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N° 342
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Création du styliste Kumbaz,
ville de Amman en Jordanie
(DR)

Mode. Lost in Chicago !


Le 2 octobre dernier, c’est en toute discrétion que le styliste casablancais Albert Oiknine a participé à la 3ème édition du World Fashion Chicago Show. Cet événement d’envergure a pour objectif de renforcer les liens d’amitié de la ville américaine avec ses villes jumelles, soit 27 cités réparties dans le monde, dont Casablanca. Ainsi, 27 stylistes venant d’Athènes, Delhi, Lahore, Moscou, Osaka, et bien d’autres métropoles, ont fait défiler leurs créations. Albert Oiknine a
clôturé le show : “L’événement a été exceptionnel. Imaginez un défilé regroupant des inspirations culturelles totalement différentes, présentées devant 1200 spectateurs, dans un décor de rêve. Nous avons eu un cocktail avant le show et une soirée de gala juste après. Je n’en reviens toujours pas d’avoir pu exposer mes caftans là-bas”. Surtout que le pari n’était pas gagné d’avance… Contactés début août par le Comité d’organisation des villes jumelles de Chicago depuis les Etats-Unis, à Casablanca, aucun interlocuteur ne s’est présenté. La ville et l’Office du tourisme ont répondu absent aux demandes de renseignements et de sponsoring du styliste. Résultat, il s’est débrouillé seul pour aller porter les couleurs de la ville de Casablanca à Chicago. “C’est dommage, reprend Albert Oiknine, parce que sur place, ne maîtrisant pas l’anglais, je n’ai pas pu défendre ma ville comme je l’aurais aimé. J’espère que l’année prochaine, la ville de Casa se bougera un peu plus !”. À bon entendeur…


Sortie. ABBA Mia !

Mamma Mia, ou comment une petite île grecque paradisiaque devient le théâtre d’un revival des années disco : c’est possible quand Sophie, à la veille de son mariage avec son fiancé Sky dans le petit hôtel à touristes tenu par sa mère Donna, poste trois invitations à trois hommes que tout oppose, l’un d’eux devant bien être son père… Un scénario alibi qui n’a pas effrayé Phyllida Lloyd, réalisatrice quasi anonyme de Gloriana, tant le succès était assuré : en 1999, la comédie musicale éponyme a rameuté plus de 30 millions de spectateurs dans le monde ! Ajoutez à ça un producteur nommé Tom Hanks et deux bonnes têtes d’affiche – Meryl Streep (Le Diable s’habille en Prada) et le très consensuel Pierce Brosnan (Demain ne meurt jamais) – et l’engouement renaît. Si ce tandem ne s’en sort pas aussi brillamment que Nicole Kidman/Ewan McGregor dans Moulin Rouge et Reese Witherspoon/Joaquin Phoenix dans Walk the line, il n’y a pas de mal à se faire du bien avec cette joyeuseté kitsch et survoltée, preuve qu’ABBA est indémodable.

Mamma Mia, au mégarama.



Insolite. Spike l’historien

Dans le cadre d’une conférence de presse donnée pour le lancement de son nouveau film Miracle à Santa Anna, le réalisateur américain Spike Lee aurait fortement souligné le rôle des combattants marocains lors de la Seconde guerre mondiale. En effet, il a affirmé que ces derniers “terrorisaient les Allemands, en jouant de la musique ahwach très tard dans la nuit, en particulier lors de la Bataille de Monte Cassini, en Italie” ! C’est d’ailleurs cette même bataille qui était au cœur du film Indigènes, de Rachid Bouchareb. Le film de Spike Lee s’y déroule également, mais raconte cette fois-ci les péripéties d’une escouade composée exclusivement de soldats noirs américains, encerclés dans un village.


