|
Pages coordonnées par Wafaa Lrhezzioui
La semaine
|
Malgré ladoption du plan Paulson,
les Bourses mondiales sont
toujours dans le rouge.
(AFP)
|
Bourses. Le krach est là
Jusquici, seule lexpression mini-krach avait cours, comme pour se rassurer. Cette fois, le krach boursier est bel et bien là. La semaine a démarré, le 6 octobre, par un lundi noir pour les places européennes : le CAC 40 a chuté de 9,04%, la plus forte baisse depuis la création de lindice, tandis que Londres et Francfort seffondraient de plus de 7% et Moscou de près de 20%. Mais pour les marchés asiatiques, le pire était encore à venir : lindice Nikkei, à Tokyo, a attendu mercredi 8 octobre pour dégringoler de 9,38%, la baisse la plus brutale depuis plus de 20 |
|
ans. Pour tenter denrayer le mouvement de panique des Bourses, les banques centrales - la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine (Fed) et leurs homologues suédoise, britannique, canadienne et suisse ont annoncé la baisse concertée de leurs taux directeurs, la Chine emboîtant le pas aux Occidentaux.
Alors que les chefs dEtat européens sont en désaccord sur lopportunité dun plan de sauvetage des banques à léchelle européenne, les Britanniques ont décidé de faire cavalier seul : ils ont lancé la nationalisation des premières banques du pays, pour près de 50 milliards de livres (65 milliards d'euros). A Rome et Madrid, des mesures similaires ont été annoncées. Dans le même temps, les gouvernements sefforcent de moraliser le secteur financier. A la demande de Nicolas Sarkozy, lorganisation patronale française (Medef) a proposé de mettre fin aux stock-options sans contrepartie et de plafonner les fameux parachutes dorés. Mais tous ces efforts nont pas suffi à rassurer les investisseurs : les Bourses européennes ont à nouveau clôturé en forte baisse mercredi soir. Ce ne sont plus seulement les banques, mais certains Etats qui sont désormais au bord de la faillite : lIslande avait voté la veille une série de mesures pour prendre le contrôle du système financier du pays, qui représente plus de 80% de son économie. Et les choses ne sont pas près de sarranger : pour lan prochain, le FMI prévoit une croissance de 0,1% aux Etats-Unis et 0,2% dans la zone euro. |
Etats-Unis. Obama garde lavantage
Les deux candidats à la présidentielle américaine se sont affrontés, mardi 7 octobre, lors dun deuxième débat télévisé. La rencontre, centrée sur la crise financière, a été assez équilibrée, mais la majorité des électeurs pensent qu'Obama en est sorti gagnant. Il avait pourtant moins d'éclat que de coutume, très attentif à éviter les erreurs à quatre semaines du scrutin. McCain, lui, n'a pas évité quelques gaffes, appelant notamment son adversaire celui-là. Malgré un avantage sur la politique étrangère, il a échoué à reprendre la main, alors que les sondages donnent une large avance à Obama depuis plus de dix jours, avec 53% d'intentions de vote (contre 45% pour McCain). Et sa colistière Sarah Palin ne devrait pas laider à conquérir des voix : seuls 43% des sondés pensent qu'elle ferait une bonne vice-présidente, contre 80% pour Joe Biden. |
Géorgie. Le retrait russe, enfin
Pour une fois, le président russe a tenu ses promesses. Toutes les troupes de Moscou se sont retirées mercredi 8 octobre des zones-tampon quelles occupaient en Géorgie, comme Dimitri Medvedev lavait promis le jour même à Nicolas Sarkozy. Deux mois après la guerre-éclair de larmée russe, Moscou desserre donc létau contre la Géorgie. Et pourtant, lattentat visant larmée russe vendredi 3 octobre à Tskhinvali, en Ossétie du Sud, annonçait plutôt un regain de tension : la Russie avait accusé Tbilissi d'être derrière cette attaque à la voiture piégée qui a fait onze morts, dont le chef d'état-major de la force de paix russe en Ossétie du Sud et plusieurs civils. Depuis le 1er octobre, les observateurs de l'Union Européenne patrouillent dans ces zones-tampon pour veiller au respect du cessez-le-feu. |
Thaïlande. Larmée face aux manifestants
Le gouvernement thaïlandais a décidé de déployer larmée dans les rues de Bangkok. Les manifestations anti-gouvernementales ont franchi un nouveau cran dans la violence mercredi 8 octobre, faisant deux morts et 380 blessés. Depuis le 26 août, des centaines de personnes occupent le Parlement, forçant le Premier ministre, Somchai Wongsawat, à siéger dans un aéroport désaffecté. Les manifestants disent vouloir débarrasser la Thaïlande de tous les politiciens véreux du clan Thaksin, du nom de lancien Premier ministre accusé de corruption et exilé à Londres, Thaksin Shinawatra, le beau-frère de lactuel chef du gouvernement. En favorisant les masses rurales, Shinawatra sest mis à dos les élites urbaines, qui tentent aujourdhui de reprendre la main au travers de ces violentes manifestations. |
 |
Lu pour vous [FRANCE]
Luanda, loin de lAngolagate
Philippe Bernard. Le Monde, lundi 6 octobre.
En une image, tout est dit du nouvel Angola. Quelques secondes avant d'atterrir sur l'aéroport de Luanda, des jets remplis d'hommes d'affaires frôlent les tôles ondulées qui coiffent l'immense bidonville de Calemba. Là-haut, les passagers cravatés sont portugais, français, chinois ou brésiliens. (
) Six ans après la fin d'une interminable guerre civile, alors que s'ouvre à Paris, lundi 6 octobre, le procès des ventes d'armes illégales par la France au régime angolais dans les années 1993-1994, Luanda a les yeux tournés ailleurs. Des investisseurs du monde entier s'y sont donné rendez-vous. En ruines, l'Angola est à reconstruire. Les 21% de croissance annuelle de l'ancienne colonie portugaise, ses gigantesques réserves de pétrole et de diamants et ses immenses terres arables évoquent un nouveau Brésil et excitent les convoitises. (
) Hérissée de grues, Luanda est un immense chantier. (
) Vingt hôtels de luxe sortent de terre. Une classe moyenne émergente défile dans de rutilants 4x4. Au sommet d'une colline, un building de vingt étages abrite le quartier général des investisseurs chinois. Ils gèrent les 13,5 milliards de dollars (9,8 milliards d'euros) de crédits accordés à l'Angola par Pékin en contrepartie de 40 % de sa production de pétrole. |
|
|