-ce une réaction face a la schizophrénie “modernité contre tradition” ? 
À chacun de trouver les bonnes réponses.

Tariq El Amraoui, Chicago, Etats-Unis.



Le courage de le dire

Je vous écris pour saluer le courage et la pertinence de votre magazine dans lequel, moi, jeune Franco-marocaine et fière de l'être, je me reconnais pleinement. Je suis heureuse, rassurée, de voir que je ne suis pas la seule à vouloir dénoncer les abus et incohérences de notre société, car j'ai vraiment l'impression d’être comme une étrangère dans mon propre pays. Vos articles sur les missions étrangères, sur les dérives de la religion, sur la “bêtise” de certaines personnes dans notre pays -il faut bien le dire- m'ont particulièrement parlé. Voilà, c'était un petit quart d'heure émotion, merci de l’avoir partagé.

Sofia Bouchdoug, Casablanca.



L’islam, le roi et le reste

J’ai lu avec intérêt les commentaires envoyés par certains de vos lecteurs : l’un portant sur - pour reprendre l’expression utilisée dans ce courrier- “votre acharnement contre l’islam” , et l’autre sur la focalisation que vous faites sur tout ce qui touche au roi. Commençons par l’islam. Je tiens d’abord à préciser que je partage votre façon de voir les choses. En gros, tout ce qui touche à la religion doit rester une affaire personnelle : chacun a le droit d’avoir ses propres croyances sans avoir à se justifier, et un penchant vers la laïcité ne pourrait qu’être bénéfique pour tous. Mais voilà, à la lecture de plusieurs de vos numéros, je constate que vous en faites parfois un peu trop. À force de défendre vos idées, vous tombez dans le piège de ce qu’on peut appeler l’islamophobie, ce qui relève à mon avis de “la dictature d’opinion”. Pour ce qui est de la monarchie, je tiens aussi à vous féliciter pour les informations que réussissez à glaner pour les rapporter à vos lecteurs. Cela a permis à plusieurs d’entre nous de voir les choses plus clairement, d’une manière plus objective. Sauf que : sur ce sujet également vous avez tendance à devenir répétitifs. Alors, une nouvelle fois, attention. On aimerait bien lire, par ailleurs, des dossiers sur des sujets tous aussi importants, comme le système éducatif, le secteur de la santé, la corruption, les accidents de la route, la contrebande, l’immobilier et ses magouilles, etc.
À bon entendeur...

Meriem Benmassoud, Casablanca.



Marrakech l’hospitalière…

Je tiens à un réagir à un courrier publié dans l’un de vos numéros (TelQuel n° 341) qui était dédié à Marrakech. Certes, notre perle du sud connaît les problèmes décrits par votre lecteur, mais le principal fléau de la médina, et de Marrakech en général, reste encore “l'indélicatesse” (c’est peu dire) de certains hommes...
Je suis une MRE et je me rends à Marrakech durant mes périodes de vacances. Laissez-moi vous raconter une anecdote, qui en dit long sur certaines mentalités : un jour, j’ai décidé de passer une soirée avec des amis étrangers, invités au Maroc, chez un ami à Marrakech. Le service de “sécurité”, à l’entrée de la résidence, nous a simplement refusé le passage, prétextant qu'un acte de mariage était nécessaire pour pouvoir entrer, me traitant au passage de “prostituée”. Tout cela parce que je suis une femme... Après moult négociations, un billet bleu a fait l'affaire et les portes nous étaient grandes ouvertes. Et ce n’est pas fini : deux jours plus tard, lors d'une balade sur l'une des principales artères de Marrakech, je parlais au téléphone sur le trottoir lorsqu'un motard qui passait par là a choisi… de me mettre littéralement la main aux fesses, avant de continuer tranquillement sa route. Voilà, la médina connaît chaque jour son lot de “petites anecdotes”, qui vont de l'arnaque des touristes, aux “bisous volés”, aux mains mises là où il ne faut pas, etc. C’est grave.

Radia Mohamed
Marrakech.

 
 
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