Récompense. Gloire à Majd

Touchant dans Ali Zaoua (Nabil Ayouch, 2001), à la fois sobre et juste dans Cheval de vent (Daoud Aoulad Syad, 2002), inoubliable dans Le Grand Voyage (Ismaïl Farroukhi, 2004) et portant son rôle comme une seconde peau dans Tenja (Hassan Lagzouli, 2005), Mohamed Majd est incontestablement l’un des meilleurs comédiens que le Maroc compte. Egal dans la qualité de ses interprétations et dans les choix de ses rôles, dirigé par le must des réalisateurs, fuyant comme la peste ce qui peut nuire à son élégante carrière (“pour mes enfants”, confiait-il), et unanimement respecté par la profession et le public, Mohamed Majd vient de remporter le Bayard d’Or du meilleur comédien au Festival du film francophone de Namur (du 26 septembre au 3 octobre), pour son rôle dans En attendant Pasolini (Daoud Aoulad Syad). Il y interprète Thami, figurant à Ouarzazate, devenu l’ami de Pasolini lors du tournage d’Œdipe Roi en 1966. Une récompense largement méritée pour l’acteur auquel le Festival international du film de Marrakech a déjà rendu hommage en 2006.


Musique. Le retour du Chaâbi-Groove

Le nouvel album du groupe Mazagan est enfin disponible. Digne successeur de La Tradition qui coule, leur premier opus sorti en 2006, celui-ci est la preuve que la touche “chaâbi-groove” de ces fusionneurs invétérés est plus forte que jamais. Le groupe n’hésite toujours pas à mélanger les styles, et à puiser dans le patrimoine musical nord-africain. En effet, sur les dix morceaux qui composent l’album, trois sont des reprises, à la sauce Mazagan. Egalement sur ce disque, le titre À Labasse, l’un des morceaux les plus diffusés sur nos radios cet été. Pour en savoir plus, l’album est en téléchargement gratuit sur le site mazagan-music.com.


FIFM. à l’anglaise

Même en tâtonnant bien, toujours rien ne filtre de la sélection officielle du 8ème Festival du film de Marrakech, qui, prévu du 14 au 22 novembre, évite une encombrante synchronisation avec le Festival de Dubaï (du 11 au 18 décembre). Par contre, ça se précise côté programmes parallèles : hommage au Septième art de Grande-Bretagne qui peut, de If (Lyndsay Anderson) au Vent se lève (Ken Loach), Palmes d’or en 1968 et 2006, s’enorgueillir d’une forte intégrité face à la domination hollywoodienne. À l’honneur aussi, le regard tendre, cynique et lucide d’Andreï Konchalovsky sur “sa” Russie, le meilleur du regretté Youssef Chahine, et un zoom sur “50 ans de cinéma marocain”, depuis Le Fils maudit de Mohamed Osfour. La surprise de l’année : une programmation pour non voyants, en version audiovision (bande sonore plus description vocale).


Album. Are and be

“L’existentialisme est un humanisme”, comme diraient Sartre… et Ahmed Soultan. Dans la continuité de son premier album Tolérance, le jeune soussi décline couplets et refrains sur l’amour, le rêve, la fraternité, le destin et la force intérieure, au risque d’un idéalisme un peu énervant. Rien de très risqué côté paroles, mais le plurilinguisme arabe-tamazight-anglais-français fait son petit effet, célébrant le mariage entre style 100% R’n’B et rappels des origines (Achkide, Bent Nass…) . Mais ni rbab, ni derbouka, ni featuring de Mobydick n’insufflent une réelle personnalité à ce Code qui, prétendant les déjouer, reste en plein dedans, voix sirupeuse y compris. Les amateurs de bonne variét’ aimeront sûrement. Chacun son truc.

Ahmed Soultan, Code, Platinium



Casa-Ciné. Saute-mouton

Pas de panique, Casa-Ciné ne va pas sauter une année. En apprenant que sa 4ème édition, prévue initialement du 2 au 6 décembre, serait “reportée à une date non déterminée”, on pouvait craindre une annulation déguisée. “Le festival aura bien lieu et sa programmation est en train d’être ficelée. S’il y a report, ce qui n’est pas encore définitif, c’est à cause de l’Aïd El Kébir”, tempère son directeur artistique, Ali Hajji. Ce serait dommage de se priver : bien décidé à amener le cinéma au cœur de la cité en projetant ces films et documentaires – Marock, Persépolis, Caramel, L’Avocat de la terreur, Azur et Asmar… - dans des lieux tels le cinéma Lynx, le parc L’Hermitage, la plage Lalla Meriem (et, cette année, Mohammedia), Casa-Ciné a su séduire jusqu’à 100 000 spectateurs l’an dernier.


Spectacle. Eh bien dansez maintenant !

De la danse, beaucoup, à la folie, passionnément ! C’est ce que propose la compagnie Fleur d’Orange du 8 au 29 octobre avec “Action Danse”. Un programme chargé (et souvent payant), pour professionnels et amateurs ! Au chapiteau de l’Institut français sont prévus les ateliers du monde, avec formations de danse contemporaine avec des pros des US, de France et du Burkina Faso. A l’IF toujours, des ateliers-critique de la danse s’étalant sur deux week-ends. Réflexion aussi autour de la danse, avec un débat, “voir n’est pas comprendre mais se laisser toucher”. Aussi, du 8 au 25 octobre, une expo-photo intitulée “Danser l’espoir”. Bonne surprise, les locaux des anciens abattoirs de Casa, longtemps délaissés, accueilleront eux aussi spectacles et expo…



Humeur.
La caution

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Dans tout gouvernement, il vaut mieux ne jamais être trop loin du Premier ministre, snooké sur un strapontin en lieu et place d’un vrai fauteuil de ministre. On risque de rater la voiture de prestige qui va avec le siège, mais aussi le pouvoir sur le cours des choses. Finir assis à la place du mort, à l’image de Nouzha Skalli. La ministre en charge du Développement social, de la Famille et de la Solidarité (que le dernier laissé pour compte ferme la porte) a accepté de polir le banc de touche dans la formation Abbas Al Fassi. La dame est de gauche et, comme tous les gens portés sur le peuple, elle porte son cœur en bandoulière, chose bien inutile quand il s’agit de nettoyer les écuries d’Augias, le travail le plus salissant imposé à Hercule. Nouzha Skalli est sympa à coup sûr, elle est pleine de bonne volonté et a bon cœur sans aucun doute. Mais bon, on lui a donné pour seule arme une tapette pour chasser un essaim de misère. Alors, elle communique, à défaut d’autre chose. Sa dernière idée, un projet de loi pour protéger les femmes du harcèlement sexuel dans la rue. L’idée à laquelle ne peut qu’applaudir des deux mains un démocrate bon teint, pour peu qu’il ait confondu le monde psychédélique des Teletubbies avec la rue marocaine. C’est qu’ici, les projets de loi des gens de gauche ont toujours l’air d’avoir été écrits ailleurs. Dans des contrées exotiques où il pleut tout le temps. Des lieux où le droit des uns et des autres ne pourrit pas au soleil. Ni de droite, ni de gauche, juste des pays normalement constitués…



Expo
Le Villa des Arts de Rabat reçoit jusqu’au 14 novembre les œuvres de Ghass Rouzkhosh, artiste iranien dont le travail est basé sur la même question : pourquoi l’homme fait-il du mal à son semblable ? Préoccupé par la condition humaine, le rôle de l’art et les débats de société, sa peinture (dominée par le rouge) est sa parole à lui.


Théâtre
Histoire d’amour en 12 chansons, 3 repas et un baiser, la très jolie pièce de théâtre de Faouzi Bensaïdi part à la conquête de l’Espagne. Deux représentations sont prévues (17 et 18 octobre) dans le cadre du Festival International de Madrid Sur et une autre le 12 décembre au Festival des Deux Rives à Toledo.


Concert
Jeudi 16 octobre à la salle Bahnini à Rabat, la chanteuse franco-africaine Cécile Verny et son quartet donneront un concert de jazz entre pop et musiques du monde : un swing métissé, des textes en français et en anglais, des compositions profondément ancrées dans les traditions européennes et africaines.

 
 
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